30 organisations de la société civile appellent les député⋅e⋅s à garantir la transparence dans les industries extractives et forestières

Mercredi 17 septembre, l’Assemblée nationale examinera en procédure accélérée un projet de loi historique, qui introduit l’obligation pour les entreprises pétrolières, gazières, minières et forestières de publier tous les paiements faits à des gouvernements, pays par pays et projet par projet.

Cette loi pourrait constituer une avancée majeure dans la lutte contre la corruption et l’opacité des multinationales, alors même que la France héberge de très grandes entreprises extractives, comme Total, AREVA ou Eramet. Mais le Ministère des Finances a présenté volontairement un projet de loi incomplet et imprécis, dont les failles pourront être utilisées par les entreprises voulant contourner leurs obligations. Face à cette situation, les député·e·s français doivent se mobiliser et défendre l’intérêt commun contre les pressions gouvernementales et les lobbies industriels peu soucieux de la justice fiscale.

Le texte de loi présenté par le gouvernement ne garantit pas que les informations publiées par les entreprises seront accessibles à tous, contrairement à ce qui avait été décidé au niveau européen [1].

De plus, l’extension géographique du reporting, actée dans la loi sur le développement du 7 juillet dernier [2], a été également oubliée, alors qu’il s’agit d’un outil absolument nécessaire de lutte contre l’évasion fiscale en permettant d’obtenir des informations sur l’activité des filiales des multinationales dans des territoires comme les Bermudes ou le Luxembourg.

François Hollande avait pourtant pris des engagements dans ce sens durant la campagne électorale de 2012 et réitérés en avril 2013 [3].

Depuis la loi bancaire de juillet 2013 [4], les banques françaises sont déjà soumises à ce type de reporting et n’ont subi aucun impact en termes de compétitivité, résultat ou image. Mais, dans le secteur extractif, en coulisse, les lobbies du secteur privé sont massivement mobilisés pour demander une application « la plus souple possible » de la directive [5].

Ce vote mercredi sera l’unique occasion pour les député·e·s de renforcer ce projet de loi. Face aux pressions des industriels – notamment pétroliers – et au manque d’ambition du gouvernement, les membres de la Coalition Publiez ce que Vous Payez et la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires appellent les député·e·s à se montrer ambitieux et à se saisir de ce projet de loi afin que la France, premier pays à transposer les Directives en Europe, montre l’exemple en matière de transparence des multinationales.

Signataires

Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) est un réseau mondial d’organisations de la société civile établi en 2002 et travaillant pour la transparence des secteurs pétroliers, gaziers et miniers. PCQVP-France regroupe les organisations suivantes : Les Amis de la Terre, CARE France, CCFD-Terre Solidaire, CIMADE, Secours Catholique / Caritas France, Défi Michée, FIDH – Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, Info Birmanie, Justice et Paix, Oxfam France, ONE France, Partenia 2000, SHERPA, SURVIE, Transparence-International (France).

La Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires est une plateforme de 18 organisations de la société civile française mobilisées pour la justice fiscale, la lutte contre l’opacité financière, la corruption et l’évasion fiscale. Elle regroupe les organisations suivantes : Les Amis de la Terre - Anticor - Attac France - CADTM France – CCFD-Terre Solidaire - CFDT - CGT - CRID - Droit pour la justice - Observatoire citoyen pour la transparence Financière Internationale - Oxfam France - Justice et Paix - Réseau Foi et Justice Afrique Europe - Secours catholique Caritas France - Sherpa - Survie - Syndicat de la magistrature – Solidaires Finances Publiques - Transparence International France.