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	<title>Attac France</title>
	<link>https://france.attac.org/</link>
	<description>Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et m&#232;ne des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales.
Mouvement d'&#233;ducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 100 comit&#233;s locaux.</description>
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		<title>Attac France</title>
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		<title>Un coup d'&#201;tat financier contre Ath&#232;nes</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/un-coup-d-etat-financier-contre-athenes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/un-coup-d-etat-financier-contre-athenes</guid>
		<dc:date>2015-06-29T11:16:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vicky Skoumbi</dc:creator>


		<dc:subject>Commission europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me bancaire</dc:subject>
		<dc:subject>FMI</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un plan de d&#233;stabilisation financi&#232;re et politique de la Gr&#232;ce est en cours depuis quelques semaines. &#192; vrai dire, c'est bien avant l'&#233;lection de Syriza que le processus a &#233;t&#233; mis en route, mais son acc&#233;l&#233;ration intensive ces derniers jours jette une lumi&#232;re vive sur celui-ci. Il s'agirait de rien de moins qu'une tentative de renverser le gouvernement Syriza, pour que celui-ci soit enfin remplac&#233; par une coalition &#224; la convenance des cr&#233;anciers. Le chantage odieux exerc&#233; sur le gouvernement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/" rel="directory"&gt;Le flux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/commission-europeenne" rel="tag"&gt;Commission europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/euro" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/systeme-bancaire" rel="tag"&gt;Syst&#232;me bancaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/fmi" rel="tag"&gt;FMI&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton4011-d09c9.png?1753959459' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un plan de d&#233;stabilisation financi&#232;re et politique de la Gr&#232;ce est en cours depuis quelques semaines. &#192; vrai dire, c'est bien avant l'&#233;lection de Syriza que le processus a &#233;t&#233; mis en route, mais son acc&#233;l&#233;ration intensive ces derniers jours jette une lumi&#232;re vive sur celui-ci. Il s'agirait de rien de moins qu'une tentative de renverser le gouvernement Syriza, pour que celui-ci soit enfin remplac&#233; par une coalition &#224; la convenance des cr&#233;anciers. Le chantage odieux exerc&#233; sur le gouvernement grec, par le biais d'une incitation ouverte &#224; un &lt;i&gt;bank run&lt;/i&gt;, ne laisse aucun doute sur la volont&#233; des cr&#233;anciers d'en finir une fois pour toutes avec un gouvernement qui ose contester leurs diktats et refuse de faire boire au peuple grec jusqu'&#224; la lie la potion l&#233;tale que Bruxelles, la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) et le Fonds mon&#233;taire international (FMI) ont savamment concoct&#233;e pour lui. Doit-on rappeler ici que les programmes de &#171; sauvetage &#187;, qui n'ont sauv&#233; personne &#224; l'exception notoire de banques europ&#233;ennes, grecques comprises, n'ont pas manqu&#233; de produire une telle chute du PIB, une telle baisse du niveau de vie que m&#234;me une guerre men&#233;e par des moyens militaires n'aurait su produire. La nouveaut&#233; aujourd'hui consiste au fait que le trio infernal de la Tro&#239;ka a d&#233;cid&#233; de mettre d&#233;lib&#233;r&#233;ment en danger le syst&#232;me bancaire grec afin de faire tomber un gouvernement qui, malgr&#233; des pressions terrifiantes, a os&#233; lui tenir t&#234;te pendant cinq mois. Apr&#232;s tout, il n'est pas interdit de mettre en danger quelques petites banques p&#233;riph&#233;riques si c'est pour rafler la mise sur le plan politique et &#233;conomique. Ces affirmations qui pourraient, aux yeux de certains, para&#238;tre exag&#233;r&#233;es, voire gratuites, s'appuient sur des faits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un plan de d&#233;stabilisation financi&#232;re et politique de la Gr&#232;ce est en cours depuis quelques semaines. &#192; vrai dire, c'est bien avant l'&#233;lection de Syriza que le processus a &#233;t&#233; mis en route, mais son acc&#233;l&#233;ration intensive ces derniers jours jette une lumi&#232;re vive sur celui-ci. Il s'agirait de rien de moins qu'une tentative de renverser le gouvernement Syriza, pour que celui-ci soit enfin remplac&#233; par une coalition &#224; la convenance des cr&#233;anciers. Le chantage odieux exerc&#233; sur le gouvernement grec, par le biais d'une incitation ouverte &#224; un &lt;i&gt;bank run&lt;/i&gt;, ne laisse aucun doute sur la volont&#233; des cr&#233;anciers d'en finir une fois pour toutes avec un gouvernement qui ose contester leurs diktats et refuse de faire boire au peuple grec jusqu'&#224; la lie la potion l&#233;tale que Bruxelles, la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) et le Fonds mon&#233;taire international (FMI) ont savamment concoct&#233;e pour lui. Doit-on rappeler ici que les programmes de &#171; sauvetage &#187;, qui n'ont sauv&#233; personne &#224; l'exception notoire de banques europ&#233;ennes, grecques comprises, n'ont pas manqu&#233; de produire une telle chute du PIB, une telle baisse du niveau de vie que m&#234;me une guerre men&#233;e par des moyens militaires n'aurait su produire. La nouveaut&#233; aujourd'hui consiste au fait que le trio infernal de la Tro&#239;ka a d&#233;cid&#233; de mettre d&#233;lib&#233;r&#233;ment en danger le syst&#232;me bancaire grec afin de faire tomber un gouvernement qui, malgr&#233; des pressions terrifiantes, a os&#233; lui tenir t&#234;te pendant cinq mois. Apr&#232;s tout, il n'est pas interdit de mettre en danger quelques petites banques p&#233;riph&#233;riques si c'est pour rafler la mise sur le plan politique et &#233;conomique. Ces affirmations qui pourraient, aux yeux de certains, para&#238;tre exag&#233;r&#233;es, voire gratuites, s'appuient sur des faits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Destabilisation-economique'&gt;D&#233;stabilisation &#233;conomique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain de l'Eurogroupe du 18 juin, M. Tusk a su trouver la bonne formule pour r&#233;sumer la situation : la Gr&#232;ce aura &#224; choisir entre ou bien le projet que proposent les cr&#233;anciers, ou bien la faillite, a-t-il d&#233;clar&#233;. Mais ces messieurs, qui sont cens&#233;s veiller sur la sauvegarde des int&#233;r&#234;ts des peuples europ&#233;ens, ne se sont pas content&#233;s de placer un gouvernement &#233;lu devant ce choix forc&#233;. La faillite, ils ne se bornent pas &#224; l'&#233;voquer, ils l'organisent sournoisement et m&#233;thodiquement par des rumeurs, de vraies fausses annonces aux m&#233;dias, de fuites savamment orchestr&#233;es, qui toutes laissent planer depuis plusieurs jours la menace d'un sc&#233;nario &#224; la chypriote. Par un jeu calcul&#233; de d&#233;clarations alarmantes, ils pr&#233;viennent de l'imminence d'un &#171; capital control &#187; en Gr&#232;ce et poussent d&#233;lib&#233;r&#233;ment les &#233;pargnants grecs &#224; faire des retraits massifs, qui n'ont pas manqu&#233; de conduire les banques au bord du gouffre. Dresser ici un inventaire exhaustif de faits et gestes incitant &#224; la panique bancaire n'est pas possible ; je vous renvoie &#224; l'excellent compte rendu qu'en fait &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-comment-les-creanciers-ont-utilise-le-bank-run-dans-la-negociation-485761.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Romaric Godin&lt;/a&gt; dans &lt;i&gt;La Tribune, &lt;/i&gt;ainsi qu'&#224; l'analyse de &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/economie/210615/grece-les-creanciers-instaurent-la-strategie-de-la-terreur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martine Orange&lt;/a&gt; dans &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je mentionne juste deux exemples : le refus de la Commission de d&#233;mentir l'article du &lt;i&gt;S&#252;ddeutsche Zeitung&lt;/i&gt; qui &#233;voquait la possibilit&#233; d'un contr&#244;le de capitaux et la vraie fausse rumeur lanc&#233;e par les soins de M. Coeure, selon laquelle les banques grecques ne devaient pas ouvrir lundi dernier. Une fois cette pr&#233;vision catastrophique d&#233;mentie par les faits, le spectre de la fermeture bancaire s'est savamment d&#233;plac&#233; vers&#8230; mardi ! Que faudrait-il de plus pour que les &#233;pargnants se ruent vers les agences les plus proches ? La tr&#232;s honorable institution qui se doit d'assurer la stabilit&#233; du syst&#232;me financier europ&#233;en n'accorde chaque jour qu'une somme &#171; insuffisamment suffisante &#187;, pour maintenir les banques grecques tout juste &#224; flot, mais toujours au bord du gouffre. Bref, les responsables europ&#233;ens, avec l'aide de leurs amis du FMI, recourent ici au bon vieux sch&#233;ma de la proph&#233;tie apocalyptique, qui, en semant la panique, finit par s'accomplir, du fait de sa seule &#233;nonciation publique. Le but de l'op&#233;ration &#233;tant d'obliger le gouvernement Tsipras &#224; d&#233;cider ses prochains mouvements, sous la menace imminente d'un &#171; accident &#187; bancaire. Ce qui pourrait expliquer les concessions suppl&#233;mentaires que le gouvernement grec a faites en acceptant une hausse de la TVA et une augmentation des cotisations des retrait&#233;s au syst&#232;me de sant&#233;. Pour compl&#233;ter le tableau, juste avant la r&#233;union du 24 juin, un dignitaire europ&#233;en a jug&#233; bon de rappeler &#224; notre m&#233;moire le sc&#233;nario &#224; la chypriote, dont la r&#233;p&#233;tition pourrait intervenir &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'a pas suffi, la preuve, la nouvelle proposition des trois institutions, qui en fait ne diff&#232;re que tr&#232;s peu de la pr&#233;c&#233;dente, exige de nouvelles baisses des retraites et des salaires, dans le but &#233;vident mais non avou&#233; d'enfoncer encore plus la Gr&#232;ce dans une mis&#232;re &#233;conomique et sociale la plus totale. Prenons juste un exemple parmi les mesures pr&#233;conis&#233;es : le taux d'imposition des agriculteurs passe de 13 % &#224; 26 %, voire &#224; 33 %, et la r&#233;duction de taxes sur le p&#233;trole destin&#233; aux travaux agricoles est diminu&#233;e de moiti&#233;. Pareilles mesures, si elles venaient &#224; s'appliquer sur une agriculture &#224; l'agonie, pousseraient la grande majorit&#233; des cultivateurs &#224; renoncer &#224; leur m&#233;tier et &#224; brader leurs champs pour moins que rien. Sous pr&#233;texte de multiplier les recettes de l'&#201;tat, ce qui n'est tout simplement pas envisageable car on ne peut rien tirer de gens ruin&#233;s, la terre arable grecque changerait de mains. J'ajoute que, selon &lt;a href=&#034;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/5e38f1be-1116-11e5-9bf8-00144feabdc0.html#axzz3dl3u5AHt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wolfgang M&#252;nchau&lt;/a&gt;, l'avant-derni&#232;re proposition de ceux qui pr&#233;tendent parler au nom de l'Europe, et qui diff&#232;re tr&#232;s peu de celle actuellement sur la table, produirait certainement un effet r&#233;cessif de 12,6 % sur quatre ans, et que la dette risquerait d'atteindre 200 % du PIB en 2019. Avoir mis sous tutelle un pays dont la dette s'&#233;levait &#224; 120 % en 2009 pour le sauver de la faillite, et le conduire gr&#226;ce aux conditionnalit&#233;s de l' &#171; aide &#187; accord&#233;e, &#224; 200 %, c'est un brillant exercice de destruction massive, qui pourrait servir d'exemple &#224; tous ceux et celles en Europe qui trouvent que l'aust&#233;rit&#233; est un rem&#232;de qui tue. &#192; ce propos, on aimerait bien savoir sur quelle logique M. Moscovici s'appuie pour affirmer qu'un paquet de 11 milliards d'&#233;conomies &#233;tal&#233;es sur 18 mois, impos&#233; &#224; un pays en d&#233;pression, ne constitue point un plan d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Des-acolytes-bien-commodes'&gt;Des acolytes bien commodes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que les d&#233;clarations catastrophistes les plus redoutables venaient de l'int&#233;rieur m&#234;me du pays. Le bal fut ouvert par M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Bakogianni, qui, d&#232;s le 24 mai d&#233;j&#224;, avait affirm&#233; l'imminence d'un &lt;i&gt;capital control&lt;/i&gt; qui pourrait intervenir dans le long week-end de la Pentec&#244;te. M. G&#233;orgiadis, transfuge de l'extr&#234;me droite au sein du gouvernement pr&#233;c&#233;dent et vendeur de pamphlets antis&#233;mites, n'a pas manqu&#233; d'apporter sa propre touche &#224; l'&#233;difice. Cependant, celui qui a vraiment donn&#233; le coup de gr&#226;ce fut le directeur de la Banque de Gr&#232;ce, M. Stournaras. Celui-ci, en outrepassant abusivement les limites de sa fonction en tant que garant de la stabilit&#233; financi&#232;re grecque, a jug&#233; bon de publier, la veille de l'Eurogroupe du 18 juin, un rapport qui pr&#233;voyait des catastrophes cataclysmiques, si jamais un accord avec les cr&#233;anciers n'&#233;tait pas sign&#233; tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Terrorisme-financier'&gt;Terrorisme financier &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais la BCE n'en est pas &#224; son premier coup. En mati&#232;re de chantages aux liquidit&#233;s et d'ultimatums, M. Jean-Claude Trichet s'&#233;tait av&#233;r&#233; &#234;tre un ma&#238;tre &#224; la t&#234;te de la BCE. Les Irlandais en ont go&#251;t&#233; la saveur, lorsqu'en novembre 2010 et sous la menace du tarissement de liquidit&#233;s, ils furent forc&#233;s de signer un m&#233;morandum qu'ils s'obstinaient jusqu'alors &#224; rejeter. On peut &#233;galement &#233;voquer l'&#233;viction de Papandr&#233;ou de son poste de Premier ministre, une fois qu'il avait eu la tr&#232;s mauvaise id&#233;e de proposer en novembre 2011 un r&#233;f&#233;rendum. Quant au &#171; bail in &#187; chypriote, on aurait tort d'oublier le chantage ouvert qu'a exerc&#233; encore une fois la BCE, en mena&#231;ant de couper les liquidit&#233;s aux banques chypriotes. Cet exercice de haut vol de terrorisme financier a prouv&#233; encore une fois en Chypre son efficacit&#233; : il a oblig&#233; le parlement chypriote &#224; revenir sur sa d&#233;cision initiale et &#224; accepter le 22 mars 2013 le m&#234;me &lt;i&gt;bail in&lt;/i&gt; que trois jours avant il avait rejet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'exemple le plus instructif reste celui qui concerne la fuite de capitaux &#171; t&#233;l&#233;guid&#233;e &#187;, pendant la p&#233;riode entre les &#233;lections de mai et celles de juin 2012 en Gr&#232;ce. Une &#233;tude de Peterson Institute, dat&#233;e de mai 2012, sous le titre parlant &#171; &lt;a href=&#034;http://blogs.piie.com/realtime/?p=2884&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment un bank run peut faire partie de la solution&lt;/a&gt; &#187; d&#233;crit en d&#233;tail de quelle mani&#232;re une panique bancaire en p&#233;riode &#233;lectorale pourrait s'av&#233;rer fort opportune pour pousser les &#233;lecteurs &#224; se d&#233;tourner de Syriza. Son auteur, M. Jacob Funk Kirkegaard, ne m&#226;che pas ses mots : &#171; Un &lt;i&gt;bank run&lt;/i&gt; acc&#233;l&#233;r&#233; en Gr&#232;ce pourrait offrir quelques opportunit&#233;s. Nous ne devons donc nous attendre &#224; aucun r&#233;pit sur le front des menaces de la part des dirigeants de l'Eurozone. En effet, ces dirigeants peuvent encourager secr&#232;tement la panique bancaire, une strat&#233;gie qui r&#233;v&#232;lerait aux yeux de tous, le caract&#232;re fallacieux et trompeur du programme &#233;lectoral de Syriza. Si les d&#233;posants des banques grecques ne peuvent pas faire confiance aux promesses d'Alexis Tsipras concernant leur argent propre, pourquoi voteraient-ils pour lui ? &#187; Et l'excellent homme pousse son raisonnement jusqu'&#224; dire : &#171; tout un chacun qui veut maintenir la Gr&#232;ce dans l'Eurozone se doit de retirer de l'argent des banques &#187;. On ne peut pas &#234;tre plus clair, je crois. Il ne faut surtout pas imaginer que ce sc&#233;nario-l&#224; &#233;tait rest&#233; lettre morte &#224; l'&#233;poque. Entre mai et juin 2012, r&#233;sonnaient sans cesse &#224; nos oreilles les paroles des dignitaires europ&#233;ens du plus haut rang, qui n'avaient de cesse que de nous pr&#233;venir des catastrophes apocalyptiques qui se produiraient si jamais Syriza gagnait les &#233;lections (voir &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/2012/05/22/en-grece-la-theorie-des-deux-extremes_820573&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; un article relatif &#224; cet &#233;pisode et &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/2012/06/04/gauche-grecque-et-europe-democratique_823628&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'appel&lt;/a&gt; que, &#224; l'&#233;poque, Etienne Balibar, Michel Vakaloulis et moi-m&#234;me avions lanc&#233;). Tout au long de cette p&#233;riode &#233;lectorale, on a pu constater une fuite consid&#233;rable de capitaux vers l'&#233;tranger, dont une grande partie fut rapatri&#233;e juste apr&#232;s la formation du gouvernement Samaras. Une v&#233;ritable campagne d'intimidation avait &#233;t&#233; lanc&#233;e en interne et en externe, afin de terroriser les &#233;lecteurs par la perspective de la perte de leur &#233;pargne et d'une fermeture imminente des grandes entreprises, si, par malheur, Syriza l'emportait. Une grande banque syst&#233;mique grecque, Eurobank pour ne pas la nommer, avait m&#234;me donn&#233; la consigne &#224; ses employ&#233;s de bien pr&#233;venir la client&#232;le de la fermeture certaine de la banque, si Syriza l'emportait, apr&#232;s quoi leurs &#233;conomies seraient parties en fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nul besoin de remonter si loin pour trouver des pr&#233;c&#233;dents. D&#233;but f&#233;vrier 2015, la BCE avait annonc&#233; la suppression de lignes de financement des banques grecques, qu'elle acceptait depuis 2010. &#171; Les responsables de la banque centrale ont annonc&#233; que l'institut mon&#233;taire mettait un terme &#224; partir du 28 f&#233;vrier &#8211; dans les faits, la mesure devrait prendre effet d&#232;s le 11 f&#233;vrier pour des raisons techniques &#8211; &#224; la clause qui lui permettait d'accepter les titres grecs, class&#233;s aujourd'hui en &#171; junk bonds &#187;, que les banques grecques placent en d&#233;p&#244;t de garantie pour obtenir un refinancement bancaire. Pour les banques grecques, priv&#233;es de tout acc&#232;s aux financements interbancaires, ce dispositif est essentiel pour assurer leur financement &#187;, &#233;crivait &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/international/050215/grece-la-bce-lance-un-coup-detat-financier?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martine Orange&lt;/a&gt;. Apr&#232;s avoir accept&#233; pendant plusieurs ann&#233;es d'acheter des titres qui &#233;taient class&#233;s tr&#232;s bas dans l'&#233;chelle d'&#233;valuation, subitement la BCE a commenc&#233; &#224; se poser des questions sur la qualit&#233; de ces titres, en se souvenant tout d'un coup que son r&#232;glement lui interdit d'acheter des titres qui ne sont pas dot&#233;s du fameux AAA. Il va de soi que le moment ne fut pas choisi au hasard : Syriza venait d'emporter les &#233;lections du 25 janvier et les n&#233;gociations avec les cr&#233;anciers venaient juste de commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la sortie syst&#233;matique de la BCE de ses pr&#233;rogatives ne s'arr&#234;te pas l&#224;. L'honorable institution refuse de rendre &#224; la Gr&#232;ce les gains qu'elle a faits sur les obligations grecques achet&#233;es dans le cadre du programme SMP (&lt;i&gt;Securities Market Program&lt;/i&gt;, un programme d'achat des obligations les plus attaqu&#233;es sur les march&#233;s, afin de faire baisser les taux d'int&#233;r&#234;t). Ces gains, pour la seule ann&#233;e 2014, s'&#233;l&#232;vent &#224; 1,9 milliard. Bref, la BCE, au m&#234;me titre que n'importe quel sp&#233;culateur, profite all&#232;grement de taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s &#233;lev&#233;s de cette cat&#233;gorie de titres, et, en ce moment critique o&#249; l'&#233;conomie grecque est &#224; l'asphyxie, elle refuse de payer &#224; la Gr&#232;ce son d&#251;, si celle-ci ne c&#232;de pas aux exigences extravagantes de ses cr&#233;anciers. Car, &#224; partir du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2013, les int&#233;r&#234;ts per&#231;us sur ces titres doivent obligatoirement &#234;tre r&#233;troc&#233;d&#233;s aux banques centrales nationales, qui elles-m&#234;mes les mettront &#224; la disposition du pays &#233;metteur du titre. Mais l'&#171; exception &#187; grecque autorise quelques &#233;carts par rapport aux accords que les institutions ont sign&#233;s avec la Gr&#232;ce. Non pas que cela ne se fasse pas &#233;galement au d&#233;triment d'autres pays comme le Portugal. Quoi qu'il en soit, dans le cas de la Gr&#232;ce, ce type de pratiques constituent plut&#244;t la r&#232;gle que l'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sc&#233;nario assez semblable au &lt;i&gt;bank run&lt;/i&gt; de mai 2012 est en cours aujourd'hui, sauf que, maintenant, l'implication des institutions europ&#233;ennes se fait ouvertement et non plus &#224; mot couvert. Comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; Martine Orange dans son article &#171; &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/economie/210615/grece-les-creanciers-instaurent-la-strategie-de-la-terreur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gr&#232;ce : les cr&#233;anciers instaurent la strat&#233;gie de la terreur&lt;/a&gt; &#187;, une &#233;tude de la tr&#232;s honorable Goldman Sachs avait d&#233;j&#224; tout pr&#233;vu depuis le mois de d&#233;cembre : &#171; Cette volont&#233; de semer l'inqui&#233;tude ressemble tant au sc&#233;nario de Goldman Sachs, &#233;tabli d&#232;s d&#233;cembre, o&#249; s'encha&#238;naient panique bancaire, fermeture des banques, contr&#244;le des capitaux, capitulation politique, mise sous tutelle &#233;conomique et nouvelles &#233;lections, que cela en devient troublant. &#187; Pour sa part, &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-comment-les-creanciers-ont-utilise-le-bank-run-dans-la-negociation-485761.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Romaric Godin&lt;/a&gt; remarquait : &#171; Tout au long de la semaine, les cr&#233;anciers et la BCE ont tout fait pour d&#233;stabiliser les d&#233;posants grecs. Et placer le gouvernement grec devant un choix impossible. &#187; Faudrait-il rappeler ici que M. Mario Draghi fut pendant de longues ann&#233;es le repr&#233;sentant attitr&#233; de Goldman Sachs en Europe ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Destabilisation-politique'&gt;D&#233;stabilisation politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais Goldman Sachs n'en &#233;tait pas &#224; son dernier coup. Le site &#233;conomique grec &lt;a href=&#034;http://www.capital.gr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;capital.gr&lt;/a&gt; relate que la tr&#232;s honorable maison pr&#233;voit un d&#233;faut imminent de la Gr&#232;ce dans l'euro, accompagn&#233; d'un &lt;i&gt;capital control&lt;/i&gt;. Goldman Sachs pr&#233;cise que la p&#233;riode chaotique qui pourrait suivre comporte tout de m&#234;me &#171; le risque d'une sortie de l'euro au lieu de &lt;i&gt;conduire au changement politique qui permettrait d'arriver &#224; un accord&lt;/i&gt; &#187; (c'est moi qui souligne). Au cas o&#249; nous n'aurions pas compris quel est le changement politique que l'honorable maison appelle de ses v&#339;ux, elle en dresse les contours d'une fa&#231;on on ne peut plus claire. Le &lt;i&gt;capital control&lt;/i&gt; ruinerait la confiance des &#233;lecteurs au gouvernement, de sorte que la voie vers &#171; un nouvel &#233;quilibre politique interne &#187; soit enfin ouverte. Par &#171; nouvel &#233;quilibre politique &#187;, il faut entendre une nouvelle configuration de la carte politique grecque entre les partis, qui permettra d'arriver finalement &#224; la conclusion d'un accord. Cette recomposition de la sc&#232;ne politique grecque, qui serait atteinte gr&#226;ce aux turbulences d'une p&#233;riode trouble de transition, implique n&#233;cessairement des nouvelles &#233;lections ainsi que la formation de coalitions in&#233;dites, nous verrons lesquelles par la suite. Le tout rendra possible le maintien de la Gr&#232;ce dans la zone euro sous un gouvernement suffisamment docile envers les diktats des cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce qui vient d'&#234;tre d&#233;crit n'est pas un sc&#233;nario de d&#233;stabilisation m&#233;thodiquement planifi&#233;e d'un gouvernement &#233;lu, qu'est-ce que c'est ? En provoquant un &lt;i&gt;bank run&lt;/i&gt;, en ouvrant la voie vers le &lt;i&gt;capital control&lt;/i&gt; qui dressera la population contre le gouvernement actuel, certains esp&#232;rent avoir raison de Syriza. Qui plus est, un accord en contrepied du programme &#233;lectoral de Syriza, que les cr&#233;anciers veulent imposer &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;, constituerait l'occasion r&#234;v&#233;e pour que la coalition de gauche radicale qu'est Syriza vole en &#233;clats. Une scission au sein de Syriza permettrait d'isoler le bon grain de l'ivraie et ouvrirait la voie &#224; un autre gouvernement de coalition. Remarquons que la derni&#232;re mouture de la proposition des cr&#233;anciers comporte une coupe de 400 millions dans le budget de la d&#233;fense. Pareille baisse dans le budget de la d&#233;fense aurait pu &#234;tre la bienvenue, si elle ne comportait pas une certaine arri&#232;re-pens&#233;e. ANEL, la droite souverainiste qui est l'alli&#233; actuel de Syriza, est particuli&#232;rement attach&#233;e au maintien d'un budget militaire consid&#233;rable. Certes, dans les programmes pr&#233;c&#233;dents, il y a eu quelques coupes dans le budget de la d&#233;fense, mais, que je sache du moins, jamais de cette ampleur. Alors on ne peut que s'&#233;tonner de voir comment ceux qui, au d&#233;but du programme de &#171; sauvetage &#187;, avaient exig&#233; que la Gr&#232;ce honore les contrats sign&#233;s pour l'achat d'armements au grand profit de la France et de l'Allemagne, tout d'un coup, par une illumination divine, exigent non seulement des coupes, mais des baisses d'effectifs, c'est-&#224;-dire des licenciements de militaires professionnels. Scission donc de Syriza, &#233;clatement de la coalition avec ANEL, voici quelques &#233;l&#233;ments ouvrant une voie royale vers un autre gouvernement plus commode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Stavros Th&#233;odorakis, un pr&#233;sentateur t&#233;l&#233;visuel, qui se trouve actuellement &#224; la t&#234;te de Potami, r&#233;put&#233; pour ses accointances avec le cercle des cr&#233;anciers, est appel&#233; &#224; jouer un r&#244;le clef dans ce processus. Pr&#233;cisons que S. Th&#233;odorakis pr&#244;ne ouvertement la n&#233;cessit&#233; de coupes budg&#233;taires avec baisse des retraites, et s'oppose &#224; toute id&#233;e de restructuration de la dette, ainsi qu'&#224; toute augmentation d'imp&#244;ts des couches sup&#233;rieures de la soci&#233;t&#233;. Ce dirigeant d'une formation qui n'a pas fait plus que 6 % aux derni&#232;res &#233;lections est, dans le contexte actuel, l'interlocuteur privil&#233;gi&#233; de Bruxelles. Il multiplie les rencontres avec M.M. Juncker, Sapin, Moscovici et Schulz, ce dernier ne manquant pas une occasion pour affirmer que c'est bien avec Potami que Syriza aurait d&#251; former un gouvernement de coalition. S. Th&#233;odorakis participe m&#234;me &#224; des d&#238;ners avec des chefs d'&#201;tat ! Comble de l'affaire, ce chantre des int&#233;r&#234;ts des cr&#233;anciers se pr&#233;sente en Gr&#232;ce comme un porte-parole officieux de Bruxelles, faisant part aux Grecs du m&#233;contentement de M. Juncker devant l'&#171; intransigeance &#187; suppos&#233;e du Premier ministre grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si par malheur ces man&#339;uvres ne r&#233;ussissent pas &#224; le faire plier, on peut compter sur l'usure qui pourrait saper la popularit&#233; de Tsipras aupr&#232;s d'une population qui, jusqu'&#224; maintenant, continue contre vents et mar&#233;es &#224; lui accorder son soutien. Cette usure sera assur&#233;e si Tsipras est amen&#233; &#224; appliquer des mesures d'aust&#233;rit&#233;, impos&#233;es par les cr&#233;anciers. La chose pourrait &#234;tre facilit&#233;e par un coup de main opportun et un &lt;i&gt;bank run&lt;/i&gt; organis&#233; ferait bien l'affaire. Les cr&#233;anciers seraient m&#234;me dispos&#233;s &#224; conduire la Gr&#232;ce au d&#233;faut, tout en faisant porter la responsabilit&#233; de celui-ci &#224; Syriza. Il s'ensuivra n&#233;cessairement une premi&#232;re p&#233;riode confuse sinon chaotique, particuli&#232;rement propice &#224; des manifestations dites &#171; de casseroles &#187;, dans la veine de celles organis&#233;es au Chili d'Allende, qui contribueraient &#224; faire tomber le gouvernement. Je dois ajouter ici que chaque fois que les n&#233;gociations se trouvent &#224; un point crucial, des groupes qui se disent anarchistes cr&#233;ent des incidents violents aux alentours de l'&#201;cole polytechnique, en br&#251;lant des voitures, cassant des vitrines, etc. Il se peut qu'il s'agisse effectivement des anars, mais la co&#239;ncidence avec les r&#233;unions de l'Eurogroupe aussi bien que l'attitude tol&#233;rante de la police &#224; leur &#233;gard laissent songeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui pourraient voir l'analyse qui pr&#233;c&#232;de comme une &#233;ni&#232;me th&#233;orie du complot, je propose de pr&#234;ter l'oreille &#224; un &#233;conomiste peu suspect de verser dans le complotisme, &#224; savoir &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-les-discussions-n-avancent-pas-487008.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Romaric Godin&lt;/a&gt; : &#171; L'Europe doit donc &lt;i&gt;de toute urgence abandonner ses buts politiques et accepter enfin le r&#233;sultat de l'&#233;lection du 25 janvier&lt;/i&gt;. Elle doit aussi respecter sa propre parole, celle qui, le 20 f&#233;vrier, affirmait que la Gr&#232;ce devait d&#233;cider de ses propres r&#233;formes dans le cadre du programme. &#187; (soulign&#233; par moi).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Des-amis-qui-vous-veulent-du-bien'&gt;Des amis qui vous veulent du bien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'en viens aux faits et gestes politiques qui permettent d'affirmer qu'un plan de renversement du gouvernement Tsipras est lanc&#233; par Bruxelles. Stavros Th&#233;odorakis, encore lui, fut invit&#233; par la Commission et re&#231;u par M. Juncker le jour m&#234;me o&#249; le Premier ministre &#233;tait convoqu&#233; &#224; Bruxelles. Notons qu'il ne fut pas le seul &#224; se rendre &#224; Bruxelles le mercredi 24 juin, mais s'y sont pr&#233;cipit&#233;s tous ceux qui vont &#234;tre appel&#233;s &#224; former un gouvernement ob&#233;issant, une fois Tsipras &#233;vinc&#233;. On y a vu M. Samaras, dont les d&#233;clarations &#233;taient plus qu'explicites : il propose un gouvernement d'unit&#233; nationale sans M. Tsipras, en faisant quand m&#234;me la concession de s'abstenir de toute participation personnelle au sch&#233;ma propos&#233;. En m&#234;me temps, le nom de M. Karamanlis commence &#224; circuler ; celui-ci pourrait en effet se pr&#233;senter comme un recours possible, dans la mesure o&#249; il n'a occup&#233; aucun poste gouvernemental depuis septembre 2009 ; il est moins us&#233; que ceux qui se sont compromis dans la gestion des memoranda. Quant &#224; M. S. Th&#233;odorakis, toujours lui, du haut de ses 6 % de voix et de sa science &#233;conomique, il vient de donner une interview au &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;, o&#249; il pr&#233;cise qu'il est &#224; la disposition de qui veut l'entendre pour un remaniement gouvernemental. Mais, le 24 juin, a &#233;galement &#233;t&#233; re&#231;ue &#224; Bruxelles M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Gennimata, qui vient de succ&#233;der &#224; M. V&#233;nizelos &#224; la t&#234;te du Pasok, forte des 289 482 voix que celui-ci avait r&#233;colt&#233;es aux derni&#232;res &#233;lections. J'invite le lecteur &#224; r&#233;fl&#233;chir un instant pour se poser la question suivante : que pouvait faire tout ce beau monde &#224; Bruxelles, au moment o&#249; les n&#233;gociations avec les cr&#233;anciers se trouvaient &#224; leur point critique, sinon se pr&#233;senter comme une alternative &#171; s&#233;rieuse &#187; au gouvernement actuel, qui ne serait compos&#233;e que &#171; de personnes responsables et d'adultes &#187; (dixit M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Lagarde) ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Coup-d-Etat-financier'&gt;Coup d'&#201;tat financier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deux sc&#233;narios se dessinent : ou bien il faut obliger le gouvernement Tsipras &#224; la capitulation totale en acceptant des mesures exceptionnellement dures, auxquelles il faudrait &#233;ventuellement ajouter l'arme majeur du &lt;i&gt;capital control&lt;/i&gt;, ce qui le discr&#233;diterait aux yeux de l'opinion, ou bien il faudrait provoquer une scission opportune au sein de Syriza pour introniser ensuite un gouvernement de coalition avec la soi-disant bonne partie de Syriza, o&#249; M. Th&#233;odorakis jouerait un r&#244;le de premier ordre. Une combinaison des deux sc&#233;narios reste bien entendu possible. Le tout dans une perspective de d&#233;faut. Pour &#233;viter les malentendus, je pr&#233;cise que j'appelle de mes v&#339;ux une cessation de paiement, m&#234;me si cela se traduit par un d&#233;faut, &#224; la condition qu'il soit soigneusement pr&#233;par&#233; et encadr&#233;. Sans cela, il pourrait d&#233;clencher un encha&#238;nement d'&#233;v&#233;nements incontr&#244;lables qui m&#232;neraient &#224; la chute du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui vient d'&#234;tre d&#233;crit ici porte un nom, ce n'est rien d'autre qu'un&lt;i&gt; coup d'&#201;tat financier o&#249;, &#224; la place des tanks, on fait appel aux banks&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; Un coup d'&#201;tat foment&#233; par les institutions europ&#233;ennes, voil&#224; le visage de l'Europe que les dirigeants europ&#233;ens souhaitent donner &#224; voir &#224; leurs peuples. Je ne saurais dire si ceux-ci tol&#232;reront ces agissements. Les trois de l'ex-Tro&#239;ka, malgr&#233; leurs dissensions internes, font tout pour dresser les citoyens europ&#233;ens contre les Grecs en leur faisant croire qu'ils ont pay&#233; et continueront &#224; payer pour le sauvetage de la Gr&#232;ce. Ce que l'on oublie de dire, c'est que le programme qui fut pr&#233;sent&#233; en 2010 comme un plan d' &#171; aide &#187; &#224; la Gr&#232;ce, n'&#233;tait en r&#233;alit&#233; qu'un g&#233;n&#233;reux plan de &lt;a href='https://france.attac.org/Downloads/07.02.2015%20%20http:/www.franceculture.fr/2015-02-07-tout-comprendre-sur-la-dette-grecque-en-six-etapes'&gt;sauvetage de banques europ&#233;ennes&lt;/a&gt; expos&#233;es &#224; la dette grecque. Tous les &#233;conomistes qui se respectent s'accordent aujourd'hui sur ce point : &#224; l'&#233;poque, il aurait fallu faire une restructuration importante de la dette grecque qui l'aurait rendue viable, avant d'entreprendre n'importe quelle mesure pour la suite. Or, une telle restructuration aurait pu faire perdre 30 milliards &#224; peu pr&#232;s aux banques europ&#233;ennes, au premier rang desquelles se trouvaient BNP Paribas, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale et la Deutsche Bank. Et, pour que celles-ci n'accusent pas une perte qui aurait n&#233;cessit&#233; leur recapitalisation aux frais du contribuable, un sauvetage qui l'a ruin&#233;e a &#233;t&#233; impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce. Bref, ce qui fut pr&#233;sent&#233; comme un plan d'aide &#224; la Gr&#232;ce n'a &#233;t&#233; qu'une recapitalisation indirecte des banques, qui ont eu toutes leurs aises pour se d&#233;barrasser &#224; temps des obligations grecques avant la restructuration de 2012 ; ainsi, la patate chaude est pass&#233;e du secteur priv&#233; aux &#201;tats. Le fait est confirm&#233; par la toute r&#233;cente d&#233;position de Panayotis Roum&#233;liotis &#224; la Commission parlementaire &#171; V&#233;rit&#233; sur la dette &#187;. Roum&#233;liotis, qui repr&#233;sentait &#224; l'&#233;poque la Gr&#232;ce au sein du FMI, a r&#233;v&#233;l&#233; que des repr&#233;sentants de grandes banques europ&#233;ennes furent re&#231;us &#224; plusieurs reprises par l'&#233;quipe du FMI &#224; Ath&#232;nes afin d'&#233;viter une restructuration qui les prendrait de court. Force est de constater que l'appel &#171; &lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/sauvons-le-peuple-grec-de-ses.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sauvons le peuple grec de ses sauveurs&lt;/a&gt; &#187; que nous avions lanc&#233; en f&#233;vrier 2012 n'a malheureusement rien perdu de sa pertinence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Negociations'&gt;N&#233;gociations ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que cette strat&#233;gie des cr&#233;anciers qui met en danger, non seulement la Gr&#232;ce mais l'Europe dans son ensemble, soul&#232;vera un vent de protestations sans pr&#233;c&#233;dent partout dans le monde. Car, si les cr&#233;anciers arrivent &#224; leurs fins, si ce coup d'&#201;tat financier mont&#233; par les institutions europ&#233;ennes et le FMI r&#233;ussit, il ne restera plus rien de l'id&#233;e europ&#233;enne. Des cendres calcin&#233;es de celle-ci &#233;mergera non pas le visage &#171; complaisant &#187; du chef de Potami, mais celui, odieux, de l'Aube Dor&#233;e. &#192; qui d'autre pourrait profiter le sentiment d'une impuissance totale et enrag&#233;e qui r&#233;sultera in&#233;vitablement devant le spectacle des man&#339;uvres qui ne vous laissent aucune prise sur votre propre destin ? Faire preuve de tant d'aveuglement au moment o&#249; partout en Europe des partis d'extr&#234;me droite et des formations ultranationalistes ouvertement racistes prennent le pas, c'est dire jusqu'o&#249; les dirigeants europ&#233;ens sont dispos&#233;s &#224; aller pour imposer le dogme n&#233;olib&#233;ral. Ou bien il ne s'agit point d'aveuglement, mais d'un choix d&#233;lib&#233;r&#233; ? Certes, il y en a quelques-uns parmi le c&#233;nacle de dirigeants qui, face &#224; ce danger, optent pour un sc&#233;nario plus &lt;i&gt;soft&lt;/i&gt;, celui non pas de l'&#233;viction imm&#233;diate, mais de la prolongation de six mois du programme sans restructuration de la dette, six mois pendant lesquels Syriza sera somm&#233; d'appliquer les contre-r&#233;formes pr&#233;conis&#233;es partout en Europe comme un rem&#232;de miracle &#224; la crise. Un tel sc&#233;nario pr&#233;sente l'avantage de compromettre les chances de Podemos et d'autres formations affines. Mais il n'emp&#234;chera point la mont&#233;e en force de l'Aube Dor&#233;e, qui serait en droit dans ce cas d'affirmer que les politiciens sont tous &#171; les m&#234;mes &#187;. &#192; qui d'autre pourrait profiter la conviction que les politiques sont &#171; tous vendus &#187;, qui ne manquera pas de s'imposer alors &#224; l'opinion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier rebondissement, avec le durcissement maximal des cr&#233;anciers qui se sont r&#233;gl&#233;s sur les positions lib&#233;rales &#224; outrance de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Lagarde, ne fait que confirmer l'hypoth&#232;se d'une strat&#233;gie de d&#233;stabilisation. Il est &#224; noter que cette nouvelle provocation intervient juste deux jours apr&#232;s que les repr&#233;sentants des trois institutions avaient accept&#233; comme une bonne base de discussion les positions grecques, tandis que, deux jours plus tard, le texte pr&#233;sent&#233; par les cr&#233;anciers tordait le cou &#224; l'esprit initial du texte grec, qui, de son c&#244;t&#233;, consistait &#224; faire porter le maximum de charges aux entreprises bien portantes et non pas uniquement aux plus faibles, tr&#232;s fragilis&#233;s par les coupes successives de revenus. En somme, les propositions du FMI adopt&#233;es par les cr&#233;anciers dans leur ensemble sont si extr&#234;mes qu'elles ne sauraient qu'&#234;tre rejet&#233;es. Si par bonheur Tsipras, sous la menace de la faillite, signait un accord plus dur que celui propos&#233; &#224; Samaras, quelle aubaine ! Les peuples europ&#233;ens comprendraient une bonne fois pour toutes que celui qui sort du droit chemin paie la ran&#231;on forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions europ&#233;ennes se sont av&#233;r&#233;es de v&#233;ritables ma&#238;tres &#232;s manipulation et vraies fausses n&#233;gociations. Un m&#233;canisme m&#233;diatique s'est mis au service de cette strat&#233;gie. De faux bonds en retournements de veste, de d&#233;clarations qui &#233;taient faites pour s'annuler un jour apr&#232;s, d'engagements pris et cyniquement et ouvertement non tenus, depuis cinq mois, ils n'avaient que fait semblant de n&#233;gocier, afin de repousser la chose jusqu'au mois de juin, &#224; la fin duquel la Gr&#232;ce, sans prolongation du programme, ne touchera pas la derni&#232;re tranche d'aide. Pour que ces ajournements incessants passent aupr&#232;s de l'opinion, les cr&#233;anciers ont sans cesse d&#233;nonc&#233; l'&#171; intransigeance &#187; irresponsable du gouvernement grec. Et ils l'ont fait au moment o&#249; ils l'obligeaient, par le tarissement des liquidit&#233;s, &#224; reculer consid&#233;rablement par rapport &#224; ses positions initiales. Tout avait bien commenc&#233; par un coup tordu : comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; &lt;a href=&#034;http://www.keeptalkinggreece.com/2015/02/17/against-all-odds-moscovicis-draft-to-varoufakis-uploaded-on-internet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paul Mason&lt;/a&gt;, journaliste au Channel 4, Varoufakis &#233;tait arriv&#233; &#224; l'Eurogroupe du 16 f&#233;vrier avec une des propositions de Moscovici en mains, pour d&#233;couvrir que ce n'&#233;tait point sur celle-ci que portait la discussion, mais sur un texte beaucoup plus dur que Dijsselbloem allait sortir pendant la r&#233;union. En faisant circuler des contre-v&#233;rit&#233;s, en traitant comme nulle et non avenue la proposition de 47 pages d&#233;pos&#233;e par Syriza d&#233;but juin. Ce texte ne reprenait point les positions propres du gouvernement grec, mais bel et bien celles issues de quatre mois de pourparlers inutiles. Ainsi, les institutions europ&#233;ennes ont r&#233;ussi &#224; repousser les vraies n&#233;gociations vers une p&#233;riode critique o&#249; le gouvernement grec est oblig&#233; de verser plusieurs remboursements. Mais les dignitaires de Bruxelles ont voulu y voir un document irrecevable, puisque non conforme &#224; leurs diktats. Fin juin, ils croyaient r&#233;ussir de coller Tsipras dos au mur et escomptaient rafler ainsi la mise. C'est &#224; ce moment que, pour gagner encore du terrain sur l'adversaire, ils ont sorti le bazooka du &lt;i&gt;bank run&lt;/i&gt; orchestr&#233;, comme arme de destruction massive. Mais Tsipras, tant bien que mal, continue &#224; r&#233;sister. Certes, il a fait des concessions, dont plusieurs sont inacceptables, comme les privatisations, mais il continue &#224; ne pas accepter une capitulation totale et sans conditions. Et sur ce point, m&#234;me si l'on n'est pas d'accord sur sa strat&#233;gie, il faudrait lui rendre un hommage appuy&#233; ; tenir bon lorsqu'on est seul dans la fosse aux lions demande un certain courage, voire un courage certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant tant de mauvaise foi, tant d'arrogance, tant de perfidie li&#233;es &#224; une strat&#233;gie de d&#233;stabilisation d'un gouvernement qui d&#233;range, j'aimerais inviter le Premier ministre grec &#224; suspendre les paiements des cr&#233;anciers jusqu'&#224; ce que la croissance revienne en Gr&#232;ce. Il serait utile de rappeler ici que, selon le rapport provisoire de l'audit de la dette grecque, celle-ci a explos&#233; entre 1980 et 2010, non pas &#224; cause de d&#233;penses licencieuses, mais par l'effet conjugu&#233; de taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s &#233;lev&#233;s et de la course aux armements.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Tous-egaux-devant-la-loi'&gt;Tous &#233;gaux devant la loi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Merkel ne cesse de demander plus d'efforts aux Grecs. On ne saurait que lui donner raison. C'est vrai qu'une hausse de 45 % de mortalit&#233; infantile, de 42 % du taux de suicides, accompagn&#233;es d'une baisse de trois ans de l'esp&#233;rance de vie ne lui donnent pas enti&#232;re satisfaction. De m&#234;me, le taux de retrait&#233;s qui vivent en dessous du seuil de pauvret&#233; (44,6 %) est sans doute scandaleusement bas. Encore un effort doit donc &#234;tre fait par ce ramassis de &#171; privil&#233;gi&#233;s &#187;, qui passent leur temps &#224; bronzer au soleil, pour atteindre un chiffre qui t&#233;moignerait de leur volont&#233; de se mettre enfin au travail. Ce qui voudrait dire, pour les plus vuln&#233;rables parmi eux, qu'ils se d&#233;cident enfin &#224; apporter leur contribution &#224; la r&#233;ussite des programmes d'&#171; aide &#187;, en ayant la politesse de se laisser mourir. Si l'on ajoute &#224; cela que le plus grand h&#244;pital du pays, Evang&#233;lismos, n'a de quoi continuer &#224; fonctionner que jusqu'&#224; la fin juillet, il devient on ne peut plus clair que l'effort qui est demand&#233; aux Grecs n'est autre qu'une acc&#233;l&#233;ration intensive du travail de la mort. Force est de constater que l'Europe, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, s'av&#232;re &#234;tre un m&#233;canisme redoutable de &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/2014/03/06/la-thanato-politique-migratoire-europeenne_985030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;thanatopolitique&lt;/a&gt;, tant &#224; l'endroit des migrants &#224; qui elle offre une place dans les fonds marins, qu'&#224; l'endroit &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210213/les-populations-superflues&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des populations vuln&#233;rables&lt;/a&gt;, consid&#233;r&#233;es comme superflues, qui sont invit&#233;es &#224; presser le pas vers la paix &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui pourraient trouver que ces affirmations sont gratuites, je voudrais rappeler la r&#233;ponse du commissaire aux affaires &#233;conomiques et mon&#233;taires de l'&#233;poque, &#224; une question d'euro-d&#233;put&#233;s de Syriza qui, en en septembre dernier, d&#233;non&#231;aient la violation syst&#233;matique des droits sociaux, &#233;conomiques et humains de la population grecque pendant les quatre derni&#232;res ann&#233;es, en s'appuyant sur un rapport relatif aux droits humains des Nations unies pr&#233;sent&#233; par Cephas Lumina. L'excellent M. Jyrki Kata&#239;nen n'a pas h&#233;sit&#233; un instant &#224; dire que &#171; &lt;i&gt;la validit&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la Charte des droits fondamentaux de l'UE est suspendue en Gr&#232;ce mais aussi dans tous les pays sous programme &#187;, &lt;/i&gt;dans la mesure o&#249; les memoranda n'ont pas &#224; &#234;tre soumis au droit communautaire. Une b&#233;vue d'un ultra ? Voyons ce qu'en d&#233;cembre dernier, son successeur, le tr&#232;s socialiste M. Moscovici, avait r&#233;pondu &#224; une question d'euro-d&#233;put&#233;s de Syriza sur le non-respect du droit de travail en Gr&#232;ce. Selon lui, les memoranda ne sont que des accords intergouvernementaux et en tant que tels se soustraient au droit communautaire. Bref, ce qui est affirm&#233; sans ambages ici est le fait que le principe fondateur de la d&#233;mocratie depuis Solon, &#224; savoir l'isonomie, n'est plus valable, ni pour les Grecs, ni pour les autre pays sous la tutelle de la Tro&#239;ka. En somme, ce dont il s'agit, c'est l'instauration de v&#233;ritables zones de non-droit au sein de l'Europe, qui fonctionneront comme hauts lieux d'une exploitation extensive, d'autant plus que, du droit du travail, il ne reste presque rien. Un presque rien que les cr&#233;anciers trouvent encore excessif et s'efforcent de rendre &#233;quivalent &#224; z&#233;ro. Cette &lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/LE-DEVENIR-GREC-DE-L-EUROPE.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cr&#233;ation des zones &#233;conomiques sp&#233;cialis&#233;es&lt;/a&gt;, r&#233;gies par la seule loi du plus fort, ne sert pas uniquement la maximisation de profits sur place, mais l'intimidation de ceux qui ailleurs en Europe se mettront &#224; r&#233;sister &#224; l'offensive n&#233;olib&#233;rale. Si jamais vous vous mettez en t&#234;te que c'est &#224; vous de changer quoi que ce soit, voil&#224; quel sort vous attend. Il est largement temps de se poser la question : quel est le r&#233;gime o&#249; les droits fondamentaux d'un texte fondateur de l'UE sont valables &#8211; m&#234;me si ce n'est qu'en th&#233;orie &#8211; pour les uns, et non pas pour les autres, en fonction de leur pays de r&#233;sidence et de leur appartenance ethnique ? Je laisse au lecteur le soin d'en tirer les conclusions qui s'imposent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='De-nos-responsabilites'&gt;De nos responsabilit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De tout ce qui pr&#233;c&#232;de, on peut conclure que l'Europe de M.M. Juncker, Schulz, Moscovici et Dijsselbloem n'est qu'une structure de pouvoir techno-financier dont la seule raison d'&#234;tre est le sauvetage &#224; tout prix des banques, quitte &#224; en sacrifier quelques-unes de la p&#233;riph&#233;rie pourvu que le r&#233;sultat politique soit l&#224;. Car cette technostructure europ&#233;enne, dot&#233;e d'un m&#233;canisme qui peut semer la terreur sur les march&#233;s, et pourvu d'un dispositif thanatopolitique, a pour but de &#171; neutraliser la d&#233;mocratie &#187;, lorsque celle-ci comporte un risque de rupture. Et tout moyen est bon, m&#234;me la faillite du syst&#232;me bancaire grec, si c'est pour arriver &#224; ses fins, c'est-&#224;-dire faire tomber un gouvernement &#233;lu, point r&#233;volutionnaire mais qui se bat tant bien que mal pour d&#233;fendre les droits du peuple dont il est le repr&#233;sentant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette attaque sans pr&#233;c&#233;dent de la notion d'isonomie, devant cette mise &#224; mort de la d&#233;mocratie dans le pays m&#234;me qui l'a vue na&#238;tre, pourrions-nous rester muets ? Plusieurs d'entre vous ont d&#233;j&#224; entrepris des initiatives, des textes, des actions de solidarit&#233; avec les Grecs, ce dont je les remercie de tout c&#339;ur. Mais, aujourd'hui, un seuil a &#233;t&#233; franchi. Il ne s'agit plus ni du sort des Grecs ni de celui de l'Europe. Ce qui est en danger est cette infime marge de d&#233;mocratie que nos dirigeants daignent bien nous laisser encore. Un coup d'&#201;tat est en train d'avoir lieu sous nos yeux, et il n'est pas possible de se taire. Faisons entendre nos voix partout dans le monde. Il y va de notre responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Vicky Skoumbi, R&#233;dactrice en chef de la revue grecque de philosophie &lt;i&gt;&#945;&#955;&#951;th&#949;&#953;&#945;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ath&#232;nes, le 25 juin 2015&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Annexe'&gt;Annexe&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='Du-paquet-Juncker-pour-la-Grece-du-respect-de-regles-europeennes-et-nbsp'&gt; Du paquet Juncker pour la Gr&#232;ce, du respect de r&#232;gles europ&#233;ennes, et d'autres histoires &#224; dormir d&#233;bout&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants europ&#233;ens rivalisent &#224; qui mieux mieux en double langage et contre-v&#233;rit&#233;s ; le pr&#233;tendu &#171; ami &#187; de Grecs au sein des institutions europ&#233;ennes qui faisait jusqu'&#224; r&#233;cemment &#233;talage d'amabilit&#233;s &#224; l'endroit de Tsipras, M. Juncker pour ne pas le nommer, veut nous faire croire qu'il offre &#224; la Gr&#232;ce un g&#233;n&#233;reux paquet de 35 milliards, &#233;tal&#233; sur cinq ans et destin&#233; aux investissements. Certains se sont pr&#233;cipit&#233;s de le nommer &#171; paquet Juncker &#187;. Mais des &lt;a href=&#034;http://www.keeptalkinggreece.com/2015/06/23/what-is-the-mysterious-e35bn-aid-package-juncker-offers-to-greece/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;journalistes&lt;/a&gt; qui honorent leur profession sont all&#233;s voir de plus pr&#232;s quel est ce paquet que le pr&#233;sident de la Commission offrirait en cadeau &#224; la Gr&#232;ce. Or, il ne s'agit de rien d'autre que des fonds structurels faisant partie d'un &#171; repackaging &#187; de fonds non utilis&#233;s. La Gr&#232;ce, en tant que membre &#224; part enti&#232;re de l'UE, y a droit au m&#234;me titre que les autres pays membres, ind&#233;pendamment de toute conditionnalit&#233; et certainement pas en fonction de l'issue des n&#233;gociations. Cependant, M. Juncker ne se contente pas de pr&#233;senter comme un &#171; plan pour la Gr&#232;ce &#187; ces fonds, que l'UE doit &#224; la Gr&#232;ce par la redistribution proportionnelle parmi les pays membres de fonds qui sont rest&#233;s dans les tiroirs, mais, en pleine contradiction avec ses pr&#233;rogatives, il met une conditionnalit&#233; politique &#224; son versement. Bref un chantage on ne peut plus cynique, o&#249; la Commission se croit en droit de retenir une somme due &#224; un pays en &#233;tat de n&#233;cessit&#233; et fait d&#233;pendre son versement de l'issue de discussions. &#171; Il est assez &#233;tonnant de penser que la Gr&#232;ce, membre jusqu'&#224; nouvel ordre &#224; part enti&#232;re de l'Union europ&#233;enne, serait &#171; moins bien servie &#187; dans le cadre de la r&#233;partition des fonds europ&#233;ens si elle ne parvenait pas &#224; s'entendre avec les cr&#233;anciers. La Commission a donc commenc&#233; &#224; mettre en place cette &#171; zone euro &#224; deux vitesses &#187; qu'Alexis Tsipras &#233;voquait ? &#187;, &#233;crit &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-que-sont-les-35-milliards-d-euros-promis-par-jean-claude-juncker-486644.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Romaric Godin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus. Selon des informations provenant des &#233;tudiants italiens, la Commission aurait suspendu pour des raisons de proc&#233;dure le programme Erasmus pour la Gr&#232;ce ! Si cette exclusion, contraire non seulement aux r&#232;glements mais &#224; la notion m&#234;me de l'isonomie, s'av&#232;re fond&#233;e, elle serait la preuve suppl&#233;mentaire que ceux qui s'&#233;chinent &#224; exiger de la Gr&#232;ce le respect des r&#232;glements sont dispos&#233;s &#224; les violer sans h&#233;sitation, lorsqu'il s'agit d'exercer un chantage politico-&#233;conomique &#224; un gouvernement r&#233;fractaire. En d'autres termes, la Commission traite d'ores et d&#233;j&#224; la Gr&#232;ce comme un non-membre de l'UE, en suspendant les aides auxquelles elle a droit, jusqu'&#224; ce qu'&#224; ce que la Gr&#232;ce c&#232;de sur tous les fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi il n'y pas &#224; s'&#233;tonner que M. Juncker fut le Premier ministre du Luxembourg pendant la glorieuse p&#233;riode qui a transform&#233; celui-ci en un paradis fiscal. Il serait int&#233;ressant de savoir &#224; combien de manque &#224; gagner pour les autres pays europ&#233;ens se traduit cette politique. Combien de manque &#224; gagner pour la Gr&#232;ce, qui aujourd'hui manque des fonds suffisants pour couvrir les besoins les &#233;l&#233;mentaires d'un syst&#232;me de sant&#233; en ruines ? Selon Eva Joly, il se peut que le montant s'&#233;l&#232;ve &#224; quelques milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Juncker ne manque pas de d&#233;noncer &#224; qui veut l'entendre le m&#233;pris des r&#232;gles europ&#233;ennes dont ferait preuve Tsipras. Le pr&#233;sident de la Commission, si attach&#233; au respect de r&#232;gles, saurait-il nous dire quelle r&#232;gle europ&#233;enne permet &#224; l'Allemagne de d&#233;passer pendant cinq ann&#233;es cons&#233;cutives le 6 % r&#233;glementaire d'exc&#233;dents commerciaux, sans &#234;tre le moindre du monde inqui&#233;t&#233;e par aucune instance europ&#233;enne ? Si j'y fais mention, c'est parce que, comme le dit Ambrose Evans-Pritchard dans le &lt;a href=&#034;http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/11584031/Germanys-record-trade-surplus-is-a-bigger-threat-to-euro-than-Greece.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Daily Telegraph&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, un exc&#233;dent de l'ordre de 7,9 % comme celui qu'affiche actuellement l'Allemagne, a comme effet moins de croissance et plus de ch&#244;mage pour les autres pays europ&#233;ens. Bref, l'Allemagne n'exporte pas que ses produits, mais a trouv&#233; moyen d'exporter du ch&#244;mage &#224; ses partenaires europ&#233;ens, sans qu'aucun d'entre eux ne trouve rien &#224; redire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &lt;i&gt;last but not least&lt;/i&gt;, jusqu'&#224; quand les &#233;conomistes de la BCE continueront-ils &#224; cacher sous le tapis l'&#233;tat pas franchement rassurant de la Deutsche Bank ? La situation d&#233;licate de ce g&#233;ant aux pieds d'argile, embourb&#233; dans une s&#233;rie de scandales et soup&#231;onn&#233; de blanchissement d'argent, repr&#233;sente un danger consid&#233;rable non seulement pour l'Europe mais pour l'&#233;conomie mondiale. La Deutsche Bank vient d'&#233;coper d'une amende de 2 milliards pour falsification du Libor, et est actuellement &#171; &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/demission-surprise-des-deux-patrons-de-deutsche-bank-482061.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;aux prises avec quelque 6 000 litiges &lt;/a&gt; &#187; juridiques ! &#192; la mi-mars, ses filiales am&#233;ricaines ont &#233;taient les seules, avec celles de Stantander, &#224; ne pas passer les &lt;i&gt;Stress Tests&lt;/i&gt; de la Fed. Mais le plus inqui&#233;tant est que le g&#233;ant allemand, poursuivi Outre-Atlantique pour &#233;vasion fiscale, d&#233;tiendrait dans son portefeuille une bombe de plusieurs giga-tones. Rien de moins que quelques trillions&lt;i&gt; &lt;/i&gt;de produits &#224; tr&#232;s haut risque, voire toxiques. Sur leur montant exact, les chiffres les plus fous circulent. Il y en a qui parlent de 3 &#224; 4 trillions, d'autres de quelques dizaines. Peut-&#234;tre que le tr&#232;s pointilleux M. Draghi daignerait nous informer de ce qu'il en est au juste. Car lorsque cette bulle-l&#224; &#233;clatera, le krach qui suivra, fera para&#238;tre celui de 1929 comme une partie de plaisir. C'est bien commode de pr&#233;senter la Gr&#232;ce, dont la dette ne repr&#233;sente m&#234;me pas 2 % du PIB de la zone euro, comme &lt;i&gt;le &lt;/i&gt;danger qui menacerait l'&#233;conomie europ&#233;enne, mais en tant que citoyens europ&#233;ens, nous avons tout de m&#234;me le droit d'en savoir un peu plus long sur les pratiques plus que douteuses et surtout sur l'&#233;tat de sant&#233; de la DB. Certes, le niveau de la TVA sur les p&#226;tes &#224; Ath&#232;nes est un sujet d'importance cruciale, qui suscite &#224; juste titre un int&#233;r&#234;t mondial. N&#233;anmoins, on ne peut pas s'emp&#234;cher de penser qu'il pourrait s'agir l&#224; d'une man&#339;uvre de diversion bien commode, destin&#233;e &#224; d&#233;tourner l'attention de ce qui pose vraiment probl&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt; Du paquet Juncker pour la Gr&#232;ce, du respect de r&#232;gles europ&#233;ennes, et d'autres histoires &#224; dormir d&#233;bout&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants europ&#233;ens rivalisent &#224; qui mieux mieux en double langage et contre-v&#233;rit&#233;s ; le pr&#233;tendu &#171; ami &#187; de Grecs au sein des institutions europ&#233;ennes qui faisait jusqu'&#224; r&#233;cemment &#233;talage d'amabilit&#233;s &#224; l'endroit de Tsipras, M. Juncker pour ne pas le nommer, veut nous faire croire qu'il offre &#224; la Gr&#232;ce un g&#233;n&#233;reux paquet de 35 milliards, &#233;tal&#233; sur cinq ans et destin&#233; aux investissements. Certains se sont pr&#233;cipit&#233;s de le nommer &#171; paquet Juncker &#187;. Mais des &lt;a href=&#034;http://www.keeptalkinggreece.com/2015/06/23/what-is-the-mysterious-e35bn-aid-package-juncker-offers-to-greece/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;journalistes&lt;/a&gt; qui honorent leur profession sont all&#233;s voir de plus pr&#232;s quel est ce paquet que le pr&#233;sident de la Commission offrirait en cadeau &#224; la Gr&#232;ce. Or, il ne s'agit de rien d'autre que des fonds structurels faisant partie d'un &#171; repackaging &#187; de fonds non utilis&#233;s. La Gr&#232;ce, en tant que membre &#224; part enti&#232;re de l'UE, y a droit au m&#234;me titre que les autres pays membres, ind&#233;pendamment de toute conditionnalit&#233; et certainement pas en fonction de l'issue des n&#233;gociations. Cependant, M. Juncker ne se contente pas de pr&#233;senter comme un &#171; plan pour la Gr&#232;ce &#187; ces fonds, que l'UE doit &#224; la Gr&#232;ce par la redistribution proportionnelle parmi les pays membres de fonds qui sont rest&#233;s dans les tiroirs, mais, en pleine contradiction avec ses pr&#233;rogatives, il met une conditionnalit&#233; politique &#224; son versement. Bref un chantage on ne peut plus cynique, o&#249; la Commission se croit en droit de retenir une somme due &#224; un pays en &#233;tat de n&#233;cessit&#233; et fait d&#233;pendre son versement de l'issue de discussions. &#171; Il est assez &#233;tonnant de penser que la Gr&#232;ce, membre jusqu'&#224; nouvel ordre &#224; part enti&#232;re de l'Union europ&#233;enne, serait &#171; moins bien servie &#187; dans le cadre de la r&#233;partition des fonds europ&#233;ens si elle ne parvenait pas &#224; s'entendre avec les cr&#233;anciers. La Commission a donc commenc&#233; &#224; mettre en place cette &#171; zone euro &#224; deux vitesses &#187; qu'Alexis Tsipras &#233;voquait ? &#187;, &#233;crit &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-que-sont-les-35-milliards-d-euros-promis-par-jean-claude-juncker-486644.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Romaric Godin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus. Selon des informations provenant des &#233;tudiants italiens, la Commission aurait suspendu pour des raisons de proc&#233;dure le programme Erasmus pour la Gr&#232;ce ! Si cette exclusion, contraire non seulement aux r&#232;glements mais &#224; la notion m&#234;me de l'isonomie, s'av&#232;re fond&#233;e, elle serait la preuve suppl&#233;mentaire que ceux qui s'&#233;chinent &#224; exiger de la Gr&#232;ce le respect des r&#232;glements sont dispos&#233;s &#224; les violer sans h&#233;sitation, lorsqu'il s'agit d'exercer un chantage politico-&#233;conomique &#224; un gouvernement r&#233;fractaire. En d'autres termes, la Commission traite d'ores et d&#233;j&#224; la Gr&#232;ce comme un non-membre de l'UE, en suspendant les aides auxquelles elle a droit, jusqu'&#224; ce qu'&#224; ce que la Gr&#232;ce c&#232;de sur tous les fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi il n'y pas &#224; s'&#233;tonner que M. Juncker fut le Premier ministre du Luxembourg pendant la glorieuse p&#233;riode qui a transform&#233; celui-ci en un paradis fiscal. Il serait int&#233;ressant de savoir &#224; combien de manque &#224; gagner pour les autres pays europ&#233;ens se traduit cette politique. Combien de manque &#224; gagner pour la Gr&#232;ce, qui aujourd'hui manque des fonds suffisants pour couvrir les besoins les &#233;l&#233;mentaires d'un syst&#232;me de sant&#233; en ruines ? Selon Eva Joly, il se peut que le montant s'&#233;l&#232;ve &#224; quelques milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Juncker ne manque pas de d&#233;noncer &#224; qui veut l'entendre le m&#233;pris des r&#232;gles europ&#233;ennes dont ferait preuve Tsipras. Le pr&#233;sident de la Commission, si attach&#233; au respect de r&#232;gles, saurait-il nous dire quelle r&#232;gle europ&#233;enne permet &#224; l'Allemagne de d&#233;passer pendant cinq ann&#233;es cons&#233;cutives le 6 % r&#233;glementaire d'exc&#233;dents commerciaux, sans &#234;tre le moindre du monde inqui&#233;t&#233;e par aucune instance europ&#233;enne ? Si j'y fais mention, c'est parce que, comme le dit Ambrose Evans-Pritchard dans le &lt;a href=&#034;http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/11584031/Germanys-record-trade-surplus-is-a-bigger-threat-to-euro-than-Greece.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Daily Telegraph&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, un exc&#233;dent de l'ordre de 7,9 % comme celui qu'affiche actuellement l'Allemagne, a comme effet moins de croissance et plus de ch&#244;mage pour les autres pays europ&#233;ens. Bref, l'Allemagne n'exporte pas que ses produits, mais a trouv&#233; moyen d'exporter du ch&#244;mage &#224; ses partenaires europ&#233;ens, sans qu'aucun d'entre eux ne trouve rien &#224; redire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &lt;i&gt;last but not least&lt;/i&gt;, jusqu'&#224; quand les &#233;conomistes de la BCE continueront-ils &#224; cacher sous le tapis l'&#233;tat pas franchement rassurant de la Deutsche Bank ? La situation d&#233;licate de ce g&#233;ant aux pieds d'argile, embourb&#233; dans une s&#233;rie de scandales et soup&#231;onn&#233; de blanchissement d'argent, repr&#233;sente un danger consid&#233;rable non seulement pour l'Europe mais pour l'&#233;conomie mondiale. La Deutsche Bank vient d'&#233;coper d'une amende de 2 milliards pour falsification du Libor, et est actuellement &#171; &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/demission-surprise-des-deux-patrons-de-deutsche-bank-482061.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;aux prises avec quelque 6 000 litiges&lt;/a&gt; &#187; juridiques ! &#192; la mi-mars, ses filiales am&#233;ricaines ont &#233;taient les seules, avec celles de Stantander, &#224; ne pas passer les &lt;i&gt;Stress Tests&lt;/i&gt; de la Fed. Mais le plus inqui&#233;tant est que le g&#233;ant allemand, poursuivi Outre-Atlantique pour &#233;vasion fiscale, d&#233;tiendrait dans son portefeuille une bombe de plusieurs giga-tones. Rien de moins que quelques trillions&lt;i&gt; &lt;/i&gt;de produits &#224; tr&#232;s haut risque, voire toxiques. Sur leur montant exact, les chiffres les plus fous circulent. Il y en a qui parlent de 3 &#224; 4 trillions, d'autres de quelques dizaines. Peut-&#234;tre que le tr&#232;s pointilleux M. Draghi daignerait nous informer de ce qu'il en est au juste. Car lorsque cette bulle-l&#224; &#233;clatera, le krach qui suivra, fera para&#238;tre celui de 1929 comme une partie de plaisir. C'est bien commode de pr&#233;senter la Gr&#232;ce, dont la dette ne repr&#233;sente m&#234;me pas 2 % du PIB de la zone euro, comme &lt;i&gt;le &lt;/i&gt;danger qui menacerait l'&#233;conomie europ&#233;enne, mais en tant que citoyens europ&#233;ens, nous avons tout de m&#234;me le droit d'en savoir un peu plus long sur les pratiques plus que douteuses et surtout sur l'&#233;tat de sant&#233; de la DB. Certes, le niveau de la TVA sur les p&#226;tes &#224; Ath&#232;nes est un sujet d'importance cruciale, qui suscite &#224; juste titre un int&#233;r&#234;t mondial. N&#233;anmoins, on ne peut pas s'emp&#234;cher de penser qu'il pourrait s'agir l&#224; d'une man&#339;uvre de diversion bien commode, destin&#233;e &#224; d&#233;tourner l'attention de ce qui pose vraiment probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : &lt;a href=&#034;http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Old_Greek_flag_waving.png&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philly boy92&lt;/a&gt;, licence &lt;a href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Creative Commons BY-SA 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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