Dixième numéro des Possibles, la revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

mardi 28 juin 2016, par Conseil scientifique d’Attac France

Le dixième numéro de la revue trimestrielle Les Possibles, éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac, est disponible. Retrouvez ci-dessous le sommaire de ce numéro et inscrivez-vous pour recevoir la revue.

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Les précédents numéro sont disponibles en ligne Numéro 1 ; Numéro 2 ; Numéro 3 ; Numéro 4 ; Numéro 5 ; Numéro 6 ; Numéro 7 ; Numéro 8 ; Numéro 9.

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Inondations (Jean-Marie Harribey, Jean Tosti)

La Seine a débordé, plusieurs de ses affluents aussi. Paris a eu les pieds dans l’eau, le zouave du Pont de l’Alma a manqué d’être submergé et plus de 800 communes ont été déclarées sinistrées à la suite des inondations du début du mois de juin. Mais ces inondations sont-elles les plus graves ? Nous avons été inondé de flots de paroles insultantes en plus d’être grotesques. Les plus imbéciles sont sorties de la bouche de Monsieur Pierre Gattaz à l’adresse des grévistes hostiles à la loi « travail » : des « voyous » et des « terroristes ». On mesure la capacité d’analyse de ce monsieur en cette période où les attentats sèment la vraie terreur. On mesure également la potentialité de « dialogue social » au sein du Medef, qui s’évanouit à l’idée qu’on puisse plafonner les rémunérations des managers. Si elles sont moins guerrières, les paroles des éditorialistes et celles du gouvernement n’en sont pas moins idéologiques et profondément déplacées : « la France prise en otage », « les supporters de la coupe de football menacés d’empêchement », « le monde regarde la France », et surtout la reprise du mantra thorézien « il faut savoir terminer une grève ».

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Dossier : Droits, justice et démocratie

Solidarité avec les contestataires de la « réforme » du code du travail en France (Un collectif d’Allemagne à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac Allemagne)

Nous, scientifiques, publicistes et syndicalistes d‘Allemagne, exprimons notre solidarité avec les personnes qui en France poursuivent leur contestation de la « réforme » du Code du travail et continuent à faire grève contre elle. Ces grèves et cette contestation sont légitimes, indispensables, et constituent un exemple pour l’ensemble de l’Union Européenne.

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La démocratie, une philosophie paysanne (Joëlle Zask)

Mettre en relation les paysans et l’essor des démocraties dans le monde, c’est donner du relief à diverses perplexités souvent occultées. C’est d’abord constater que les paysans ont été exclus de l’histoire, qui a progressivement mené à l’établissement des démocraties libérales et des pratiques qui s’inspirent des valeurs de liberté, d’égalité, d’individualité, d’indépendance, ou encore d’auto-gouvernement. Pourquoi ? Deuxièmement, c’est rechercher dans le fait même de cultiver la terre ce qui est aussi culture de soi et culture de la communauté, « civilisation ». Et c’est enfin affirmer que sans les paysans, sans leur face-à-face avec la terre cultivée et les solidarités qui s’en dégagent, l’écologie qui est aujourd’hui un programme urgent à réaliser, ne pourra pas être pleinement démocratique.

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Vers un nouveau répertoire d’action collective ? Quelques remarques sur les mouvements du printemps 2016 en France (Christophe Voilliot)

Confrontés aux situations de crise et soucieux d’en proposer une interprétation, les chercheurs en sciences sociales succombent souvent à une forme d’« illusion héroïque » qui les conduit à privilégier les aspects novateurs des mouvements sociaux. Les mobilisations contre le projet de loi visant à réformer le code du travail du printemps 2016, et la manière dont les journalistes et les participants en rendent compte, nous incitent pourtant à formuler des hypothèses en ce sens. Tout se passe comme si nous assistions à la genèse d’un nouveau répertoire d’action collective, dont il convient par conséquent de repérer les prémices et surtout de comprendre pourquoi il tend à se substituer tendanciellement au précédent, sans pour autant le faire disparaître à ce stade du processus.

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De la COP21 au sommet pétrolier de Pau : lancement d’une stratégie d’action non violente et déterminée pour le climat ( Jon Palais)

Le sommet du pétrole offshore MCEDD, organisé dans le fief de Total à Pau, a été bloqué et perturbé par des militants climat pendant trois journées d’affilée, du 5 au 7 avril 2016. Des vagues d’actions non violentes et déterminées ont permis de créer des conditions d’anormalité autour de cette rencontre entre les plus grandes compagnies pétrolières comme Total, Shell, BP ou ExxonMobil et des exploitants offshore, montrant ainsi que, après la COP 21, certaines choses ne peuvent plus se dérouler comme avant, et ouvrant la voie à une nouvelle séquence de mobilisation pour le climat.

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Guide politique de vigilance anti-essentialiste (Philippe Corcuff)

Un impensé essentialiste (renvoyant à des « essences ») travaille nombre de débats, internes et/ou externes, dans lesquels sont engagés la gauche radicale et les mouvements sociaux critiques. L’essentialisme consiste en une tendance non consciente, largement inscrite dans les usages ordinaires du langage, qui mène à des formes de dogmatisme et de manichéisme. Le national-étatisme (dont Frédéric Lordon apparaît comme le théoricien le plus systématique dans son livre Imperium, 2015), montant dans la gauche radicale, est un des pourvoyeurs les plus dynamiques de mots-essences dans l’espace public.

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Droits sociaux : résistance au démantèlement (Dominique Méda)

Je voudrais commencer avec la très belle réflexion que Jean Jaurès, un des principaux promoteurs du socialisme en France, universitaire, auteur de nombreux écrits théoriques, grand ami de Durkheim, consacrait en 1893, l’année de la parution de la Division du travail social, à la béance entre citoyenneté politique et citoyenneté sociale : « par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois. Mais au moment même où le salarié est souverain – dans l’ordre politique – il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage. À tout moment, ce roi de l’ordre politique peut être jeté dans la rue. »

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Fraude et évasion fiscales, aggravation des injustices, affaiblissement de la démocratie (Gérard Gourguechon)

La fraude fiscale n’est pas un phénomène récent. Il est probable que la première fraude fiscale a été concomitante du premier impôt. Et cette première fraude a probablement été une cause supplémentaire d’injustice dans un monde qui en connaissait déjà de multiples. Aujourd’hui, en 2016, avec la totale liberté de circulation des capitaux sur la planète, avec la multiplication des échanges internationaux, avec les nouvelles technologies qui permettent de déplacer très rapidement des fonds dématérialisés, avec la constitution de sociétés multinationales implantées sur les cinq continents, la fraude fiscale est devenue un phénomène de masse par son volume global, par son poids énorme sur tous les budgets publics, par ses effets sur l’accroissement des inégalités, sur les conditions du développement économique et sur les déséquilibres sociaux. Tout ceci est tant une cause qu’une conséquence d’un affaiblissement général de la démocratie dans la plupart des pays.

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La France à l’heure de « l’Euro 2016 » de football (Michel Caillat, Marc Perelman)

Le championnat d’Europe des nations de football (dit Euro 2016) se dispute en France de 10 juin au 10 juillet. Une fois encore, le sport, à travers l’une de ses compétitions importantes, reste un impensé. Les rares analyses économiques et sociologiques sont noyées dans le flot incessant des petites histoires et des faits divers (sextape de Valbuena par exemple) qui font diversion.

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Révolution numérique ou révolution informationnelle ? (Jean Lojkine, Jean-Luc Maletras)

La référence actuelle à une « révolution numérique » est ambiguë : tantôt elle est représentée comme une « évolution technique » inéluctable, à l’instar des catastrophes naturelles ; tantôt, au contraire, on en fait une potentialité « révolutionnaire », annonçant la venue d’une nouvelle civilisation autogestionnaire des « communs ». Le concept de révolution informationnelle permet au contraire de saisir à la racine la pluralité des choix possibles pour la production et le traitement de l’information. Loin de tout déterminisme technique, la révolution de l’information implique un choix socio-politique entre l’automatisme social qui marginalise l’intervention humaine et l’interaction hommes-machines pensantes.

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Le retour du néolibéralisme en Argentine (Alfredo Calcagno)

Arrivé au pouvoir, en 2003, dans un pays en ruines après la plus violente crise économique, sociale et politique de son histoire, Nestor Kirchner avait mis en place une ambitieuse politique de relance keynésienne. En 2007, Cristina Kirchner, son épouse, lui a succédé à la tête du pays et a continué sur la même voie. Mais, après douze ans de kirchnérisme, ce mouvement politique issu du péronisme, l’Argentine a pris un virage à 180° avec l’élection de Mauricio Macri, un libéral de droite, aux élections présidentielles de novembre 2015.

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L’avenir du monde ne peut ignorer l’histoire de l’esclavage (Mireille Fanon Mendes France)

Le 10 mai a été choisi par l’État comme date de référence pour se souvenir de ce que fut la mise en esclavage. Chaque année, cette période charrie son lot de commémorations, de déclarations, de prises de décisions.
Cette année 2016 n’échappe pas à ce besoin de mettre des mots sur des maux et des souffrances inextinguibles, puisque l’idéologie qui a mené à ce plus grand crime contre l’humanité n’a jamais été remise en cause ; ne s’exprime t elle pas aujourd’hui sous la forme d’une globalisation financière et militaire qui traite les peuples et les populations comme des variables d’ajustement structurel ?

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La démocratisation de l’Éducation nationale : un axe de refondation (Martine Boudet)

Le quinquennat de François Hollande a suscité l’espoir d’une « refondation » de l’École, du nom de la loi d’orientation et de programmation votée en 2013. Avec la création des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), le pays est sorti de la période qui vouait la formation enseignante à sa perte, en faisant des stagiaires des personnels corvéables à merci. Des moyens matériels et humains ont été consentis, par exception à une politique budgétaire globalement austéritaire. Un plan de revalorisation salariale et de déroulement de carrière des personnels est programmé pour 2017.

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Quel avenir du système de santé ? Le probable et le possible. (André Grimaldi )

La réponse à la question concernant l’avenir du système de santé peut se faire selon deux approches : l’approche futuriste scientiste qui voit loin et l’approche pragmatique à portée plus limitée. La première fait rêver (ou cauchemarder), spéculant sur les progrès technologiques de la génétique, de l’immunologie, des nanotechnologies, de l’informatique, de la robotique, de l’intelligence artificielle… censés permettre de tout prévenir et/ou de tout réparer et/ou de tout remplacer. Le médecin sera devenu un informaticien et/ou un ingénieur. Le patient « hyper-connecté » gérera ses consultations et ses traitements grâce aux NTIC. Les seules questions qui vaillent seront d’ordre éthique et financier : faudra-t-il remplacer le vieil homme par « l’homme augmenté », version biologique de feu « l’homme nouveau » ? L’accès à ces progrès sera-t-il généralisé ou devra-t-il être réservé à ceux qui pourront se les payer ?

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Débats

Panorama, enjeux et perspectives des monnaies associatives (Marie Fare)

Les LETS (Local Exchange Trading System), qui ont vu le jour dans les années 1982-1983 au Canada, constituent le début d’une vague sans équivalent dans l’histoire contemporaine de saisissement participatif des questions monétaires par la construction associative et citoyenne de monnaies. Depuis lors, l’émergence et la diffusion dans le monde, et notamment en Europe, de ces monnaies, n’ont pas suivi un modèle unique qui se serait dupliqué à l’infini. Un double processus de multiplication et de différenciation a donné naissance à des modèles variés de monnaies. Mais à quoi peuvent bien servir ces nouveaux dispositifs d’échange locaux de biens, de services et de savoirs ? Quelles en sont les finalités ? Tour d’horizon.

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Les Lumières d’Adam Smith, la philosophie et l’économie en scène, De Vanessa Oltra et Jean-Marie Harribey (dir.) (Jean Tosti)

Ouvrage collectif coordonné par Vanessa Oltra et Jean-Marie Harribey, tous deux économistes bordelais, Les Lumières d’Adam Smith se compose de sept contributions entourant le texte d’une pièce de théâtre intitulée Adam Smith, le Grand Tour. Écrite par Vanessa Oltra, la pièce a d’abord été interprétée en anglais à Édimbourg (2013), puis en français dans l’académie de Bordeaux. Elle met en scène deux personnages, Mary et Fred, venus à Édimbourg déposer un bouquet de roses blanches sur la tombe du philosophe, père présumé de la science économique. Mais il y a un problème : la tombe est entourée d’une grille fermée par un cadenas dont on aurait perdu la clé (on la retrouvera à la fin de la pièce).

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Compte rendu de lecture de Benjamin Lemoine, L’ordre de la dette (François Chesnais)

Voici un livre d’une facture alerte et agréable. Il commence par une introduction brillante qui incite à pousser la lecture plus loin. L’enquête dont il s’agit porte précisément et de façon assez stricte sur la direction du Trésor au ministère de l’économie et des finances (son nom a varié selon les époques et les gouvernements). Elle « introduit le lecteur au cœur des bureaux, des pratiques et confrontations techniques entre services de l’État » (p. 26). Elle est menée à partir d’archives, de matériaux autobiographiques et d’entretiens. La première partie est historique et couvre une période qui part de l’après-guerre et se termine en 1985. Benjamin Lemoine y soutient la thèse que c’est au sein du Trésor qu’ont été prises pour l’essentiel les décisions qui ont conduit à la perte de la souveraineté monétaire et budgétaire de la France.

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Éléments de réponse à François Chesnais (Benjamin Lemoine)

Le compte rendu élaboré par François Chesnais est précieux et stimulant. Je l’en remercie d’autant plus qu’il me donne l’occasion d’y répondre, de désamorcer d’éventuels malentendus, mais surtout d’expliciter et d’approfondir des éléments du livre restés en filigrane des développements empiriques.

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Quelques réflexions sur l’ouvrage de Jean-Louis Fabiani, Pierre Bourdieu, Un structuralisme héroïque (Alain Accardo)

À plusieurs reprises, dans son ouvrage, Jean-Louis Fabiani, peut-être pour désamorcer le reproche d’exagération ou d’injustice que pourrait provoquer le mordant de sa charge contre tel ou tel aspect de la sociologie de Bourdieu, invoque le « principe de générosité » qu’il déclare s’être imposé pour sa lecture. Si on n’a pas de raison de considérer cette déclaration comme une simple clause de style, on ne peut qu’éprouver de la reconnaissance pour son auteur, en contemplant les ruines du Colisée sociologique bourdieusien dont il nous fait faire la visite guidée : qu’est-ce qui, en effet, subsisterait encore du grandiose édifice si sa critique, au lieu d’un principe de générosité, avait obéi à un principe de sévérité ? Assurément pas pierre sur pierre.

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Minsky, théoricien de l’instabilité financière (Dominique Plihon)

La récurrence des crises financières dans le capitalisme contemporain a redonné vigueur aux analyses de John Maynard Keynes et de ses disciples, qu’il s’agisse de Charles Kindleberger et de son approche historique des crises, de John Kenneth Galbraith et de son interprétation de la crise de 1929 d’une grande actualité, ou de Hyman Minsky, dont l’hypothèse d’une instabilité financière intrinsèque du capitalisme apparaît aujourd’hui d’une grande pertinence. À ce sujet, la publication récente d’une version française du principal ouvrage de Minsky, Stabiliser une économie instable, apparaît particulièrement bienvenue.

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Minsky au milieu du gué ? (Jean-Marie Harribey)

Hyman Minsky (1919-1996) est l’un des économistes les plus importants du courant que l’on appelle « postkeynésien ». C’est un courant qui entend retrouver l’essentiel de la pensée de Keynes, parce que celle-ci fut dénaturée par les théoriciens néoclassiques d’après-guerre, tels Hicks, Samuelson ou Solow, qui avaient conçu un projet de « synthèse » impossible entre leur propre corpus et ce qu’ils pensaient assimilable de l’enseignement de Keynes. Les post-keynésiens ne doivent pas être confondus avec les néo-keynésiens – les plus connus sont Krugman et Stiglitz – qui sont critiques vis-à-vis des désastres occasionnés par les politiques néolibérales, mais qui n’ont pas entrepris une refonte théorique comme les postkenésiens. C’est à cette entreprise que s’attaque l’ouvrage déjà ancien de Minsky (1986), enfin traduit en français. Pourquoi, alors, laisse-t-il un goût d’inachevé ?

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Le PSU, une comète dans le ciel de la gauche : quelques leçons pour aujourd’hui, À propos de Bernard Ravenel, Quand la gauche se réinventait. Le PSU, Histoire d’un parti visionnaire (Gustave Massiah)

Le PSU (Parti socialiste unifié) a fait partie du paysage politique, social et culturel. À certains moments, il y a joué un rôle marquant. Il a laissé de grands souvenirs à ceux qui l’ont fréquenté à un moment de leur vie. Et ils étaient nombreux et divers. Ne disait-on pas que le parti de loin le plus nombreux était celui formé par ceux qui avaient quitté le PSU. Au-delà de la compréhension de l’histoire de la gauche, l’intérêt de revenir sur celle du PSU est de mieux comprendre les questions qui se posent aujourd’hui pour ceux qui cherchent à construire, en rupture avec le système dominant, un nouvel espace politique de résistance et d’émancipation.

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Revue des revues

Revue des revues 10 (Jacques Cossart)

Ça va mieux dans le monde ? En ces temps où l’on nous annonce que ça va mieux en France, la question mériterait d’être posée s’agissant de l’humanité entière. Le moins qu’on puisse dire est, ici, que la méthode Coué ne convient pas. En consultant les rapports internationaux de la dernière période, portant sur l’agriculture chimique, la situation de l’Afrique subsaharienne et des pays pauvres en général, la concentration des richesses et l’augmentation des inégalités, l’immigration causée par la misère, la dégradation environnementale, rien ne va plus sauf pour les banques installées dans les paradis fiscaux et judiciaires. Quant aux conséquences de la révolution numérique sur l’évolution du travail et de l’emploi, on ne sait rien. Cela n’est pas de très bon augure.

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Courrier

Commentaire de l’article de Thomas Coutrot (François Schalchli)

Appréciant globalement le contenu de l’article, j’aimerais néanmoins apporter quelques précisions, suite à la lecture du livre lui-même (complétée par La multitude libre : Nouvelles lectures du Traité politique de Spinoza de F. Lordon), puis évoquer, sur le même thème, les réflexions que l’on peut tirer du dernier livre de Miguel Abensour, La communauté politique des tous uns.

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Commentaire de l’article de Benjamin Coriat (Patrick Braibant)

Le texte de Benjamin Coriat est très stimulant par son insistance à rappeler qu’il n’y a de communs qu’institués selon des modalités très précises. Les communs ne sont ni une vague aspiration au « bien commun » ni une ressource en libre disposition. Ils n’existent comme communs que par une construction sociale définissant l’objet du commun, ses parties prenantes et leurs droits respectifs, ses modes de gouvernance collective.
Cette insistance « institutionnaliste », tout à fait justifiée, conduit cependant B. Coriat, sans doute animé une volonté de se démarquer de Dardot et Laval, à réfuter avec une certaine virulence l’idée selon laquelle « l’intentionnalité » serait un facteur majeur dans la constitution et plus encore dans la vie (instituée) des communs : « L’intentionnalité, si elle peut jouer un rôle, n’est pas pour grand-chose dans ce qui pourra finalement être obtenu » Autrement dit, la visée, les finalités animant les « commoners » qui construisent un commun donné ne seraient qu’un facteur second, voire secondaire.

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