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	<title>Attac France</title>
	<link>https://france.attac.org/</link>
	<description>Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et m&#232;ne des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales.
Mouvement d'&#233;ducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 100 comit&#233;s locaux.</description>
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		<title>Attac France</title>
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		<title>Ren&#233; Passet</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/rene-passet</link>
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		<dc:date>2025-11-24T11:09:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Jeffers , Jean-Marie Harribey, Plihon Dominique </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Nous apprenons avec une grande peine le d&#233;c&#232;s de Ren&#233; Passet, ce 23 novembre. Hommage &#224; celui qui fut le premier pr&#233;sident du Conseil scientifique d'Attac.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/" rel="directory"&gt;Le flux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH79/uploadhtml5_i8uzjr-58c6d.png?1764079182' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous apprenons avec une grande peine le d&#233;c&#232;s de Ren&#233; Passet, ce 23 novembre. Hommage &#224; celui qui fut le premier pr&#233;sident du Conseil scientifique d'Attac.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est peu dire que la peine est immense en apprenant le d&#233;c&#232;s de Ren&#233; Passet. Nous sommes nombreux &#224; avoir rencontr&#233; le p&#233;dagogue, le th&#233;oricien, le citoyen engag&#233; pour &#234;tre marqu&#233;s profond&#233;ment par son empreinte. Son parcours universitaire qui l'a men&#233; de Bordeaux &#224; Paris est connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut insister sur ses intuitions pr&#233;coces concernant la crise &#233;cologique d&#232;s les ann&#233;es 1970. Son livre &lt;i&gt;L'&#233;conomique et le vivant&lt;/i&gt;, publi&#233; pour la premi&#232;re fois en 1979, republi&#233; en 1996, est l'un des tout premiers avoir th&#233;oris&#233; l'inscription de la question &#233;conomique &#224; l'int&#233;rieur de la question sociale et celle-ci &#224; l'int&#233;rieur de la biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Ren&#233; Passet posait de fa&#231;on originale une critique de la pr&#233;tendue science &#233;conomique rest&#233;e sourde et aveugle aux interactions entre l'humanit&#233; et la nature, &#171; en co-&#233;volution &#187;, comme il le disait. Une r&#233;flexion synth&#233;tis&#233;e dans une magistrale somme &lt;i&gt;Les grandes repr&#233;sentations du monde et de l'&#233;conomie &#224; travers l'histoire&lt;/i&gt; en 2010. Loin des phares des m&#233;dias, il r&#233;fl&#233;chissait avec d'autres penseurs de premier plan, comme Edgard Morin ou Ilya Prigogine dans le &#171; groupe des Dix &#187;, sur les syst&#232;mes complexes pour concevoir ce qui allait &#234;tre appel&#233; la &#171; bio&#233;conomie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Passet fut aussi un exemple de coh&#233;rence entre l'engagement intellectuel et l'engagement citoyen. Alors que le monde sombrait dans la phase du capitalisme n&#233;olib&#233;ral, il participa activement &#224; l'&#233;closion du mouvement altermondialiste, et il devint le premier pr&#233;sident du Conseil scientifique d'Attac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous son autorit&#233;, une multitude de travaux scientifiques contribu&#232;rent &#224; forger un autre discours sur les transformations que l'&#233;conomie dominante imposait pour satisfaire aux exigences de la finance devenue mondiale. En t&#233;moigne son livre de 2000 &lt;i&gt;L'illusion n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt;. Les plus anciens dans l'association Attac se souviennent aussi qu'il a jou&#233; un r&#244;le &#233;minent pour mettre au jour la fraude &#233;lectorale qui aurait pu mettre &#224; bas l'association, et ensuite pour contribuer &#224; l'apaisement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'important est peut-&#234;tre encore ailleurs. Derri&#232;re l'intellectuel hors pair, derri&#232;re le citoyen engag&#233;, il y avait l'homme. Celui plein de gentillesse, d'&#233;coute, de disponibilit&#233; et de conscience sociale. N&#233; dans la banlieue la plus populaire, B&#232;gles, de l'agglom&#233;ration bordelaise, Ren&#233; Passet savait d'o&#249; il venait. On peut comprendre alors quelle boussole le guidait vers le respect de tous les humains dans un &#233;quilibre des &#233;cosyst&#232;mes &#224; construire. Nous perdons un penseur et un ami. Notre tristesse est tr&#232;s grande. Puissions-nous &#234;tre &#224; la hauteur des enjeux pour continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique Plihon, Esther Jeffers, Jean-Marie Harribey, derniers pr&#233;sidents du Conseil scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Inflation par les salaires ou par les profits ?</title>
		<link>https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/article/inflation-par-les-salaires-ou-par-les-profits</link>
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		<dc:date>2023-10-05T17:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Jeffers </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Depuis 2021, la reprise de l'inflation touche l'&#233;conomie mondiale dans son ensemble. Les augmentations successives des taux d'int&#233;r&#234;t par les banques centrales n'ont pas r&#233;ussi &#224; la contenir enti&#232;rement. Le plus souvent, il est dit que ce sont les salaires qui provoquent l'inflation. Et si c'&#233;taient les profits des grandes entreprises qui en &#233;taient la principale cause ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/" rel="directory"&gt;Lignes d'Attac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton8898-96dbf.jpg?1754196964' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2021, la reprise de l'inflation touche l'&#233;conomie mondiale dans son ensemble. Les augmentations successives des taux d'int&#233;r&#234;t par les banques centrales n'ont pas r&#233;ussi &#224; la contenir enti&#232;rement. Le plus souvent, il est dit que ce sont les salaires qui provoquent l'inflation. Et si c'&#233;taient les profits des grandes entreprises qui en &#233;taient la principale cause, comme l'indiquent m&#234;me certains travaux de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) et du Fonds mon&#233;taire international (FMI) ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'affaiblissement des gains de productivit&#233; du travail depuis plusieurs d&#233;cennies a affect&#233; les marges des entreprises, dans les pays dits d&#233;velopp&#233;s ou &#233;mergents. Face &#224; cette situation, les entreprises peuvent faire le choix d'augmenter leurs prix pour augmenter leurs taux de marge. Elles le font quand elles sont s&#251;res de ne pas perdre des parts de march&#233; et que leurs concurrentes font de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement ce qui s'est produit courant 2021 : les firmes, au sein de certains secteurs comme l'alimentation, l'&#233;nergie, etc., ont r&#233;ussi &#224; s'entendre implicitement entre elles sur une augmentation de leurs prix. Cela s'est fait aux d&#233;pens des salaires r&#233;els qui ont baiss&#233; dans la valeur ajout&#233;e brute des entreprises. Cette baisse remonte aux ann&#233;es 1980 et au tournant n&#233;olib&#233;ral : aujourd'hui la part des salaires est inf&#233;rieure de 4 &#224; 5 points de pourcentage par rapport &#224; son niveau de la p&#233;riode pr&#233;-n&#233;olib&#233;rale alors que les profits des soci&#233;t&#233;s du CAC40 affichent des profits records1. La crise sanitaire, &#233;conomique, sociale et &#233;cologique a augment&#233; la d&#233;gradation de la condition salariale et les remises en cause des droits des travailleurs (retraite, protection sociale, services publics).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une situation o&#249; la croissance est tr&#232;s faible et l'inflation forte, les hausses successives des taux des banques centrales ne r&#233;soudront pas le probl&#232;me. Les superprofits des entreprises sont en priorit&#233; transform&#233;s en dividendes et rachats de leurs propres actions pour satisfaire les actionnaires plut&#244;t qu'en investissements. Il est grand temps de mettre les politiques publiques au service de la bifurcation &#233;cologique, d'augmenter le pouvoir d'achat des salaires et des retraites faibles, de les indexer sur l'inflation, et de revaloriser les m&#233;tiers et d'augmenter les salaires dans les secteurs &#224; pr&#233;dominance f&#233;minine pour promouvoir l'&#233;galit&#233; professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Esther Jeffers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dit photo : George Pagan (&lt;a href=&#034;https://unsplash.com/fr/photos/auKHIMPD7_o&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;licence Unsplash&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cour supr&#234;me : des attaques historiques contre les droits des Am&#233;ricain&#183;es</title>
		<link>https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/article/cour-supreme-des-attaques-historiques-contre-les-droits-des-americain-es</link>
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		<dc:date>2022-10-14T17:23:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Jeffers </dc:creator>


		<dc:subject>Genre</dc:subject>
		<dc:subject>Biens publics et droits </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En l'espace de quelques semaines, la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis a statu&#233; sur plusieurs dossiers importants et pris des d&#233;cisions graves pour les droits fondamentaux. Il semble peu probable que le bloc extr&#234;mement conservateur et r&#233;actionnaire de la Cour s'arr&#234;te sur sa lanc&#233;e.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/" rel="directory"&gt;Lignes d'Attac&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/genre" rel="tag"&gt;Genre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/biens-publics-et-droits" rel="tag"&gt;Biens publics et droits &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton8447-7cc95.jpg?1753957705' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers mois, la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis a statu&#233; sur plusieurs dossiers importants et pris des d&#233;cisions graves pour les droits fondamentaux. Il semble peu probable que le bloc extr&#234;mement conservateur et r&#233;actionnaire de la Cour s'arr&#234;te sur sa lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte est tir&#233; du dernier num&#233;ro de notre trimestriel, &lt;i&gt;Lignes d'Attac&lt;/i&gt;, disponible en &lt;a href='https://france.attac.org/agir-avec-attac/adherer' class=&#034;spip_in&#034;&gt;adh&#233;rant&lt;/a&gt; ou en &lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/article/abonnez-vous-au-journal-lignes-d' class=&#034;spip_in&#034;&gt;s'abonnant&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 24 juin 2022, en rendant l'arr&#234;t Dobbs vs Jackson Women's Health Organization, la Cour supr&#234;me a invalid&#233; l'arr&#234;t historique Roe vs Wade qui reconnaissait l'interruption volontaire de grossesse comme un droit prot&#233;g&#233; par la Constitution am&#233;ricaine. Au m&#234;me moment, elle a consacr&#233; le droit de porter une arme en public. Le 30 juin, elle a rendu une d&#233;cision visant &#224; limiter les pr&#233;rogatives de l'Agence pour la Protection de l'Environnement (EPA) et &#224; limiter les moyens de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral de lutter contre les gaz &#224; effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cour comprend huit juges et un pr&#233;sident, nomm&#233;s &#224; vie par le Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis apr&#232;s avis du S&#233;nat. Elle d&#233;cide si les lois des &#201;tats-Unis ou celles des diff&#233;rents &#201;tats sont conformes &#224; la Constitution, dont elle est l'interpr&#232;te ultime. Ses jugements sont sans appel. Depuis 1790, date &#224; laquelle la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis s'est r&#233;unie pour la premi&#232;re fois, elle a statu&#233; sur des dizaines de milliers de controverses juridiques et ses d&#233;cisions ont toujours eu un impact important sur la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, durant la p&#233;riode 1953-1973, la Cour supr&#234;me a pris des positions qui ont eu des effets cruciaux. En 1954, dans Brown vs Board of Education, les juges de la Cour supr&#234;me ont statu&#233; &#224; l'unanimit&#233; que les &#233;coles &#224; s&#233;gr&#233;gation raciale &#233;taient inconstitutionnelles. En 1962, en rendant l'arr&#234;t Engel vs Vitale, la Cour supr&#234;me a &#233;tabli que les &#233;coles publiques ne peuvent pas avoir des pri&#232;res pour les &#233;l&#232;ves. En 1971, dans sa d&#233;cision New York Times vs &#201;tats-Unis, elle a &#233;largi la libert&#233; de la presse et permis au New York Times et au Washington Post de publier les Pentagon Papers, un rapport du gouvernement am&#233;ricain sur l'implication des &#201;tats-Unis dans la guerre du Vietnam. Enfin, Roe vs Wade (1973) est la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me qui a donn&#233; aux femmes &#224; travers les &#201;tats-Unis le droit d'avoir un avortement au cours du premier trimestre de la grossesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces exemples illustrent l'importance des d&#233;cisions de la Cour supr&#234;me, il ne faut pas se tromper. Ces droits et ces acquis sont le reflet de la lutte pour les droits civiques, les mobilisations contre la guerre du Vietnam, les mobilisations des femmes pour le droit &#224; l'avortement et &#224; la contraception. Ce sont les luttes et les mobilisations qui ont permis de changer la vie de millions d'Am&#233;ricain&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la Cour supr&#234;me est entre les mains d'une majorit&#233; conservatrice, r&#233;actionnaire et religieuse, qui ne repr&#233;sente pas les convictions de la majorit&#233; des citoyens. En prenant la d&#233;cision d'invalider l'arr&#234;t Roe vs Wade, elle a d&#233;montr&#233; qu'elle n'&#233;tait pas une garante des droits des femmes. Ce n'est pas la premi&#232;re fois que son pr&#233;sum&#233; r&#244;le de &#171; protectrice des droits &#187; est mis &#224; mal et que l'&#233;tendue du pouvoir de juges, nomm&#233;s &#224; vie par des pr&#233;sidents et nullement &#233;lus, pose la question de la d&#233;mocratie aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ores et d&#233;j&#224;, une dizaine d'&#201;tats ont vot&#233; d'interdire l'avortement, parfois sans exception m&#234;me en cas d'inceste, de viol ou de danger pour la sant&#233; de la m&#232;re. Au total, l'avortement risque d'&#234;tre interdit ou fortement restreint dans 21 &#201;tats sur 50. En revanche, dans une vingtaine d'&#201;tats, le droit &#224; l'avortement restera prot&#233;g&#233;. Les r&#233;sultats des &#233;lections de mi-mandat en novembre 2022 pourraient changer la situation et mener &#224; des nouvelles protections, restrictions ou interdictions totales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que, dans certains &#201;tats, il &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s difficile pour une femme d'interrompre une grossesse non d&#233;sir&#233;e. Le nombre de cliniques pratiquant des avortements &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s insuffisant. Une grande partie de l'Am&#233;rique rurale est un &#171; d&#233;sert &#187; en termes d'avortement. Les lois anti-IVG ne se traduiront pas par une r&#233;duction ni une disparition des avortements, elles les rendront simplement plus dangereux. Les d&#233;placements et l'intervention &#233;tant co&#251;teux, le retour aux pratiques clandestines est in&#233;vitable. Les cons&#233;quences sur la sant&#233; des femmes sont graves. Elles sont encore plus d&#233;sastreuses sur les femmes issues de minorit&#233;s. Dans le Mississipi, qui est l'&#201;tat le plus pauvre du pays, 38 % de la population est noire mais 75 % des avortements concernent des Afro-Am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande le&#231;on est que le droit des femmes &#224; l'avortement et &#224; la contraception n'est jamais un droit d&#233;finitivement acquis, il faut se battre pour le pr&#233;server. Mais cela est vrai pour tous les droits fondamentaux, qu'ils soient sociaux ou environnementaux. Seule la lutte et la mobilisation permettent de les pr&#233;server et de les &#233;tendre. Le combat continue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Esther Jeffers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dit photo : &lt;a href=&#034;https://unsplash.com/photos/10mj_5nw-aI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jimmy Woo Man Tsing&lt;/a&gt;, license Unsplash.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La monnaie au service de la soci&#233;t&#233;</title>
		<link>https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/la-monnaie-au-service-de-la-societe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/la-monnaie-au-service-de-la-societe</guid>
		<dc:date>2020-04-29T16:23:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Jeffers , Jean-Marie Harribey, Plihon Dominique </dc:creator>


		<dc:subject>Monnaie</dc:subject>
		<dc:subject>Dette</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'objectif de cette note est de montrer le r&#244;le strat&#233;gique de la politique mon&#233;taire et de la cr&#233;ation mon&#233;taire par la banque centrale face &#224; la crise du capitalisme mondialis&#233;, dont la pand&#233;mie du coronavirus est une cons&#233;quence et une manifestation tragiques. La monnaie n'est pas uniquement un instrument &#233;conomique destin&#233; &#224; favoriser les &#233;changes, c'est aussi et surtout une institution sociale, au service de la soci&#233;t&#233;. La politique mon&#233;taire doit donc &#234;tre mobilis&#233;e pour que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/finance" rel="tag"&gt;Finance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton7424-aa0b8.jpg?1754182575' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'objectif de cette note est de montrer le r&#244;le strat&#233;gique de la politique mon&#233;taire et de la cr&#233;ation mon&#233;taire par la banque centrale face &#224; la crise du capitalisme mondialis&#233;, dont la pand&#233;mie du coronavirus est une cons&#233;quence et une manifestation tragiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
La monnaie n'est pas uniquement un instrument &#233;conomique destin&#233; &#224; favoriser les &#233;changes, c'est aussi et surtout une institution sociale, au service de la soci&#233;t&#233;. La politique mon&#233;taire doit donc &#234;tre mobilis&#233;e pour que la cr&#233;ation mon&#233;taire contribue au financement des services publics et de la transition sociale et &#233;cologique. Cette conception de la monnaie qui est pr&#233;sent&#233;e dans cette note, et qui &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme inacceptable avant la crise, prend tout son sens aujourd'hui. C'est elle qui l&#233;gitime le financement mon&#233;taire des d&#233;penses publiques par la banque centrale, pour en finir avec l'endettement toujours croissant des &#201;tats sur les march&#233;s financiers. La qualit&#233; de pr&#234;teur en dernier ressort de la banque centrale doit s'appliquer &#224; l'&#201;tat et aux collectivit&#233;s publiques, et pas seulement aux banques ordinaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette note propose une analyse critique des propositions r&#233;centes qui vont dans le sens d'un financement mon&#233;taire des d&#233;penses publiques, mais ne vont pas au bout de la logique de rupture avec la domination des march&#233;s financiers, et de la priorit&#233; &#224; donner aux objectifs sociaux et &#233;cologiques. Elle pr&#233;sente les voies d'une politique mon&#233;taire alternative, et les moyens de reprendre le contr&#244;le de la dette publique dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, et non celui de pr&#233;dateurs financiers, tels que BlackRock.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En introduction &#224; cette note, vous pouvez lire ces quelques courtes fiches explicatives sur diff&#233;rents concepts &#233;conomiques cit&#233;s ici :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/petites-fiches/article/mieux-comprendre-la-dette-publique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la dette publique&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/petites-fiches/article/comment-la-monnaie-est-elle-creee' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la cr&#233;ation mon&#233;taire&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/petites-fiches/article/qu-est-ce-que-la-politique-monetaire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la politique mon&#233;taire&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/petites-fiches/article/la-monnaie-helicoptere-une-fausse-bonne-idee' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la monnaie h&#233;licopt&#232;re&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/petites-fiches/article/en-finance-qu-est-ce-qu-un-haircut' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le &#171; haircut &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Introduction'&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le monde entier est submerg&#233; depuis deux mois par la pand&#233;mie du coronavirus nomm&#233; Covid-19. La premi&#232;re r&#233;action des gouvernements et de la plupart des &#233;conomistes m&#233;diatis&#233;s fut de dire qu'il s'agissait d'une crise ext&#233;rieure au syst&#232;me &#233;conomique mondial, &#171; exog&#232;ne &#187;, assuraient-ils. Au contraire, tout indique que l'&#233;volution du capitalisme depuis un demi-si&#232;cle a favoris&#233; l'&#233;closion de nouveaux virus et leur diffusion tr&#232;s rapide sur l'ensemble de la terre. Plusieurs faits sont aujourd'hui av&#233;r&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;rement, les barri&#232;res entre les esp&#232;ces animales et l'esp&#232;ce humaine se sont affaiblies consid&#233;rablement. En cause, la transformation de notre rapport au monde du vivant qu'a impos&#233;e la logique de la marchandisation : la d&#233;forestation et l'urbanisation ont d&#233;truit les habitats naturels de la faune sauvage, l'agriculture et l'&#233;levage industriels ont fait des sols et de l'eau des d&#233;p&#244;ts de d&#233;chets et entra&#238;n&#233; des pertes de biodiversit&#233; qui atteignent des seuils dont certains sont irr&#233;m&#233;diables. Il s'ensuit que les trois quarts des maladies dites &#233;mergentes sont transmises par les animaux, appel&#233;es zoonoses. Toutes les &#233;tudes scientifiques dont nous disposons v&#233;rifient que les virus Marburg, Ebola, VIH, Hendra, Sras, Mers-Cov ont saut&#233; les barri&#232;res naturelles au cours des derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le dossier de synth&#232;se de Perrine Mouterde, &#171; Les maladies &#233;mergentes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;mement, la pand&#233;mie du Covid-19 n'est pas la premi&#232;re pand&#233;mie dans l'histoire humaine. Mais c'est la premi&#232;re qui s'est r&#233;pandue avec une telle rapidit&#233; et qui a provoqu&#233; aussi brutalement une paralysie subite de l'&#233;conomie. C'est le r&#233;sultat de l'acc&#233;l&#233;ration consid&#233;rable de la circulation des marchandises et des humains &#224; travers le monde, qui ne conna&#238;t plus d'entraves depuis que les capitaux peuvent aller partout librement et ont fait &#233;clater les cha&#238;nes de production. Les chantres du capitalisme ont beau r&#233;p&#233;ter que l'on fait un &#171; mauvais proc&#232;s &#224; la mondialisation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Tirole, &#171; Le mauvais proc&#232;s fait &#224; la mondialisation &#187;, Les &#201;chos, 15 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la fragmentation des &#171; cha&#238;nes de valeur &#187; pour tirer le meilleur parti de la faiblesse des co&#251;ts de main-d'&#339;uvre et d'exploitation, combin&#233;e avec les strat&#233;gies de z&#233;ro stock et des flux tendus a fragilis&#233; les soci&#233;t&#233;s en faisant perdre toute autonomie aux &#233;conomies locales et nationales. La p&#233;nurie de mat&#233;riel m&#233;dical et de m&#233;dicaments, ant&#233;rieure &#224; la crise sanitaire actuelle, en est le r&#233;sultat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Troisi&#232;mement, cette situation a &#233;t&#233; aggrav&#233;e par les politiques n&#233;olib&#233;rales qui ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment affaibli les services publics de sant&#233; au nom de la diminution des d&#233;penses publiques. Le cas de la France est tristement exemplaire : diminution du nombre de personnels soignants, des lits d'h&#244;pitaux, d'instruments de protection et de r&#233;animation et gestion des h&#244;pitaux selon des crit&#232;res de rentabilit&#233;. Le r&#233;sultat est sans appel : le syst&#232;me de sant&#233; fut d&#233;muni d&#232;s que la pand&#233;mie explosa. Toutes les soci&#233;t&#233;s &#233;taient donc devenues vuln&#233;rables, d'autant plus que, dans le m&#234;me temps, les tr&#232;s fortes perturbations li&#233;es &#224; la financiarisation continuaient &#224; faire leurs ravages : crises financi&#232;res &#224; r&#233;p&#233;tition, bulles p&#233;riodiques, endettement public et surtout priv&#233; sans limites. &#192; tel point que les &#201;tats et les banques centrales furent conduits &#224; intervenir massivement pour sauver un syst&#232;me bancaire et financier au bord de l'asphyxie, soit en socialisant ses pertes, soit en jetant dans un puits sans fond des masses de liquidit&#233;s mon&#233;taires consid&#233;rables.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ce contexte que, pris de panique devant la brutalit&#233; de la pand&#233;mie, les gouvernements cherchent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; refaire partir la machine &#233;conomique, en promettant de r&#233;former le mod&#232;le de d&#233;veloppement &#233;conomique, mais sans que l'on puisse d&#233;tecter le moindre signe de transformation v&#233;ritable du syst&#232;me productif, ni comment la collectivit&#233; pourrait r&#233;unir les moyens financiers d'engager cette transformation, d&#232;s lors que le caract&#232;re syst&#233;mique de la crise, au-del&#224; m&#234;me de son aspect sanitaire, n'est pas reconnu par la classe dominante et les gouvernements. La pr&#233;sente note a pour but de pr&#233;senter simplement les conditions mon&#233;taires et financi&#232;res qui permettraient d'engager la n&#233;cessaire transformation syst&#233;mique, en abordant quatre points : un rappel sur ce qu'est la monnaie ; la politique mon&#233;taire traditionnelle au sein de la zone euro ; les instruments de politiques fiscale et mon&#233;taire face &#224; la crise ; les enjeux de sortie de crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; une crise syst&#233;mique, la r&#233;ponse doit &#234;tre du m&#234;me ordre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'appui de notre th&#232;se, on pourra compl&#233;ter par : Michel Aglietta, &#171; La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='I-Rappel-sur-la-monnaie'&gt;I. Rappel sur la monnaie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trois choses essentielles sur la monnaie peuvent &#234;tre rappel&#233;es pour que les citoyens soient en mesure d'exercer sur elle leur contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) La monnaie est une institution de la soci&#233;t&#233;, au sens propre : une institution sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monnaie n'est pas seulement un instrument &#233;conomique pour &#233;changer des marchandises, mesurer leur valeur et conserver de la valeur dans le temps, elle est une institution que l'on retrouve sous des formes diff&#233;rentes dans toutes les soci&#233;t&#233;s, aussi loin que l'on remonte dans l'histoire. Elle participe &#224; tous les &#233;changes sociaux, elle transmet et renouvelle les dettes &#233;conomiques comme symboliques contract&#233;es, et ainsi elle concourt &#224; reproduire la soci&#233;t&#233;. Sa l&#233;gitimit&#233; lui est conf&#233;r&#233;e par le pouvoir politique et assur&#233;e par la confiance qu'elle acquiert aupr&#232;s des membres de la soci&#233;t&#233; lorsque le syst&#232;me productif est en mesure d'offrir les biens et services n&#233;cessaires. Enfin, la monnaie est un enjeu politique parce que sa d&#233;tention refl&#232;te les in&#233;galit&#233;s, les distinctions sociales et les rapports de pouvoir. D'o&#249; l'imp&#233;ratif d'en ma&#238;triser l'&#233;volution.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le livre collectif publi&#233; sous l'&#233;gide des &#201;conomistes atterr&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Comment la monnaie est-elle cr&#233;&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la cr&#233;ation mon&#233;taire apparaisse souvent comme myst&#233;rieuse, voire bizarre, son m&#233;canisme est assez simple. Dans les &#233;conomies modernes, le syst&#232;me bancaire (qu'il soit public ou priv&#233; n'a pas d'importance pour comprendre le m&#233;canisme) cr&#233;e la monnaie en accordant des cr&#233;dits aux agents &#233;conomiques priv&#233;s (entreprises et m&#233;nages) et publics (&#201;tat et autres collectivit&#233;s publiques). Mais ce syst&#232;me bancaire ne peut fonctionner que parce qu'il est hi&#233;rarchis&#233;. &#192; la base, il y a les banques ordinaires qui, au vu de la solvabilit&#233; des demandeurs de cr&#233;dit, leur font des pr&#234;ts qui grossissent le montant de la monnaie en circulation, d&#233;duction faite des remboursements concomitants. Mais, comme les banques sont nombreuses, elles doivent compenser leurs engagements r&#233;ciproques que le mouvement de cr&#233;dits et de d&#233;p&#244;ts a engendr&#233;s. Cette compensation a lieu en une monnaie appel&#233;e centrale parce que seule la banque centrale a le pouvoir de l'&#233;mettre, en vertu de la d&#233;cision du pouvoir politique souverain qui fonde ainsi la confiance en la monnaie. Elle est r&#233;alis&#233;e par des transferts de compte &#224; compte ouvert par chaque banque ordinaire aupr&#232;s de la banque centrale. Outre les r&#233;serves d&#233;pos&#233;es par les banques ordinaires &#224; la banque centrale, la monnaie dite centrale comprend aussi les billets et pi&#232;ces circulant dans l'&#233;conomie &lt;br class='autobr' /&gt;
Par le biais du refinancement des banques aupr&#232;s de la banque centrale, celle-ci conserve un droit de regard et donc un pouvoir de r&#233;gulation sur la politique de cr&#233;dit pratiqu&#233;e par les banques. Essentiellement par le maniement du taux d'int&#233;r&#234;t qu'elle impose aux banques pour &#234;tre approvisionn&#233;es en monnaie centrale. Mais on verra plus loin que la derni&#232;re p&#233;riode a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une profonde mutation de ces pratiques. Et que la n&#233;cessit&#233; d'une transition sociale et &#233;cologique demandera aux banques centrales d'exiger de la part des banques ordinaires, pour pouvoir acc&#233;der au refinancement, des titres financiers repr&#233;sentant des cr&#233;dits allou&#233;s sur des crit&#232;res de haute soutenabilit&#233; sociale et &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) La monnaie n'est pas neutre au regard de l'activit&#233; &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'un des points les plus controvers&#233;s au sein de la th&#233;orie &#233;conomique. D'un c&#244;t&#233;, les &#233;conomistes orthodoxes quantitativistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La th&#233;orie quantitative de la monnaie stipule que, pour une vitesse de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (notamment ceux que l'on nomme mon&#233;taristes) pr&#233;tendent que la variation de la quantit&#233; de monnaie ne peut avoir qu'une influence sur le niveau des prix. Ils en concluent qu'il faut s'abstraire de toute politique mon&#233;taire active pour &#233;viter tout risque d'inflation. Au contraire, toutes les &#233;coles h&#233;t&#233;rodoxes soulignent que la monnaie exerce une influence sur le niveau de la production et de l'emploi et qu'il faut donc l'utiliser dans ce sens (&#233;cole keyn&#233;sienne). De plus, tout d&#233;veloppement &#233;conomique exige un suppl&#233;ment de monnaie (&#233;coles post-keyn&#233;sienne et marxienne) qui anticipe l'impact positif d'un investissement &#224; l'&#233;chelle de l'ensemble de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='II-La-politique-monetaire-au-sein-de-la-zone-euro'&gt;II. La politique mon&#233;taire au sein de la zone euro&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La politique mon&#233;taire, au sein de la zone euro, est sous la responsabilit&#233; de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE). Or, d&#232;s le d&#233;part, c'est une conception quantitativiste qui a pr&#233;sid&#233; &#224; sa cr&#233;ation et &#224; la mani&#232;re de conduire sa politique mon&#233;taire. Cela l'a rendue sourde aux risques de crise et aveugle aux int&#233;r&#234;ts des peuples europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Une BCE ind&#233;pendante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs d'une politique mon&#233;taire orthodoxe sont farouchement favorables &#224; l'ind&#233;pendance des banques centrales et &#224; une discipline budg&#233;taire stricte pour assurer la cr&#233;dibilit&#233; de la politique mon&#233;taire. &#192; leurs yeux, la banque centrale, et c'est le cas de la BCE, ne peut avoir comme mandat que la stabilit&#233; des prix des biens et des services. La BCE a ainsi fix&#233; &#224; 2 % par an l'inflation maximale. Pour eux, la politique mon&#233;taire n'a aucune raison de soutenir l'activit&#233; &#233;conomique, elle ne pourrait que provoquer l'inflation. &#192; cela il faut ajouter qu'au nom de cette ind&#233;pendance, il est interdit &#224; la BCE de financer les &#201;tats et donc de leur acheter directement des instruments de leur dette. Lorsqu'elle a rachet&#233; des titres de la dette publique, notamment des titres grecs, dans le cadre du programme SMP (&lt;i&gt;Securities Market Programme&lt;/i&gt;) lanc&#233; en mai 2010, elle l'a fait sur le march&#233; secondaire, c'est-&#224;-dire essentiellement aux banques. La d&#233;tention de ces titres a &#233;t&#233; une v&#233;ritable arme pour la BCE pour faire pression sur les pays en crise, en particulier la Gr&#232;ce, et obliger leurs gouvernements &#224; appliquer de s&#233;v&#232;res politiques d'aust&#233;rit&#233; et les mesures voulues par la &#171; tro&#239;ka &#187; (FMI, BCE, Commission europ&#233;enne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Des politiques accommodantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; la crise financi&#232;re de 2007-2008, la BCE, &#224; la suite des autres banques centrales des pays touch&#233;s, a d&#251; baisser les taux d'int&#233;r&#234;t. Puis, cette mesure s'av&#233;rant insuffisante, elle a d&#251; se r&#233;soudre, &#224; l'instar des autres banques centrales, &#224; utiliser des mesures non conventionnelles, m&#234;mes si elles n'ont pas &#233;t&#233; appliqu&#233;es au m&#234;me rythme et selon les m&#234;mes modalit&#233;s. Diff&#233;rents types d'instruments de politique non conventionnelle ont &#233;t&#233; mis en &#339;uvre : d'abord l'assouplissement du cr&#233;dit (&lt;i&gt;qualitative easing&lt;/i&gt;), qui consiste &#224; &#233;largir les conditions d'intervention de la banque centrale et se traduit par un changement dans la composition des ses actifs sans changer la taille de son bilan ; ensuite, l'assouplissement quantitatif (&lt;i&gt;quantitative easing&lt;/i&gt;), o&#249; la banque centrale ach&#232;te massivement des actifs, des titres de dettes publiques et priv&#233;es, aux banques et aux autres institutions financi&#232;res. Au d&#233;part, en 2015, le programme concernait uniquement ou presque le rachat de dettes souveraines sur les march&#233;s financiers. &#192; partir de juin 2016, la BCE s'est mise &#224; racheter &#233;galement des dettes d'entreprises. La BCE a ainsi inject&#233; pr&#232;s de 2 600 milliards d'euros entre mars 2015 et d&#233;cembre 2018 sur les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Peu d'efficacit&#233; &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de ces politiques, malgr&#233; l'ampleur des programmes et des moyens mis en &#339;uvre, a &#233;t&#233; peu probant. Certes, on a pu par moments &#233;viter le pire. Mais la BCE a agi comme un pompier pyromane. Les liquidit&#233;s qu'elle a inject&#233;es, via les programmes de rachat des titres publics et priv&#233;s, n'ont pas r&#233;ussi &#224; atteindre l'objectif assign&#233;, &#224; savoir augmenter le cr&#233;dit aux soci&#233;t&#233;s non financi&#232;res et aux m&#233;nages. En inondant les march&#233;s financiers de liquidit&#233;s qui n'ont pas profit&#233; &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle, les politiques non conventionnelles ont aliment&#233; des bulles sp&#233;culatives sur certaines classes d'actifs, notamment dans l'immobilier commercial. Pire, les rachats de dettes priv&#233;es men&#233;s par la BCE ont favoris&#233; en majorit&#233; les entreprises travaillant dans les secteurs &#233;conomiques les plus &#233;metteurs de gaz &#224; effet de serre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;cologique, &#233;conomique et sociale montre l'inadaptation des politiques men&#233;es par la BCE.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='III-Les-instruments-de-politiques-monetaire-et-fiscale-dans-le-contexte-de-nbsp'&gt;III. Les instruments de politiques mon&#233;taire et fiscale dans le contexte de crise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'action des pouvoirs publics &#8211; &#201;tats et banques centrales &#8211; pour faire face &#224; la crise doit &#234;tre men&#233;e dans un contexte o&#249; l'endettement public a connu une croissance tr&#232;s importante depuis l'av&#232;nement du n&#233;olib&#233;ralisme et atteint aujourd'hui des niveaux tr&#232;s &#233;lev&#233;s, m&#234;me si ces niveaux ne sont pas in&#233;dits dans l'histoire et qu'aucune d&#233;fiance des cr&#233;anciers ne menace les pays d&#233;velopp&#233;s qui sont endett&#233;s dans leur propre monnaie. C'est ce contexte qui explique les atermoiements et les renoncements &#224; mettre en &#339;uvre des mesures novatrices de financement. Ce dernier suppose d'agir simultan&#233;ment sur le volet mon&#233;taire et sur le volet fiscal des politiques &#233;conomiques. Nous mettons l'accent sur les propositions pour sortir de l'engrenage de la dette publique, la grande insuffisance du plan d'aide europ&#233;en, les solutions inefficaces, sinon fausses, de la mutualisation des dettes et de la monnaie h&#233;licopt&#232;re ; nous montrons les perspectives que pourrait offrir le financement mon&#233;taire des d&#233;penses publiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Dette publique : sortir du pi&#232;ge n&#233;olib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons en pr&#233;alable que l'endettement public ne doit pas &#234;tre confondu avec l'endettement priv&#233; des m&#233;nages et entreprises. Dans notre pays, comme &#224; l'&#233;chelle mondiale, le second est bien sup&#233;rieur au premier.&lt;br class='autobr' /&gt;
La dette publique fran&#231;aise se r&#233;partit entre la dette de l'&#201;tat (80 %), Celles de la S&#233;curit&#233; sociale dont l'assurance retraites (10,5 %) et des collectivit&#233;s locales (9,5 %). Elle a fortement augment&#233; depuis le d&#233;but de la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale en 1980, o&#249; elle ne repr&#233;sentait que 20 % du PIB. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin 2019, la dette publique en France a atteint 98,1 % du produit int&#233;rieur brut (PIB), soit 2380,1 milliards d'euros. En 2019, son poids &#233;tait comparable au ratio moyen de la zone euro (101 %), plus &#233;lev&#233; que la dette publique allemande (61 %) mais inf&#233;rieur &#224; celui des &#201;tats-Unis (101 %), du Royaume-Uni (105 %) et du Japon (229 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dette d&#233;tenue principalement par les investisseurs &#233;trangers&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#232;s de 20 % de la dette publique sont d&#233;tenus par des compagnies d'assurance, qui &#171; ach&#232;tent &#187; des titres de dette fran&#231;aise pour les placements d'assurance-vie. Les particuliers en sont donc indirectement d&#233;tenteurs d'une partie significative. Les banques fran&#231;aises en d&#233;tiennent environ 10 %. Mais ses principaux d&#233;tenteurs sont les investisseurs &#233;trangers, tels que BlackRock, qui en contr&#244;lent environ 54 %, selon l'agence France-Tr&#233;sor (AFT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les causes principales de la hausse de la dette depuis 1980 ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les conclusions du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (CAC), publi&#233;es en 2014, sont &#233;loquentes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me si elles datent un peu, les conclusions qu'on peut en tirer restent pertinentes. La hausse vertigineuse de la dette publique de 1980 &#224; 2012 est la cons&#233;quence directe des politiques n&#233;olib&#233;rales :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les cadeaux fiscaux (CIR, CICE, baisse de l'IS) et l'&#233;vasion fiscale ont abouti &#224; une forte baisse des recettes publiques. Si l'&#201;tat avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique aurait &#233;t&#233; inf&#233;rieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards &#8364;) &#224; son niveau de 2012.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le recours aux march&#233;s financiers internationaux et &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t excessifs, s'est traduit par une forte hausse de la charge de la dette publique, estim&#233;e &#224; 29 points de PIB (soit 589 milliards &#8364;) par rapport au niveau de 2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au total, selon cet audit citoyen, si l'&#201;tat n'avait pas r&#233;duit ses recettes au profit des plus riches et favoris&#233; les march&#233;s financiers internationaux, le ratio dette publique sur PIB aurait &#233;t&#233; en 2012 de 43 % au lieu de 90 %. Cette analyse a d'ailleurs &#233;t&#233; confirm&#233;e par deux rapports officiels datant de 2010. Le rapport Champsaur-Cotis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Champsaur et Jean-Philippe Cotis, &#171; Rapport sur la situation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au pr&#233;sident de la R&#233;publique indique qu'&#171; en l'absence de baisses de pr&#233;l&#232;vements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd'hui &#187;. Celui de Gille Carrez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission des finances de l'Assembl&#233;e nationale, &#171; Rapport d'information (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d&#233;put&#233; de droite et &#224; l'&#233;poque rapporteur du budget, pointe que, si la fiscalit&#233; &#233;tait rest&#233;e au niveau de l'an 2000, la France aurait &#233;t&#233; en exc&#233;dent budg&#233;taire en 2006, 2007 et 2008 et le d&#233;ficit public n'aurait &#233;t&#233; que de 3,3 % au lieu de 7,5 % en 2009, ann&#233;e de la plus forte r&#233;cession depuis la seconde guerre mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ces causes fondamentales de la dette publique, il faut ajouter le co&#251;t budg&#233;taire consid&#233;rable des politiques publiques men&#233;es &#224; la suite la crise de 2007 pour relancer l'&#233;conomie, et aider les banques, par ailleurs responsables de la crise financi&#232;re, ce qui a largement contribu&#233; &#224; la hausse du poids de la dette publique qui est pass&#233; de 60 % en 2008 &#224; 90 % du PIB en 2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
En finan&#231;ant les d&#233;penses par emprunt sur les march&#233;s financiers, la crise du Covid-19 va conduire &#224; une forte hausse de la dette publique qui devrait atteindre 115 % du PIB en 2020, cons&#233;quence des mesures budg&#233;taires d&#233;cid&#233;es, notamment pour aider les entreprises et payer le ch&#244;mage partiel, vot&#233;es le 20 avril 2020 dans la deuxi&#232;me loi de finance rectificative (110 milliards d'euros d'aides).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nos propositions pour sortir du pi&#232;ge de la dette&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats sont &#224; la merci des investisseurs internationaux qui n'h&#233;sitent pas &#224; sp&#233;culer et &#224; faire pression pour imposer aux gouvernements &#233;lus des politiques contraires &#224; l'int&#233;r&#234;t des peuples. Attac, et d'autres organisations telles que le CADTM, ont fait depuis longtemps des propositions pour sortir du pi&#232;ge de la dette sous l'emprise des march&#233;s financiers :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Un audit permanent de la politique d'endettement et des sources de d&#233;ficit public,&lt;/i&gt; comme l'a fait le Collectif pour l'audit citoyen de la dette (CAC) cit&#233; plus haut. Par ailleurs, pour juger le caract&#232;re ill&#233;gitime d'une partie de la dette, il est n&#233;cessaire de cr&#233;er un tribunal europ&#233;en de la dette, constitu&#233; par les pouvoirs publics et les organisations de la soci&#233;t&#233; civile, s'appuyant sur un audit citoyen des dettes publiques et contradictoire, et dot&#233; du pouvoir de saisine du tribunal.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La restructuration des dettes publiques,&lt;/i&gt; qui peut prendre plusieurs formes : un r&#233;&#233;chelonnement de la dette (recul des &#233;ch&#233;ances), une dispense de paiement des int&#233;r&#234;ts, et une annulation partielle ou totale de la dette. Cette proc&#233;dure doit &#234;tre r&#233;alis&#233;e dans l'int&#233;r&#234;t du pays, contrairement &#224; la d&#233;cote ou &#171; haircut &#187; impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce en 2012. Trois pays, l'Argentine en 2005, l'&#201;quateur en 2007 et l'Islande en 2008 ont impos&#233; avec succ&#232;s une restructuration de leur dette qui leur a permis d'&#233;chapper &#224; la tutelle de leurs cr&#233;anciers.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La nationalisation de la dette publique&lt;/i&gt; pour r&#233;duire la part d&#233;tenue les investisseurs &#233;trangers (deux tiers), sur le mod&#232;le du Japon dont la dette publique &#8211; une des plus &#233;lev&#233;es parmi les pays riches &#8211; est d&#233;tenue &#224; pr&#232;s de 100 % par les institutions financi&#232;res nippones. Ce qui a &#233;t&#233; obtenu en obligeant les investisseurs et les banques r&#233;sidentes &#224; se porter acqu&#233;reurs de la dette &#233;mise par l'&#201;tat.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le financement mon&#233;taire par la BCE&lt;/i&gt; doit &#234;tre la principale mesure, car elle a le double m&#233;rite d'assurer une mutualisation des dettes publiques &#224; l'&#233;chelle de la zone euro, et de permettre une annulation des dettes (voir aussi plus loin, &#167; III.2.5). La mesure la plus efficace se d&#233;compose en trois &#233;tapes : (1) l'achat des dettes publiques &#224; l'&#233;mission par la BCE ; (2) leur transformation en dette perp&#233;tuelle, non remboursable, et (3) le reversement des int&#233;r&#234;ts per&#231;us par la BCE aux &#201;tats membres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce reversement est d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; en grande partie par le versement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette mesure permet de supprimer la charge de la dette publique (int&#233;r&#234;ts et remboursements).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#192; c&#244;t&#233; de la monnaie, &lt;i&gt;les &#201;tats doivent mobiliser leur deuxi&#232;me instrument souverain afin de financer les politiques publiques et r&#233;duire leur dette :&lt;/i&gt; la fiscalit&#233;, dans sa triple fonction de financement, de redistribution et d'incitation. Thomas Piketty propose ainsi d'instaurer un imp&#244;t exceptionnel et progressif sur les patrimoines de 15 %, destin&#233; &#224; r&#233;duire les dettes publiques de 20 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Piketty, Le capital au 21e si&#232;cle, Seuil, 2015&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Attac, une r&#233;forme globale du syst&#232;me fiscal est n&#233;cessaire pour &#233;liminer les sources principales des d&#233;ficits et de la dette publics : les cadeaux fiscaux aux riches et aux multinationales, et l'&#233;vasion fiscale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Attac, Toujours plus pour les riches, Manifeste pour une fiscalit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Attac a montr&#233;, dans un rapport &#171; Rendez l'argent ! &#187;, publi&#233; en 2017, que les ressources fiscales ainsi d&#233;gag&#233;es pourraient &#234;tre de l'ordre de 200 milliards d'euros, donc largement sup&#233;rieures au d&#233;ficit public, ce qui mettrait un terme &#224; l'accumulation de la dette publique, tout en permettant le financement de politiques publiques prioritaires, concernant en particulier la transition &#233;cologique et sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Le plan d'aide au sein de l'Union europ&#233;enne : il est insuffisant et maintient la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des march&#233; financiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re quinzaine d'avril 2020, les pays membres de l'UE ont fini par s'accorder pour dresser un plan de soutien &#224; l'&#233;conomie de 550 milliards d'euros qui comporte plusieurs volets et passera par trois canaux.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La Banque europ&#233;enne d'investissement pourra accorder jusqu'&#224; 200 milliards de pr&#234;ts aux entreprises, qui seront garantis par les &#201;tats &#224; hauteur de 25 milliards.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La Commission europ&#233;enne pourra lever (c'est-&#224;-dire emprunter sur les march&#233;s financiers) 100 milliards d'euros pour aider &#224; la prise en charge du ch&#244;mage partiel. &#192; nouveau, ces emprunts seront garantis par les &#201;tats &#224; hauteur de 25 milliards.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;me canal, celui du M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES) install&#233; depuis 2012. Dot&#233;e d'un capital de 410 milliards d'euros, cette institution a pour vocation d'emprunter sur les march&#233;s financiers de quoi aider les &#201;tats. Ainsi, ces derniers peuvent b&#233;n&#233;ficier de taux d'int&#233;r&#234;t plus bas, par le biais du MES, mais ils doivent ensuite rembourser leurs cr&#233;anciers de mani&#232;re individuelle. Surtout, ces emprunts sont soumis &#224; des conditionnalit&#233;s : des plans d'aust&#233;rit&#233; en diminuant les d&#233;penses publiques, des r&#233;formes structurelles comme celles du march&#233; de l'emploi ou de la protection sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accord conclu le 9 avril 2020 pr&#233;voit 240 milliards de pr&#234;ts possibles garantis par le MES. Les pays dits du &#171; nord &#187; de l'UE (Pays-Bas, Autriche, Finlande, Danemark, l'Allemagne ayant eu une position un peu moins abrupte) exigeaient que ce plan d'aide soit subordonn&#233; aux r&#232;gles habituelles du MES. De quoi r&#233;p&#233;ter ce qui avait si bien march&#233; pour la Gr&#232;ce : &#233;trangler un pays pour qu'il renonce &#224; toute vell&#233;it&#233; de changement social et d&#233;mocratique. Les pays du &#171; sud &#187; de l'UE et la France ont r&#233;ussi &#224; ce que les emprunts li&#233;es aux &#171; d&#233;penses directes et indirectes de sant&#233; et de pr&#233;vention li&#233;es au Covid-19 &#187; ne soient pas soumis aux conditionnalit&#233;s du MES. En revanche, les emprunts li&#233;s &#224; la r&#233;solution de la crise &#233;conomique devraient y &#234;tre soumis. De toute fa&#231;on un pays ne pourra pas emprunter plus de 2 % de son PIB au MES. Par exemple, 2 % du PIB de la France repr&#233;sente 50 milliards d'euros, 36 milliards pour l'Italie, des sommes nettement insuffisantes pour r&#233;pondre &#224; la situation actuelle..&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les 550 milliards d'euros d'aides pr&#233;vus, combien seront mis en &#339;uvre et seront efficaces ? Nul ne le sait encore car l'id&#233;e qui les inspire, c'est de laisser les &#201;tats sous la f&#233;rule des march&#233;s financiers.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) La mutualisation de dettes publiques &#224; l'&#233;gard des march&#233;s toujours renouvel&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements fran&#231;ais, espagnol et italien ont tent&#233; de plaider pour la mise en place d'obligations publiques communes au sein de la zone euro : des eurobonds, appel&#233;s en l'occurrence coronabonds. Leur principe est commun avec celui des pr&#234;ts du MES : on emprunte ensemble et ainsi on annule les &#233;carts de taux (appel&#233;s &lt;i&gt;spreads&lt;/i&gt;) sur les titres publics entre pays membres de la zone euro, mais on rembourse et on paie les int&#233;r&#234;ts s&#233;par&#233;ment. Mais cette mutualisation des dettes qui avait le soutien de certains &#233;conomistes sociaux-d&#233;mocrates depuis longtemps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Piketty, &#171; Une seule solution : le f&#233;d&#233;ralisme &#187;, Lib&#233;ration, 5 juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a &#233;t&#233; refus&#233;e par les pays dominants de la zone euro. Dans la controverse au sujet de ces eurobonds, on voit nettement la contradiction dans laquelle les politiques n&#233;olib&#233;rales sont enferm&#233;es : d'un c&#244;t&#233;, les pays riches ne veulent pas payer pour les moins riches, ni m&#234;me leur servir de garantie ; de l'autre, l'endettement aupr&#232;s des march&#233;s financiers est consid&#233;r&#233; comme incontournable, puisqu'ils doivent &#234;tre les &#171; gendarmes &#187; contre les &#201;tats fautifs d'endettement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Benjamin Lemoine, L'ordre de la dette, Enqu&#234;te sur les infortunes de l'&#201;tat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4) La monnaie h&#233;licopt&#232;re : une fausse solution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu plus haut, les grandes banques centrales (R&#233;serve f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis, Banque d'Angleterre, Banque du Japon et Banque centrale europ&#233;enne) ont modifi&#233; leur pratique depuis la crise de 2007-2008. Pour &#233;viter l'effondrement mondial du syst&#232;me bancaire, un &#171; assouplissement quantitatif mon&#233;taire &#187; est devenu monnaie courante, si l'on ose dire. Les banques centrales ont achet&#233; en grande quantit&#233; des titres publics aux banques ordinaires, ce qui est une mani&#232;re indirecte de financer les &#201;tats budg&#233;tairement d&#233;ficitaires. Cette pratique ayant eu tr&#232;s peu d'effet, pour ne pas dire aucun, sur l'&#233;conomie r&#233;elle, l'id&#233;e de verser directement de l'argent aux m&#233;nages a refait surface sous le nom de &#171; monnaie h&#233;licopt&#232;re &#187; ou de &#171; &lt;i&gt;quantitative easing for the people&lt;/i&gt; &#187;. Aux &#201;tats-Unis, il est pr&#233;vu de donner 1200 dollars par adulte et 500 dollars par enfant, sous plafond de ressources. Une mani&#232;re d'inaugurer ponctuellement une sorte de revenu universel, dans l'espoir de relancer la demande et de d&#233;panner ainsi l'&#233;conomie. La panique des gouvernements est telle que l'id&#233;e gagne les milieux les plus attach&#233;s jusqu'ici &#224; l'orthodoxie mon&#233;taire. Mais quel sens a-t-il de l&#226;cher de l'argent tombant du ciel alors que l'appareil productif n'est pas en ordre de marche, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; s'il n'est pas r&#233;orient&#233; vers une transformation profonde ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean-Marie Harribey, &#171; Ubu prend l'h&#233;licopt&#232;re mon&#233;taire &#187;, Blog (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La discussion sur la monnaie h&#233;licopt&#232;re conna&#238;t, &#224; la faveur de la crise actuelle, un approfondissement nouveau. Si l'h&#233;licopt&#232;re &#233;tait dirig&#233; vers l'&#201;tat, cela reviendrait au m&#234;me que le financement mon&#233;taire (voir ci-apr&#232;s) des d&#233;penses publiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est notamment le point de vue d&#233;fendu par J&#233;zabel Couppey-Soubeyran, &#171; Que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, s'agissant du financement de la dette de l'&#201;tat par la banque centrale, il peut se faire selon deux modalit&#233;s diff&#233;rentes : directement en abondant les comptes des Tr&#233;sors publics des &#201;tats membres &#8211; via les banques centrales nationales dans le cas de l'eurosyst&#232;me avec la BCE &#8211; ou en achetant des titres publics sur le march&#233; primaire. Mais, dans un cas comme dans l'autre, il s'agit d'un financement mon&#233;taire des d&#233;penses publiques. Si l'h&#233;licopt&#232;re est dirig&#233; vers les entreprises et m&#233;nages de fa&#231;on p&#233;renne, il rel&#232;ve des critiques &#233;mises ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5) La mon&#233;tisation des d&#233;ficits publics (ou financement mon&#233;taire) : une piste &#224; ouvrir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tabou de la possibilit&#233; pour les banques centrales de financer directement les d&#233;penses publiques est maintenant lev&#233;, au moins en partie. Pour desserrer la tenaille dans laquelle l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire a enferm&#233; les &#201;tats accul&#233;s &#224; aller chercher des financements sur les march&#233;s financiers, l'ancien pr&#233;sident de l'Autorit&#233; de contr&#244;le des march&#233;s financiers britannique, Adair Turner, a sugg&#233;r&#233; que les banques centrales &#233;changent les titres de dette publique qu'elles poss&#232;dent contre des titres perp&#233;tuels et sans int&#233;r&#234;t. Perp&#233;tuels car c'est aussi l'horizon normal des &#201;tats. Sans int&#233;r&#234;t parce qu'il s'agit d'un &#171; endettement de la main gauche aupr&#232;s de la main droite &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Grjebine, &#171; Pour la mon&#233;tisation des dettes publiques &#187;, L'&#201;conomie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui serait une modalit&#233; possible de l'annulation de la dette publique, partiellement ou totalement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi une banque centrale a-t-elle le pouvoir d'acheter directement des obligations publiques ? Parce que, par d&#233;finition, elle a la capacit&#233; institutionnelle, qui lui a &#233;t&#233; conf&#233;r&#233;e par le pouvoir politique, &#224; cr&#233;er la monnaie l&#233;gale. Elle n'a aucune contrainte de capital, ni de rentabilit&#233;. Elle a pour seule contrainte de s'assurer que cette cr&#233;ation de monnaie est l'anticipation de la cr&#233;ation d'une v&#233;ritable richesse &#233;conomique r&#233;elle. Si le syst&#232;me productif est en mesure de r&#233;pondre au besoin de biens d'investissement et au besoin de biens et services de consommation, parce qu'il y a des forces de travail et des &#233;quipements productifs disponibles, il n'y aura pas de risque d'inflation. L'&#233;pouvantail de la &#171; planche &#224; billets &#187; brandi par les lib&#233;raux n'a aujourd'hui pour but que d'emp&#234;cher que le cr&#233;dit destin&#233; &#224; cr&#233;er la monnaie n&#233;cessaire &#224; la production utile contrecarre les exigences du capital financier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un nouveau coup vient d'&#234;tre port&#233; au tabou du financement mon&#233;taire des d&#233;penses publiques par la Banque d'Angleterre et le Tr&#233;sor britannique qui ont annonc&#233; le 9 avril 2020 que les d&#233;penses publiques li&#233;es &#224; la crise sanitaire pourraient &#234;tre financ&#233;es directement par la banque centrale. Certes, de mani&#232;re temporaire et pour des &#233;ch&#233;ances courtes. Mais la pr&#233;tendue impossibilit&#233; logique de recourir &#224; cette mesure est lev&#233;e. Ces approches de la politique mon&#233;taire au service du budget de l'&#201;tat sont d&#233;fendues aux &#201;tats-Unis par les &#233;conomistes qui se r&#233;clament de la &#171; Modern monetary policy &#187; (th&#233;orie mon&#233;taire moderne) et d&#233;fendent le Green New Deal propos&#233; par l'aile gauche du Parti d&#233;mocrate.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les dossiers dans les num&#233;ros 22 (Hiver 2020, ) et 23 (Printemps 2020, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, hommage du vice &#224; la vertu : le baptiseur de la &#171; mondialisation heureuse &#187;, Alain Minc, ne s'y trompe pas, car il r&#233;clame la conversion des titres publics achet&#233;s par la BCE en une&#8230; &#171; dette publique &#224; perp&#233;tuit&#233; ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Minc, &#171; Coronavirus : pour une dette publique &#224; perp&#233;tuit&#233; ! &#187;, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Conclusion-les-enjeux-de-sortie-de-crise'&gt;Conclusion : les enjeux de sortie de crise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; nous analysons la crise d&#233;clench&#233;e par la pand&#233;mie du Covod-19 comme syst&#233;mique, c'est-&#224;-dire comme ayant &#233;t&#233; rendue possible par les transformations d&#233;l&#233;t&#232;res du capitalisme mondial depuis plusieurs d&#233;cennies qui ont fait sauter les barri&#232;res du vivant tout en s'affranchissant de ses limites, l'enjeu principal de &#171; sortie de crise &#187; est de mettre en &#339;uvre les investissements n&#233;cessaires &#224; une transition sociale et &#233;cologique et faire red&#233;marrer l'&#233;conomie sur d'autres bases que celles qui nous ont men&#233;s au d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Red&#233;marrer, disons-nous ? &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, parce que la paralysie de l'&#233;conomie est intenable sur le moyen et le long terme. Si elle durait, on peut &#234;tre certain que ceux qui en p&#226;tiraient en premier et le plus fortement sont les plus pauvres, dans nos pays riches et &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; dans les pays pauvres. On ne peut se contenter de vivre la situation actuelle comme une pr&#233;figuration d'une d&#233;croissance aveugle et sans limite. Le red&#233;marrage de la production devra &#234;tre s&#233;lectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur d'autres bases ? &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors qu'une aide est dans l'urgence apport&#233;e &#224; ceux qui p&#226;tissent le plus de la paralysie de l'&#233;conomie : titulaires de petits revenus et de petites pensions, victimes du ch&#244;mage partiel (et total !), personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes, petits agriculteurs ou ind&#233;pendants, et qu'on impose des contreparties aux entreprises qui b&#233;n&#233;ficient d'aides pour surmonter l'arr&#234;t de leur activit&#233;, alors ce sont les mesures engageant l'avenir qui prennent leur sens :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La transition &#233;nerg&#233;tique : priorit&#233; progressive aux &#233;nergies renouvelables, extinction des subventions aux &#233;nergies fossiles, programme de 10 ans de l'isolation des b&#226;timents et des logements.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les transports : priorit&#233; aux transports collectifs et au ferroutage pour les marchandises.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La planification de la reconversion des secteurs industriels pour la qualit&#233; et la durabilit&#233; des produits ; aide &#224; la transformation de l'agriculture vers le bio et le durable ; aide &#224; la relocalisation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La d&#233;mocratisation des entreprises pour dissocier le pouvoir de d&#233;cision de la propri&#233;t&#233; du capital, par la mise en place de conseils &#233;conomiques et sociaux o&#249; si&#232;geront les repr&#233;sentants des travailleurs, des usagers, des collectivit&#233;s locales, et pas seulement ceux des actionnaires.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le renforcement du droit du travail et de la protection sociale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le plein emploi est un objectif permanent, la RTT en est un moyen.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les nouvelles solidarit&#233;s &#224; l'&#233;chelle internationale, d'autant plus n&#233;cessaires que la relocalisation ne peut &#234;tre mise en &#339;uvre sans voir son impact sur les &#233;conomies &#233;mergentes ou pauvres.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avec quels moyens ?&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons &#233;voqu&#233; dans cette note, volontairement succincte pour sa lisibilit&#233;, deux s&#233;ries de moyens dont la mise en coh&#233;rence serait gage de r&#233;ussite. &lt;br class='autobr' /&gt;
On le savait bien avant le d&#233;clenchement de la pand&#233;mie du Covid-19, le monde atteint un tel degr&#233; d'in&#233;galit&#233;s qu'elles ne sont plus supportables car elles mettent &#224; mal la coh&#233;sion des soci&#233;t&#233;s. Une r&#233;forme fiscale de grande ampleur pour r&#233;introduire une forte progressivit&#233; de l'imp&#244;t sur le revenu et sur le patrimoine doit &#234;tre entreprise. Les besoins sont immenses en termes de sant&#233;, de recherche, d'&#233;ducation : que la crise sanitaire soit l'occasion de r&#233;habiliter l'imp&#244;t et les cotisations sociales qui ne sont pas des charges mais des investissements pour faire face aux crises et pr&#233;parer l'avenir. Le consentement &#224; l'imp&#244;t sera d'autant mieux obtenu que l'imp&#244;t sera juste.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est parce que les d&#233;penses publiques courantes normales seraient couvertes par des imp&#244;ts suffisants que les nouveaux investissements n&#233;cessaires pour amorcer la transition sociale et &#233;cologique vers un &#171; autre mod&#232;le &#187;, dixit le pr&#233;sident, pourraient &#234;tre financ&#233;s par la banque centrale, qui ne m&#233;rite v&#233;ritablement son nom que si elle est au service de toute la soci&#233;t&#233;. En retour, le contr&#244;le social de l'ensemble du syst&#232;me bancaire par des repr&#233;sentants des salari&#233;s, des usagers et des collectivit&#233;s locales est une condition de ce service. Pour la banque centrale, s'y ajoute la n&#233;cessit&#233; d'un contr&#244;le politique par le parlement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les auteurs remercient Pierre Khalfa et Jonathan Marie pour leur lecture et leurs commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe post&#233;rieure &#224; la r&#233;daction du texte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs ont re&#231;u plusieurs commentaires de la part des premiers lecteurs de la &#171; Note sur la monnaie &#187;. Tous disent appr&#233;cier le texte en ce temps fortement perturb&#233; par la crise. Ils regrettent toutefois que certains points n'aient pas &#233;t&#233; abord&#233;s ou suffisamment d&#233;velopp&#233;s. Parmi les remarques qui nous ont &#233;t&#233; adress&#233;es, voici les principales qui appellent r&#233;ponses ou pr&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse de la crise du capitalisme m&#233;rite de plus amples d&#233;veloppements, en elle-m&#234;me et aussi parce que la vision qu'on en a influe sur la conception de la monnaie et la politique mon&#233;taire. Nous en sommes bien d'accord, mais nous avons fait le choix de privil&#233;gier dans une introduction un peu longue l'id&#233;e que nous replacions la crise sanitaire &#224; l'int&#233;rieur d'une crise syst&#233;mique, &#233;cartant sans ambigu&#239;t&#233; la th&#232;se de la crise exog&#232;ne au syst&#232;me &#233;conomique. Pour une analyse d'ensemble de la crise, nous renvoyons notamment au livre d'Attac, &lt;i&gt;Par ici la sortie, Cette crise qui n'en finit pas&lt;/i&gt; (LLL, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, nous n'avons pas fait un trait&#233; complet sur la monnaie, renvoyant au livre des m&#234;mes auteurs &lt;i&gt;La monnaie, un enjeu politique&lt;/i&gt; (Seuil, 2018). Nous avons consid&#233;r&#233; que la remise en cause des trait&#233;s europ&#233;ens qui bloquent la capacit&#233; &#224; utiliser la monnaie pour r&#233;pondre aux besoins faisait partie des acquis d'Attac, fr&#233;quemment rappel&#233;s par ailleurs. La demande qui nous avait &#233;t&#233; faite insistait sur l'analyse des m&#233;canismes d&#233;battus &#224; l'heure actuelle entre les pays membres de l'UE. Notre conclusion principale est que, aujourd'hui, est enfin pos&#233;e la question du financement direct des d&#233;penses publiques par la banque centrale, question inimaginable il y a quelques mois encore. Et cela de fa&#231;on &#224; en finir avec l'endettement toujours croissant des &#201;tats sur les march&#233;s financiers. Notons que la proposition de financement mon&#233;taire des d&#233;penses publiques n'a rien &#224; voir avec une centralisation des leviers de l'&#233;conomie dans les mains de l'&#201;tat. Elle signifie que la qualit&#233; de pr&#234;teur en dernier ressort de la banque centrale doit &#234;tre appliqu&#233;e &#224; cet agent &#233;conomique et pas seulement aux banques ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous n'avons pas abord&#233; les crit&#232;res de refinancement des banques qui devraient &#234;tre exig&#233;s par la banque centrale, en fonction de la qualit&#233; (en termes de soutenabilit&#233; sociale et &#233;cologique) des titres pr&#233;sent&#233;s au refinancement. Nous partageons compl&#233;tement ce point de vue exprim&#233; par Fran&#231;ois Morin, mais si nous avions abord&#233; cette question, nous aurions d&#251; entrer dans des d&#233;tails techniques approfondis. Cependant, nous introduisons un court ajout pour indiquer cette n&#233;cessit&#233;, ainsi qu'un autre au sujet du contr&#244;le social n&#233;cessaire du syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a fait remarquer que nous aurions pu ou d&#251; parler de la proposition de &#171; monnaie fiscale compl&#233;mentaire &#187;. Cette proposition soul&#232;ve beaucoup de questions complexes. Nous avons eu sur ce sujet une premi&#232;re discussion dans &lt;i&gt;Les Possibles&lt;/i&gt; (Automne 2015, n&#176; 8), avec des points de vue diff&#233;rents. Certains &#233;l&#233;ments sont encore peu stabilis&#233;s, notamment sur la possibilit&#233; ou non de convertir cette monnaie fiscale en monnaie officielle, et surtout tr&#232;s contest&#233;s. Il &#233;tait impossible de r&#233;engager cette discussion dans une courte note &#224; vocation p&#233;dagogique. De toute fa&#231;on, la d&#233;sob&#233;issance n&#233;cessaire par rapport aux trait&#233;s europ&#233;ens ne serait pas moins forte pour une monnaie fiscale compl&#233;mentaire que pour arracher le financement mon&#233;taire des investissements publics. C'est la th&#232;se d&#233;fendue dans le livre d'Attac-Copernic, &lt;i&gt;Cette Europe malade du n&#233;olib&#233;ralisme, L'urgence de d&#233;sob&#233;ir&lt;/i&gt; (LLL, 2019)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous a &#233;t&#233; fait remarquer aussi que nous n'avions pas abord&#233; la question des monnaies locales compl&#233;mentaires. Sur ce point, nous pensons qu'elle n'avait pas sa place ici. Non pas que les monnaies locales n'aient pas de l&#233;gitimit&#233; l&#224; o&#249; elles sont implant&#233;es, mais une monnaie locale ne pourrait pas &#234;tre partie prenante du financement des d&#233;ficits publics qui vont grossir cette ann&#233;e en France de 110 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; au moins. La S&#233;curit&#233; sociale aura un d&#233;ficit de plus de 40 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; pour lequel les monnaies locales compl&#233;mentaires ne pourront rien, car la S&#233;curit&#233; sociale &#224; une vocation nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, l'enjeu de la &#171; Note sur la monnaie &#187; &#233;tait de d&#233;finir les axes qui permettent d'envisager que la cr&#233;ation de monnaie soit mise au servie d'une v&#233;ritable transition sociale et &#233;cologique, puisque nous partions de l'id&#233;e que nous avions affaire &#224; une crise syst&#233;mique, au-del&#224; m&#234;me de la gravit&#233; de la pand&#233;mie du coronavirus. Tous les points qui appelleraient plus ample r&#233;daction feront tr&#232;s certainement l'objet d'autres contributions. Nous remercions toutefois les premiers lecteurs de cette &#171; Note &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Les auteurs&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le dossier de synth&#232;se de Perrine Mouterde, &#171; Les maladies &#233;mergentes infectieuses favoris&#233;es par la d&#233;gradation de la biodiversit&#233; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 8 avril 2020 ; Jean-Fran&#231;ois Gu&#233;gan &#171; En supprimant les for&#234;ts primaires, nous sommes en train de d&#233;busquer des monstres &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 18 avril 2020 ; Marc Bettinelli, &#171; Pourquoi nos modes de vies sont &#224; l'origine des pand&#233;mies &#187;, Vid&#233;o, &lt;i&gt;Le Monde Plan&#232;te&lt;/i&gt;, 19 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/nature06536&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nature.com/articles/nature06536&lt;/a&gt;. Ainsi que les &#233;tudes scientifiques de Kate E. Jones, Nikita G. Patel, Marc A. Levy &amp; al., &#171; Global trends in emerging infection diseases &#187;, Nature, n&#176; 451, 21 February 2008, p. 990-993, &lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/nature06536 &#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nature.com/articles/nature06536&#160;&lt;/a&gt; ; et de Toph Allen, Kris A. Murray, Carlos Zambrana-Torellio &amp; al., &#171; Global hotspots and correlates of emerging zoonotic diseases &#187;, &lt;i&gt;Nature Communications&lt;/i&gt;, 8, n&#176; 1124, 2017, &lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/s41467-017-00923-8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nature.com/articles/s41467-017-00923-8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Tirole, &#171; Le mauvais proc&#232;s fait &#224; la mondialisation &#187;, &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;, 15 avril 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'appui de notre th&#232;se, on pourra compl&#233;ter par :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Michel Aglietta, &#171; La vuln&#233;rabilit&#233; du capitalisme financiaris&#233; face au coronavirus : quelles solutions ? &#187;, Conf&#233;rence sur Xerficanal, 16 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.xerficanal.com/economie/emission/Michel-Aglietta-La-vulnerabilite-du-capitalisme-financiarise-face-au-conoravirus-quelles-solutions-_3748545.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=XC160420&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.xerficanal.com/economie/emission/Michel-Aglietta-La-vulnerabilite-du-capitalisme-financiarise-face-au-conoravirus-quelles-solutions-_3748545.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=XC160420&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Attac, &#171; Coronavirus : une r&#233;volution &#233;cologique et sociale pour construire le monde d'apr&#232;s &#187;, 23 mars 2020, &lt;a href=&#034;https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/coronavirus-une-revolution-ecologique-et-sociale-pour-construire-le-monde-d&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/coronavirus-une-revolution-ecologique-et-sociale-pour-construire-le-monde-d&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fran&#231;ois Chesnais, &#171; L'&#233;conomie mondiale au d&#233;but de la grande r&#233;cession Covid-19 : rep&#232;res historiques, analyses et illustrations &#187;,&lt;i&gt; &#192; l'encontre&lt;/i&gt;, 15 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/economie/letat-de-leconomie-mondiale-au-debut-de-la-grande-recession-covid-19-reperes-historiques-analyses-et-illustrations.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alencontre.org/economie/letat-de-leconomie-mondiale-au-debut-de-la-grande-recession-covid-19-reperes-historiques-analyses-et-illustrations.html&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Maxime Combes, Genevi&#232;ve Azam, Thomas Coutrot et Christophe Aguiton, &#171; Relocaliser n'est plus une option mais une condition de survie de nos syst&#232;mes &#233;conomiques et sociaux &#187;, &lt;i&gt;lemonde.fr&lt;/i&gt;, 22 mars 2020, &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/22/relocaliser-n-est-plus-une-option-mais-une-condition-de-survie-de-nos-systemes-economiques-et-sociaux_6034010_3232.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/22/relocaliser-n-est-plus-une-option-mais-une-condition-de-survie-de-nos-systemes-economiques-et-sociaux_6034010_3232.html&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C&#233;dric Durand et Razmig Keucheyan, &#171; L'embo&#238;tement de quatre crises met en lumi&#232;re les limites des march&#233;s &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 14 mars 2020.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Marie Harribey, &lt;i&gt;Le trou noir du capitalisme. Pour ne pas y &#234;tre aspir&#233;, r&#233;habiliter le travail, instituer les communs et socialiser la monnaie&lt;/i&gt;, Le Bord de l'eau, 2020.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bruno Latour, &#171; Imaginer les gestes-barri&#232;res conte le retour &#224; la production d'avant-crise &#187;, AOC, 29 mars 2020, &lt;a href=&#034;https://aoc.media/opinion/2020/03/29/imaginer-les-gestes-barrieres-contre-le-retour-a-la-production-davant-crise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://aoc.media/opinion/2020/03/29/imaginer-les-gestes-barrieres-contre-le-retour-a-la-production-davant-crise&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Edgard Morin, &#171; Cette crise devrait ouvrir nos esprits depuis longtemps confin&#233;s sur l'imm&#233;diat &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 19-20 avril 2020.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#201;ric Toussaint, &#171; La pand&#233;mie du capitalisme, le coronavirus et la crise &#233;conomique &#187;, 18 mars 2020, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-pandemie-du-capitalisme-le-coronavirus-et-la-crise-economique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-pandemie-du-capitalisme-le-coronavirus-et-la-crise-economique&lt;/a&gt;.
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le livre collectif publi&#233; sous l'&#233;gide des &#201;conomistes atterr&#233;s (Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Jonathan Marie, Dominique Plihon, Jean-Fran&#231;ois Ponsot), &lt;i&gt;La monnaie, un enjeu politique&lt;/i&gt;, Seuil, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La th&#233;orie quantitative de la monnaie stipule que, pour une vitesse de circulation de la monnaie et une production donn&#233;es, la quantit&#233; de monnaie d&#233;termine le niveau des prix des biens et services.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.audit-citoyen.org/2014/05/27/que-faire-de-la-dette-un-audit-de-la-dette-publique-de-la-france/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.audit-citoyen.org/2014/05/27/que-faire-de-la-dette-un-audit-de-la-dette-publique-de-la-france/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Champsaur et Jean-Philippe Cotis, &#171; Rapport sur la situation des finances publiques &#187;, avril 2010, &lt;a href=&#034;http://www.etudes-fiscales-internationales.com/media/02/02/4106492714.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.etudes-fiscales-internationales.com/media/02/02/4106492714.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commission des finances de l'Assembl&#233;e nationale, &#171; Rapport d'information pr&#233;alable au d&#233;bat d'orientation des d&#233;penses publiques &#187;, pr&#233;sent&#233; par Gilles Carrez, 30 juin 2010, &lt;a href=&#034;http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2689.asp#P84_8487&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2689.asp#P84_8487&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce reversement est d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; en grande partie par le versement de dividendes et de l'imp&#244;t sur les r&#233;sultats par les banques centrales aux &#201;tats membres. Ainsi, en 2018, la Banque de France a vers&#233; 5,6 milliards &#8364; &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas Piketty, &lt;i&gt;Le capital au 21&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;, Seuil, 2015&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Attac, &lt;i&gt;Toujours plus pour les riches, Manifeste pour une fiscalit&#233; juste&lt;/i&gt;, LLL, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://france.attac.org/se-mobiliser/archives-campagnes/rendez-l-argent&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://france.attac.org/se-mobiliser/archives-campagnes/rendez-l-argent&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas Piketty, &#171; Une seule solution : le f&#233;d&#233;ralisme &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 5 juin 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Benjamin Lemoine, &lt;i&gt;L'ordre de la dette, Enqu&#234;te sur les infortunes de l'&#201;tat et la prosp&#233;rit&#233; du march&#233;&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean-Marie Harribey, &#171; Ubu prend l'h&#233;licopt&#232;re mon&#233;taire &#187;, Blog M&#233;diapart des &#201;conomistes atterr&#233;s, 28 avril 2016, &lt;a href=&#034;http://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/monnaie/ubu-helicoptere.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/monnaie/ubu-helicoptere.pdf&lt;/a&gt; ; Dominique Plihon, &#171; La monnaie h&#233;licopt&#232;re : une fausse bonne id&#233;e, Le Drenche, 7 juin 2016, &lt;a href=&#034;https://ledrenche.ouest-france.fr/monnaie-helicoptere-doit-on-y-avoir-recours-1008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ledrenche.ouest-france.fr/monnaie-helicoptere-doit-on-y-avoir-recours-1008&lt;/a&gt; ; Pierre Khalfa, &#171; La monnaie h&#233;licopt&#232;re, une bonne id&#233;e ? &#187;, Blog M&#233;diapart, 10 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/pierre-khalfa/blog/100420/la-monnaie-helicoptere-une-bonne-idee&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/pierre-khalfa/blog/100420/la-monnaie-helicoptere-une-bonne-idee&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est notamment le point de vue d&#233;fendu par J&#233;zabel Couppey-Soubeyran, &#171; Que peuvent encore les banques centrales ? &#187;,&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt;, 22-23 mars 2020 ; &#171; Vivement la monnaie h&#233;licopt&#232;re ! &#187;, 13 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/jezabel-couppey-soubeyran/blog/130420/vivement-la-monnaie-helicoptere&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/jezabel-couppey-soubeyran/blog/130420/vivement-la-monnaie-helicoptere&lt;/a&gt; ; &#171; La &#034;monnaie h&#233;licopt&#232;re&#034; contre la d&#233;pression dans le sillage de la crise sanitaire &#187;, Institut Veblen pour les r&#233;formes &#233;conomiques, 17 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.veblen-institute.org/La-monnaie-helicoptere-contre-la-depression-dans-le-sillage-de-la-crise.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.veblen-institute.org/La-monnaie-helicoptere-contre-la-depression-dans-le-sillage-de-la-crise.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Grjebine, &#171; Pour la mon&#233;tisation des dettes publiques &#187;, &lt;i&gt;L'&#201;conomie politique&lt;/i&gt;, n&#176; 81, Janvier 2019, p. 15-112, citation p. 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les dossiers dans les num&#233;ros 22 (Hiver 2020, &lt;a href=&#034;https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-22-hiver-2020&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-22-hiver-2020&lt;/a&gt;) et 23 (Printemps 2020, &lt;a href=&#034;https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-23-printemps-2020&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-23-printemps-2020&lt;/a&gt;) de la revue&lt;i&gt; Les Possibles&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Minc, &#171; Coronavirus : pour une dette publique &#224; perp&#233;tuit&#233; ! &#187;, &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;, 17 avril 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://france.attac.org/IMG/pdf/note-la_monnaie_au_service_de_la_societe.pdf" length="194935" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La faute &#224; qui ? R&#233;ponse &#224; Dominique Seux</title>
		<link>https://france.attac.org/se-mobiliser/que-faire-face-au-coronavirus/article/la-faute-a-qui-reponse-a-dominique-seux</link>
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		<dc:date>2020-04-03T17:57:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Jeffers </dc:creator>


		<dc:subject>N&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Agir pendant la pand&#233;mie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans une opinion intitul&#233;e &#171; Le lib&#233;ralisme en mode 4X4 &#187; et publi&#233;e le 26 mars 2020, Dominique Seux, commente l'actualit&#233; et la pand&#233;mie &#224; laquelle le monde fait face aujourd'hui. &#192; ses yeux, trop c'est trop.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://france.attac.org/se-mobiliser/que-faire-face-au-coronavirus/" rel="directory"&gt;Que faire face au coronavirus ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/neoliberalisme" rel="tag"&gt;N&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/coronavirus" rel="tag"&gt;Agir pendant la pand&#233;mie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH64/arton7387-894ae.png?1754196964' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='64' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une opinion intitul&#233;e &#171; Le lib&#233;ralisme en mode 4X4 &#187; et publi&#233;e le 26 mars 2020, Dominique Seux, commente l'actualit&#233; et la pand&#233;mie &#224; laquelle le monde fait face aujourd'hui. &#192; ses yeux, trop c'est trop.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/le-liberalisme-en-mode-4x4-1189389&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ainsi, &#233;crit-il&lt;/a&gt; : &#171; Au d&#233;but de l'&#233;pid&#233;mie, on avait beaucoup entendu qu'elle &#233;tait la fille cach&#233;e de la financiarisation de l'&#233;conomie et du commerce mondialis&#233;. Ensuite, l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire a servi d'explication pour le dramatique d&#233;bordement du syst&#232;me de sant&#233;. Et voil&#224; que ces jours-ci, on lit que c'est au lib&#233;ralisme (n&#233;o ou ultra, cela va de soi) qu'il faut en vouloir pour le manque de masques et de tests capables de d&#233;tecter le Covid-19. N'en jetez plus, c'est trop ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce qui provoque son indignation ? Le manque de tests et de masques, le manque de ventilateurs, de lits et de personnel soignant, ou l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire qui a organis&#233; la casse du syst&#232;me de sant&#233; ? Non, c'est le fait que le n&#233;olib&#233;ralisme et la financiarisation de l'&#233;conomie soient jug&#233;s responsables de la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons les arguments avanc&#233;s pour r&#233;futer cette th&#232;se. Dominique Seux &#233;crit que &#171; dans le pays qui affiche les d&#233;penses publiques et de sant&#233; parmi les plus &#233;lev&#233;es, expliquer la catastrophe sanitaire que nous vivons par la casse des services publics rel&#232;ve de la mauvaise foi &#187;. Or, cet argument est illogique : ce n'est pas parce qu'on aurait encore l'un des meilleurs syst&#232;me de sant&#233; au monde qu'il n'aurait pas subi un affaiblissement. D'autre part, si l'on retient comme indicateur la d&#233;pense courante de sant&#233; par habitant exprim&#233;e en parit&#233; de pouvoir d'achat (PPA), les d&#233;penses de sant&#233; par habitant sont deux fois plus &#233;lev&#233;es aux &#201;tats-Unis qu'en France. Et pourtant, tout le monde en convient, le syst&#232;me de sant&#233; am&#233;ricain est tout sauf performant : 27,5 millions d'Am&#233;ricains &#233;taient sans assurance maladie avant la pand&#233;mie. Ce n'est sans doute pas ce mod&#232;le auquel aspirent les millions de Fran&#231;ais qui, tous les soirs, applaudissent le personnel soignant et r&#233;clament plus de moyens pour les h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait pr&#232;s de quarante ans que les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales ont peu &#224; peu d&#233;construit les services publics. En France, trente ans de politiques de r&#233;duction des d&#233;penses ont mis l'h&#244;pital public &#224; genoux. D&#232;s 2007, Nicolas Sarkozy a exerc&#233; une forte pression budg&#233;taire sur l'h&#244;pital et g&#233;n&#233;ralis&#233; la tarification &#224; l'activit&#233;. Les personnels hospitaliers ne cessent de tirer la sonnette d'alarme, pour pr&#233;venir que les services des urgences sont malades, que le corps m&#233;dical est en crise avec la fermeture drastique des lits, ou encore le personnel insuffisant. Depuis plus d'un an, ils manifestent contre un manque de moyens criant qui emp&#234;che aujourd'hui de soigner correctement chaque personne. Ce gouvernement, comme ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;, n'y a pas r&#233;pondu. Aujourd'hui on en paye le prix fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour Dominique Seux, &#171; si les h&#244;pitaux manquent de moyens (c'est vrai), ce sont des choix collectifs : d'autres priorit&#233;s ont &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;r&#233;es, un &#226;ge de la retraite bas et un faible reste &#224; charge &#187;. Oui, vous lisez bien ! Et pourquoi pas &#224; cause du Smic trop &#233;lev&#233;, des prestations sociales trop g&#233;n&#233;reuses ? Si l'&#226;ge de retraite devait &#234;tre le crit&#232;re, la population des &#201;tats-Unis devrait &#234;tre parmi les plus prot&#233;g&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un mot des grands laboratoires pharmaceutiques et de leurs largesses envers leurs actionnaires. Entre 1999 et 2017, les 11 laboratoires les plus grands au monde ont engrang&#233; 1 019 milliards d'euros de b&#233;n&#233;fices. Ils en ont directement redistribu&#233; 925 milliards &#224; leurs actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'actions, soit 90,8 %. En 2017, le taux de redistribution s'&#233;tablissait &#224; 141,9 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, conc&#232;de Dominique Seux, la d&#233;forestation a peut-&#234;tre une responsabilit&#233; dans la suppression de la barri&#232;re homme-animal, les flux tendus et le z&#233;ro stock ont aussi leur part de responsabilit&#233;, mais il &#233;carte cela d'un revers de la main, comme si c'&#233;tait ind&#233;pendant de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et ne faisait pas partie d'un syst&#232;me qui m&#233;prise autant la nature que les vies humaines. Ce qui fait l'admiration du directeur d&#233;l&#233;gu&#233; de la r&#233;daction des &#201;chos, &#171; c'est la plasticit&#233; du lib&#233;ralisme. Son c&#244;t&#233; cam&#233;l&#233;on et tout-terrain, 4X4 en quelque sorte. En quelques heures, en quelques jours, il s'est adapt&#233; &#224; la situation &#187;. Mais est-ce le lib&#233;ralisme qui s'est adapt&#233; &#224; la situation ou les gouvernements qui ont d&#251;, contraints et forc&#233;s, prendre des mesures en rupture avec le &#171; laissez faire, laissez aller &#187;, comme Emmanuel Macron a fini par le reconna&#238;tre, en compl&#232;te opposition avec la politique qu'il m&#232;ne depuis trois ans, &#171; il est des biens et des services qui doivent &#234;tre plac&#233;s en dehors des lois du march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Esther Jeffers, professeure d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; de Picardie, membre du Conseil scientifique d'Attac France. Tribune co-sign&#233;e par Dominique Plihon, Jean-Marie Harribey et Pierre Khalfa, membres du Conseil scientifique d'Attac France.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Tribune initialement publi&#233;e sur Mediapart : &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/attac-france/blog/020420/la-faute-qui-reponse-dominique-seux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/attac-france/blog/020420/la-faute-qui-reponse-dominique-seux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Revenu d'existence universel : un &#233;tat des lieux</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/revenu-d-existence-universel-un-etat-des-lieux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/revenu-d-existence-universel-un-etat-des-lieux</guid>
		<dc:date>2017-03-02T08:55:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Marty, Daniel Rome, Esther Jeffers , Huayra Llanque, Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>Ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>Revenu</dc:subject>
		<dc:subject>Temps de travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le revenu universel refait surface en France dans le d&#233;bat politique &#224; l'occasion de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, alors que dans ce pays parmi les plus riches de la plan&#232;te la pauvret&#233; s'&#233;tend. Appel&#233; aussi revenu inconditionnel, revenu d'existence, revenu social, allocation universelle, revenu de citoyennet&#233;, voire salaire &#224; vie, cette revendication est donc maintenant dans l'air du temps, mais cette id&#233;e n'est pas nouvelle. Dans ce dossier, nous vous proposons un &#233;tat des lieux pour mieux apr&#233;hender les d&#233;bats sur cette question.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/" rel="directory"&gt;Le flux&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/chomage" rel="tag"&gt;Ch&#244;mage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/revenu" rel="tag"&gt;Revenu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/temps-de-travail" rel="tag"&gt;Temps de travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton5324-b0a76.jpg?1754003030' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le revenu universel refait surface en France dans le d&#233;bat politique &#224; l'occasion de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, alors que dans ce pays parmi les plus riches de la plan&#232;te la pauvret&#233; s'&#233;tend. Les minima sociaux sont tr&#232;s bas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour m&#233;moire, en 2017, le SMIC mensuel net est de 1141,61 &#8364;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et n'ont subi aucune revalorisation significative depuis le d&#233;but du quinquennat de Fran&#231;ois Hollande. Le RSA est de 535,17 &#8364; par mois pour une personne seule, 802,76 &#8364; avec un enfant, 963,31 &#8364; avec deux enfants, et 214,06 &#8364; par enfant suppl&#233;mentaire. M&#234;me s'il est cumulable avec l'allocation logement, le total reste inf&#233;rieur au seuil de pauvret&#233; &#233;quivalent &#224; 1000 &#8364; par mois. Le RSA pour un couple sans enfant de 802,76 &#8364; est inf&#233;rieur &#224; deux fois le RSA pour une personne seule, en raison de sa non-individualisation.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tail sur l'ensemble des minima sociaux, voir et .&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et plus du tiers des ayants droit au RSA n'y ont pas recours, tandis que les jeunes de 18 &#224; 25 ans sont quasiment exclus du dispositif. Les in&#233;galit&#233;s ont augment&#233; tandis que le ch&#244;mage a fortement progress&#233; et que les pratiques d'ub&#233;risation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pratique consistant &#224; mettre en relation un prestataire de services et un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont apparues. Les politiques publiques construites sur la th&#233;orie de l'offre (cadeaux aux grandes entreprises sans contrepartie) ont donc aggrav&#233; la situation de millions de gens. Nous avons aujourd'hui en France et dans l'Union europ&#233;enne une situation insoutenable. En France, 8,8 millions de personnes vivent avec moins de 1000 euros par mois, le nombre de personnes sans emploi est selon les statistiques entre 3,5 millions et 6 millions, et un tr&#232;s grand nombre de ch&#244;meurs sont des ch&#244;meurs de longue dur&#233;e et ne per&#231;oivent aucune allocation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Note r&#233;dig&#233;e, &#224; la demande du Conseil d'administration d'Attac, par Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Huayra Llanque, Christiane Marty et Daniel Rome. Le CA du 25 f&#233;vrier 2017 a approuv&#233; sa diffusion.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations de ch&#244;meurs et les syndicats sont alors sensibles &#224; cette id&#233;e de revenu universel pour r&#233;soudre une partie des probl&#232;mes. L'id&#233;e rencontre aussi un &#233;cho croissant dans la soci&#233;t&#233; au fur et &#224; mesure que grandit la perception d'un travail d&#233;shumanis&#233;. Et Beno&#238;t Hamon en a fait un des th&#232;mes principaux de sa campagne. Mais, au-del&#224; de celle-ci, si l'on examine de plus pr&#232;s les diff&#233;rentes propositions, on y trouve beaucoup de flou &#224; la fois sur le fond et sur le financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel&#233; aussi revenu inconditionnel, revenu d'existence, revenu social, allocation universelle, revenu de citoyennet&#233;, voire salaire &#224; vie, cette revendication est donc maintenant dans l'air du temps, mais cette id&#233;e n'est pas nouvelle. Les pr&#233;mices se trouvent dans &lt;i&gt;l'Utopia &lt;/i&gt;de Thomas More (1516) et &lt;i&gt;La justice agraire &lt;/i&gt;de Thomas Paine (1795). De 1795 &#224; 1834, une loi sur les pauvres dite de Speenhamland avait instaur&#233; en Angleterre un revenu minimum vers&#233; par les paroisses, qui eut pour cons&#233;quence de faire baisser les salaires. Sa suppression donna le coup d'envoi du march&#233; de l'emploi et du capitalisme industriel, comme l'a montr&#233; Karl Polanyi. Dans les ann&#233;es 1930, en France, Jacques Duboin, cr&#233;ateur de la revue&lt;i&gt; La Grande rel&#232;ve &lt;/i&gt;proposa un revenu universel. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, des penseurs lib&#233;raux reprennent l'id&#233;e d'un revenu de base. Mais, depuis plusieurs d&#233;cennies, elle est pr&#233;sent&#233;e comme une solution aussi bien par des &#233;conomistes lib&#233;raux (Friedrich Hayek, Milton Friedman, Robert Solow, Herbert Simon) que par une partie de la gauche progressiste (Philippe Van Parijs, Yoland Bresson, Jean Marc Ferry, Andr&#233; Gorz, Tony Negri). Pour le BIEN (R&#233;seau mondial pour le revenu de base), l'allocation universelle &#8211; ou revenu d'existence &#8211; est con&#231;ue comme un incitateur aux activit&#233;s non marchandes, &#224; condition qu'elle soit d'un montant suffisant pour &#233;chapper au chantage &#224; l'emploi et permettre ainsi &#224; l'individu de r&#233;partir son temps entre activit&#233;s libres et travail h&#233;t&#233;ronome salari&#233; ou subordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, tout le monde n'y met pas le m&#234;me contenu. Certains y voient une occasion inesp&#233;r&#233;e de liquider d&#233;finitivement toute forme de socialisation, d'individualiser les risques li&#233;s notamment au ch&#244;mage et de privatiser les services publics, quand d'autres, pensant que nous serions dans l'impossibilit&#233; d'&#233;radiquer le ch&#244;mage, voire que nous serions dans une nouvelle &#232;re marqu&#233;e par la fin du travail, trouvent la solution dans le revenu universel pour lutter contre la mis&#232;re et les in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'est-ce pas un faux dilemme, voire un march&#233; de dupes ? Pour nous permettre de mieux comprendre les enjeux nous avons mis tout d'abord en exergue les questions philosophiques, politiques et &#233;conomiques qui sont soulev&#233;es &#224; travers le revenu d'existence universel. Nous poursuivrons en &#233;tudiant les diff&#233;rentes propositions et leur financement possible. Enfin, nous r&#233;fl&#233;chirons au projet de soci&#233;t&#233; qui est en jeu, en particulier en ce qui concerne l'autonomie des femmes. Nous pr&#233;senterons en outre cinq questions sous forme d'encadr&#233;s : le double sens de la &lt;i&gt;valeur &lt;/i&gt;attach&#233;e au travail, les exp&#233;riences du revenu universel dans le monde, la monnaie h&#233;licopt&#232;re, une comparaison entre revenu d'existence et salaire &#224; vie, et le choix entre familialisation ou individualisation du revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Retrouvez ci-dessous le sommaire complet.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://france.attac.org/IMG/pdf/note_ruvf.pdf' class=&#034;spip_in&#034; type='application/pdf'&gt;Vous pouvez t&#233;l&#233;charger la version PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : &lt;a href=&#034;https://www.flickr.com/photos/generation-grundeinkommen/10571827154&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Generation Grundeinkommen&lt;/a&gt;, licence &lt;a href=&#034;https://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Creative Commons BY-NC 2.0&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour m&#233;moire, en 2017, le SMIC mensuel net est de 1141,61 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tail sur l'ensemble des minima sociaux, voir &lt;a href=&#034;http://www.cnle.gouv.fr/Baremes-mensuels-des-minima.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cnle.gouv.fr/Baremes-mensuels-des-minima.html&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.aide-sociale.fr/rsa-socle-dossier-calcul&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aide-sociale.fr/rsa-socle-dossier-calcul&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pratique consistant &#224; mettre en relation un prestataire de services et un client par le biais d'une plateforme. Elle se traduit par le d&#233;veloppement d'un travail faussement ind&#233;pendant, dont les conditions sont souvent mauvaises et sans protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les principes du revenu d'existence universel</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/les-principes-du-revenu-d-existence-universel</link>
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		<dc:date>2017-03-02T08:55:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Marty, Daniel Rome, Esther Jeffers , Huayra Llanque, Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>Ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>Revenu</dc:subject>
		<dc:subject>Temps de travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;M&#234;lant &#224; la fois des principes d'ordre philosophique (et donc &#233;thique), politique et &#233;conomique, le d&#233;bat est souvent complexe. Pour en faciliter la compr&#233;hension, nous mettons en vis-&#224;-vis les arguments favorables au revenu d'existence et ceux qui en montrent les limites ou les incoh&#233;rences.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/chomage" rel="tag"&gt;Ch&#244;mage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/revenu" rel="tag"&gt;Revenu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/temps-de-travail" rel="tag"&gt;Temps de travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton5325-a105e.jpg?1754003031' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;M&#234;lant &#224; la fois des principes d'ordre philosophique (et donc &#233;thique), politique et &#233;conomique, le d&#233;bat est souvent complexe. Pour en faciliter la compr&#233;hension, nous mettons en vis-&#224;-vis les arguments favorables au revenu d'existence et ceux qui en montrent les limites ou les incoh&#233;rences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t1-Sur-le-plan-ethique-et-philosophique'&gt; 1) Sur le plan &#233;thique et philosophique&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arguments en faveur de la mise en place d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les arguments en faveur du revenu d'existence universel qui adoptent une perspective progressiste, le premier et peut-&#234;tre le plus important se situe sur le plan philosophique et &#233;thique. Tout &#234;tre humain ayant droit &#224; une vie d&#233;cente, et m&#234;me &#224; une vie bonne, il convient de lui assurer un revenu parce qu'il &lt;i&gt;existe&lt;/i&gt;, donc de sa naissance &#224; sa mort, et cela ind&#233;pendamment du fait qu'il travaille ou non ou qu'il ait d'autres revenus. Il faut tirer le bilan de l'&#233;chec des minima sociaux actuels qui sont tr&#232;s insuffisants et ne rem&#233;dient pas &#224; la pauvret&#233; et &#224; la pr&#233;carit&#233;.La d&#233;connexion de ce revenu par rapport &#224; un travail et par rapport &#224; d'autres &#233;ventuels revenus d&#233;finit ainsi son inconditionnalit&#233;, au nom du droit &#224; l'&lt;i&gt;existence&lt;/i&gt;, premier &#233;l&#233;ment de la justice sociale [Rawls, Van Parijs].Cette d&#233;connexion du revenu d'existence par rapport au travail est d'autant plus l&#233;gitime qu'il faut cesser de voir dans le travail une &#171; valeur &#187; en soi (voir encadr&#233; 1). Le capitalisme a engendr&#233; une soci&#233;t&#233; o&#249; chacun doit s'ali&#233;ner dans un travail dont il ne ma&#238;trise ni les finalit&#233;s ni les conditions. Le revenu d'existence permettrait alors de refuser des conditions de travail et de salaires trop mauvaises ou trop contraignantes.En somme, ces premiers arguments reprennent l'analyse que faisait la philosophe Hannah Arendt, pour qui jamais dans l'histoire le travail n'a &#233;t&#233; un facteur d'&#233;panouissement des individus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle se r&#233;f&#233;rait &#224; la Gr&#232;ce antique o&#249; le travail &#233;tait destin&#233; aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle &#233;tait en totale opposition avec Friedrich Hegel qui pensait, lui, que le travail &#233;tait l'essence de l'homme par lequel il se r&#233;alisait.La conclusion des th&#233;oriciens de gauche du revenu d'existence est donc qu'on ne peut se fixer pour objectif de &lt;i&gt;lib&#233;rer le travail&lt;/i&gt;, mais au contraire de &lt;i&gt;se lib&#233;rer du travail&lt;/i&gt; qui n'est que synonyme d'exploitation et d'ali&#233;nation. Le revenu d'existence permettrait de s'affranchir de l'obligation d'un travail d&#233;gradant et d'acqu&#233;rir plus de libert&#233;, plus d'autonomie. La v&#233;ritable &#233;mancipation &#233;tant celle par rapport au travail.Ils n'ont pas de mal &#224; r&#233;cuser la critique avanc&#233;e par les adversaires de droite qui s'insurgent contre le revenu d'existence &#224; cause d'une suppos&#233;e prime donn&#233;e &#224; la paresse. Au contraire, r&#233;pondent les partisans de ce revenu, il permettra &#224; chacun de choisir son travail sans avoir le couteau sous la gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-arguments&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les critiques d'ordre philosophique et &#233;thique apport&#233;es par les opposants au revenu d'existence ne remettent pas en cause l'id&#233;e que tout individu doit pouvoir vivre dignement sur le plan mat&#233;riel et culturel.En revanche, ils contestent la vision du travail qui est au fondement du revenu universel. Certes, le travail, particuli&#232;rement dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, est subordonn&#233;, exploit&#233; et ali&#233;n&#233;. Mais il n'est pas que cela. Il est aussi un facteur d'int&#233;gration dans la soci&#233;t&#233;, un facteur de reconnaissance sociale, et m&#234;me le moment o&#249; des solidarit&#233;s se forgent dans la lutte. Il est cr&#233;ateur de lien social parce qu'il s'exerce toujours dans un cadre collectif, ou, m&#234;me s'il s'effectue isol&#233;ment (comme dans le cas du travail ind&#233;pendant), parce que son r&#233;sultat (le bien ou le service produit) met l'individu en contact avec les autres, du fait de la division du travail.Aussi, il faut consid&#233;rer que le travail est ambivalent. Ce n'est ni la vision univoque de Hegel, ni celle en miroir d'Arendt, c'est plut&#244;t celle de Marx : le travail est ali&#233;nant mais c'est par lui que l'&#234;tre humain se construit. Le travail n'est pas seulement un rapport de l'homme avec la nature qu'il transforme. Par son travail, il se transforme lui-m&#234;me. Il s'ensuit qu'abandonner l'objectif de l'&#233;mancipation dans et hors du travail serait une erreur. On retrouvera plus loin ce point &#224; propos du plein emploi.Cela permet de revenir sur la notion de vie d&#233;cente : la vie d&#233;cente n'est pas seulement une affaire de revenu mais d'int&#233;gration dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;. S'il s'av&#233;rait que certains individus &#233;taient d&#233;finitivement exclus de la sph&#232;re du travail et qu'ils recevaient un revenu universel, la stigmatisation ne viendrait plus du fait qu'ils ne per&#231;oivent aucun revenu mais du fait qu'ils ne per&#231;oivent que celui-l&#224;. La justice sociale ne serait pas mieux garantie.Enfin, la croyance que le revenu universel apporterait la libert&#233; &#224; chacun postule que l'&#233;mancipation humaine r&#233;sulterait d'un retrait individuel d'un aspect essentiel de la vie collective. Cela revient &#224; nier que le travail est un acte social par excellence.Ce n'est pas un hasard si certains lib&#233;raux approuvent le revenu universel car ils y voient le moyen d'atomiser la soci&#233;t&#233; en individus isol&#233;s et d'en finir avec les solidarit&#233;s collectives.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t2-Sur-le-plan-politique'&gt; 2) Sur le plan politique&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arguments en faveur de la mise en place d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier avantage politique de l'inconditionnalit&#233; du revenu universel est de mettre fin au contr&#244;le administratif, souvent humiliant, des allocataires des minima sociaux, en m&#234;me temps qu'il r&#233;sout le probl&#232;me du non-recours qui atteint en France plus du tiers des personnes ayant droit &#224; ces minima. Complexit&#233; des d&#233;marches et stigmatisation entretiennent une mise &#224; l'&#233;cart de beaucoup de personnes, une situation intol&#233;rable dans une d&#233;mocratie. Le principe d'inconditionnalit&#233; vise &#224; supprimer totalement ces inconv&#233;nients ou au moins &#224; les limiter dans le cadre d'une inconditionnalit&#233; faible (d&#233;fendue par Alain Caill&#233; de la &lt;i&gt;Revue du MAUSS&lt;/i&gt;).Dans la p&#233;riode de ch&#244;mage tr&#232;s &#233;lev&#233; et de pr&#233;carit&#233; croissante des contrats de travail, le fait de disposer d'un revenu de base permettrait d'am&#233;liorer le rapport de force entre le demandeur d'emploi ou le salari&#233; face &#224; son employeur. Cette id&#233;e est li&#233;e &#224; celle examin&#233;e ci-dessus : l'autonomie renforce la capacit&#233; de n&#233;gociation lors d'une embauche ou lors d'une demande d'am&#233;lioration du salaire ou des conditions de travail.Le principe de l'universalit&#233; du revenu d'existence implique qu'il soit vers&#233; au plus riche comme au plus pauvre. Un principe analogue &#224; celui de la S&#233;curit&#233; sociale qui prend en charge la maladie sans regarder si le malade est riche ou pauvre.&#192; ceux qui s'&#233;l&#232;vent contre cette &#171; &#233;galit&#233; &#187; de traitement, les th&#233;oriciens de ce revenu r&#233;torquent que la fiscalit&#233; permettrait de reprendre aux riches bien plus que ce qui leur a &#233;t&#233; accord&#233; sous forme de revenu de base. En ce sens, beaucoup rejoignent l'id&#233;e de l'imp&#244;t n&#233;gatif avanc&#233; dans les ann&#233;es 1970 par l'&#233;conomiste am&#233;ricain Milton Friedman et qui est reprise aujourd'hui en France notamment par Marc de Basquiat et Gaspard Koenig, parce que, disent-ils, c'est l'individu, et non pas l'&#201;tat, qui est le plus &#224; m&#234;me de savoir quels sont les meilleurs choix pour lui.Le m&#233;canisme de l'imp&#244;t n&#233;gatif est de faire la diff&#233;rence entre tous les revenus per&#231;us par un individu et l'imp&#244;t. Cette diff&#233;rence sera n&#233;gative pour les pauvres et positive pour les riches.Dans les projets de gauche du revenu universel figure aussi tr&#232;s souvent la proposition de fixer un revenu maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-arguments&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La non-automaticit&#233; des minima sociaux qui explique l'ampleur du non-recours par ceux et celles qui y ont pourtant droit et l'insuffisance de leurs montants rendent indispensable une profonde r&#233;forme.Cependant, si la plupart des restrictions demandent &#224; &#234;tre lev&#233;es, faut-il pour autant fixer un principe d'inconditionnalit&#233; qui signifie une absence totale de contrepartie vis-&#224;-vis de la soci&#233;t&#233; ? Bien que partisan d'un minimum de ressources attribu&#233; &#224; chacun, Rawls avait ainsi pos&#233; le probl&#232;me du &#171; surfeur &#224; Malibu &#187; qui passerait sa vie sur la cr&#234;te des vagues et qui ferait valoir son droit au revenu d'existence.Est-il raisonnable de penser qu'un individu, isol&#233; face &#224; son patron capitaliste, aurait les moyens de lui imposer un contrat de travail meilleur parce qu'il dispose d'un revenu de base vers&#233; par la collectivit&#233; ? C'est sans doute une illusion, rappelant l'id&#233;ologie &#233;conomique lib&#233;rale qui pr&#233;tend que le ch&#244;mage r&#233;sulte d'un choix du travailleur ayant compar&#233; le salaire qu'on lui propose avec les &#171; agr&#233;ments du non-travail &#187;. La logique individualiste est sous-jacente &#224; cette croyance. Au contraire, il est &#224; craindre que beaucoup d'employeurs en profitent pour diminuer les salaires ou contourner le Smic.Enfin, si le revenu universel re&#231;u par les riches est r&#233;cup&#233;r&#233; par la fiscalit&#233; et si, finalement, on ne leur donne rien de plus que ce qu'ils ont d&#233;j&#224;, &#224; quoi sert-il puisqu'il n'a pas d'effet redistributif notable, dans la mesure o&#249; les gros revenus et patrimoines &#233;chappent largement &#224; l'imp&#244;t ? En effet, si ces derniers &#233;taient impos&#233;s pour financer le revenu universel, ce serait sur une assiette bien plus &#233;troite que leurs revenus r&#233;els. L'argument de la pr&#233;tendue neutralit&#233; n&#233;cessaire de la fiscalit&#233; au regard de la r&#233;partition des revenus primaires est typiquement n&#233;olib&#233;ral.D&#232;s lors, le risque d'abandonner les questions du travail &#224; valoriser et de l'emploi pour tous et toutes, ainsi que le risque de verser un revenu de base pour solde de tout compte deviendraient flagrants.La fixation d'un revenu maximum est &#233;galement pr&#233;sente dans certains programmes politiques de gauche, ind&#233;pendamment de la question du revenu universel, puisqu'elle s'inscrit dans la perspective de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s de revenus d&#232;s l'entreprise, avant m&#234;me d'agir par la fiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t3-Sur-le-plan-economique'&gt; 3) Sur le plan &#233;conomique&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arguments en faveur de la mise en place d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les justifications &#233;conomiques du revenu d'existence sont tr&#232;s nombreuses. Elles ne se recoupent pas forc&#233;ment et les penseurs et associations qui s'en r&#233;clament privil&#233;gient plut&#244;t l'une ou l'autre.La justification la plus ancienne est peut-&#234;tre celle qui voit dans le revenu d'existence universel le moyen de r&#233;partir les richesses qui sont le fruit des savoirs, des savoir-faire et des techniques accumul&#233;s par les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes et dont b&#233;n&#233;ficient les g&#233;n&#233;rations actuelles. En quelque sorte, il convient de r&#233;partir cette rente, de la m&#234;me fa&#231;on qu'il n'y a pas de raison que tous les &#234;tres humains ne puissent pas jouir des bienfaits de la nature. Cette id&#233;e rejoint les th&#233;matiques anciennes de More et Paine et est reprise par les th&#233;oriciens modernes comme Philippe Van Parijs ou Herbert Simon, ce dernier &#233;valuant la part de richesse redevable au travail pr&#233;sent : &#171; &lt;i&gt;Je suis tr&#232;s g&#233;n&#233;reux si je vous dis 10 %. Le reste s'explique par le travail du pass&#233;, les infrastructures, les inventions&#8230; C'est un cadeau ! Par exemple, si Edison n'avait pas domestiqu&#233; l'&#233;lectricit&#233;, votre revenu serait moindre. L'id&#233;e du revenu universel, c'est de partager plus &#233;quitablement ce cadeau. &#187;&lt;/i&gt;Depuis qu'une troisi&#232;me r&#233;volution industrielle autour de l'informatique et de la robotique est en marche, beaucoup d'&#233;conomistes pr&#233;voient ou craignent que le travail se rar&#233;fie, voire qu'il disparaisse. Au d&#233;part cantonn&#233;e &#224; certains futuristes isol&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Rifkin, La fin du travail, La D&#233;couverte, 1997.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette th&#232;se s'est renforc&#233;e depuis l'&#233;clatement de la crise &#233;conomique mondiale de 2007-2008. La plupart des partisans du revenu universel s'inscrivent dans cette probl&#233;matique et en concluent que puisque les gains de productivit&#233; condamnent au remplacement de l'homme par la machine, il est vain de rechercher le plein emploi, d&#233;sormais inatteignable.Dans leur esprit, il ne s'agit pas d'un renoncement parce qu'il existe de nombreux gisements de travail en dehors de l'emploi. Il convient donc d'affirmer : &#171; L'emploi est mort, vive le travail ! &#187; [Stiegler].Cette affirmation s'appuie sur l'id&#233;e que tout le monde est productif et que le revenu d'existence doit &#234;tre vers&#233; &#171; au titre de la participation de tous &#224; la cr&#233;ation de richesse sociale &#187; [Mylondo]. En un mot, le lien social constitu&#233; lors des activit&#233;s libres men&#233;es en dehors de l'emploi g&#233;n&#232;re de la richesse. C'est ainsi que si les activit&#233;s b&#233;n&#233;voles et gratuites s'arr&#234;taient, l'&#233;conomie proprement dite s'effondrerait. Une derni&#232;re th&#233;orie va encore plus loin : c'est celle dite du cognitivisme, venue d'une des branches actuelles du marxisme [Monnier, Vercellone, Moulier Boutang]. Au fur et &#224; mesure que les connaissances deviennent un facteur de production d&#233;cisif, la cr&#233;ation de valeur &#233;conomique &#233;chappe au travail proprement dit, en tout cas d&#233;borde celui-ci pour envahir progressivement la totalit&#233; du temps de vie, dont cherche &#224; s'emparer le capitalisme. Il faut donc r&#233;mun&#233;rer par un revenu universel tous les auteurs d'externalit&#233;s positives n&#233;es de leurs multiples activit&#233;s hors du travail : par analogie, il s'agit du m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne que la pollinisation r&#233;alis&#233;e par les insectes, sans laquelle la v&#233;g&#233;tation ne se reproduirait pas. Ainsi, il faut consid&#233;rer que le revenu universel serait un revenu de type primaire,Tr&#232;s souvent, les partisans du revenu d'existence inscrivent leur d&#233;marche dans une perspective &#233;cologique de d&#233;croissance de l'&#233;conomie qui deviendrait possible d&#232;s lors que le revenu d'existence permettrait de garantir un &#171; droit au temps partiel choisi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux citations sont de B. Mylondo, &#171; Contre le temps partiel subi, osons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit donc d'un plaidoyer pour une sortie individuelle de l'emploi, plut&#244;t qu'une r&#233;duction collective du temps de travail, dont le m&#233;rite serait d'abandonner la course au productivisme et au consum&#233;risme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-arguments&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les justifications &#233;conomiques du revenu d'existence sont effectivement nombreuses, mais toutes font l'objet de critiques.En premier lieu, l'id&#233;e qu'on pourrait p&#233;renniser le versement d'un revenu universel sur la base d'une rente provenant d'un h&#233;ritage de l'humanit&#233; est une vue de l'esprit parce que tous les revenus sont des flux engendr&#233;s par l'activit&#233; &#233;conomique courante et non un pr&#233;l&#232;vement sur un stock de richesse pass&#233;e. Verser une rente au titre de l'h&#233;ritage du th&#233;or&#232;me de Pythagore dont nous b&#233;n&#233;ficions n'aurait aucun sens. Si les multinationales veulent tout breveter, c'est justement pour cr&#233;er de toutes pi&#232;ces des rentes de situation.Ensuite, les &#233;tudes prospectives sur l'avenir du travail &#224; l'horizon de quelques d&#233;cennies sont contradictoires et donc peu fiables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseil d'orientation pour l'emploi, &#171; Automatisation, num&#233;risation et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Personne aujourd'hui ne peut pr&#233;dire avec certitude quels seront les m&#233;tiers de demain, surtout si les besoins en termes de services continuent de cro&#238;tre rapidement. C'est donc la transformation du contenu du travail plus que la rar&#233;faction de celui-ci qui est probable.Mais, si le travail se rar&#233;fiait v&#233;ritablement, un myst&#232;re appara&#238;trait que ne dissipent pas les partisans du revenu d'existence : comment pourrait-on collectivement distribuer davantage de revenus puisque tous les revenus sont engendr&#233;s par le travail (voir encadr&#233; 1) ?D'autre part, il est faux de pr&#233;tendre que le ch&#244;mage est d&#251; principalement &#224; l'augmentation de la productivit&#233; du travail. Jamais cette augmentation n'a &#233;t&#233; aussi faible depuis la Seconde Guerre mondiale, en d&#233;pit de la r&#233;volution informatique et robotique. Cette tendance touche maintenant m&#234;me les pays &#233;mergents. Le ch&#244;mage est d&#251; essentiellement &#224; l'accaparement par les d&#233;tenteurs du capital d'une part plus grande de la valeur ajout&#233;e, qui emp&#234;che de dynamiser les investissements, les activit&#233;s utiles et l'emploi.En filigrane des interrogations sur le travail se trouve une question complexe pour savoir ce qu'est un travail productif. Contrairement &#224; ce qu'affirment beaucoup de partisans du revenu d'existence, &#233;pousant ainsi &#224; leur insu les dogmes de l'&#233;conomie dominante, toute production de valeur d'usage n'est pas automatiquement une production de valeur &#233;conomique mesur&#233;e mon&#233;tairement. Le lien social est une grande &#171; valeur &#187; sur le plan philosophique mais ne cr&#233;e pas de valeur ajout&#233;e que l'on peut distribuer mon&#233;tairement. Pour engendrer de la valeur mon&#233;taire, le travail effectu&#233; doit &#234;tre socialement valid&#233;, soit par le march&#233;, soit par une d&#233;cision politique, par exemple d'apprendre &#224; lire et &#233;crire aux enfants dans les &#233;coles (voir encadr&#233; 1).Et s'il est vrai que les connaissances sont devenues un facteur essentiel de la production, ce sont toujours les travailleurs qui &#171; portent &#187; ces connaissances.&#192; la question &#171; Utiliser son temps libre &#224; s'occuper de ses parents &#226;g&#233;s ou de ses enfants, s'engager dans des associations, contribuer au savoir &#224; travers l'enrichissement des articles de Wikip&#233;dia, faire de la musique ou du th&#233;&#226;tre, coudre, bricoler, lire, bavarder avec ses voisins, faire du sport, cultiver son potager, regarder la t&#233;l&#233; ou s'informer sur Internet, est-ce ou n'est-ce pas du travail ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;O. Le Naire et C. Lebon, Le revenu de base, Une id&#233;e qui pourrait changer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, la r&#233;ponse est cat&#233;goriquement non. De la m&#234;me fa&#231;on, le jeu pratiqu&#233; sur son smartphone ou la partie de cartes jou&#233;e avec ses amis ne sont pas des sources de valeur &#233;conomique, quand bien m&#234;me du lien social serait cr&#233;&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est pourtant ce que pr&#233;tend B. Mylondo, &#171; Qui n'a droit &#224; rien ? En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.Il s'ensuit qu'il n'y a pas de tr&#233;sor cach&#233;, il n'y a pas de travail productif au-del&#224; de l'emploi. L'emploi dans ses deux composantes, salari&#233; et ind&#233;pendant, est le cadre institutionnel dans lequel le travail est r&#233;alis&#233; (voir sch&#233;ma en annexe). Aussi, un revenu d'existence, s'il &#233;tait cr&#233;&#233; serait un revenu de transfert et non un revenu primaire, qu'il faudrait donc financer par un pr&#233;l&#232;vement sur le travail productif.La perspective &#233;cologique est mieux prise en compte par une r&#233;duction collective du temps de travail que par une sortie individuelle de l'emploi.|&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Encadr&#233; 1 : La &#171; valeur &#187; travail et la &#171; valeur-travail &#187;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;On ne dispose que d'un mot (valeur) pour d&#233;signer deux r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un premier plan, lorsqu'il est question de la &#171; valeur &#187; travail, on se r&#233;f&#232;re au &lt;i&gt;contenu&lt;/i&gt; &#233;thique, philosophique ou politique qui est attach&#233; au travail ou au contraire qui lui est d&#233;ni&#233;. Ainsi, la conception venant de Hegel (cf. ci-dessus) fait du travail une valeur en soi puisqu'il se rapporte &#224; l'essence humaine. Au contraire, dans la tradition issue d'Arendt souvent reprise au sein des th&#232;ses favorables au revenu d'existence, cette valeur associ&#233;e au travail est ni&#233;e, ou bien &#171; elle est en voie de disparition &#187;. Les enqu&#234;tes sociologiques aujourd'hui disponibles d&#233;mentent cette id&#233;e, en montrant que dans une tr&#232;s grande majorit&#233;, les individus d&#233;sirent s'ins&#233;rer dans le monde du travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir D. M&#233;da, P. Vendramin, R&#233;inventer le travail, PUF, 2013. Ces enqu&#234;tes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme valeur est &#233;galement utilis&#233; dans le domaine &#233;conomique et il est notamment associ&#233; au travail. Et c'est l&#224; que les choses se compliquent. L'&#233;conomie politique, n&#233;e v&#233;ritablement &#224; la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle sous la plume de Smith et de Ricardo, a &#233;labor&#233; la th&#233;orie dite de la valeur-travail qui fait du travail le fondement de la valeur d'&#233;change des marchandises, la valeur d'usage n'&#233;tant que la motivation de leur production. Marx reprendra cette id&#233;e que seul le travail produit de la valeur mais il modifiera sa formulation pour expliquer deux ph&#233;nom&#232;nes. 1) La valeur d'une marchandise exprime la fraction du travail collectif qui est socialement valid&#233;e en elle. 2) Le capitaliste n'ach&#232;te pas le travail du salari&#233;, ni son produit, mais sa force dont il va tirer une plus-value pour accumuler du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La polys&#233;mie du terme valeur se double alors d'une difficult&#233; suppl&#233;mentaire : parler de &#171; valeur du travail &#187; pr&#234;te &#224; confusion car, sans autre pr&#233;cision, on ne saurait pas s'il s'agit de la &#171; valeur &#187; travail au sens philosophique, ou de la valeur re&#231;ue par le travailleur sous forme de salaire, ou enfin de la valeur produite par le travailleur, bien sup&#233;rieure &#224; son salaire, la diff&#233;rence correspondant au profit capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Encadr&#233; 2 : Des exp&#233;riences de revenu universel dans le monde ?&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Des propositions ou des d&#233;buts d'exp&#233;rimentation de revenu universel sont mis en avant par ses d&#233;fenseurs pour illustrer sa faisabilit&#233;. En r&#233;alit&#233;, il ne s'agit nulle part d'un v&#233;ritable RU, sans condition de ressources, universel, d'un montant suffisant pour vivre de fa&#231;on d&#233;cente. En effet, la mise en place d'un tel revenu est tellement complexe que, dans tous les cas qui existent, il s'agit pour le moment, soit d'une &#233;tape, soit d'une seule cat&#233;gorie de personnes b&#233;n&#233;ficiaires, et dans tous les cas d'un montant insuffisant. Comme les populations b&#233;n&#233;ficiaires de ces tentatives sont le plus souvent cibl&#233;es, il s'agit d'une plut&#244;t d'une forme habituelle d'allocation d'assistance que d'un revenu de type universel. Il y a une raison pratique &#224; cela : financer un revenu universel mettrait en jeu la fiscalit&#233; sur les revenus qui pr&#233;sentent le plus souvent un caract&#232;re national. Enfin, il n'est pas s&#251;r qu'on puisse v&#233;rifier que le retour &#224; l'emploi est diff&#233;rent de celui constat&#233; avec les minima sociaux existants. Ces d&#233;buts d'exp&#233;rimentation sont donc peu concluants, et sont m&#234;me bien &#233;loign&#233;s des objectifs fix&#233;s par leurs d&#233;fenseurs, du moins ceux de gauche qui y croient vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le projet finlandais&lt;/strong&gt; a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2017. Il est financ&#233; par la S&#233;curit&#233; sociale. Il remplacera toutes les allocations en versant un montant fixe par mois &#224; un groupe exp&#233;rimental de personnes : 2000 demandeurs d'emploi de 25 &#224; 58 ans choisis au hasard percevront 560 euros par mois pendant deux ans. La couverture sant&#233; et l'allocation logement seront maintenues. &#192; l'issue de ces deux ann&#233;es, le gouvernement envisagera de le g&#233;n&#233;raliser &#224; toute la population. L'objectif est de remplacer l'ensemble des allocations vers&#233;es par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France&lt;/strong&gt;, une mission d'information a &#233;t&#233; lanc&#233;e au S&#233;nat le 31 mai 2016&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour &#233;tudier la question. Localement, une &#233;tude de faisabilit&#233; a &#233;t&#233; missionn&#233;e par la Nouvelle r&#233;gion Aquitaine et le Conseil d&#233;partemental de la Gironde a install&#233; sur son site un simulateur de financement. Les associations de ch&#244;meurs qui ont &#233;t&#233; auditionn&#233;es ont fait part de la mis&#232;re dans laquelle vit une partie de la population pour demander que soit mis en place dans le d&#233;partement un revenu de base &#224; la condition qu'il ne soit pas inconditionnel et qu'il ne remette pas en cause notre syst&#232;me de protection sociale. Seront-elles entendues alors que cette initiative de simulation a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e par la Fondation Jean-Jaur&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Suisse&lt;/strong&gt;, les citoyens ont massivement rejet&#233; lors d'une votation en juin 2016 la proposition de cr&#233;ation d'un revenu de base universel et inconditionnel qui envisageait de donner &#224; chacun, actif ou inactif, de tout &#226;ge, un revenu vers&#233; par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux Pays-Bas&lt;/strong&gt;, un projet de revenu de base est mis en &#339;uvre dans plusieurs villes, dont Utrecht&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Loek Groot, &#171; Utrecht : l'exp&#233;rimentation d'un revenu de base local &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans celle-ci, 250 citoyens, ch&#244;meurs ou b&#233;n&#233;ficiaires des minima sociaux, sont r&#233;partis en six groupes-tests, afin de v&#233;rifier si le dispositif encourage l'&#171; assistanat &#187; ou non. Parmi eux, 50 percevront 960 euros par mois pour un adulte seul (ou 1300 par foyer), qu'ils soient en emploi ou non, tandis que les membres des autres groupes devront respecter des r&#232;gles diff&#233;renci&#233;es en mati&#232;re de recherche d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Namibie,&lt;/strong&gt; une exp&#233;rimentation a &#233;t&#233; men&#233;e en 2008 et 2009 aupr&#232;s de 1000 personnes. Si on a pu constater une plus grande scolarisation, une s&#233;curit&#233; alimentaire et la cr&#233;ation de micro-entreprises, cette exp&#233;rience est confin&#233;e &#224; un petit groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Inde,&lt;/strong&gt; des exp&#233;riences sont men&#233;es depuis 2011dans des villages ruraux dans le but d'am&#233;liorer les conditions de vie en mati&#232;re d'alimentation, de sant&#233; et d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Canada,&lt;/strong&gt; apr&#232;s une premi&#232;re exp&#233;rience appel&#233;e &#171; Mincome &#187; dans les villes de Winnipeg et Dauphin de 1974 &#224; 1979, la province de l'Ontario a annonc&#233;, fin f&#233;vrier 2016, lors du vote de son budget annuel, qu'elle allait entamer un programme de recherche en lien avec les communaut&#233;s pour d&#233;terminer les meilleures modalit&#233;s d'un revenu de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Alaska&lt;/strong&gt; a mis en place &#171; l'Alaska Permanent Fund &#187;, une forme particuli&#232;re de revenu de base tr&#232;s modeste qui est financ&#233;e par les revenus miniers et p&#233;troliers de l'&#201;tat. Il s'agit donc d'un revenu financ&#233; par une rente qui ne peut &#234;tre durable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle se r&#233;f&#233;rait &#224; la Gr&#232;ce antique o&#249; le travail &#233;tait destin&#233; aux esclaves, et en particulier &#224; Aristote qui distinguait la &lt;i&gt;po&#239;esis&lt;/i&gt;, se rapportant &#224; la production et &#224; la technique dont la fin est ext&#233;rieure &#224; l'individu acteur, et la &lt;i&gt;praxis, &lt;/i&gt;d&#233;signant la pratique li&#233;e &#224; l'accomplissement de l'homme et &#224; la transformation des rapports sociaux, immanente &#224; l'individu acteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Rifkin, &lt;i&gt;La fin du travail&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les deux citations sont de B. Mylondo, &#171; Contre le temps partiel subi, osons le temps lib&#233;r&#233; ! &#187;, Alternatives &#233;conomiques, n&#176; 333, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars 2014. Voir aussi S. Michalon, B. Mylondo, L. Robin, Non au temps plein subi ! Plaidoyer pour un droit au temps lib&#233;r&#233;, &#201;d. du croquant, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conseil d'orientation pour l'emploi, &#171; Automatisation, num&#233;risation et emploi &#187;, janvier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;O. Le Naire et C. Lebon, &lt;i&gt;Le revenu de base, Une id&#233;e qui pourrait changer nos vies,&lt;/i&gt; Arles, Actes Sud, 2017, p. 57&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est pourtant ce que pr&#233;tend B. Mylondo, &#171; Qui n'a droit &#224; rien ? En d&#233;fense de l'inconditionnalit&#233;, r&#233;ponses &#224; Attac &#187;, 2015, &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/blogs/mylondo/files/qui-na-droit-a-rien-reponse-aux-objections-dattac.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alternatives-economiques.fr/blogs/mylondo/files/qui-na-droit-a-rien-reponse-aux-objections-dattac.pdf&lt;/a&gt; ; et &#171; Entretien &#187;, &lt;i&gt;L'&#194;ge de faire&lt;/i&gt;, n&#176; 110, &#233;t&#233; 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir D. M&#233;da, P. Vendramin, &lt;i&gt;R&#233;inventer le travail&lt;/i&gt;, PUF, 2013. Ces enqu&#234;tes sont d'autant plus int&#233;ressantes qu'elles sont men&#233;es entre autres par D. M&#233;da qui avait publi&#233; pr&#232;s de vingt ans auparavant &lt;i&gt;Le travail, une valeur en voie de disparition&lt;/i&gt;, &#201;d. Aubier, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.senat.fr/commission/missions/revenu_de_base_en_france/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.senat.fr/commission/missions/revenu_de_base_en_france/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Loek Groot, &#171; Utrecht : l'exp&#233;rimentation d'un revenu de base local &#187;, &lt;i&gt;Metis&lt;/i&gt;, 9 juillet 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Montant et financement du revenu d'existence universel</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/montant-et-financement-du-revenu-d-existence-universel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/montant-et-financement-du-revenu-d-existence-universel</guid>
		<dc:date>2017-03-02T08:54:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Marty, Daniel Rome, Esther Jeffers , Huayra Llanque, Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>Ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>Revenu</dc:subject>
		<dc:subject>Temps de travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Diff&#233;rentes propositions du revenu universel, de droite ou de gauche, sont en d&#233;bat. Selon les versions, il d&#233;pendrait ou non des ressources d&#233;j&#224; poss&#233;d&#233;es par les individus, remplacerait ou non les autres allocations et aides sociales. Nous pr&#233;sentons ici les diff&#233;rentes variantes, les personnes qui peuvent en b&#233;n&#233;ficier, le co&#251;t respectif de chacun des projets, ainsi que les probl&#232;mes soulev&#233;s.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/" rel="directory"&gt;Le flux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/chomage" rel="tag"&gt;Ch&#244;mage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/revenu" rel="tag"&gt;Revenu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/temps-de-travail" rel="tag"&gt;Temps de travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton5326-7b5d3.jpg?1754003033' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Diff&#233;rentes propositions du revenu universel, de droite ou de gauche, sont en d&#233;bat. Selon les versions, il d&#233;pendrait ou non des ressources d&#233;j&#224; poss&#233;d&#233;es par les individus, remplacerait ou non les autres allocations et aides sociales. Nous pr&#233;sentons ici les diff&#233;rentes variantes, les personnes qui peuvent en b&#233;n&#233;ficier, le co&#251;t respectif de chacun des projets, ainsi que les probl&#232;mes soulev&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t1-Projet-liberal-de-Basquiat-et-Koenig'&gt; 1) Projet lib&#233;ral de Basquiat et Koenig&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arguments en faveur de la mise en place d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gaspard Koenig et Marc de Basquiat proposent un revenu minimum qu'ils baptisent le &#171; liber &#187;, &#171; non pour encourager l'oisivet&#233;, mais pour assurer aux membres d'une m&#234;me soci&#233;t&#233; les moyens de survivre &#187;, disent-ils. Il prendrait la forme d'un cr&#233;dit d'imp&#244;t, par la soustraction du montant du liber de la libertaxe (imp&#244;t de 23 % proportionnel aux revenus) ou d'un &#171; imp&#244;t n&#233;gatif &#187;, c'est-&#224;-dire une somme qui serait vers&#233;e aux plus faibles revenus. Le liber s'&#233;l&#232;verait &#224; 480 &#8364; par mois pour les adultes, &#224; 200 &#8364; pour les moins de 14 ans, et &#224; 270 &#8364; pour les 14-18 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme Basquiat et Koenig r&#233;visent les montants r&#233;guli&#232;rement dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il serait vers&#233; sans condition de ressources.Le liber co&#251;terait environ 340 milliards d'euros par an et se substituerait aux principales aides d'&#201;tat, au revenu de solidarit&#233; active (RSA), aux allocations familiales et autres aides. Seules sont conserv&#233;es l'allocation logement et celles pour personnes handicap&#233;es ou &#226;g&#233;es. Quant &#224; la libertaxe, elle remplacerait non seulement l'imp&#244;t sur le revenu mais aussi les cotisations sociales et la CSG, et devrait couvrir les d&#233;penses de sant&#233;, supprimant ainsi la plus grande partie des cotisations sociales patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-arguments&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme utilis&#233; par Koenig et de Basquiat pour d&#233;signer l'objectif du liber veut tout dire : il s'agit de permettre aux membres d'une m&#234;me soci&#233;t&#233; de &#171; survivre &#187;, et cela semble difficile avec un montant de l'ordre de 500 &#8364; par mois. En outre, le liber remplace les principales allocations et aides. Or, pour ne pas d&#233;grader davantage la situation actuelle (qui est tr&#232;s difficile pour de tr&#232;s nombreuses personnes), l'OFCE estime qu'il faudrait un minimum de 785 eu&#173;ros par mois par adulte, de 1 100 euros pour les plus de 65 ans et les handicap&#233;s, et les moins de 18 ans devraient recevoir 315 euros. On est loin du compte, sauf en gardant le dispositif actuel d'allocations logement et pour les personnes handicap&#233;es et &#226;g&#233;es, mais alors on cherche la nouveaut&#233;, sauf en mati&#232;re fiscale.En effet, l'imp&#244;t proportionnel risque de provoquer une redistribution des pauvres vers les riches. Enfin, l'enveloppe de 340 milliards d'euros ne peut couvrir &#224; la fois le revenu universel et les d&#233;penses de sant&#233;, donc le risque est grand que ce liber soit vers&#233; pour solde de tout compte et que la soci&#233;t&#233; soit quitte envers ses membres les plus d&#233;munis.|&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t2-Projet-du-Mouvement-francais-pour-un-revenu-de-base-MFRB'&gt; 2) Projet du Mouvement fran&#231;ais pour un revenu de base (MFRB)&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arguments en faveur de la mise en place d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce projet a pour point de d&#233;part que la connexion entre emploi et revenu, entre travail et valeur, est une &#171; vision assez &#233;triqu&#233;e de ce qu'est la richesse &#187; et s'insurge contre l'id&#233;e que &#171; seul le travail, cr&#233;ateur de richesse, peut &#234;tre une source de revenu &#187;.Le MFRB propose donc un revenu de base qu'il d&#233;finit comme &#171; un droit inali&#233;nable, inconditionnel, cumulable avec d'autres revenus, distribu&#233; par une communaut&#233; politique &#224; tous ses membres, de la naissance &#224; la mort, sur base individuelle, sans contr&#244;le des ressources ni exigence de contrepartie &#187;. Sa mise en place serait graduelle. Son montant serait compris entre 465 et 750 &#8364;. Mais certains, comme Baptiste Mylondo, proposent un montant proche de 1000 &#8364;, avec maintien de la protection sociale actuelle. Il serait vers&#233; &#224; chaque membre du foyer, sans consid&#233;ration des revenus des autres membres. Il a vocation &#224; remplacer certaines allocations (RSA, prime d'activit&#233;, bourses).Deux grandes approches du financement sont d&#233;fendues au sein du MFRB, qui ne s'excluent pas l'une l'autre. D'une part, un financement par pr&#233;l&#232;vements obligatoires et un appel &#224; des taxes (&#233;cologique, sur machines, etc.) et, d'autre part, par cr&#233;ation mon&#233;taire sous forme de dividende universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-arguments&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre soci&#233;t&#233;, le travail est un facteur d'int&#233;gration sociale et une condition n&#233;cessaire, m&#234;me si elle n'est pas suffisante, de l'autonomie de toute personne. Des g&#233;n&#233;rations de femmes se sont battues pour avoir un droit d'acc&#232;s &#233;gal au march&#233; du travail et continuent &#224; le faire contre les pr&#233;jug&#233;s qui consid&#232;rent qu'elles n'ont pas autant besoin que les hommes d'avoir un emploi. Le droit inali&#233;nable de toute personne devrait &#234;tre le droit d'avoir un travail de qualit&#233;, avec des revenus suffisants et, graduellement, d'avoir suffisamment de temps libre pour mieux vivre. Le mouvement f&#233;ministe s'oppose &#224; toute r&#233;forme qui pourrait avoir comme cons&#233;quence le renvoi des femmes dans leur foyer pour s'occuper des enfants et des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, sous pr&#233;texte qu'un revenu universel leur est vers&#233;. M&#234;me si le choix est donn&#233; dans un couple &#224; un des deux parents de s'arr&#234;ter, ce choix est g&#233;n&#233;ralement vite fait car les salaires des femmes sont bien souvent inf&#233;rieurs &#224; ceux de leur compagnon ou conjoint et leur carri&#232;re est consid&#233;r&#233;e comme &#233;tant moins importante que celle des hommes.Le co&#251;t annuel de ce projet est tr&#232;s &#233;lev&#233;, de 500 &#224; 700 milliards d'euros par an et repr&#233;senterait de 15 &#224; 30 points de PIB. Le financement par des taxes &#233;cologiques aboutirait &#224; leur d&#233;voiement. Quant &#224; la taxe sur les robots, elle constituerait ni plus ni moins qu'une taxe sur les investissements, sans oublier qu'elle serait toujours pr&#233;lev&#233;e sur la valeur ajout&#233;e nette par le travail.Concernant le financement sous forme de dividende universel par cr&#233;ation mon&#233;taire, il ne peut &#234;tre r&#233;solu par &#171; il suffit de cr&#233;er de la monnaie sans dette associ&#233;e &#187;, car cette id&#233;e, d'une part, renvoie &#224; une sortie de la zone euro et/ou une transformation compl&#232;te de son fonctionnement et, d'autre part, au d&#233;bat sur la &#171; monnaie h&#233;licopt&#232;re &#187; (voir l'encadr&#233; 4).&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='t3-Projet-de-la-Fondation-Jean-Jaures'&gt; 3) Projet de la Fondation Jean-Jaur&#232;s&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arguments en faveur de la mise en place d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Fondation Jean-Jaur&#232;s &#233;tudie trois sc&#233;narios : &#224; 500 &#8364; (proche de l'actuel RSA), &#224; 750 &#8364; (revenu interm&#233;diaire &#233;quivalent presque &#224; un cumul du RSA et de l'allocation logement), et &#224; 1 000 &#8364; (revenu &#233;gal au seuil de pauvret&#233;). L'hypoth&#232;se retenue comme la plus r&#233;aliste est celle de 750 &#8364; pour une personne d'&#226;ge actif. Le financement passe par la suppression de certaines prestations sociales actuelles : &#171; Pour 750 &#8364; par mois (504 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; &#8364; de d&#233;penses, soit 24 % du PIB), le revenu de base peut &#234;tre financ&#233; en mobilisant l'ensemble des d&#233;penses actuelles de protection sociale, branche vieillesse incluse, sans pr&#233;l&#232;vements obligatoires suppl&#233;mentaires et en d&#233;gageant un exc&#233;dent budg&#233;taire de 14 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; &#8364;, qui peut permettre d'anticiper la hausse tendancielle du revenu de base. &#187;Le revenu est vers&#233; sans contrepartie, de fa&#231;on individualis&#233;e et non familialis&#233;e, &#224; toutes les personnes de plus de 18 ans, 30 % pour les moins de 15 ans, et 50 % pour les 15-18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-arguments&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne commentera que la proposition interm&#233;diaire : le co&#251;t de 504 milliards d'euros par an obligerait &#224; amputer largement les retraites du r&#233;gime g&#233;n&#233;ral ainsi qu'&#224; supprimer des prestations sociales, puisqu'il est indiqu&#233; que ce sont l'ensemble des d&#233;penses actuelles de protection sociale, branche vieillesse incluse, qui seraient mobilis&#233;es pour financer le revenu universel.|&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t4-Projets-du-rapport-Sirugue-et-de-la-Fondation-Terra-Nova'&gt; 4) Projets du rapport Sirugue et de la Fondation Terra Nova&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arguments en faveur de la mise en place d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport Sirugue souligne la complexit&#233; des minima sociaux et propose 3 sc&#233;narios diff&#233;rents : 2 sc&#233;narios qui consistent &#224; r&#233;duire leur nombre et les simplifier ; le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; sc&#233;nario (que le rapporteur pr&#233;f&#232;re) propose de les fusionner et de les remplacer par une &#171; couverture socle commune &#187;. Terra Nova propose de remplacer les dix minimas sociaux par un revenu &#171; minimum d&#233;cent &#187; de 750 &#8364; par mois pour une personne seule, vers&#233; sous conditions de ressources &#224; partir de 18 ans. Toute personne seule avec des revenus inf&#233;rieurs &#224; 750 &#8364; recevrait un compl&#233;ment pour atteindre ce niveau. Pour les couples, le niveau serait de 1500 &#8364;. Dans un m&#233;nage o&#249; une personne gagne par exemple 1 200 euros, la personne inactive recevrait 300 euros (le m&#233;nage atteindrait ainsi deux fois le minimum d&#233;cent) plus la moiti&#233; de la diff&#233;rence entre 750 et 300 euros, soit 450/2 = 225. Cette personne aurait donc 300 + 225 = 525 euros.Pour Terra Nova, le financement serait en partie assur&#233; par une r&#233;forme des prestations sociales et du quotient familial et par une baisse du co&#251;t de gestion qui d&#233;coulerait de la simplification des minimas sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-arguments&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport Sirugue ne se positionne pas pour l'instauration directe d'un revenu de base, mais reste cependant ambigu. Il &#233;met m&#234;me des r&#233;serves sur le revenu universel en soulignant que &#171; les promoteurs d'un revenu universel de faible montant ont souvent pour objectif affich&#233; d'accro&#238;tre la flexibilit&#233; du march&#233; du travail &#187;.Le rapport Sirugue est flou sur le montant et sur les simulations de financement.Il en est de m&#234;me pour Terra Nova sur le devenir des prestations familiales. Seront-elles supprim&#233;es pour &#234;tre remplac&#233;es par une prestation universelle ? Que devient la prime d'activit&#233; ?Comme pour la plupart des propositions, le montant de 750 euros ne permet pas d'atteindre un niveau de vie suffisant.|&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t5-Projet-de-Benoit-Hamon'&gt; 5) Projet de Beno&#238;t Hamon&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arguments en faveur de la mise en place d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet de Beno&#238;t Hamon s'appuie sur l'hypoth&#232;se d'une rar&#233;faction du travail. &#171; L'objectif est d'&#234;tre moins d&#233;pendant du travail. Ce revenu permettrait de favoriser la prise de risque entrepreneuriale et de permettre de faire du b&#233;n&#233;volat. &#187;, dit Hamon.Ce revenu aurait aussi pour but de soulager les salari&#233;s effectuant des t&#226;ches p&#233;nibles ou travaillant dans de mauvaises conditions en leur permettant de diminuer leur temps de travail.Dans une premi&#232;re &#233;tape, d&#232;s 2018, le RSA serait augment&#233; de 10 %, &#224; hauteur de 600 &#8364; et vers&#233; automatiquement &#224; tous les ayants droit. La m&#234;me ann&#233;e, un revenu d'existence serait instaur&#233; et prendrait la forme d'une allocation de 600 &#8364; par mois pour les 18 &#224; 25 ans. Elle serait ensuite g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'ensemble de la population et atteindrait la somme de 750 &#8364;.Le co&#251;t de cette mesure est chiffr&#233; par Hamon &#224; 300 milliards d'euros par an. Ce montant serait couvert par des &#171; fusions cibl&#233;es &#187; avec les minima sociaux (dont le co&#251;t est de 23 milliards d'euros), les aides au logement (18 milliards), et les prestations familiales (53 milliards). Par ailleurs, 24 milliards proviendraient de l'individualisation de l'imp&#244;t sur le revenu, 84 milliards des niches fiscales et 80 milliards de la lutte contre l'&#233;vasion et l'optimisation fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-arguments&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; premi&#232;re vue, le projet Hamon peut sembler attirant parce qu'il est pr&#233;sent&#233; en positif comme un projet de soci&#233;t&#233;, qu'il se d&#233;ploierait en trois &#233;tapes et qu'il part de la situation des jeunes.Mais l'hypoth&#232;se de d&#233;part sur la rar&#233;faction du travail est contradictoire avec une &#233;conomie non productiviste puisqu'il faudra globalement plus de travail pour assurer la transition &#233;cologique, en termes de qualit&#233; de la production agricole, industrielle et de services, notamment ceux attach&#233;s &#224; la personne. Plus de travail globalement, tout en r&#233;duisant sa dur&#233;e pour chaque individu. De nombreux emplois, dans de meilleures conditions, devraient &#234;tre cr&#233;&#233;s pour ce faire. Et si trop de travaux sont en effet effectu&#233;s dans de mauvaises conditions, le progr&#232;s passe par la lutte pour leur am&#233;lioration, et non par l'attribution d'un revenu universel qui permettrait simplement de les fuir. Accepter que la solution soit le retrait individuel de l'emploi serait bien utile pour le patronat.Le co&#251;t de la r&#233;forme Hamon serait plus de l'ordre de 450 milliards d'euros que de 300.L'allocation de 600 euros par mois pour les 18 &#224; 25 ans et celle de 750 euros plus tard pour l'ensemble de la population sont insuffisantes pour assurer un niveau de vie d&#233;cent. Le devenir des prestations familiales et des minima sociaux n'est pas clair. Les objections faites par le mouvement f&#233;ministe, quant aux cons&#233;quences sur les femmes, restent enti&#232;res.De plus, Hamon a recul&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'une bataille pour la r&#233;duction du temps de travail, quand il a affirm&#233; : &#171; Je ne pr&#233;tends pas passer la dur&#233;e l&#233;gale de 35 heures &#224; 32 heures, j'encouragerai des formes de r&#233;duction du temps de travail, par des primes au temps partiel (...) sous la forme de baisses de charges. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 23 janvier 2017.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Or, on sait que le temps partiel subi concerne majoritairement des femmes et des jeunes.Enfin, il semblerait que, sous le feu des critiques, le projet Hamon ait discr&#232;tement &#233;volu&#233;. Le p&#233;rim&#232;tre d'application du revenu universel et son articulation avec les autres allocations sont moins clairement affirm&#233;s et renvoy&#233;s &#224; une conf&#233;rence ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Encadr&#233; 3 : Familialisation ou droits propres de la personne ?&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de protection sociale a &#233;t&#233; fond&#233; en 1945 sur le mod&#232;le de la famille patriarcale, avec l'homme &#171; gagne-pain &#187; et la femme au foyer assurant la gestion de la famille : l'homme, travailleur &#233;mancip&#233;, a des droits directs &#224; la protection sociale ; la femme b&#233;n&#233;ficie de droits d&#233;riv&#233;s ouverts par son statut d'&#233;pouse, actant une situation de d&#233;pendance. Le syst&#232;me a certes &#233;volu&#233; au cours du temps, mais les minima sociaux &#8211; comme aussi l'imp&#244;t sur le revenu &#8211; restent en France bas&#233;s sur la cellule familiale. Faut-il maintenir la familialisation des droits sociaux ou attribuer des droits propres &#224; toute personne (personnalisation) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de la familialisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henri Sterdyniak, &#171; Contre l'individualisation des droits sociaux &#187;, Revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;fendent une conception o&#249; la famille constitue l'unit&#233; de base de la soci&#233;t&#233;. C'est elle qui doit &#234;tre prise en compte par le syst&#232;me social et fiscal pour &#233;valuer les besoins sociaux et fixer le niveau d'imposition. Il s'agit de respecter la solidarit&#233; familiale et la volont&#233; des couples de mettre en commun leurs ressources (&#171; les &#233;poux se promettent assistance mutuelle &#187;). &#171; Dans certains cas, cela d&#233;charge la soci&#233;t&#233; de d&#233;penses de solidarit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; &#224; l'inverse, dans le cas des couples mono-actifs, la soci&#233;t&#233; compl&#232;te le cas &#233;ch&#233;ant les ressources du m&#233;nage et offre au conjoint inactif une assurance maladie et une pension de r&#233;version. Dans cette conception, il est logique d'attribuer les minima sociaux au m&#233;nage en fonction de ses ressources et de sa composition, ce qui permet, selon ses partisans, de verser des transferts sociaux &#233;quitables et correctement cibl&#233;s. Il peut para&#238;tre justifi&#233; en effet de tenir compte du revenu du conjoint : on peut juger choquant de verser une allocation &#224; une personne qui, sans avoir de revenu propre suffisant, vit avec un partenaire aux revenus &#233;lev&#233;s (m&#234;me si cela la maintient dans une d&#233;pendance envers son conjoint). Pourtant, la familialisation des droits sociaux doit &#234;tre questionn&#233;e de plusieurs points de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les prestations sociales visent &#224; lutter contre la pauvret&#233;, elles laissent de c&#244;t&#233; de nombreuses personnes, de fait surtout des femmes, d&#232;s que le revenu du conjoint d&#233;passe le seuil d'attribution de la prestation. L'hypoth&#232;se est faite que les m&#233;nages mettent en commun leurs ressources, mais cela ne correspond pas tout &#224; fait &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophie Ponthieux, &#171; La mise en commun des revenus dans les couples &#187;, Insee (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Difficile de consid&#233;rer le couple comme une entit&#233;, en ignorant la r&#233;partition souvent in&#233;galitaire des revenus en son sein et l'asym&#233;trie des pouvoirs de n&#233;gociation. Dans les faits, de nombreuses femmes se trouvent exclues de toute protection sociale et renvoy&#233;es &#224; la seule solidarit&#233; du conjoint. Ce qui soul&#232;ve un autre probl&#232;me. Au regard des prestations de solidarit&#233;, une personne n'existe plus en tant que telle d&#232;s lors qu'elle vit en couple (m&#234;me constat pour l'imp&#244;t sur le revenu). Cela est-il conforme au principe d'acc&#232;s aux droits fondamentaux de toute personne ind&#233;pendamment de son sexe ou de son statut familial ? L'Union europ&#233;enne oblige &#224; repenser la protection sociale dans une probl&#233;matique d'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. Cette logique r&#233;clamerait alors une personnalisation des droits, les attachant &#224; la personne quels que soient son statut familial et son sexe, c'est-&#224;-dire sans tenir compte des revenus d'un conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose aussi la question de l'adaptation du syst&#232;me actuel &#224; l'&#233;volution des mod&#232;les familiaux. Mariages, pacs, concubinages, couples homosexuels, s&#233;parations, familles monoparentales ou recompos&#233;es constituent d&#233;sormais le panorama des m&#233;nages. Dans ces conditions, des prestations soumises &#224; des conditions de ressources du m&#233;nage ne peuvent que multiplier les contr&#244;les administratifs intrusifs, voire abusifs. D&#233;j&#224;, aujourd'hui, les r&#232;gles d'attribution des minima sociaux aboutissent &#224; laisser des allocataires sans ressources pendant plusieurs mois lors d'un changement de situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces divers constats invitent &#224; clarifier l'objectif de la politique de solidarit&#233; et &#224; repenser son articulation avec le syst&#232;me socio-fiscal. On pourrait envisager une &#233;volution du syst&#232;me pour mettre en coh&#233;rence les politiques sociale, familiale et fiscale, en s&#233;parant leurs r&#244;les respectifs pour les rendre plus lisibles. La politique fiscale s'en tiendrait &#224; consid&#233;rer les revenus d'une personne pour d&#233;finir sa facult&#233; de contribuer au budget national, ce qui suppose d'adopter le mode d'imposition s&#233;par&#233;e des personnes. La politique sociale s'occuperait d'organiser la solidarit&#233; envers les adultes (au-dessus de 18 ans), consid&#233;r&#233;s comme des personnes &#224; part enti&#232;re disposant de droits propres. Concernant les enfants, l'aide de la soci&#233;t&#233; &#224; leur prise en charge passerait par la seule politique familiale, &#224; travers des prestations universelles (allocations familiales attribu&#233;es d&#232;s le premier enfant sans condition de ressources, service public de la petite enfance&#8230;) et des prestations de solidarit&#233;, soumises &#224; conditions de ressources, visant &#224; sortir les enfants de la pauvret&#233;. Cette s&#233;paration des r&#244;les permettrait de rendre le syst&#232;me plus lisible, plus juste et plus efficace. Le d&#233;bat doit &#234;tre men&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Encadr&#233; 4 : La monnaie h&#233;licopt&#232;re au secours ?&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport entre la monnaie h&#233;licopt&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'helicopter money est une image invent&#233;e par Milton Friedman pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et le revenu universel ? C'est le m&#234;me principe. Distribuer de l'argent &#171; gratuitement &#187; aux citoyens d'un pays, est tr&#232;s tentant par les temps qui courent. Les banques ont bien &#233;t&#233; renflou&#233;es, mais cela n'a pas chang&#233; la situation &#233;conomique, pourquoi ne pas donner directement aux citoyens ? Pourrait-on r&#234;ver d'une meilleure fa&#231;on de le faire que celle d'un revenu universel ? Il suffirait de distribuer des billets directement aux citoyens, peu importe ici que ce soit l'&#201;tat et non la banque centrale, et pourquoi l'op&#233;ration ne pourrait-elle pas se r&#233;p&#233;ter tous les mois ? S'il permettait de mettre des millions de personnes &#224; l'abri de la pr&#233;carit&#233; et servait &#224; relancer la demande, qui ne voudrait pas embarquer &#224; bord d'un tel h&#233;licopt&#232;re ? Trop beau pour &#234;tre vrai ? Voyons ce qu'il en est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distribuer l'argent directement aux citoyens serait-il un moyen de r&#233;soudre les probl&#232;mes de l'&#233;conomie, de transformer l'organisation d'un syst&#232;me productiviste ? Permettrait-il d'orienter la production vers des finalit&#233;s utiles &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, vers la satisfaction des besoins collectifs cruciaux pour l'avenir ? Nullement. Et quand bien m&#234;me la demande viendrait-elle &#224; augmenter, de quelle production cette monnaie serait la contrepartie, car il est peu vraisemblable que cela suffise &#224; convaincre ou contraindre les entreprises &#224; investir pour cr&#233;er des emplois, plut&#244;t que de distribuer les dividendes aux actionnaires et de racheter leurs propres actions. Distribuer un revenu universel permettrait-il &#224; des millions de personnes d'&#234;tre &#224; l'abri de la pr&#233;carit&#233; et de la pauvret&#233; ? De rem&#233;dier aux in&#233;galit&#233;s criantes ? Suffirait-il pour transformer la r&#233;partition des richesses ? H&#233;las, non. En r&#233;alit&#233;, la monnaie h&#233;licopt&#232;re, quelle que soit sa forme, est une illusion dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Encadr&#233; 5 : Comparaison du revenu d'existence et du salaire &#224; vie&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Une proposition concurrente du revenu universel est pr&#233;sent&#233;e par l'&#233;conomiste et sociologue Bernard Friot&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Friot, &#201;manciper le travail, Entretiens avec Patrick Zech, La Dispute, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sp&#233;cialiste de l'histoire sociale en France et en Europe et notamment de la S&#233;curit&#233; sociale, et animateur du R&#233;seau salariat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son projet politique se d&#233;marque du revenu universel car il veut abolir les institutions capitalistes que sont le march&#233; du travail, la propri&#233;t&#233; lucrative et le cr&#233;dit, et les remplacer par des institutions dites salariales sur la base du mod&#232;le de la cotisation sociale. Il propose d'instaurer un &#171; salaire &#224; vie &#187; d&#232;s l'&#226;ge de 18 ans, &#224; hauteur de 1500 euros par mois, repr&#233;sentant selon lui le premier niveau de qualification et de productivit&#233;, qui augmenterait au fur et &#224; mesure de l'am&#233;lioration de la qualification tout au long de la vie. L'&#233;cart entre les salaires devrait rester dans une fourchette de 1 &#224; 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de la d&#233;marche de Friot est d'insister sur la place du travail dont la reconnaissance est le fruit de conventions sociales, elles-m&#234;mes r&#233;sultant des luttes sociales. Mais une convention &#233;tablissant un droit (par exemple celui du salaire &#224; vie) n'engendre en elle-m&#234;me aucune production. D'autre part, la justification du salaire &#224; vie se rapproche d'une des justifications donn&#233;e par les partisans du revenu universel : toutes les activit&#233;s sont d&#233;clar&#233;es cr&#233;atrices de valeur &#233;conomique qu'on peut distribuer. Puisqu'il n'y a pas de limite &#224; ce champ de la production, toute valeur d'usage est d&#233;clar&#233;e valeur &#233;conomique : selon Friot et le R&#233;seau salariat, le retrait&#233;, le parent, le ch&#244;meur produisent la valeur repr&#233;sent&#233;e par la prestation qu'ils re&#231;oivent, de la m&#234;me fa&#231;on que le jeune en formation ou en &#233;tudes &#224; 18 ans produit la valeur &#233;quivalente &#224; son salaire. Cette justification est erron&#233;e car, pas plus que le jeune en formation, le retrait&#233; ou le demandeur d'emploi ne produisent la valeur qu'ils re&#231;oivent. Il convient donc de r&#233;habiliter la notion de transfert social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En proposant de pr&#233;lever une cotisation &#233;conomique pour financer l'investissement, Friot souligne &#224; juste titre la n&#233;cessit&#233; de ma&#238;triser collectivement celui-ci, mais son projet passe par une centralisation de l'&#233;conomie, et l'&#233;mission de monnaie, contradictoire avec la suppression du cr&#233;dit m&#234;me &#224; taux z&#233;ro, est mise exclusivement entre les mains d'une institution centrale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;seau salariat, &#171; Caisse d'investissement et monnaie &#187;, 2016, p. 24.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme Basquiat et Koenig r&#233;visent les montants r&#233;guli&#232;rement dans les interviews qu'ils donnent, il faut consid&#233;rer que ces chiffres sont des ordres de grandeur. Ainsi, dans &lt;i&gt;Les &#201;cho&lt;/i&gt;s du 7 janvier 2017, est &#233;voqu&#233; un liber d'environ 500 &#8364; par adulte et une libertaxe de 25 %).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 23 janvier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henri Sterdyniak, &#171; Contre l'individualisation des droits sociaux &#187;, &lt;i&gt;Revue de l'OFCE&lt;/i&gt;, n&#176; 90, juillet 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Id.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sophie Ponthieux, &#171; La mise en commun des revenus dans les couples &#187;, &lt;i&gt;Insee premi&#232;re&lt;/i&gt;, juillet 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&lt;i&gt;helicopter money&lt;/i&gt; est une image invent&#233;e par Milton Friedman pour discr&#233;diter les politiques mon&#233;taires expansionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;B. Friot, &lt;i&gt;&#201;manciper le travail, Entretiens avec Patrick Zech&lt;/i&gt;, La Dispute, 2014. Voir la discussion dans &lt;i&gt;Les Possibles&lt;/i&gt;, n&#176; 1 et 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.reseau-salariat.info/?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.reseau-salariat.info/?lang=fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;seau salariat, &#171; Caisse d'investissement et monnaie &#187;, 2016, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Revenu d'existence universel : quel projet de soci&#233;t&#233; ?</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/revenu-d-existence-universel-quel-projet-de-societe</link>
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		<dc:date>2017-03-02T08:54:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Marty, Daniel Rome, Esther Jeffers , Huayra Llanque, Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>Ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>Revenu</dc:subject>
		<dc:subject>Temps de travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Parce qu'elles s'appuient sur des conceptions philosophiques, politiques, &#233;conomiques particuli&#232;res, les propositions de revenu universel interrogent le projet de soci&#233;t&#233;. Quelles options sont ouvertes face &#224; l'augmentation du ch&#244;mage, de la pauvret&#233; et de la pr&#233;carit&#233;, ou devant la n&#233;cessit&#233; d'engager la transition &#233;cologique, sociale et f&#233;ministe ? Diff&#233;rents projets de soci&#233;t&#233; sous-tendent les options offertes, dont nous synth&#233;tisons les principales tendances.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/temps-de-travail" rel="tag"&gt;Temps de travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton5327-33dbd.jpg?1754003034' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce qu'elles s'appuient sur des conceptions philosophiques, politiques, &#233;conomiques particuli&#232;res, les propositions de revenu universel interrogent le projet de soci&#233;t&#233;. Quelles options sont ouvertes face &#224; l'augmentation du ch&#244;mage, de la pauvret&#233; et de la pr&#233;carit&#233;, ou devant la n&#233;cessit&#233; d'engager la transition &#233;cologique, sociale et f&#233;ministe ? Diff&#233;rents projets de soci&#233;t&#233; sous-tendent les options offertes, dont nous synth&#233;tisons les principales tendances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t1-Quelle-protection-sociale'&gt; 1) Quelle protection sociale ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Projets envisag&#233;s autour d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; l'augmentation du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233;, le revenu universel remet &#224; plat les principes de la protection sociale sur la base de l'universalit&#233; et de l'inconditionnalit&#233;. Ses partisans estiment que ces deux principes permettraient de g&#233;n&#233;raliser une vie d&#233;cente, ce que la protection sociale actuelle n'a pas r&#233;alis&#233;e jusque-l&#224; et ne permettrait pas davantage &#224; l'avenir.La mise en place d'un revenu d'existence entra&#238;nerait le remplacement des minima sociaux et, dans certains projets, d'une partie au moins des pensions de retraite. C'est surtout le cas des projets lib&#233;raux sous-tendus par une philosophie de la libert&#233; individuelle qui ne prend pas en compte la structure sociale dans laquelle les individus &#233;voluent, les in&#233;galit&#233;s qui y r&#232;gnent, mais qui se focalise sur les aspirations des individus et leur suppos&#233;e capacit&#233; &#224; r&#233;pondre eux-m&#234;mes &#224; leurs besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Projet de soci&#233;t&#233; organis&#233; autour du travail,des droits et de l'&#233;galit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La protection sociale existante fut fond&#233;e sur le principe de solidarit&#233; en opposition &#224; l'id&#233;ologie lib&#233;rale du &#171; self made man &#187; et de la r&#233;ussite individuelle. Elle fut assise sur le travail (assurance maladie, retraite par r&#233;partition), avant de conna&#238;tre progressivement une g&#233;n&#233;ralisation &#224; toute la population. Les services publics compl&#232;tent cette solidarit&#233;, et, bien qu'attaqu&#233;s par les politiques lib&#233;rales, ils att&#233;nuent dans une certaine mesure les impacts des crises &#233;conomiques. Ce projet n'est pas devenu obsol&#232;te, il doit &#234;tre d&#233;fendu, la solidarit&#233; renforc&#233;e, les minima sociaux revaloris&#233;s et leur attribution doit &#234;tre automatique d&#232;s lors qu'une personne y a droit. De plus, s'impose l'exigence d'&#233;galit&#233; entre femmes et hommes, en &#233;vitant les effets pervers, notamment li&#233;s &#224; la familialisation des droits. (voir encadr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t2-Un-emploi-pour-qui'&gt; 2) Un emploi pour qui ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Projets envisag&#233;s autour d'un revenu d'existence universel&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est plus n&#233;cessaire d'exiger des entreprises qu'elles cr&#233;ent des emplois, ni pour l'&#201;tat de conduire des politiques dans ce sens, car beaucoup de personnes ne souhaitent plus travailler, ou, avec un revenu universel, n'auraient plus besoin de travailler. &#171; Plut&#244;t que 'travailler tous', c'est bien 'travailler moins' qui devrait &#234;tre l'objectif &#187; car il s'agit d'une r&#233;duction individuelle choisie &#171; qui diff&#232;re d'une r&#233;duction collective du temps d'emploi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Mylondo, &#171; Texte pour Attac &#187;, 2015, p. 58 et 29.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;Dans certains projets, l'opposition capital/travail n'est plus consid&#233;r&#233;e comme essentielle. Dans d'autres, elle n'est pas suffisante pour mieux r&#233;partir les richesses. Pour la plupart, il semble que d&#233;placer le plancher de revenu &#224; 400&#8364;, 700&#8364; ou 1000&#8364; d&#233;gagerait une marge de man&#339;uvre suffisante pour une meilleure r&#233;partition.Dans les projets les plus lib&#233;raux, parier sur une autre r&#233;partition des richesses n'est de toute fa&#231;on pas un objectif prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Projet de soci&#233;t&#233; organis&#233; autour du travail,des droits et de l'&#233;galit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif de plein emploi est li&#233; &#224; celui de la solidarit&#233; car ils sont les leviers essentiels de la coh&#233;sion sociale et de l'acc&#232;s &#224; l'autonomie personnelle. L'acc&#232;s &#224; l'emploi est notamment un enjeu majeur pour les femmes. Cependant, les normes sociales font que, historiquement, les salaires des femmes ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme des salaires d'appoint, id&#233;e qui n'a pas enti&#232;rement disparue aujourd'hui : acc&#233;der &#224; un emploi &#224; temps plein, et le conserver sont une bataille continue. Le revenu universel qui se base sur la libert&#233; individuelle, occulte ces in&#233;galit&#233;s. Il comporte un risque de retour des femmes &#224; la maison, validant un salaire maternel ou domestique.L'alternative au revenu universel serait une refondation du mod&#232;le productif autour de la transition pour satisfaire les besoins sociaux et &#233;cologiques et autour de la r&#233;duction collective du temps de travail (RTT). Compte tenu des transformations que conna&#238;tra le travail &#224; l'avenir, la RTT devra certainement s'envisager d'une nouvelle mani&#232;re, notamment sur l'ensemble de la vie active.Il s'agit non seulement de renforcer les emplois publics et d'&#233;largir le champ de la gratuit&#233;, mais aussi de cr&#233;er de nouveaux emplois et se r&#233;approprier socialement des secteurs abandonn&#233;s au secteur priv&#233;, notamment dans les secteurs de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de la recherche, ou bien en lien avec la transition &#233;cologique et &#233;nerg&#233;tique.Les partisans du revenu universel assurent &#233;galement souhaiter qu'on s'engage dans une &#233;conomie non productiviste, mais cela ne pourra pas se faire avec un d&#233;sengagement de la soci&#233;t&#233; dans les immenses travaux &#224; accomplir. De la m&#234;me fa&#231;on, la fixation d'un revenu maximum dans les entreprises suppose que la question du travail ne soit pas abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;B. Mylondo, &#171; Texte pour Attac &#187;, 2015, p. 58 et 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conclusion de la note sur le revenu d'existence universel</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/conclusion-de-la-note-sur-le-revenu-d-existence-universel</link>
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		<dc:date>2017-03-02T08:54:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Marty, Daniel Rome, Esther Jeffers , Huayra Llanque, Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>Ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>Revenu</dc:subject>
		<dc:subject>Temps de travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Derri&#232;re la question du revenu d'existence se cachent des questions de soci&#233;t&#233; plus globales, en premier lieu le travail, ses conditions, sa qualit&#233;, ses finalit&#233;s, son partage, la r&#233;partition des revenus, l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes, le ch&#244;mage, la pauvret&#233;, la pr&#233;carit&#233;, etc.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/revenu" rel="tag"&gt;Revenu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/temps-de-travail" rel="tag"&gt;Temps de travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton5328-0b6ae.jpg?1754003036' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re la question du revenu d'existence se cachent des questions de soci&#233;t&#233; plus globales, en premier lieu le travail, ses conditions, sa qualit&#233;, ses finalit&#233;s, son partage, la r&#233;partition des revenus, l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes, le ch&#244;mage, la pauvret&#233;, la pr&#233;carit&#233;, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un point commun rassemble les partisans du revenu d'existence et ses opposants : les minima sociaux sont tr&#232;s insuffisants et ils comportent des manques criants. Le d&#233;bat porte donc sur le choix politique qui permettrait d'am&#233;liorer significativement la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me auquel est confront&#233;e la soci&#233;t&#233; est &#224; la fois de faire reculer la logique capitaliste, objectif de longue haleine, et de r&#233;pondre &#224; l'urgence sociale. Le crit&#232;re d&#233;cisif de choix entre les options pr&#233;sent&#233;es sera peut-&#234;tre celui de l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s &#224; tous les domaines de la vie en soci&#233;t&#233;. Renoncer au droit d'entrer dans le champ du travail collectif serait tr&#232;s dangereux. On ne peut donc dissocier les deux droits essentiels que sont le droit d'occuper un emploi et le droit de recevoir un revenu d&#233;cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option du revenu d'existence, fond&#233;e sur l'inconditionnalit&#233;, a pour elle l'avantage de simplifier le syst&#232;me de prestations et de supprimer les contr&#244;les de leur attribution. Trois difficult&#233;s en limitent la port&#233;e. Son financement n&#233;cessite entre 300 et 700 milliards d'euros par an, tout en n'atteignant pas le seuil de pauvret&#233; pour chaque individu ; le risque est d'amputer tout ou partie de la protection sociale actuelle ; la r&#233;duction du temps de travail est envisag&#233;e sur la base de retraits individuels de l'emploi, d&#232;s lors que le plein emploi n'est plus consid&#233;r&#233; comme un objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option alternative serait de garantir un revenu d&#232;s l'&#226;ge de 18 ans, sous conditions de ressources, pour ceux qui sont en formation, qui recherchent un emploi ou qui sont ins&#233;r&#233;s dans un parcours d'insertion. Ce revenu serait &#224; hauteur de 1000 euros par mois, vers&#233; donc sans formalit&#233;s sous les conditions de ressources d&#233;cid&#233;es. Ainsi personne ne conna&#238;trait d'interruption de revenu ind&#233;pendamment de sa volont&#233;. Subsisteraient des allocations forfaitaires au titre des enfants, et des allocations sp&#233;cifiques comme celles pour les adultes handicap&#233;s ou les personnes &#226;g&#233;es. L'emploi &#224; temps partiel devrait &#234;tre fermement encadr&#233; de mani&#232;re &#224; permettre &#224; toute personne &#224; temps partiel de passer &#224; temps plein &#224; sa demande, et &#224; interdire &#224; un employeur d'imposer un temps partiel ; l'&#233;volution &#224; privil&#233;gier serait de ne pas favoriser un travail &#224; temps partiel qui aboutit &#224; une r&#233;mun&#233;ration inf&#233;rieure au Smic, au fur et &#224; mesure que le temps r&#233;duit pour tous permis par la RTT est mis en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure repr&#233;senterait un co&#251;t qui n'aurait rien &#224; voir avec les projets de revenu universel qui se chiffrent par centaines de milliards par an. Pour en avoir une id&#233;e, si l'on versait 1000 euros par mois aux 8,8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvret&#233; en France, le co&#251;t serait de 90 milliards, moins 25 milliards de minima sociaux supprim&#233;s, c'est-&#224;-dire 65 milliards.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les 8,8 millions de pauvres, il y a 6,8 millions d'adultes, 1,5 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une telle mesure s'inscrirait dans la continuit&#233; de la protection sociale qui existe d&#233;j&#224; et transformerait le RSA cribl&#233; de manques en un revenu garanti pour tout adulte sous conditions de ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement d'un tel revenu suppose une refonte fiscale fond&#233;e sur une plus grande progressivit&#233;, sur la suppression des niches fiscales n'ayant aucun int&#233;r&#234;t social et de la fraude et de l'&#233;vasion fiscales, l'essentiel des gains de productivit&#233; qui subsisteraient &#224; l'avenir &#233;tant consacr&#233;s &#224; r&#233;duire le temps de travail, &#224; am&#233;liorer les conditions de travail et &#224; investir dans la transition &#233;cologique. Sans oublier l'indispensable r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s de revenus primaires vers&#233;s dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dispositif prendrait son sens dans le cadre d'une refondation du syst&#232;me productif autour de la transition &#233;cologique et d'une r&#233;duction collective du temps de travail. En effet, lorsque le temps de travail r&#233;duit pour tous devient la norme, cela permet de r&#233;partir l'emploi et de d&#233;gager davantage de temps hors de l'emploi. De plus, avec l'objectif de maintien des salaires, surtout les bas et les moyens, la RTT remet en cause la r&#233;partition des revenus entre masse salariale et profits, et va dans le sens d'un r&#233;&#233;quilibrage de la r&#233;partition des richesses produites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une tout autre conception des droits que celle qu'impose le capitalisme n&#233;olib&#233;ral qu'il faut mettre en &#339;uvre. Des droits attach&#233;s &#224; la personne dans le cadre d'un projet collectif. En cela, le dispositif retenu pourrait entrer en coh&#233;rence avec le projet de s&#233;curit&#233; sociale professionnelle dont le syndicalisme est porteur, et dont le principe est de maintenir le salaire et la protection sociale entre deux emplois. En d&#233;finitive, le d&#233;bat sur &#171; faut-il ou non un revenu d'existence ? &#187; doit &#234;tre plac&#233; au niveau d'un choix fondamental de soci&#233;t&#233;. Il va donc se poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Annexe-activite-travail-emploi'&gt;Annexe : activit&#233;, travail, emploi&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_8626 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L500xH565/1000000000000185000001b794ad8afe0dc06fab-d71f5.png?1686647495' width='500' height='565' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Capture d'e&#769;cran 2017-02-22 a&#768; 07.03.27.png&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='References'&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Mateo Alaluf &amp; Daniel Zamora (dir.), Seth Ackerman et Jean-Marie Harribey, &lt;i&gt;Contre l'allocation universelle&lt;/i&gt;, Lux, 2016.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Guillaume All&#232;gre, Henri Sterdyniak, &#171; Le revenu universel : une utopie utile ? &#187;, OFCE, &lt;i&gt;Policy Brief, &lt;/i&gt;10, 15 d&#233;cembre 2016.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt;, Dossier &#171; Pour ou contre le revenu universel ? &#187;, n&#176; 366, mars 2017.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Marc de Basquiat, Gaspard Koenig, &lt;i&gt;Liber, un revenu de libert&#233; pour tous&lt;/i&gt;, L'Onde, G&#233;n&#233;ration libre, 2014.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Robert Castel, &#171; Salariat ou revenu d'existence ? Lecture critique d'Andr&#233; Gorz &#187;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;La vie des id&#233;es&lt;/i&gt;, 6 d&#233;cembre 2013.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Denis Clerc, &#171; Comment simplifier les minima sociaux ? &#187;,&lt;i&gt; Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt;, n&#176; 364, janvier 2017.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Julien Dourgnon, &lt;i&gt;Revenu universel. Pourquoi ? Comment ?&lt;/i&gt;, Les Petits matins, 2017.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Anne Eydoux, Rachel Silvera, &#171; De l'allocation universelle au salaire maternel, il n'y a qu'un pas&#8230; &#224; ne pas franchir &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Appel des &#233;conomistes pour sortir de la pens&#233;e unique,&lt;i&gt; Le bel avenir du contrat de travail&lt;/i&gt;, Syros, 2000.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Andr&#233; Gorz, &lt;i&gt;L'immat&#233;riel, Connaissance, valeur et capital&lt;/i&gt;, Galil&#233;e, 2003.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Marie Harribey, &lt;i&gt;La richesse, la valeur et l'inestimable, Fondements d'une critique socio-&#233;cologique de l'&#233;conomie capitaliste,&lt;/i&gt; Les Liens qui lib&#232;rent, 2013.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Michel Husson, &#171; Le droit &#224; l'emploi et le monde merveilleux du revenu universel &#187;, d&#233;cembre 2016, &lt;i&gt;&#192; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;l'Encontre.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Michel Husson, St&#233;phanie Treillet, &#171; La r&#233;duction du temps de travail : un combat central et d'actualit&#233; &#187;, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, n&#176; 20, 2014.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'&#201;conomie politique&lt;/i&gt;, &#171; Faut-il d&#233;fendre le revenu de base ? &#187;, n&#176; 67, juillet 2015.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &#201;conomistes atterr&#233;s et La Fondation Copernic, &lt;i&gt;Faut-il un revenu universel ?&lt;/i&gt;, Les &#201;d. de l'Atelier, 2017.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Les Possibles&lt;/i&gt;, Dossiers &#171; Protection sociale &#187;, n&#176; 1, automne 2013, et &#171; Le travail en question &#187;, n&#176; 11, automne 2016.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mouvement national des ch&#244;meurs et pr&#233;caires, &lt;i&gt;Ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233; : halte aux id&#233;es re&#231;ues !&lt;/i&gt;, Les &#201;d. de l'Atelier, 2016.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mouvement fran&#231;ais pour un revenu de base &lt;i&gt;R&lt;/i&gt;&lt;i&gt;evenu de base : un outil pour construire le XXI&lt;/i&gt;&lt;i&gt;e&lt;/i&gt;&lt;i&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt;(Jean-&#201;ric Hyafil, coord.), &#201;d. Yves Michel, 2016 ;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Revenu de base, Comment le financer ? Panorama des modalit&#233;s de financement &lt;/i&gt;(Jean-&#201;ric Hyafil et Thibault Laurentjoye, coord, &#201;d. Yves Michel, 2016.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Baptiste Mylondo, &lt;i&gt;Un revenu pour tous, Pr&#233;cis d'utopie r&#233;aliste&lt;/i&gt;, Les &#201;d. Utopia, 2010 ; &lt;i&gt;Pour un revenu sans condition : garantir l'acc&#232;s aux biens et services essentiels, &lt;/i&gt;Les &#201;d. Utopia, 2012.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; OFCE, S&#233;minaire &#171; Journ&#233;e d'&#233;tude sur le revenu d'existence &#187;, 13 octobre 2016.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; John Rawls, &lt;i&gt;Lib&#233;ralisme politique&lt;/i&gt;, PUF, 1995.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Revue du MAUSS&lt;/i&gt;, &#171; Vers un revenu minimum inconditionnel ? &#187;, n&#176; 7, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; semestre 1996.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Christophe Sirugue, &lt;i&gt;Repenser les minimas sociaux, Vers une couverture sociale commune&lt;/i&gt;, Rapport au Premier ministre, 2016.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bernard Stiegler et Ariel Kyrou, &lt;i&gt;L'emploi est mort, vive le travail !&lt;/i&gt;, Mille et une nuits, 2015.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Terra Nova, &#171; Pour un minimum d&#233;cent, Contribution &#224; la r&#233;forme des minimas sociaux &#187;, 2016.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Philippe Van Parijs, &#171; L'allocation universelle, o&#249; en est-on ? &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;Alain Caill&#233; et Christophe Fourel (dir.), &lt;i&gt;Sortir du capitalisme, Le sc&#233;nario de Gorz&lt;/i&gt;, Le Bord de l'eau, 2013.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Carlo Vercellone, Jean-Marie Monnier, &#171; Le financement du revenu social garanti, approche m&#233;thodologique &#187;, &lt;i&gt;Mouvements&lt;/i&gt;, 2013, n&#176; 1, p. 44-53.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi les 8,8 millions de pauvres, il y a 6,8 millions d'adultes, 1,5 million d'enfants de moins de 14 ans et 0,5 million de 14 &#224; 18 ans. En versant 300 &#8364; pour les enfants de moins de 14 ans et 500 &#8364; pour les 14-18 ans : (1 000 x 12 x 6,8) + (300 x 12 x 1,5) + (500 x 12 x 0,5) = 90 milliards &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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