Cinquième numéro des Possibles, la revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

mardi 6 janvier 2015, par Conseil scientifique d’Attac France

Le cinquième numéro de la revue trimestrielle Les Possibles, éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac, est disponible. Retrouvez ci-dessous le sommaire de ce numéro et inscrivez-vous pour recevoir la revue.

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Les précédents numéro sont disponibles en ligne Numéro 1 ; Numéro 2 ; Numéro 3 ; Numéro 4.

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Les biens communs : un mouvement de communards (Jean-Marie Harribey, Jean Tosti)

La vingtième conférence des parties, dite COP 20, sous l’égide de l’ONU, qui vient de s’achever à Lima est un échec complet. Un de plus. Depuis celle de Kyoto en 1997, qui avait adopté un premier protocole, toutes ont avorté : impossible de trouver un engagement concret à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, qui continuent à augmenter à un rythme élevé (aujourd’hui, dans le monde, environ 50 % de plus d’émissions annuelles qu’en 1990). À tel point que le cinquième rapport du GIEC de 2014 annonce que, très probablement, la hausse des températures atteindra entre +3,7 °C et +4,8 °C au cours de ce siècle, peut-être même davantage.

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Dossier : les biens communs

Reconquérir la propriété : un enjeu déterminant pour l’avenir des communs (Fabienne Orsi)

La reconquête de la propriété constitue probablement l’un des principaux enjeux pour l’avenir du mouvement des communs. Telle est la position que j’aimerais défendre ici. Communs et propriété sont intimement liés. Le renouveau du thème des communs dans la littérature comme la montée croissante des initiatives citoyennes1 s’inscrivent en grande partie en réaction à l’extraordinaire montée en puissance de la propriété privée et exclusive dans de nombreux domaines et territoires : extension de la propriété privée et exclusive à des domaines jusque-là organisés selon des principes d’ouverture et de libre accès (la connaissance, la recherche fondamentale), entrée de la propriété intellectuelle selon des normes renforcées dans les accords de commerce mondial et creusement des inégalités d’accès aux biens essentiels, processus massif d’accaparement des terres et des mers, détournement de la propriété publique au profit d’un mouvement grandissant de privatisation et de ventes des biens et des services publics par les États.

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Le principe du commun, principe d’un nouveau droit d’usage (Pierre Dardot, Christian Laval)

Le commun comme principe politique, tel que nous l’avons défini dans notre livre, est né de luttes et d’expérimentations apparemment très différentes, mais qui posent toutes, chacune à leur manière, le double problème de l’activité démocratique et du droit d’usage. On peut dire plus précisément que c’est l’articulation de nouvelles formes plus « réelles » de démocratie, pour reprendre une formule des Indignados, et de nouveaux droits prévalant sur le droit de propriété qui donne son plein sens historique au réinvestissement contemporain, à la fois militant et académique, de la catégorie de « communs » (commons).

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Qu’est ce qu’un commun ? Quelles perspectives le mouvement des communs ouvre-t-il à l’alternative sociale ? (Benjamin Coriat)

Le présent texte n’a d’autre objet que d’aider à la clarification d’un débat devenu urgent, sur ce que sont les communs (ou « le » commun) et ce qu’ils peuvent apporter à la réflexion en cours sur les alternatives. Cette clarification me paraît d’autant plus urgente que – bien étrangement – les communs sont devenus une « mode ». Plus aucun chercheur en sciences sociales (ou presque) qui ne s’y réfère, comme à un objet dont l’importance ou la signification « va de soi ».

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Les biens publics mondiaux, sauvetage du capitalisme ou révolution ? (Jacques Cossart)

L’objet de ce court article n’est pas de proposer une analyse approfondie de l’histoire du « commun », des conséquences que peut entraîner sa pratique ou des exigences qu’elle suppose. Il s’agit simplement de montrer combien l’état réel de ce monde du XXIe siècle exige la mise en œuvre de ce qui sera dénommé ici les biens publics mondiaux (BPM) qui ne s’opposent évidemment pas aux autres appellations utilisées. On trouve notamment, selon les auteurs, commun, communs, bien commun, biens communs, biens publics, pour lesquels le singulier ou le pluriel sont souvent présentés comme une des caractéristiques du contenu.

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Pour une conception matérialiste des biens communs (Jean-Marie Harribey)

La crise du capitalisme mondial est à la fois une crise du régime d’accumulation qui s’est imposé à la fin du XXe siècle, dont la racine sociale est essentielle, et une crise du principe même d’accumulation infinie, dont la racine est écologique : le capital vient buter sur une difficulté accrue pour produire et réaliser de la valeur, c’est-à-dire arracher toujours plus de valeur à une force de travail surexploitée sur une base matérielle en voie de dégradation ou d’épuisement. L’extension de la marchandise ne peut donc être infinie. Ainsi s’explique la tentative des forces du capital de repousser encore plus loin la frontière de la propriété privée pour englober l’espace non marchand, les connaissances, les ressources naturelles et tout le vivant, en espérant recréer une dynamique durable de rentabilité. La résistance pratique à cette poussée a mis à l’honneur le renouveau de la discussion théorique autour des biens communs.

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Les communs de la connaissance (Hervé Le Crosnier)

La question des communs prend une importance à l’heure actuelle : elle procure des lunettes nouvelles pour observer la situation du monde et offrir des perspectives à la hauteur des enjeux. En effet, la complexité et l’interconnexion des défis auxquels nous sommes confrontés rendent indispensables des solutions qui ne soient ni centralisées, ni universelles. Impossible d’attendre un changement global à l’échelle de la planète pour mettre en place des structures et des mouvements d’émancipation. Impossible également de laisser l’individualisme et le marché détenir les clés du futur. Face à ces deux utopies qui sont la marque du XXe siècle, les communs deviennent le terme fédérateur de celles et ceux qui veulent envisager de nouvelles solutions.

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Gestion de l’accès à l’eau en Afrique et participation : À la recherche du commun (Catherine Baron)

La diffusion du référentiel néolibéral, prégnant dans le secteur de l’eau depuis les années 1990, est allée de pair avec l’intégration de principes et de concepts qui pouvaient apparaître, a priori, contradictoires avec les fondements de ce modèle, tels ceux de bien commun et de participation. Considérer les ambiguïtés derrière le recours à ces concepts illustre particulièrement bien ce processus d’intégration et de reformulation du sens qui leur a été conféré dans ce modèle néolibéral, mais permet aussi de mettre en exergue des conceptions opposées, sous-jacentes et portées par une pluralité d’acteurs.

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L’eau : au-delà de l’État (Marcela Olivera)

Les comités de l’eau de la partie sud de Cochabamba, la quatrième plus grande ville de Bolivie, sont le parfait exemple des formes boliviennes de l’autonomie et de l’horizontalité. C’est un réseau toujours actif d’organisations qui se sont signalées après la « guerre de l’eau » de 2000, quand une mobilisation sur une grande échelle a mis le holà à une tentative parrainée par l’État de privatiser l’approvisionnement en eau de Cochabamba. L’un des résultats de la mobilisation a été une augmentation de la visibilité du réseau de comités de Cochabamba, qui a renforcé son niveau d’organisation dans la ville depuis sa victoire de 2000.

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Le prix de l’eau, instrument d’exclusion (Jean-Luc Touly)

Les Français sont loin d’être égaux face à leur facture d’eau. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par la Confédération générale du logement qui pointe du doigt la vraie « jungle » qui régit le marché de l’eau en France. L’association de consommateurs met en lumière les disparités existantes sur le territoire. 6328 communes ont été passées au crible dans 95 départements métropolitains et 5 départements d’outre-mer.

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Débats

L’âge de la fragilité (Geneviève Azam)

Le délitement du monde, des sociétés et de leur habitat envahit la scène quotidienne. Nul besoin de détailler les évènements qui s’enchaînent et s’enchevêtrent pour percevoir des failles qui ne cessent de s’élargir. La vitesse et l’ampleur des destructions sont à la mesure de l’effondrement d’un système à bout de souffle, et qui, comme un cycliste qui ne peut tenir sur sa bicyclette qu’en pédalant, poursuit et accélère sa course en mobilisant toujours plus les humains et les richesses naturelles.

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Un gouvernement de gauche peut fournir un espace de respiration pour les mouvements, (Antonis Broumas, Theodoros Karyotis )

Aujourd’hui, l’antagonisme social se manifeste en termes militaires. La domination capitaliste résout ses contradictions non par l’octroi de certains droits et privilèges aux opprimés, comme dans le passé, mais en imposant un État ​​d’exception permanent, où toutes les mesures d’ingénierie sociale sont justifiables et où toute protestation est perçue comme une déclaration d’hostilités. Parvenir à un nouvel équilibre reste un défi, qui ne sera surmonté que par l’affirmation du contre-pouvoir social au centre de la scène de la vie politique.

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Sur le plafonnement du quotient familial et la modulation des allocations (Christiane Marty)

L’objectif d’économies budgétaires conditionne la politique familiale depuis quelques années. Les principales mesures adoptées depuis 2012, comme le plafonnement du quotient familial et la modulation des allocations familiales, n’en sont pas moins présentées comme des mesures de justice sociale, ce que ce texte se propose de discuter. Auparavant, il est utile de rappeler le contexte plus globalement.

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Le Capital comme économie et théorie de la société moderne (Jacques Bidet)

La collaboration entre philosophes et économistes me semble nécessaire pour clarifier cette part de notre héritage théorique, toujours présente dans la pensée critique, bien au-delà de ceux qui se réclament du marxisme. La question se trouve aujourd’hui publiquement posée. J’en prendrai comme symptôme un petit fait académique. Le programme de l’agrégation de philosophie comporte traditionnellement un axe majeur : l’étude de deux philosophes. Cette année, c’est Platon et… Marx, notamment le Marx du Capital, Livre 1. Du jamais vu. Un texte d’économie, livré à l’ardeur de toute une génération de jeunes philosophes. C’est dans l’air du temps : des cercles d’étude de Marx apparaissent un peu partout dans les universités. On voir ressurgir l’imbroglio des relations entre économie, sciences sociales, philosophie et politique.

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La revue des revues

La Revues des revues n° 5 (Jacques Cossart)

Dans sa revue trimestrielle des revues internationales, Jacques Cossart examine, entre autres, le Rapport sur le développement humain du PNUD 2014, la relation – tant théorique que politique – entre l’épargne et l’investissement, l’état des grandes fortunes, les lancinants problèmes de la fiscalité internationale, de l’évasion fiscale et des paradis fiscaux. Pendant ce temps, l’insécurité alimentaire persiste, et les politiques d’austérité sont… de rigueur !

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