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	<title>Attac France</title>
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	<description>Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et m&#232;ne des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales.
Mouvement d'&#233;ducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 100 comit&#233;s locaux.</description>
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		<title>Attac France</title>
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		<title>Le Moyen-Orient, entre inqui&#233;tudes et esp&#233;rances</title>
		<link>https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/article/le-moyen-orient-entre-inquietudes-et-esperances</link>
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		<dc:date>2020-03-27T12:27:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Didier Billion, Franck Mithieux</dc:creator>


		<dc:subject>Relations internationales</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Influences am&#233;ricaine et russe, contestations au Liban, projections militaires de la Turquie, plan de Trump&#8230; Point d'&#233;tape sur la situation actuelle au Moyen-Orient avec Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS, et sp&#233;cialiste de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/" rel="directory"&gt;Lignes d'Attac&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/relations-internationales" rel="tag"&gt;Relations internationales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton7360-ff25a.png?1753814398' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Influences am&#233;ricaine et russe, contestations au Liban, projections militaires de la Turquie, plan de Trump&#8230; Point d'&#233;tape sur la situation actuelle au Moyen-Orient avec Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS, et sp&#233;cialiste de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains sp&#233;cialistes identifient deux sph&#232;res d'influence nettes et un nouvel affrontement froid dans la zone, avec au nord, une Russie influente en Turquie, en Syrie et en Iran, et au sud, des &#201;tats-Unis proches de l'Arabie Saoudite, de l'Egypte et d'Isra&#235;l. Que pensez-vous de cette lecture ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une lecture qui si elle n'est pas erron&#233;e, me semble quand m&#234;me tr&#232;s r&#233;ductrice. Ceux qui d&#233;fendent cette grille d'analyse consid&#232;rent qu'il y a des blocs qui sont en train de se reconstituer, des blocs qui seraient assez homog&#232;nes, ce qui ne me semble pas &#234;tre le cas. Au Moyen-Orient, comme dans d'autres r&#233;gions d'ailleurs, on est dans des situations qui se caract&#233;risent par leur instabilit&#233;. On peut alors observer des regroupements conjoncturels, c'est une r&#233;alit&#233;, et au Moyen-Orient, ils se font en effet plut&#244;t sous &#233;gide russe ou &#233;tats-unienne. Mais ces regroupements sont, pour le moment en tous cas, souvent transitoires et &#233;ph&#233;m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple du lien entre les &#201;tats-Unis et l'Arabie Saoudite. La forte proximit&#233; des deux pays, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, s'est toujours inscrite dans une relation tumultueuse. Il faut rappeler que 15 des 19 terroristes des attentats du 11 septembre 2001 &#233;taient d'origine saoudienne, ce qui &#224; l'&#233;poque avait jet&#233; un froid entre les deux pays. Mais dans une p&#233;riode plus r&#233;cente, il y a aussi des signes qui ne trompent pas : quand le r&#233;gime iranien a &#233;t&#233; accus&#233; d'avoir coordonn&#233; une attaque de drones contre des installations p&#233;troli&#232;res en Arabie Saoudite, le 14 septembre 2019 , les &#201;tats-Unis n'ont pas r&#233;agi. Pourtant l'attaque &#233;tait militairement, et symboliquement, d'une extr&#234;me gravit&#233;. On aurait pu imaginer que l'alli&#233; le plus proche, ou celui se pr&#233;tendant tel, de l'Arabie Saoudite, r&#233;agisse. Il n'en a rien &#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut aussi consid&#233;rer la proximit&#233; actuelle de la Turquie avec la Russie. Il y a bel et bien une fluidit&#233; de la relation entre Moscou et Ankara. Mais n'oublions pas que la Turquie reste membre de l'OTAN, dont elle fait partie depuis 1952. Donc la Turquie joue un r&#244;le compliqu&#233;, ambivalent, qui risque d'ailleurs de la pi&#233;ger dans ses ambitions au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien un indicateur du fait que ces partenariats, plus que des alliances en r&#233;alit&#233;, sont fragiles, et sont soumis &#224; des enjeux qui d&#233;passent le cadre bilat&#233;ral relationnel. Finalement, s'il y a bien des zones d'influence qui se placent plut&#244;t sous &#233;gide russe, ou sous celle des &#201;tats-Unis, il faut refuser les raisonnements trop binaires et sch&#233;matiques. Il est n&#233;cessaire d'avoir ce recul pour comprendre les m&#233;andres, voire les contradictions, de la situation au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec l'op&#233;ration militaire en Syrie et le choix de s'impliquer dans le conflit libyen, Erdogan semble vouloir affirmer un r&#244;le turc dans la r&#233;gion. La Turquie peut-elle devenir un acteur encore plus important dans la zone &#224; l'avenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Turquie est en effet un acteur qui s'affirme dans le jeu r&#233;gional. C'est un pays incontournable, &#224; la fois par sa puissance &#233;conomique et militaire, mais aussi par son histoire, sa population et sa position g&#233;ographique, donc g&#233;opolitique. Elle est un d&#233;terminant des &#233;quilibres r&#233;gionaux. N&#233;anmoins, les ambitions de Recep Tayyip Erdogan, qui r&#233;p&#232;te sans cesse que la Turquie va prendre le leadership r&#233;gional, restent tout &#224; fait incantatoires. L'incontournabilit&#233; d'un pays ne m&#232;ne pas forc&#233;ment au leadership. La concurrence est rude dans la zone. Les Iraniens et les Saoudiens ne sont gu&#232;re enclin &#224; laisser la Turquie acqu&#233;rir ce r&#244;le, mais surtout la Turquie pr&#233;sente ses propres limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit notre perception de sa politique, il faut admettre que Erdogan fait preuve d'un sens politique aigu sur la sc&#232;ne int&#233;rieure. Mais, &#224; mon sens, il ne poss&#232;de pas les qualit&#233;s d'un dirigeant international ou m&#234;me r&#233;gional. Pour mettre en oeuvre une politique ext&#233;rieure de cette envergure, il faut avoir le sens de l'Histoire, le sens du temps long, c'est &#224; dire poss&#233;der une vision prospective. Or je crois que Erdogan n'a pas ces &#233;l&#233;ments. On entend ici et l&#224; qu'il aurait des projets n&#233;o-ottomans, je n'y crois pas une seule seconde. Ce n'est pas la bonne grille d'analyse pour saisir les initiatives de politique ext&#233;rieure de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdogan est un homme de coups, un homme ayant une tr&#232;s bonne capacit&#233; de r&#233;action. Quand il y a eu les r&#233;voltes arabes en 2011/2012, il a fait le choix rapide d'essayer de surfer sur ces mouvements de contestation en s'appuyant sur la mouvance des Fr&#232;res Musulmans. C'&#233;tait un pari os&#233;. Mais finalement, ce fut surtout une erreur strat&#233;gique. Nulle part, sauf peut-&#234;tre partiellement en Tunisie, les Fr&#232;res Musulmans n'ont pu constituer une force de pouvoir s'inscrivant dans la dur&#233;e au pouvoir. L&#224; o&#249; ils ont eu acc&#232;s aux responsabilit&#233;s, ils se sont vite fait exclure de celles-ci, parfois de mani&#232;re violente, et condamnable, comme en Egypte. Erdogan s'est retrouv&#233; de ce fait relativement isol&#233;. Ceci, coupl&#233; &#224; l'affirmation de la question kurde au nord de la Syrie dans le chaos qui s'y d&#233;veloppe depuis 2011, l'a oblig&#233; &#224; modifier les axes de sa politique ext&#233;rieure r&#233;gionale, notamment en se rapprochant de la Russie. Gr&#226;ce &#224; ce rapprochement, il est revenu dans le jeu politique de la r&#233;gion &#224; l'&#233;t&#233; 2016, avec un accord sign&#233; avec Poutine, puis la cr&#233;ation du groupe d'Astana (ndlr : rencontres multipartites entre la Russie, la Turquie et l'Iran &#224; propos de la guerre civile en Syrie), la signature des Accords de Sotchi (ndlr : sign&#233;s en 2018, ils cr&#233;ent, entre autres, une zone d&#233;militaris&#233;e entre le r&#233;gime et l'opposition arm&#233;e dans l'enclave d'Idlib, au nord du pays), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela montre qu'Erdogan est capable de d&#233;cisions fortes, et t&#233;moigne de la fluidit&#233; de la relation avec la Russie. Mais on observe que dans ce couple inattendu, c'est bien Moscou qui est leader. Concr&#232;tement aujourd'hui, on voit ce biais relationnel s'illustrer autour d'Idlib en Syrie, o&#249; la Turquie se fait pi&#233;ger par les Accords de Sotchi. Erdogan avait dit qu'il r&#233;ussirait &#224; obtenir un cessez-le-feu puis &#224; proc&#233;der au d&#233;sarmement des milices djihadistes, et pour ce faire, qu'il lui fallait douze postes d'observations avanc&#233;s dans la zone. Aujourd'hui on voit que cela se retourne contre lui, puisque les Russes ont recommenc&#233;, il y a plusieurs mois d&#233;j&#224;, &#224; bombarder les groupes djihadistes qui sont concentr&#233;s &#224; Idlib et les postes avanc&#233;s de la Turquie se retrouvent ainsi pris au pi&#232;ge. On voit que sur les plans militaire, politique et diplomatique, c'est bien Poutine qui est &#224; la man&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Turquie a des atouts incontestables, mais elle a surtout des limites, pos&#233;es notamment par la m&#233;thode de gestion de la politique r&#233;gionale d'Erdogan. Il lui manque le calme, le n&#233;cessaire recul, qui pourtant doivent &#234;tre les guides de toute politique ext&#233;rieure efficace. Il s'av&#232;re que ce qui appara&#238;t comme le seul d&#233;terminant essentiel, s'inscrivant dans la dur&#233;e, de sa politique r&#233;gionale est la question kurde consid&#233;r&#233;e comme existentielle par les dirigeants turcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;gime confessionnel libanais semble &#224; bout de souffle suite aux r&#233;centes contestations dans le pays. Quelle sortie de crise est envisageable ? Quel futur semble se dessiner pour le pays et ses institutions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me libanais a souvent &#233;t&#233; critiqu&#233; depuis sa mise en oeuvre, surtout depuis dix ou quinze ans. Il a bien s&#251;r ses limites, mais apr&#232;s les affres de la terrible guerre civile libanaise, il faut lui reconna&#238;tre la pr&#233;servation d'une forme de fonctionnement en partie efficient. Mais nous sommes d&#233;sormais dans une situation o&#249; le r&#233;gime confessionnel libanais, compl&#232;tement scl&#233;ros&#233;, ne peut plus produire quelque mesure progressiste que ce soit pour le pays, et en ce sens, il est sans doute r&#233;volu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les citoyens qui sont massivement sortis dans la rue pour manifester ont comme point focal de contestation la remise en cause de ce syst&#232;me. On a vu des sc&#232;nes extr&#234;mement &#233;mouvantes, des cha&#238;nes humaines impressionnantes o&#249; les chiites sont bras dessus bras dessous avec des sunnites et des chr&#233;tiens. C'est formidable, et il ne faut pas sous-estimer l'importance de ces manifestations. Pour autant il ne faut pas non plus les mythifier. On a beaucoup entendu parler depuis l'automne de &#8220;r&#233;volution&#8221;, de &#8220;remise en cause du syst&#232;me dans son ensemble&#8221;. En d&#233;pit de l'importance politique de ces manifestations, il faut comprendre leurs limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la majorit&#233; du peuple libanais qui est dans la rue aujourd'hui. Les appareils politiques libanais, souvent confessionnels, ont encore un fort contr&#244;le, bien qu'&#233;branl&#233;, sur leur client&#232;le. Si ces appareils politiques ont cru bon dans un premier temps de manifester une certaine empathie &#224; l'&#233;gard de ces mouvements, tr&#232;s rapidement, ils sont revenus &#224; une position tr&#232;s d&#233;fensive, d&#233;fendant leur pr&#233; carr&#233;, leurs pr&#233;rogatives et leurs privil&#232;ges. Ils ont vite compris que la dynamique m&#234;me du mouvement pouvait mettre en cause leur pouvoir : des chr&#233;tiens aux sunnites, en passant par le Hezbollah, parti central, et m&#234;me pivot, de la sc&#232;ne politique libanaise. Cela pose donc la question au Liban, comme ailleurs dans la r&#233;gion et m&#234;me au niveau international, de l'&#233;mergence n&#233;cessaire d'un appareil politique alternatif susceptible d'organiser, de diriger ces mobilisations. Cet appareil politique, &#224; ce stade, il n'existe pas. On a donc une extraordinaire vitalit&#233; de contestation, d'&#233;nergie mobilisatrice, mais en m&#234;me temps, une absence de r&#233;ponse politique (incarn&#233;e par un parti, un syndicat, ou une organisation de masse) capable de concentrer ces volont&#233;s de changement. C'est une contradiction que l'on retrouve au passage dans bien d'autres pays (Irak, Alg&#233;rie&#8230;), et m&#234;me en France avec les Gilets jaunes d'une certaine fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule solution pour le futur du pays, c'est que quelques nouveaux appareils ou groupements politiques puissent se constituer et &#233;laborer des projets alternatifs. Est-ce que le syst&#232;me sera capable d'int&#233;grer ces propositions ? Il est difficile de le dire &#224; ce jour. Mais c'est sans doute la solution qui manque aujourd'hui au Liban, parce que les partis traditionnels verrouillent l'ensemble. Le mouvement tel qu'il existe depuis maintenant plusieurs mois a fait son temps. Il est n&#233;cessaire qu'il puisse passer &#224; une nouvelle s&#233;quence, sans doute plus profonde, pour prendre &#224; bras-le-corps les probl&#232;mes politiques centraux qui touchent le pays et qui ont &#233;t&#233; magnifiquement pos&#233;s par les contestataires dans la rue. Les manifestations seules, aussi importantes soient-elles ne suffiront pas. Il faut aussi que ce mouvement puisse incarner une alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On l'a vu face au r&#233;cent plan propos&#233; par Donald Trump, la cause palestinienne semble &#234;tre de moins en moins consid&#233;r&#233;e par les pays arabes. Les Palestiniens sont-ils dor&#233;navant condamn&#233;s &#224; se d&#233;brouiller seuls ? Quelle &#233;volution de la situation pourrait leur profiter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut temp&#233;rer l'id&#233;e que la consid&#233;ration envers la cause palestinienne s'est affaiblie dans les pays arabes. Certes, on a fait le constat, pendant des ann&#233;es, d'une grande centralit&#233; de la question palestinienne dans ces pays et c'est sans doute un peu moins le cas aujourd'hui. Je remarque que dans les agendas politiques libanais, soudanais ou alg&#233;rien, il n'y a pas de mot d'ordre en faveur de la Palestine. Pourtant, dans un certain nombre de pays, en Alg&#233;rie particuli&#232;rement, les manifestations du hirak, qui durent maintenant depuis presque un an, comptent de nombreux drapeaux palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc que dans leur conscience collective, dans la perception de leur environnement g&#233;opolitique, les peuples qui se mobilisent n'oublient pas la Palestine, sans en faire le premier sujet de leurs pr&#233;occupations. Pour leur part, les appareils &#233;tatiques, les gouvernements, les r&#233;gimes en place, se contentent de quelques d&#233;clarations de soutien aux Palestiniens mais dans la r&#233;alit&#233;, ils ne prennent pas beaucoup d'initiatives d'appui politique ou mat&#233;riel effectif. Il existe alors une certaine contradiction, qui devient de plus en plus importante, entre l'empathie quasi-naturelle des citoyens mobilis&#233;s dans les diff&#233;rents pays &#224; l'&#233;gard de leurs fr&#232;res palestiniens, et de l'autre c&#244;t&#233;, des institutions qui comprennent bien que la question peut s'av&#233;rer d&#233;tonante, et qui font alors usage de grandes d&#233;clarations de soutien sans agir concr&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, on constate que lors du sommet de la Ligue des &#201;tats arabes au d&#233;but du mois de f&#233;vrier, la r&#233;solution finale est extr&#234;mement s&#233;v&#232;re &#224; l'encontre du plan de Trump. On a l&#224; certes des effets d&#233;claratoires, mais le texte condamne fermement ce plan Trump, pour son iniquit&#233; et son m&#233;pris du droit international. Il est difficile de dire comment les choses se d&#233;noueront, mais il est n&#233;cessaire de comprendre ces dichotomies qui existent entre ce que pensent les masses d'un c&#244;t&#233; et l'action concr&#232;te des appareils &#233;tatiques de l'autre. Il faut aussi constater que la question palestinienne ne se pose pas de la m&#234;me fa&#231;on au Maroc, en &#201;gypte ou en Jordanie, quand on consid&#232;re les alliances, la g&#233;ographie et les situations de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle solution peut-on alors imaginer pour qu'enfin le droit international soit respect&#233; ? D'abord je crois que les Palestiniens, par leur propre force, n'ont malheureusement pas les capacit&#233;s aujourd'hui de r&#233;aliser cette exigence. Ils sont partiellement isol&#233;s pour les raisons &#233;voqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment et &#233;videmment cela ne peut se r&#233;gler qu'au niveau international. C'est l&#224; que les difficult&#233;s commencent. Qui au sein de la communaut&#233; internationale aura le courage de d&#233;fier Donald Trump et Benjamin Netanyahu, pour r&#233;initialiser le combat pour la Palestine et enfin concr&#233;tiser les r&#233;solutions de l'ONU concernant la Palestine ? On est dans une situation o&#249; Donald Trump sur ce dossier, comme sur quelques autres, foule all&#232;grement le droit international et la l&#233;gitimit&#233; de l'ONU aux pieds sans que personne ne r&#233;agisse. C'est une donn&#233;e lourde de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment la v&#233;ritable solution, c'est d'en revenir &#224; un cadre multilat&#233;ral, au sein duquel on pourrait acqu&#233;rir une majorit&#233;. Je suis aussi frapp&#233; par le fait qu'une majorit&#233; des &#201;tats constituant l'ONU aujourd'hui soutient la cr&#233;ation de l'&#201;tat de Palestine. Si un groupe de pays avait le courage d'imaginer une conf&#233;rence internationale ou une session particularis&#233;e de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU sur la question palestinienne, il pourrait se d&#233;gager une majorit&#233;, un rapport de forces. Mais il faut l&#224; du courage, une volont&#233;, une vision politique. Aujourd'hui, personne ne r&#233;unit ces trois &#233;l&#233;ments. Les Palestiniens sont pour l'instant sans solution. Il faut pourtant bien comprendre que l'enjeu d&#233;sormais devient existentiel pour eux car ce qui est contenu dans le plan Trump, mal-nomm&#233; &#8220;Peace for prosperity&#8221;, c'est la liquidation pure et simple de tout ce qui constituait le corpus juridique et politique de la r&#233;solution de la question palestinienne. Nous savons que ce n'&#233;tait d&#233;j&#224; pas appliqu&#233;, mais il fait voler en &#233;clat le substrat commun, sans que personne ne r&#233;agisse v&#233;ritablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, la r&#233;action de la diplomatie fran&#231;aise est proprement scandaleuse. On assiste &#224; la mise &#224; mal de tous les fondamentaux de la politique ext&#233;rieure de la France sur ce dossier. Quand le Quai d'Orsay d&#233;clare &#8220;nous examinons avec int&#233;r&#234;t les initiatives de Monsieur Trump&#8221;, c'est la n&#233;gation m&#234;me de tout ce que le pays porte depuis au moins le G&#233;n&#233;ral de Gaulle. Heureusement, la Ligue des &#201;tats arabes r&#233;siste mais dans les termes &#233;voqu&#233;s pr&#233;c&#233;demment. M&#234;me l'Union europ&#233;enne a affirm&#233; une opposition au plan Trump ! Finalement, tout cela montre qu'il peut y avoir des r&#233;sistances en faveur de cette cause, mais elles sont aujourd'hui fragiles. Les quelques-unes qui subsistent repr&#233;sentent de v&#233;ritables point d'appui pour le peuple palestinien, mais ils sont malheureusement fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Franck Mithieux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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