Actions transnationales contre l’inauguration du nouveau siège de la Banque Centrale Européenne : 18 mars 2015 à Francfort

vendredi 20 février 2015, par Blockupy International

2015 a débuté par quelque chose d’inouï. Le peuple grec s’est levé face aux menaces exprimées partout à travers l’Europe et a élu un nouveau gouvernement de gauche. Ceci après 5 ans de dévastation de la Grèce, où la population a vécu dans une lutte constante face à la crise humanitaire et contre la destruction sociale. Ce gouvernement a été élu pour faire front aux institutions européennes et ne pas accepter que de nouvelles mesures d’austérité soient imposées à la population. Nous soutenons la décision du peuple grec de rejeter la doctrine néolibérale qui martèle qu’ « il n’y a pas d’alternative ». Cette décision nous redonne du pouvoir et ouvre la possibilité d’un avenir différent. D’autant plus qu’elle est connectée à d’autres mouvements populaires importants comme en Espagne. Encore récemment, dans les rues de Madrid, des centaines de milliers de personnes ont dit haut et fort : Nous pouvons et nous allons gagner à nouveau ! La population est ensuite descendue dans les rues en Grèce et à travers l’Europe le 11 février, lorsque l’Eurogroupe a commencé à renégocier la dette grecque. Une vague transnationale d’actions de solidarité a été déclenchée.

Ce sentiment de puissance donne de l’espoir à des millions de personnes en Europe et encourage les résistances contre le régime de crise. La solidarité avec le peuple grec et sa décision démocratique n’est pas seulement une obligation pour nous, c’est aussi notre intérêt commun : l’intérêt de tous ceux et toutes celles d’entre nous qui partout en Europe luttent contre la logique de l’austérité et se battent pour améliorer leurs conditions de vie et de travail.

C’est pourquoi nous disons : Il est temps d’agir ! C’est pourquoi nous appelons toutes et tous, de l’Europe entière, à rejoindre les actions transnationales contre l’inauguration du nouveau siège de la BCE le 18 mars à Francfort !

Certes, le régime de crise européen a évolué avec le temps – les réunions d’urgence de l’UE semblent s’être arrêtées, des pays sortent du fonds européen de stabilité. Cependant cela ne signifie pas que les politiques de crise menées par l’UE et la BCE sont terminées, comme le montre la pression actuellement exercée sur la Grèce. Le chantage n’est pas terminé – bien au contraire. Dès que les institutions européennes sont menacées, elles réagissent, elles font chanter et elles n’hésitent pas à réactiver de violentes mesures d’austérité. Dans le même temps, nous sommes confrontés à une situation qui finit presque par sembler normale : une normalité nouvelle et terrible, faite de précarité et de pauvreté, devenue une réalité avec les politiques néolibérales mises en place pendant la crise. Ces politiques sont fermement ancrées dans les institutions de l’État et n’ont jamais été envisagées comme temporaires. Les politiques d’austérité favorisent un mode de gouvernement autoritaire, la poursuite du démantèlement des formes de participation démocratiques, les attaques sur les conditions de travail, s’appuyant sur les hiérarchies créées par les frontières. Ces politiques sont liées à la militarisation de la politique intérieure et extérieure, à la montée du racisme et des extrêmismes de droite. Ces dernières années, l’ignoble Troïka et la gouvernance néolibérale ont ouvert la voie à une nouvelle phase en Europe : un modèle de précarité et de droits sociaux limités, un modèle de contrôle et de concurrence auquel nous refusons de nous habituer !

Et nous entendons désormais les élites et les gouvernements –avec l’Allemagne en tête – se lamenter contre les demandes du peuple grec d’arrêter et de revenir sur les privatisations, de défendre les droits sociaux, de taxer les riches - le peuple grec n’a pas à payer une dette et des intérêts dont il n’est pas responsable. Ils craignent un effet domino à travers l’Europe ; ils craignent que leur « programme » de compétitivité et de contrôle néolibéral, imposé comme le modèle européen, ne s’écroule.

La BCE est l’un des principaux agents de ce chantage et de la normalisation de l’austérité, de la dynamique du bâton et de la carotte. Un membre crucial de l’ignoble Troïka (Commission européenne, BCE et FMI), qui avec le Conseil de l’UE ont promu l’austérité et les privatisations, avec comme conséquences un appauvrissement et une précarisation d’une grande partie de la population en Europe. En refusant que les obligations grecques ne servent de garanties à ses prêts, la BCE impose directement la poursuite des politiques d’austérité et se range clairement du côté du gouvernement allemand.

Par conséquent Blockupy réaffirme son appel à des actions transnationales larges contre la BCE lors de l’inauguration de son nouveau siège à Francfort le 18 mars. Une tour de 185 mètres de haut, qui ressemble à une forteresse avec son rempart de sécurité et ses douves, un symbole du pouvoir qui a coûté la somme astronomique d’1,3 milliards d’euros. Notre appel lancé il y a plusieurs mois à des initiatives fortes, vivantes et larges a déjà fait mouche : la BCE a déjà annoncé qu’elle transformait sa grande cérémonie en simple amuse-gueule. Mais nous n’avons que faire du nombre d’invités. Notre protestation est celle de la critique radicale de l’œuvre de la BCE, la planification, l’exécution et la normalisation des politiques d’austérité.

Nous savons que Francfort est le bon rendez-vous pour nous tout-es - précaires, migrants et travailleurs de l’industrie, forces actives dans les mouvement sociaux et pour l’émancipation. Bien sûr nous sommes conscient-es que même un gouvernement de gauche ne peut résoudre tous les problèmes. Les dynamiques réelles commencent dans les rues et sur les places, dans les assemblées et les associations, dans et hors des lieux de travail pour une dynamique sociale. Au-delà de notre solidarité avec le peuple grec et son choix démocratique, nous voulons montrer qu’il ne s’agit pas d’un conflit d’intérêts entre peuples européens. Il s’agit d’une lutte commune pour tous les peuples d’Europe ! Les luttes en Grèce comme ailleurs ont ouvert une nouvelle voie pour nous tou-tes.

Si ce n’est pas maintenant, alors quand !? Plus retentissants et plus forts que jamais, nous appelons à des actions transnationales le 18 mars face à la BCE à Francfort ! Le 18 mars est le bon moment pour nous retrouver toutes et tous à Francfort. Il est temps d’intensifier tous nos efforts et de faire en sorte que chacun-e rejoigne la mobilisation. Temps d’être un espace de lutte transnationale dans et contre le ventre de la bête. C’est le bon moment pour exiger des comptes à la BCE sur ses politiques et réclamer avec puissance de nouvelles orientations politiques. Le 18 mars est notre chance comme notre responsabilité de construire une force collective et efficace à partir de la base – s’ils veulent le capitalisme sans la démocratie, nous voulons la démocratie sans le capitalisme.

Le 18 mars nous prendrons les rues et les places de Francfort, autour du nouvau bâtiment de la BCE et dans le centre-ville, avec des milliers personnes venues de toute l’Europe. Nous commencerons à l’aube autour de la BCE avec des actions de désobéissance civile pour empêcher la BCE de s’auto-célébrer et pour pertuber le cours normal de leur journée de travail. Chacun-e doit et est bienvenu-e à nous rejoindre – les activités sont conçues pour une participation massive, avec un consensus commun. Nous nous rassemblerons ensuite pour une manifestation et des prises de parole vivantes, fortes et variées durant l’après-midi.

Rejoignez-nous dans l’action ! Rejoignez-nous pour les blocages de la BCE à 7h du matin, pour le meeting en plein air à 14h et pour la manifestation à travers le centre-ville à 17h.

D’abord nous avons pris Athènes, c’est Francfort maintenant !

Départs collectifs en bus

Vous souhaitez participer à la mobilisation européenne à Francfort le 18 mars ? Faites-le nous savoir, inscrivez-vous pour un départ collectif en vous rendant sur cette page.

Informations complémentaires

Pour plus d’infos, visitez notre site http://blockupy.org/en/ ; plus nous approcherons du 18 mars plus vous y trouverez des informations détaillées – sur les activités, la coordination des bus et des hébergements, le programme du meeting en plein air, la manifestation et bien plus encore. Pour toute question, vous pouvez écrire à international@blockupy-frankfurt.org ou nous suivre sur Twitter : @blockupy / #18M et https://facebook.com/blockupy.europe.

Qui nous sommes

Blockupy fait partie d’un réseau à l’échelle européenne de militant-es de mouvements sociaux, altermondialistes, migrants, chômeurs, précaires, travailleurs de l’industrie, syndicalistes, membres de partis politiques et bien d’autres encore de nombreux pays européens d’Italie, d’Espagne, de Grèce, de Belgique, des Pays-Bas, du Danemark, de France, d’Allemagne et d’autres pays. Ensemble nous voulons connecter nos luttes et nos forces par delà les lignes des États-nations. Ensemble nous voulons créer un mouvement européen, uni dans la diversité, qui peut briser la règle de l’austérité et commencer à construire la démocratie et les solidarités par le bas. Blockupy et les actions à Francfort ne sont qu’une étape sur ce chemin. Comme mouvement transnational, nous nous opposons fermement à toute tentative de division raciste, nationaliste ou antisémite de même qu’à toute théorie du complot pour interpréter le monde.