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	<title>Attac France</title>
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	<description>Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et m&#232;ne des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales.
Mouvement d'&#233;ducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 100 comit&#233;s locaux.</description>
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		<title>Attac France</title>
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		<title>Un retour au dogme n&#233;olib&#233;ral dans l'Union europ&#233;enne</title>
		<link>https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/article/un-retour-au-dogme-neoliberal-dans-l-union-europeenne</link>
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		<dc:date>2024-05-16T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Khalfa</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En vue des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales &#224; venir, nous publions un nouveau texte tir&#233; de notre dernier livre avec la Fondation Copernic, Leur Europe et la n&#244;tre. Il &#233;voque le grand retour au dogme aust&#233;ritaire dans l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/nos-publications/lignes-d-attac/" rel="directory"&gt;Lignes d'Attac&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton9207-0e983.jpg?1754053373' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Attac et la Fondation Copernic ont publi&#233; d&#233;but mai &lt;strong&gt;&lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/livres/article/leur-europe-et-la-notre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Leur Europe et la n&#244;tre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un livre pour &#233;clairer les enjeux actuels autour de l'Union europ&#233;enne et les d&#233;fis majeurs &#224; relever et pr&#233;senter des propositions pour construire une Europe d&#233;mocratique, sociale et &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ici un extrait de ce livre qui revient sur le retour au dogme aust&#233;ritaire dans l'Union europ&#233;enne. &lt;i&gt;Leur Europe et la n&#244;tre&lt;/i&gt; est disponible &#224; la commande &lt;strong&gt;&lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/livres/article/leur-europe-et-la-notre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sur le site d'Attac&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face aux crises successives qui ont frapp&#233; l'Union europ&#233;enne &#8211; financi&#232;re, sanitaire, g&#233;opolitique &#8211;, les autorit&#233;s europ&#233;ennes ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; changer le cap des politiques mon&#233;taires et budg&#233;taires. Elles actent d&#233;sormais un retour au dogme n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient en juillet 2012 du &#171; Whatever it takes &#187; de Mario Draghi, alors pr&#233;sident de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), qui avait promis qu'il ferait &#171; tout ce qu'il faut &#187; pour sauver l'euro. Rompant avec l'orthodoxie, la BCE a mis en place une politique mon&#233;taire &#171; non conventionnelle &#187; : achats massifs de titres publics et priv&#233;s sur les march&#233;s, taux r&#233;els n&#233;gatifs, op&#233;rations de refinancement &#224; long terme des banques. Ce qui a effectivement permis, &#224; l'encontre des trait&#233;s, d'aider les &#201;tats &#224; se financer, en stoppant la sp&#233;culation sur les dettes souveraines et r&#233;duisant fortement les taux d'int&#233;r&#234;t auxquels les &#201;tats empruntaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique n'a pas &#233;t&#233; sans inconv&#233;nient et a but&#233; sur sa logique m&#234;me : d&#233;verser des liquidit&#233;s, non pas directement pour financer la transition &#233;cologique et le bien-&#234;tre social ou des investissements productifs, mais sur les march&#233;s financiers. Si la d&#233;flation a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e, pour l'essentiel ces liquidit&#233;s ont nourri une bulle financi&#232;re et n'ont pas &#233;t&#233; pas inject&#233;es dans le circuit &#233;conomique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, la crise sanitaire a vu la BCE amplifier sa politique et rompre avec trois tabous. Les achats de titres publics &#233;taient proportionnels &#224; la part de capital des &#201;tats dans la BCE, ce qui faisait que les &#171; grands pays &#187; &#233;taient favoris&#233;s. La BCE a d&#233;cid&#233; lors de la crise sanitaire de rompre avec cette r&#232;gle et d'acheter en priorit&#233; les titres publics des pays les plus en difficult&#233;s. Jusqu'alors, dans l'achat de ses titres, la BCE appliquait le principe de la &#171; neutralit&#233; de march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or en achetant des titres des grandes entreprises polluantes, la BCE leur permettait de se financer &#224; moindre co&#251;t. La BCE a d&#233;cid&#233; que, dor&#233;navant, elle tiendrait compte de crit&#232;res li&#233;s au changement climatique. Le dernier point concerne la cible d'inflation. Le mandat donn&#233; par les trait&#233;s &#224; la BCE, la stabilit&#233; des prix, a &#233;t&#233; traduit par cette derni&#232;re en un objectif pr&#233;cis : l'inflation ne devait jamais d&#233;passer les 2 % par an. D&#233;sormais cet objectif sera &#224; tenir &#224; moyen terme, ce qui signifie que l'inflation pourra temporairement d&#233;passer les 2 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;volutions notables avaient &#233;t&#233; aussi not&#233;es du c&#244;t&#233; de la Commission europ&#233;enne et des &#201;tats europ&#233;ens. Suite &#224; la crise financi&#232;re, tous les gouvernements s'&#233;taient lanc&#233;s dans une course &#224; l'aust&#233;rit&#233; qui avait abouti &#224; une r&#233;cession suivie d'une stagnation &#233;conomique. Par contre, lors de la crise sanitaire, la Commission a suspendu le Pacte de stabilit&#233; (une suspension prolong&#233;e ensuite jusqu'&#224; fin 2023 du fait de la guerre en Ukraine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les gouvernements ont mis en place des mesures de soutien aux populations, certes de fa&#231;on in&#233;gale suivant les pays, qui ont &#233;vit&#233; le pire. Enfin, en juillet 2020, l'Union europ&#233;enne a, pour la premi&#232;re fois de son histoire, accept&#233; le principe d'un endettement commun pour financer un plan de relance de 750 milliards d'euros dans le cadre du programme NextGenerationEU. M&#234;me s'il faut relativiser ce chiffre en le rapportant aux quelque 15 000 milliards annuels du PIB de l'UE et &#224; la p&#233;riode de trois ans sur laquelle il a &#233;t&#233; initialement programm&#233;, un tabou &#233;tait cependant tomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu penser que ces mesures auguraient d'un changement de politique. Il n'en a rien &#233;t&#233; et on a assist&#233; &#224; un retour des politiques n&#233;olib&#233;rales tant sur le plan mon&#233;taire que budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dangereuse marche arri&#232;re des politiques europ&#233;ennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2022, les banques centrales ont en effet mis en &#339;uvre de fortes hausses des taux d'int&#233;r&#234;t suppos&#233;es lutter contre l'inflation. Ce durcissement de la politique mon&#233;taire est &#224; la fois dangereux et inefficace. Dangereux, en premier lieu, parce que les hausses brutales des taux d'int&#233;r&#234;t ont d&#233;clench&#233; une crise bancaire internationale en 2023 ponctu&#233;e par des faillites bancaires retentissantes aux &#201;tats-Unis et en Suisse. Elles font aussi peser le risque d'une nouvelle crise des dettes publiques due &#224; des attaques sp&#233;culatives qui, comme en 2010-2012, se d&#233;cha&#238;neraient contre des pays que les investisseurs jugeraient les plus fragiles, (Italie, Espagne, Portugal, Gr&#232;ce, etc.). Au fond, tout se passe comme si les banques centrales, dont la BCE, n'avaient pas tir&#233; les le&#231;ons de la crise financi&#232;re de 2008 qui avait &#233;t&#233; &#233;galement d&#233;clench&#233;e par une hausse brutale des taux d'int&#233;r&#234;t initi&#233;e par la Fed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, le durcissement de la politique mon&#233;taire est inefficace car fond&#233; sur un diagnostic erron&#233; de l'inflation actuelle. En effet, par la hausse du prix de l'argent, ce resserrement de la politique mon&#233;taire vise &#224; r&#233;duire la demande et &#224; freiner l'inflation salariale. Or la cause de l'inflation actuelle se situe plut&#244;t du c&#244;t&#233; de l'offre, selon des m&#233;canismes contre lesquels la politique mon&#233;taire est inefficace, tels que la d&#233;sorganisation des cha&#238;nes de valeur et les comportements de marge des grandes entreprises &#224; l'origine d'une boucle profits &#8211; prix. Pire, la politique de hausse des taux d'int&#233;r&#234;t est contre-productive, car elle contribue &#224; freiner l'investissement priv&#233; et public au moment o&#249; la bifurcation &#233;cologique requiert un effort d'investissement sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, l'inflation a fortement baiss&#233; en zone euro. Elle s'&#233;levait au mois de janvier 2024 &#224; 2,8 % contre 8,6 % un an plus t&#244;t. Cette baisse est due essentiellement &#224; une chute des cours du p&#233;trole et du gaz ainsi qu'&#224; la remise en ordre progressive des cha&#238;nes de productions mondialis&#233;es, facteurs sur lesquels la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t n'a eu aucune influence. Par contre, celle-ci a entra&#238;n&#233; une stagnation &#233;conomique qui pourrait se transformer en r&#233;cession avec les cons&#233;quences pour l'emploi que l'on peut deviner. On se trouverait alors dans une situation o&#249; les taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els (d&#233;falqu&#233;s de l'inflation) risqueraient d'&#234;tre sup&#233;rieurs au taux de croissance ce qui ferait m&#233;caniquement monter le poids de la dette dans le PIB. Et pourtant la BCE continue &#224; vouloir maintenir ses taux d'int&#233;r&#234;t &#224; un haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fausse r&#233;forme du Pacte de stabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la suspension du pacte de stabilit&#233; par la Commission, une r&#233;forme de ce dernier avait &#233;t&#233; annonc&#233;e. Celle-ci a accouch&#233; d'une souris. Le nouveau Pacte de stabilit&#233; d&#233;cid&#233; fin 2023 pr&#233;serve le dogme n&#233;olib&#233;ral de l'application m&#233;canique des r&#232;gles budg&#233;taires qui ne peut que mener &#224; l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les totems des 3% de d&#233;ficit et de 60% par rapport au Pib des dettes sont maintenus. Les &#201;tats devront d&#233;sormais pr&#233;senter leur propre trajectoire d'ajustement de leurs finances publiques sur une p&#233;riode d'au moins quatre ans. Tous les pays en d&#233;ficits excessifs (au-del&#224; de 3%), ce qui concerne notamment la France, seront contraints &#224; un effort minimum de r&#233;duction de leur d&#233;ficit structurel de 0.5% par an, une flexibilit&#233; temporaire jusqu'en 2027 pouvant &#234;tre accord&#233;e si la charge d'int&#233;r&#234;t de la dette s'accroit par suite de la hausse des taux. La dette des &#201;tats dont le d&#233;ficit est inf&#233;rieur &#224; 3 % devra baisser d'un point de PIB par an en moyenne sur les quatre ou sept ann&#233;es suivantes. Ils devront r&#233;duire leur d&#233;ficit budg&#233;taire de 0,4 point de PIB par an (0,25 en cas de r&#233;formes structurelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin ces pays devront respecter un objectif suppl&#233;mentaire, celui d'atteindre 1,5% du d&#233;ficit structurel primaire (hors charge de la dette). Rappelons que le d&#233;ficit structurel est un indicateur cens&#233; calculer le d&#233;ficit budg&#233;taire hors des variations de la conjoncture. Or sa mesure ne fait pas l'unanimit&#233;, elle varie selon les &#233;conomistes, et d&#233;pend d'un certain nombre d'hypoth&#232;ses elles-m&#234;mes discutables. Il s'agit donc d'une construction statistique largement arbitraire, ce d'autant plus qu'il reviendra &#224; la Commission de la calculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Khalfa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dit photo : Tabrez Syed (&lt;a href=&#034;https://unsplash.com/fr/photos/batiment-eclaire-en-jaune-rouge-et-bleu-PDnv0eG5yOA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;licence Unsplash&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[Note] Quel est le sens du d&#233;bat sur la dette publique ?</title>
		<link>https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/note-quel-est-le-sens-du-debat-sur-la-dette-publique</link>
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		<dc:date>2023-06-09T09:48:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Attac France, Fondation Copernic, Jean-Marie Harribey, Oph&#233;lie Gath, Pierre Khalfa, Plihon Dominique , Vincent Gath Drezet</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Attac et la fondation Copernic publient aujourd'hui une note sur la dette publique. Face aux baisses d'imp&#244;ts successives sans r&#233;sultats probants, Attac et la Fondation Copernic apportent leur contribution au d&#233;bat.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/" rel="directory"&gt;Notes et rapports&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH79/arton8806-7cce9.jpg?1753825521' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Attac et la fondation Copernic publient aujourd'hui une note sur la dette publique. Face aux baisses d'imp&#244;ts successives sans r&#233;sultats probants, Attac et la Fondation Copernic apportent leur contribution au d&#233;bat. L'objectif : revenir sur le sens profond et le bilan des politiques n&#233;olib&#233;rales et de formuler des propositions alternatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La France vit au-dessus de ses moyens &#187;&lt;/i&gt;. Qui n'a jamais entendu cette formule &lt;strong&gt;aussi c&#233;l&#232;bre que trompeuse ?&lt;/strong&gt; De Raymond Barre en 1976 &#224; Pierre Moscovici (premier pr&#233;sident de la Cour des comptes) en 2023, en passant par Pierre Gattaz (alors patron du Medef) et Manuel Valls en 2014, la formule ne cesse d'&#234;tre martel&#233;e par les tenants des politiques n&#233;olib&#233;rales. Sa vocation ? &lt;strong&gt;Culpabiliser la population pour qu'elle accepte l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire&lt;/strong&gt;, ou, &#224; d&#233;faut, qu'elle s'y soumette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, les mesures consistant &#224; &lt;i&gt;&#171; baisser les imp&#244;ts &#187;&lt;/i&gt; se succ&#232;dent, &lt;strong&gt;sans r&#233;sultat probant en termes d'investissement et d'emplois. &lt;/strong&gt; Pire, ces mesures contribuent &#224; &lt;strong&gt;affaiblir le financement des politiques publiques tout en accroissant les injustices fiscales et sociales.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant dans cet esprit que le gouvernement pr&#233;pare d&#233;sormais son budget pour 2024, invoquant pour tenter de l&#233;gitimer ses choix injustes une strat&#233;gie fond&#233;e sur des &#171; assises des finances publiques &#187;, une &#171; revue des d&#233;penses publiques &#187; ainsi qu'en vantant sa d&#233;marche &#171; En avoir pour mes imp&#244;ts &#187; et son plan de lutte contre les fraudes aux finances publiques. En multipliant les annonces et les initiatives de ce genre, l'objectif est de montrer que les choix budg&#233;taires proc&#233;deront d'une large concertation et, par cons&#233;quent, qu'ils sont l&#233;gitimes puisque, au fond, &#171; il n'y a pas d'alternative &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement veut r&#233;duire les d&#233;ficits publics et la dette publique, et, pour cela,&lt;strong&gt; il entend r&#233;duire les d&#233;penses publiques&lt;/strong&gt;, tout en continuant de &lt;strong&gt;refuser toute augmentation d'imp&#244;t ou de cotisation sociale&lt;/strong&gt; (qu'on appelle couramment &lt;i&gt;&#171; pr&#233;l&#232;vements obligatoires &#187;&lt;/i&gt;), et m&#234;me les diminuer pour les entreprises. &lt;strong&gt;Telle est l'&#233;quation infernale conforme &#224; son obsession&lt;/strong&gt;, la seule politique possible selon lui. Celle-ci n'est toutefois &#233;videmment pas sans cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage, comme celle des syst&#232;mes de retraites, montrent la voie : l'affaiblissement de la protection sociale et des services publics doit permettre d'atteindre les objectifs budg&#233;taires du pouvoir. N'en d&#233;plaise au gouvernement, &lt;strong&gt;il existe une alternative, poursuivant des objectifs sociaux et &#233;cologiques bien diff&#233;rents de la rentabilit&#233;, la financiarisation et la marchandisation, et qui rel&#232;ve des biens communs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En montrant que les politiques n&#233;olib&#233;rales sont non seulement injustes mais &#233;galement inefficaces, la pr&#233;sente contribution revient sur les enjeux majeurs de la p&#233;riode et sur les moyens d'emp&#234;cher une aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire qui aurait deux cons&#233;quences majeures : emp&#234;cher de faire face aux enjeux (r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, mod&#233;rer le changement climatique et conduire la transition &#233;nerg&#233;tique, etc.) et, par ses cons&#233;quences d'ores et d&#233;j&#224; pr&#233;visibles en termes d'injustices de toutes sortes, favoriser l'acc&#232;s au pouvoir de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette contribution a pour objectif de revenir sur le sens profond et le bilan des politiques n&#233;olib&#233;rales et de formuler des propositions alternatives dont l'objectif pourrait se r&#233;sumer ainsi : orienter les politiques &#233;conomiques vers davantage de justice fiscale, sociale et &#233;cologique. Abordant les enjeux touchant &#224; la dette publique ainsi qu'aux politiques &#233;conomique, mon&#233;taire et budg&#233;taire, &lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;elle livre en 12 questions pr&#233;sent&#233;es sous forme de fiches les principales donn&#233;es et propositions.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;!--[if !IE]&gt;&lt;!--&gt;&lt;iframe src=&#034;spip.php?page=pdfjs&amp;id_document=17862&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;600&#034; class=&#034;lecteurpdf lecteufpdf-17862 spip_documents&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;!--&lt;![endif]--&gt; &lt;!--[if IE]&gt;&lt;iframe src=&#034;&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;600&#034; class=&#034;lecteurpdf lecteufpdf-17862 spip_documents&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Derri&#232;re la r&#233;forme, des retraites au rabais</title>
		<link>https://france.attac.org/se-mobiliser/retraites-pour-le-droit-a-une-retraite-digne-et-heureuse/article/derriere-la-reforme-des-retraites-au-rabais</link>
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		<dc:date>2022-09-22T12:02:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Marty, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa</dc:creator>


		<dc:subject>Retraites</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;forme des retraites</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur une nouvelle r&#233;forme du syst&#232;me de retraites est lanc&#233;. Le gouvernement veut mener celle-ci tambour battant et il menace m&#234;me d'int&#233;grer un recul de l'&#226;ge de la retraite et/ou un allongement de la dur&#233;e de cotisation sous la forme d'un amendement au projet de loi de financement de la S&#233;curit&#233; sociale pour 2023 en utilisant le &#171; 49.3 &#187; devant l'Assembl&#233;e nationale si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/se-mobiliser/retraites-pour-le-droit-a-une-retraite-digne-et-heureuse/" rel="directory"&gt;Retraites : pour le droit &#224; une retraite digne et heureuse&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/retraites" rel="tag"&gt;Retraites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/retraites" rel="tag"&gt;R&#233;forme des retraites&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH79/arton8413-abc2f.jpg?1753825561' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur une nouvelle r&#233;forme du syst&#232;me de retraites est lanc&#233;. Le gouvernement veut mener celle-ci tambour battant et il menace m&#234;me d'int&#233;grer un recul de l'&#226;ge de la retraite et/ou un allongement de la dur&#233;e de cotisation sous la forme d'un amendement au projet de loi de financement de la S&#233;curit&#233; sociale pour 2023 en utilisant le &#171; 49.3 &#187; devant l'Assembl&#233;e nationale si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement entend tirer parti du rapport du Conseil d'orientation des retraites de septembre 2022. Au-del&#224; m&#234;me du fait que ses projections d&#233;pendent d'hypoth&#232;ses fragiles comme le COR lui-m&#234;me le reconna&#238;t, ses conclusions ne sont pourtant pas un cri d'alarme sur le financement des retraites. Comment peut-on comprendre ces derni&#232;res ? Trois &#233;l&#233;ments essentiels doivent &#234;tre port&#233;s sur la place publique : l'&#233;volution des retraites au sein d'une &#233;conomie en crise ; la volont&#233; n&#233;olib&#233;rale de diminuer les d&#233;penses publiques ; la situation du travail et de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil de ses rapports annuels, le COR a int&#233;gr&#233; le ralentissement progressif des gains de productivit&#233; du travail qui concerne toutes les &#233;conomies du monde. Les diff&#233;rents sc&#233;narios qu'il retient s'&#233;chelonnent maintenant entre 0,7 %, 1 %, 1,3 % et 1,6 % de croissance annuelle moyenne. Plus l'augmentation de la productivit&#233; est faible, plus la part des pensions dans le PIB a tendance &#224; cro&#238;tre. Cette part est aujourd'hui de 13,8 %. Elle pourrait monter &#224; 14,7 % en 2070 dans l'hypoth&#232;se la plus basse de la productivit&#233;. Et c'est la hantise du gouvernement qui a sans doute plus ou moins compris que la croissance &#233;conomique forte ne reviendrait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, comme sa volont&#233; premi&#232;re est de diminuer les d&#233;penses publiques, les pensions qui en forment le quart sont la cible toute trouv&#233;e. Le gouvernement veut int&#233;grer cette r&#233;forme dans sa strat&#233;gie d'&#233;volution des d&#233;penses publiques pour satisfaire aux exigences convenues au sein de l'Union europ&#233;enne. Son &#171; programme de stabilit&#233; 2022-2027 &#187; pr&#233;sent&#233; par Bruno Le Maire pr&#233;voit que le d&#233;ficit budg&#233;taire soit ramen&#233; &#224; 3 % du PIB en 2027 et que l'augmentation des d&#233;penses publiques en volume ne d&#233;passe pas 0,6 % par an. Mais, sans r&#233;forme, la croissance spontan&#233;e de la masse des pensions cro&#238;trait de 1,8 % par an sur cette p&#233;riode. C'est plus qu'une hantise, c'est le mal absolu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est loin le temps o&#249; les gouvernements promettaient de &#171; sauver les retraites par r&#233;partition menac&#233;es par l'allongement de l'esp&#233;rance de vie &#187;. Aujourd'hui, l'esp&#233;rance de vie ne progresse plus que tr&#232;s faiblement, alors on invente un nouvel argument : les besoins de sant&#233;, d'&#233;ducation, de transition &#233;cologique, etc., sont immenses, il faudrait donc &#233;conomiser sur les retraites et travailler davantage. Un v&#233;ritable d&#233;tournement de fonds ! Et, de toute fa&#231;on, on voit bien le d&#233;ni du gouvernement en mati&#232;re de transition, car &#233;conomiser 10 &#224; 12 milliards d'euros par an, soit moins de 0,5 % du PIB, n'est qu'une goutte d'eau face aux 5 % n&#233;cessaires par an pour la financer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le vieillissement de la population va se poursuivre et le nombre de retrait&#233;s augmentera dans l'avenir : il passerait de 16,8 millions en 2020 &#224; environ 21 millions en 2050. Il est donc improbable que la masse des pensions puisse &#234;tre r&#233;duite de mani&#232;re absolue. Dans la perspective n&#233;olib&#233;rale, le seul moyen qui subsiste est donc de r&#233;duire tr&#232;s fortement les pensions individuelles. Ainsi, allonger encore la dur&#233;e de cotisation emp&#234;cherait un plus grand nombre d'individus d'atteindre le nombre d'annuit&#233;s requis pour obtenir une pension &#224; taux plein. Il s'ensuivrait une baisse de leurs pensions. D&#233;j&#224;, avec les seules r&#233;formes pass&#233;es, le niveau de vie relatif des retrait&#233;s par rapport &#224; la population enti&#232;re, aujourd'hui pratiquement &#233;quivalent en moyenne, baissera d'un quart dans le sc&#233;nario de productivit&#233; le plus &#233;lev&#233; et de 13 % dans le sc&#233;nario de productivit&#233; le plus faible. C'est dire que le taux de remplacement (pension sur salaire ant&#233;rieur) va fortement baisser : il &#233;tait en moyenne de 50,3 % en 2021 ; il tomberait &#224; 39,4 % en 2070 dans le sc&#233;nario de productivit&#233; le plus faible et &#224; 32,6 % dans le sc&#233;nario le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient alors ce qui concerne le travail et l'emploi afin d'assurer la prise en charge des retrait&#233;s dans la soci&#233;t&#233;. L'argument ressass&#233; &#224; l'envi est que la France conna&#238;t un taux d'emploi des seniors qui serait insuffisant : en 2021, il est de 56,1 % de 55 &#224; 64 ans, modul&#233; ainsi : 75,1 % de 55 &#224; 59 ans (+24,7 points depuis 2000 du fait des r&#233;formes pr&#233;c&#233;dentes), et 35,5 % de 60 &#224; 64 ans (+24 points depuis 2000). Mais deux questions sont pass&#233;es sous silence. Plus de la moiti&#233; des 60-64 ans sont priv&#233;s d'emploi parce que ne satisfaisant plus aux normes des entreprises : ne pas en tenir compte rend encore plus ind&#233;centes les r&#233;formes simultan&#233;es de l'assurance ch&#244;mage et des retraites. D'autre part, dans une situation &#233;conomique donn&#233;e, augmenter le taux d'emploi des seniors ne cr&#233;e de facto aucun emploi suppl&#233;mentaire. Comme globalement, le taux de ch&#244;mage anticip&#233; par le COR reste fig&#233; &#224; 7 %, l'abandon de la perspective du plein emploi signifie que le maintien des seniors au travail amoindrira les possibilit&#233;s d'entr&#233;e de nouvelles personnes dans l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le COR, qui reprend les projections de l'Insee, pr&#233;voit que le taux d'emploi des femmes resterait constamment inf&#233;rieur de 8 points &#224; celui des hommes. Aucune raison ne justifie pourtant de p&#233;renniser cet &#233;cart, si ce n'est renoncer &#224; agir pour l'&#233;galit&#233;. Autrement dit, pour les femmes comme pour toute la population, il faudrait faire travailler davantage les personnes qui ont un emploi plut&#244;t que d'en offrir &#224; celles qui n'en ont pas. Cette hypoth&#232;se d'un ch&#244;mage restant &#224; un niveau &#233;lev&#233; pendant plusieurs d&#233;cennies enl&#232;ve toute cr&#233;dibilit&#233; &#224; la possibilit&#233; d'accro&#238;tre le taux d'emploi pour r&#233;ussir le maintien au travail jusqu'&#224; 64 ou 65 ans, voire davantage si l'on en croit quelques sir&#232;nes patronales. Devant cette impossibilit&#233;, la conclusion est que l'objectif est bien de diminuer les droits futurs &#224; pension de ceux et surtout de celles qui ne pourront satisfaire aux nouvelles contraintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, le COR consid&#232;re comme immuable la r&#233;partition des revenus : le partage salaires/profits ne bougera pas pendant le demi-si&#232;cle prochain, alors m&#234;me que la part des salaires dans la richesse cr&#233;&#233;e a baiss&#233; de cinq points par rapport &#224; la moyenne des &#171; Trente Glorieuses &#187; et que les profits des grandes entreprises atteignent des sommets. Or, les d&#233;ficits pr&#233;vus ne d&#233;passent pas 0,5 % de PIB, c'est-&#224;-dire 1 % de la masse salariale, malgr&#233; le fait que la proportion de cotisants par rapport aux plus de 65 ans passerait de 1,7 &#224; 1,3 d'ici 2050. &#192; partir de 2023, pendant une d&#233;cennie, le d&#233;ficit des caisses de retraites atteindrait au plus une douzaine de milliards d'euros et la part des pensions dans le PIB se stabiliserait. Pourquoi alors vouloir prendre des mesures r&#233;gressives ? Parce qu'il faut &#224; tout prix &#233;viter d'envisager une hausse des cotisations vieillesse. Il suffirait pourtant, d'apr&#232;s le COR, d'une hausse du taux de cotisation comprise entre 0,2 point et 1,7 point pour &#233;quilibrer le paiement des retraites sur les 25 prochaines ann&#233;es, en fonction des hypoth&#232;ses de productivit&#233; et des conventions comptables retenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces &#233;l&#233;ments devrait &#234;tre soumis &#224; une d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique. Sinon, la d&#233;gradation des retraites accompagnera celle du travail, de ses conditions et de son sens, au moment o&#249; pr&#233;cis&#233;ment la place du travail dans la soci&#233;t&#233; et ses finalit&#233;s d&#233;finissent l'enjeu d'une transition sociale et &#233;cologique v&#233;ritable. Avec l'agenda n&#233;olib&#233;ral du pr&#233;sident Macron, il faut craindre que, de crise en crise, ce soit les premiers de corv&#233;e et les personnes retrait&#233;es les plus paup&#233;ris&#233;es qui en paient le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance s&#233;culaire &#224; la diminution progressive du temps de travail est remise au mus&#233;e de l'histoire puisque, dor&#233;navant, nous n'aurions d'autre choix qu'entre son augmentation ou la baisse encore plus drastique du niveau des pensions. Or, et il faut l'affirmer avec force, il faut non pas travailler individuellement plus mais moins. La grande avanc&#233;e civilisationnelle qu'a apport&#233;e la retraite par r&#233;partition a &#233;t&#233; de faire de cette p&#233;riode de la vie, non pas l'antichambre de la mort, mais une phase de la vie o&#249;, encore en relative bonne sant&#233;, nous pouvons nous adonner &#224; des activit&#233;s sociales libres. C'est cette avanc&#233;e que toutes les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales remettent en cause en voulant nous faire travailler toujours plus pour la plus grande profitabilit&#233; du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Christiane Marty, 20 septembre 2022&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;forme des retraites : pour &#171; emmerder &#187; les Fran&#231;ais ?</title>
		<link>https://france.attac.org/se-mobiliser/retraites-pour-le-droit-a-une-retraite-digne-et-heureuse/desintox-sur-les-retraites/article/reforme-des-retraites-pour-emmerder-les-francais</link>
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		<dc:date>2022-04-26T10:31:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Marty, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;forme des retraites</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;conomistes Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Christiane Marty critiquent, l'annonce faite par Emmanuel Macron de repousser l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite &#224; 65 ans, s'il est r&#233;&#233;lu pr&#233;sident.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/se-mobiliser/retraites-pour-le-droit-a-une-retraite-digne-et-heureuse/desintox-sur-les-retraites/" rel="directory"&gt;D&#233;sintox sur les retraites&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://france.attac.org/retraites" rel="tag"&gt;R&#233;forme des retraites&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton8288-2f1e3.jpg?1753946092' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;conomistes Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Christiane Marty critiquent, dans une tribune au &#171; Monde &#187;, l'annonce faite par Emmanuel Macron de repousser l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite &#224; 65 ans, s'il est r&#233;&#233;lu pr&#233;sident.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Tribune'&gt;Tribune&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron veut, s'il est r&#233;&#233;lu, repousser l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite &#224; 65 ans. Changement de registre, donc : il abandonne l'&#233;quit&#233; qui guidait, selon lui, le projet de syst&#232;me universel, pour se rabattre sur une modification param&#233;trique, le recul de l'&#226;ge, pr&#233;sent&#233; comme une n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, la pand&#233;mie ayant d&#233;grad&#233; les comptes. Il annonce aussi un geste pour les petites retraites : un minimum de pension de 1 100 euros mensuels pour les personnes ayant une carri&#232;re compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tablissons d'abord les choses sur ce pr&#233;tendu geste : la loi de 2003, article 4, impose d&#233;j&#224; que le minimum de pension pour une carri&#232;re compl&#232;te soit &#233;gal &#224; 85 % du smic... ce que le pr&#233;sident Macron a n&#233;glig&#233; de faire appliquer durant son quinquennat ! Compte tenu du smic actuel (1 269 euros), le minimum l&#233;gal est d&#233;j&#224; aujourd'hui de 1 079 euros !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il est clair qu'un recul &#224; 65 ans de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite serait tr&#232;s injuste pour de nombreuses cat&#233;gories de salari&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es. Il ne p&#232;serait gu&#232;re sur la carri&#232;re des cadres, car ayant rarement commenc&#233; &#224; travailler avant 22 ans, les 43 ans de cotisations exig&#233;s &#224; partir de la g&#233;n&#233;ration 1973 les am&#232;nent d&#233;j&#224; &#224; 65 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour une personne entr&#233;e en emploi &#224; 18 ou 19 ans, ce recul signifie concr&#232;tement devoir attendre trois ans de plus en emploi... ou, comme souvent, au ch&#244;mage ou en inactivit&#233;. D'autant plus que, pour de nombreuses personnes, les premi&#232;res ann&#233;es de retraite sont v&#233;cues comme les meilleures, alors que, si elles devaient &#234;tre travaill&#233;es, elles deviendraient les plus difficiles de la carri&#232;re. Rappelons que la prise en compte de la p&#233;nibilit&#233; des m&#233;tiers, toujours promise lors des r&#233;formes de retraite, n'a toujours pas abouti.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='De-grandes-inegalites'&gt;De grandes in&#233;galit&#233;s&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Mesure injuste encore, car s'il est vrai que globalement on vit plus longtemps &#8211; pas forc&#233;ment en bonne sant&#233; et avec un allongement devenu aujourd'hui tr&#232;s faible &#8211;, l'esp&#233;rance de vie n'est qu'une moyenne qui masque de grandes in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, entre les 5 % les plus ais&#233;s et les 5 % les plus modestes, l'&#233;cart d'esp&#233;rance de vie &#224; 60 ans est de huit ans chez les hommes et de cinq ans chez les femmes. Ecart qui se retrouve donc dans la dur&#233;e esp&#233;r&#233;e de retraite. De plus, en faisant travailler plus longtemps ceux qui ont d&#233;j&#224; un emploi, Emmanuel Macron laisse sur la touche 5,5 millions de ch&#244;meurs et ignore que la moiti&#233; des 59-62 ans sont hors de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'argument de la n&#233;cessit&#233; &#233;conomique ne tient pas. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) indique que &#171; malgr&#233; le contexte de la crise sanitaire et le vieillissement progressif de la population, les &#233;volutions de la part des d&#233;penses de retraite dans le produit int&#233;rieur brut (PIB) resteraient sur une trajectoire ma&#238;tris&#233;e &#224; l'horizon 2070 &#187; (rapport de juin 2021). Le syst&#232;me de retraites a certes enregistr&#233; un d&#233;ficit de 0,6 % du PIB en 2020, mais cette d&#233;gradation est conjoncturelle, due &#224; la baisse des ressources li&#233;e &#224; la baisse d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le COR indique que, avec la reprise de l'activit&#233; en 2021, la part des d&#233;penses de retraite dans le PIB devrait, d&#232;s 2022, retrouver un niveau proche de celui d'avant la crise. Si, quel que soit le sc&#233;nario retenu en termes de gain de productivit&#233; du travail et de ch&#244;mage, les soldes du syst&#232;me seraient l&#233;g&#232;rement meilleurs qu'anticip&#233;s en juin 2019, il n'en reste pas moins que la part des pensions dans le PIB est d'autant plus &#233;lev&#233;e que la productivit&#233; augmente faiblement. D'o&#249; l'acharnement &#224; vouloir baisser le niveau absolu des pensions.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='Temps-de-travail-divise-par-deux'&gt;Temps de travail divis&#233; par deux&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'argument r&#233;current &#8211; repris par Emanuel Macron &#8211; pour justifier les r&#233;formes de retraite est qu'il faut travailler plus puisqu'on vit plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons d'abord que l'augmentation de l'esp&#233;rance de vie est d&#233;j&#224; prise en compte puisqu'elle commande l'allongement r&#233;gulier de la dur&#233;e de cotisation exig&#233;e pour la retraite &#224; taux plein : 42 annuit&#233;s pour la g&#233;n&#233;ration 1963, 43 pour la g&#233;n&#233;ration 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet argument r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'envi para&#238;t de bon sens mais ne r&#233;siste pas &#224; l'examen. L'augmentation de l'esp&#233;rance de vie n'est pas nouvelle : elle est continue depuis le d&#233;but du XIX e si&#232;cle, &#224; part les interruptions dues aux guerres. Cet accroissement n'a pas emp&#234;ch&#233; que le temps pass&#233; au travail &#8211; &#224; la fois dur&#233;e hebdomadaire et totale dans une vie &#8211; diminue r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, du XIX e si&#232;cle &#224; la fin du XX e , le temps de travail annuel individuel a ainsi &#233;t&#233; divis&#233; par deux. Cela a &#233;t&#233; permis par un accroissement de la productivit&#233; horaire du travail sup&#233;rieur &#224; celui de la richesse produite.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='Appauvrissement-programme'&gt;Appauvrissement programm&#233;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La conclusion est claire : le partage de la richesse produite permet que l'augmentation de l'esp&#233;rance de vie s'accompagne d'une diminution du temps pass&#233; au travail. Le fait que les gains de productivit&#233; sont moins importants que pr&#233;c&#233;demment rend d'autant plus d&#233;cisive la meilleure r&#233;partition des richesses. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que refusent les dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, la r&#233;forme pr&#233;vue tourne &#224; nouveau le dos au progr&#232;s. Un appauvrissement des retrait&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es est programm&#233; : alors que leur part dans la population va augmenter, la part de la richesse produite qui leur revient va baisser. Elle diminuerait de 14 % du PIB actuellement &#224; une valeur comprise, selon les sc&#233;narios, entre 11,3 % et 13 % en 2070. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le COR l'indique explicitement : cette diminution r&#233;sulte de la baisse des pensions rapport&#233;es aux revenus d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les retraites ont pourtant d&#233;j&#224; franchi un cap in&#233;dit dans la r&#233;gression : la pension brute moyenne des personnes ayant liquid&#233; leur retraite en 2019 est devenue inf&#233;rieure &#224; la pension moyenne de l'ensemble des retrait&#233;s (Drees, 2021) ! Il est indispensable de stopper cette r&#233;gression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le progr&#232;s ne consiste ni &#224; appauvrir les retrait&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es, ni &#224; faire travailler plus longtemps les actifs, mais &#224; augmenter les ressources du syst&#232;me (am&#233;liorer les salaires, en finir avec les in&#233;galit&#233;s de taux d'emploi et de salaires entre les sexes, supprimer les exon&#233;rations abusives de cotisations sociales, cr&#233;er les emplois r&#233;pondant aux besoins sociaux et &#233;cologiques, etc.). La campagne pr&#233;sidentielle doit &#234;tre l'occasion d'&#233;valuer les diff&#233;rentes propositions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Tribune publi&#233;e le 15 mars par Le Monde sous le titre &#171; Retraites : La r&#233;forme pr&#233;vue tourne &#224; nouveau le dos au progr&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Christiane Marty (&#201;conomistes) sont coauteurs pour Attac&lt;br class='autobr' /&gt;
et la Fondation Copernic de &#171; &lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/livres/livres/retraites-lalternative-cachee' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Retraites : l'alternative cach&#233;e&lt;/a&gt; &#187; (Syllepse, 2013)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Archives : Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa, Christiane Marty et Jacques Rigaudiat : &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/16/retraites-les-conseillers-du-prince-sont-decus_6022994_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; R&#233;forme des&lt;br class='autobr' /&gt;
retraites : les conseillers du prince sont d&#233;&#231;us &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la difficult&#233; d'une politique internationale altermondialiste</title>
		<link>https://france.attac.org/se-mobiliser/ukraine-pour-une-solidarite-internationaliste/article/de-la-difficulte-d-une-politique-internationale-altermondialiste</link>
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		<dc:date>2022-03-02T15:28:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Khalfa</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'invasion de l'Ukraine par la Russie a fait non seulement entrer l'Europe et probablement le monde dans une nouvelle &#232;re, mais pose des questions fondamentales &#224; la gauche et plus globalement &#224; tous les progressistes. Elle oblige &#224; red&#233;finir ce que pourrait &#234;tre une politique internationale de gauche. Mais cette derni&#232;re se heurte &#224; nombre de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://france.attac.org/se-mobiliser/ukraine-pour-une-solidarite-internationaliste/" rel="directory"&gt;Ukraine : pour une solidarit&#233; internationaliste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/ukraine" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'invasion de l'Ukraine par la Russie a fait non seulement entrer l'Europe et probablement le monde dans une nouvelle &#232;re, mais pose des questions fondamentales &#224; la gauche et plus globalement &#224; tous les progressistes. Elle oblige &#224; red&#233;finir ce que pourrait &#234;tre une politique internationale de gauche. Mais cette derni&#232;re se heurte &#224; nombre de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte est tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/pierre-khalfa/blog/280222/de-la-difficulte-d-une-politique-internationale-altermondialiste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog Mediapart de Pierre Khalfa&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invasion de l'Ukraine par la Russie a fait non seulement entrer l'Europe et probablement le monde dans une nouvelle &#232;re, mais pose des questions fondamentales &#224; la gauche et plus globalement &#224; tous les progressistes. Elle oblige &#224; red&#233;finir ce que pourrait &#234;tre une politique internationale de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue g&#233;opolitique, la situation actuelle est caract&#233;ris&#233;e par trois &#233;l&#233;ments principaux : une grande puissance anciennement h&#233;g&#233;monique, les &#201;tats-Unis, voulant sinon le redevenir, du moins garder la main pour conduire les affaires du monde ; un pays qui auparavant &#233;tait co-gestionnaire du monde et qui n'accepte pas son d&#233;clin, la Russie ; une nouvelle grande puissance, la Chine, qui veut devenir dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes donc entr&#233;s, et pour longtemps, dans &lt;strong&gt;une phase d'affrontement entre puissances&lt;/strong&gt; tel que le monde en a d&#233;j&#224; connu alors m&#234;me que le capitalisme n'a exist&#233; historiquement qu'en &#233;tant articul&#233; &#224; une puissance h&#233;g&#233;monique. Or justement, aucun pays ne peut pr&#233;tendre aujourd'hui &#224; ce r&#244;le, la particularit&#233; &#233;tant que cet affrontement se produit entre &lt;strong&gt;des puissances nucl&#233;aires&lt;/strong&gt; ayant chacune la possibilit&#233; de d&#233;truire toute vie sur terre. &#192; ces &#233;l&#233;ments s'ajoutent les menaces djihadistes et les men&#233;es de tel ou tel &#201;tat pour profiter d'une situation de plus en plus chaotique avec des cons&#233;quences r&#233;gionales d&#233;stabilisatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re cons&#233;quence de cette situation &#233;minemment complexe est de rendre obsol&#232;te pour la gauche un certain type d'attitude qui consiste &#224; avoir une vision du monde surd&#233;termin&#233;e par le combat contre l'imp&#233;rialisme &#233;tatsunien avec pour cons&#233;quence le fait de fermer les yeux sur certains comportements ou de soutenir certains r&#233;gimes dictatoriaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude porte un nom, &lt;strong&gt;le campisme&lt;/strong&gt;, qui a &#233;t&#233; dominant &#224; l'&#233;poque de la guerre froide et qui consistait en une d&#233;fense inconditionnelle du &#171; camp socialiste &#187;. On sait comment tout cela s'est termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une autre forme de campisme qui doit &#234;tre rejet&#233; aussi, celle de s'aligner sur son propre imp&#233;rialisme, ou plus largement sur le &#171; camp occidental &#187; domin&#233; aujourd'hui par les &#201;tats-Unis, au pr&#233;texte que ce dernier serait &#171; d&#233;mocratique &#187;, alors m&#234;me qu'il m&#232;ne par ailleurs une politique oppressive de domination. Au-del&#224; de ce refus du campisme, il faut essayer de d&#233;finir les principes qui devraient guider une politique de gauche altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette derni&#232;re doit se baser sur les int&#233;r&#234;ts des peuples compris dans une perspective &#233;mancipatrice.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier principe en est le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes. Il soul&#232;ve une difficult&#233; qui renvoie &#224; la d&#233;finition du &#171; peuple &#187;. Bien s&#251;r, ce n'est pas aux grandes puissances de d&#233;cider qui a le droit d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme tel et la Russie n'a rien &#224; dire sur ce sujet n'en d&#233;plaise &#224; Vladimir Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait ensuite vain d'en chercher une d&#233;finition objective que ce soit par la langue, la culture et encore moins l'origine ethnique. Les &#201;tats-Unis, pays d'immigration, voit cohabiter nombre de communaut&#233;s d'origines diverses. En fait, un peuple existe quand il se manifeste par son activit&#233; propre et, in fine, &lt;strong&gt;par des revendications politiques&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'Ukraine son existence nationale tient au fait qu'elle a particip&#233; au grand mouvement des nationalit&#233;s qui a touch&#233; toute l'Europe au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Le &#171; peuple &#187; n'est pas une entit&#233; immuable tomb&#233;e du ciel, mais une construction historique li&#233;e aux combats communs, construction historique souvent fragile pour les pays en butte &#224; des voisins puissants.&lt;strong&gt; Le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes&lt;/strong&gt;, principe pourtant fondamental, est donc lui-m&#234;me l'objet d'une discussion sur son application concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me principe pose qu'un peuple &lt;strong&gt;ne peut en opprimer un autre&lt;/strong&gt;, ce qui interroge sur la place des minorit&#233;s, qu'elles soient culturelles, linguistiques, religieuses, nationales ou ethniques. Cette question est une v&#233;ritable bombe pour la plupart des &#201;tats europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on violente dont les gouvernements espagnols ont trait&#233; la question catalane montre que les d&#233;mocraties lib&#233;rales ne sont pas exemptes de comportements oppressifs. Et l'affaire se complique encore quand des aspirations l&#233;gitimes sont instrumentalis&#233;es par tel ou tel &#201;tat. Ainsi, m&#234;me si cela s'explique par la politique de russification forc&#233;e sous l'Union sovi&#233;tique, la volont&#233; des gouvernements ukrainiens d'imposer la langue ukrainienne dans tous les aspects de la vie publique n'a pu &#234;tre v&#233;cue que comme une agression par les minorit&#233;s russophones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; ces difficult&#233;s le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes est une boussole pour toute politique de gauche.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est une autre, &#224; savoir le fait que le recours &#224; la force pour r&#233;soudre les conflits doit &#234;tre exclu. Mais ce principe n'implique pas un pacifisme int&#233;gral qui reviendrait &#224; refuser &#224; un pays agress&#233; et envahi le droit de se d&#233;fendre ! &lt;strong&gt;Le pacifisme int&#233;gral&lt;/strong&gt; peut d'ailleurs devenir la posture de l'agresseur une fois vainqueur et ses buts de guerre atteints. Il est donc tout &#224; fait justifi&#233; de livrer des armes d&#233;fensives aux &#201;tats victimes d'une agression, en l'occurrence aujourd'hui l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus bloquer l'agression russe ou tout au moins lui en faire payer le prix fort que ce soit au niveau militaire ou autre est une des conditions pour &lt;strong&gt;emp&#234;cher de nouvelles agressions&lt;/strong&gt; non seulement de la part de la Russie mais aussi d'autres puissances qui pourraient &#234;tre tent&#233;es par de telles aventures. &lt;strong&gt;Ce qui pose la question des sanctions.&lt;/strong&gt; Sauf cas exceptionnel comme celui de l'Afrique du Sud de l'apartheid, les sanctions s'av&#232;rent en g&#233;n&#233;ral assez peu efficaces sur les r&#233;gimes en place surtout s'il s'agit d'&#201;tats puissants. Les dirigeants ont souvent les moyens de les contourner et elles &lt;strong&gt;touchent durement les peuples&lt;/strong&gt; qui ne sont pour rien dans la politique men&#233;e. Il faut donc y regarder de pr&#232;s, ce d'autant plus qu'elles peuvent servir &#224; d'autres objectifs que ceux officiellement d&#233;clar&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, ce refus du recours &#224; la force pour r&#233;soudre les conflits suppose le refus des interventions militaires des grandes puissances quel qu'en soit le pr&#233;texte. Les exp&#233;riences de l'Irak, de l'Afghanistan, de la Lybie ou du Mali en montre l'inanit&#233; et l'inefficacit&#233; par rapport aux buts proclam&#233;s, quand ces interventions ne servent pas des objectifs imp&#233;rialistes cach&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aux peuples concern&#233;s, qu'il faut &#233;videmment aider, &#224; prendre leurs affaires en main. Cette aide peut prendre la forme d'une aide militaire en terme de mat&#233;riel ou de formation, mais il n'y aura aucune solution progressiste tant que ces pays seront &#233;trangl&#233;s par la dette, par l'exploitation de leurs ressources par les multinationales et par des classes dirigeantes corrompues bafouant l'&#201;tat de droit. Le djihadisme et la mont&#233;e de l'int&#233;grisme religieux y plongent leurs racines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus du recours &#224; la force suppose aussi la dissolution de toutes les alliances militaires et une bataille pour le d&#233;sarmement g&#233;n&#233;ralis&#233; et en particulier pour le bannissement des armes nucl&#233;aires. Un tel d&#233;sarmement doit &#234;tre simultan&#233; et progressif pour des raisons &#233;videntes de rapports de forces. Il suppose aussi des contr&#244;les et surtout une confiance r&#233;ciproque&#8230; dont l'existence de droits d&#233;mocratiques et de libert&#233;s fondamentales dans tous les pays est la meilleure garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un lien &#233;troit entre la recherche de la paix mondiale et la lutte pour la d&#233;mocratie dans chaque pays. De plus, cette dissolution des alliances militaires doit s'accompagner de la cr&#233;ation d'&lt;strong&gt;un cadre de r&#233;solution des conflits&lt;/strong&gt;. C'est en th&#233;orie l'ONU qui devrait en &#234;tre charg&#233;, mais son fonctionnement actuel l'emp&#234;che de jouer ce r&#244;le. La r&#233;forme de l'ONU, pour qu'elle devienne &lt;strong&gt;une v&#233;ritable soci&#233;t&#233; des nations&lt;/strong&gt;, est un serpent de mer tant les rapports de forces entre les grandes puissances paralysent toute vell&#233;it&#233; de changement. Ce devrait &#234;tre pourtant une priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des alliances militaires pose &#233;videmment celle de l'OTAN. Lors de la dissolution du pacte de Varsovie suite &#224; la disparition de l'URSS, l'OTAN, qui se voulait une alliance d&#233;fensive, n'avait plus de raison d'&#234;tre. &lt;strong&gt;Elle aurait d&#251; &#234;tre remplac&#233;e par un pacte de s&#233;curit&#233; globale incluant la Russie.&lt;/strong&gt; Or, non seulement l'OTAN n'a pas &#233;t&#233; dissoute, mais elle s'est &#233;tendue &#224; l'est sans que ses missions ne soient r&#233;ellement red&#233;finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu une volont&#233; de marginaliser la Russie dans les relations internationales, sans compter le chaos entra&#238;n&#233; par la purge n&#233;olib&#233;rale, la &lt;strong&gt;&#171; th&#233;rapie de choc &#187;&lt;/strong&gt;, soutenue sinon impuls&#233;e par les occidentaux. Le r&#233;gime de Poutine est n&#233; de cette situation et les occidentaux, &#201;tats-Unis en t&#234;te, en portent une lourde responsabilit&#233;. Mais faire de l'histoire contrefactuelle - que se serait-il pass&#233; si&#8230; ? &#8211; ne fait pas une orientation politique concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les circonstances actuelles, marqu&#233;es par &lt;strong&gt;la volont&#233; expansionniste de la Russie&lt;/strong&gt;, l'existence de l'OTAN est une garantie de s&#233;curit&#233; pour nombre de pays qui n'ont pas les moyens militaires de se prot&#233;ger face &#224; d'&#233;ventuelles agressions russes. Demander aujourd'hui sa dissolution prendrait le risque de les encourager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invasion russe va de nouveau poser la question du traitement de l'immigration. La plupart des dirigeants des &#201;tats europ&#233;ens devraient &#234;tre poursuivis pour crime contre l'humanit&#233; pour la fa&#231;on dont sont trait&#233;s aujourd'hui les migrant.es. Les fronti&#232;res doivent &#234;tre ouvertes pour &lt;strong&gt;permettre l'accueil des r&#233;fugi&#233;.es&lt;/strong&gt;, quelle que soit leur provenance, et leur prise en charge digne doit se faire au niveau de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De plus aucune distinction ne doit se faire entre les r&#233;fugi&#233;.es venant d'Ukraine et les autres, tout en esp&#233;rant que les premiers puissent rapidement et en toute s&#233;curit&#233; retourner vivre dans leur pays.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, une orientation altermondialiste sur le plan international se situe sur une ligne de cr&#234;te. Elle doit &#224; la fois &#233;viter le simplisme binaire, l'inefficacit&#233; des simples proclamations de principes abstraits et l'opportunisme au nom du r&#233;alisme. Difficile donc&#8230;, ce d'autant plus que le mouvement altermondialiste, qui s'est incarn&#233; dans les processus des forums sociaux mondiaux, patine et s'av&#232;re incapable de peser r&#233;ellement &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jour d'avant, jour d'apr&#232;s</title>
		<link>https://france.attac.org/se-mobiliser/que-faire-face-au-coronavirus/article/jour-d-avant-jour-d-apres</link>
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		<dc:date>2020-03-26T16:22:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Khalfa</dc:creator>


		<dc:subject>N&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Agir pendant la pand&#233;mie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La crise sanitaire met en &#233;vidence l'insoutenabilit&#233; de la trajectoire emprunt&#233;e par nos soci&#233;t&#233;s domin&#233;e par le capitalisme n&#233;olib&#233;ral et productiviste. Face &#224; cette crise, le jour d'apr&#232;s ressemblera-t-il au jour d'avant ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/se-mobiliser/que-faire-face-au-coronavirus/" rel="directory"&gt;Que faire face au coronavirus ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/neoliberalisme" rel="tag"&gt;N&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/coronavirus" rel="tag"&gt;Agir pendant la pand&#233;mie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH78/arton7358-f0646.jpg?1754053373' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise sanitaire met en &#233;vidence l'insoutenabilit&#233; de la trajectoire emprunt&#233;e par nos soci&#233;t&#233;s domin&#233;e par le capitalisme n&#233;olib&#233;ral et productiviste. Face &#224; cette crise, le jour d'apr&#232;s ressemblera-t-il au jour d'avant ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise sanitaire majeure renvoie d'abord au mode de d&#233;veloppement induit par le capitalisme productiviste. &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/SHAH/61547&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comme l'a not&#233; Sonia Shah, dans un article r&#233;cent du Monde diplomatique&lt;/a&gt;, &#171; avec la d&#233;forestation, l'urbanisation et l'industrialisation effr&#233;n&#233;es, nous avons offert &#224; ces microbes des moyens d'arriver jusqu'au corps humain et de s'adapter &#187;. La destruction des habitats des animaux ont d&#233;truit les barri&#232;res biologiques protectrices des &#234;tres humains et a entrain&#233; &#171; une probabilit&#233; accrue de contacts proches et r&#233;p&#233;t&#233;s avec l'homme, lesquels permettent aux microbes de passer dans notre corps, o&#249;, de b&#233;nins, ils deviennent des agents pathog&#232;nes meurtriers &#187;. Un processus de longue date donc, amplifi&#233; par la mondialisation ce qui explique la circulation rapide du virus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets n&#233;fastes de cette mondialisation sous r&#233;gime n&#233;olib&#233;ral sont manifestes. Non seulement les flux incessants de marchandises &#224; travers la plan&#232;te sont une des causes majeures du r&#233;chauffement climatique, mais les d&#233;localisations op&#233;r&#233;es par les multinationales dans les pays &#224; bas salaires et aux droits sociaux r&#233;duits, combin&#233;es &#224; la logique du &#171; z&#233;ro stock &#187; et des flux tendus ont entrain&#233; une d&#233;pendance vis-&#224;-vis de quelques pays devenus les &#171; ateliers du monde &#187;, en particulier la Chine. Ainsi, la p&#233;nurie de m&#233;dicaments apparue bien avant la crise du coronavirus s'explique en partie par la concentration de la fabrication de l'essentiel des mol&#233;cules en Inde et en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes de sant&#233; ont &#233;t&#233; fragilis&#233;s par des d&#233;cennies de politiques d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire appuy&#233;es sur une conception qui visait &#224; traiter l'h&#244;pital comme une entreprise. Les odes m&#233;rit&#233;es aux soignant.es n'effacent pas ces politiques. Dans le cas pr&#233;sent, elles n'entra&#238;nent pas seulement des dysfonctionnements majeurs mais elles ont des cons&#233;quences mortif&#232;res au sens premier de ce mot. En Italie, et cela est aussi envisag&#233; en France, les malades atteint du coronavirus sont dans certains endroits tri&#233;s en fonction de leur esp&#233;rance de vie suppos&#233;e faute de mat&#233;riel, de lits et de soignants en nombre suffisant. On le savait, c'est confirm&#233;, le n&#233;olib&#233;ralisme tue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; une crise sanitaire globale, la r&#233;ponse s'est faite en ordre dispers&#233; et a mis en &#233;vidence l'affaiblissement notable de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) dont les recommandations n'ont souvent pas &#233;t&#233; suivies, notamment en mati&#232;re de d&#233;pistage syst&#233;matique. La fermeture des fronti&#232;res, alors m&#234;me que le virus circulait d&#233;j&#224; tr&#232;s largement, est non seulement absurde, mais vise &#224; faire croire que le danger viendrait de l'ext&#233;rieur. Le comble a &#233;t&#233; atteint par Donald Trump parlant de &#171; virus chinois &#187;. Les institutions de l'Union europ&#233;enne ont montr&#233; leur incapacit&#233; &#224; organiser une r&#233;ponse coordonn&#233;e des &#201;tats membres qui, chacun de leur c&#244;t&#233;, ont men&#233; des strat&#233;gies sensiblement diff&#233;rentes. L'Italie, pays le plus touch&#233;, a &#233;t&#233; laiss&#233; seul face &#224; la crise. Celle-ci va avoir des cons&#233;quences dramatiques sur les migrants entass&#233;s dans des conditions inhumaines dans des camps de r&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du coronavirus intervient dans une situation &#233;conomique d&#233;j&#224; bien d&#233;grad&#233;e notamment en Europe o&#249; la stagnation mena&#231;ait bien avant le d&#233;but de la crise sanitaire. L'Union europ&#233;enne ne s'est jamais r&#233;ellement remise de la crise de 2008 et des plans d'aust&#233;rit&#233; qui ont suivi. De plus, la faiblesse des taux d'int&#233;r&#234;t a eu l'effet pervers de favoriser un surendettement du secteur priv&#233; et on a vu se multiplier les rachats d'actions, les fusions-acquisitions et autres op&#233;rations sp&#233;culatives. La crise sanitaire s'attaque donc &#224; un corps &#233;conomique d&#233;j&#224; malade et est en train de provoquer un double choc. Un choc d'offre d&#251; aux arr&#234;ts de la production dans une situation o&#249; l'&#233;clatement des chaines de production entre de nombreux pays est un &#233;l&#233;ment de fragilisation extr&#234;me car il suffit qu'une seule pi&#232;ce manque pour bloquer le processus de fabrication d'un produit. Un choc de demande d&#251; &#224; la fois au confinement des personnes, &#224; une consommation qui tend &#224; se r&#233;duire &#224; l'essentiel, &#224; un pouvoir d'achat des salari&#233;.es qui risque de baisser avec le d&#233;veloppement du ch&#244;mage partiel, sans m&#234;me &#233;voquer la probable hausse de l'&#233;pargne de pr&#233;caution pour se pr&#233;munir face &#224; un avenir incertain. La r&#233;cession s'annonce donc et elle sera s&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a pris des mesures d'urgence pour limiter les d&#233;g&#226;ts : reports du paiement des cotisations sociales et d'imp&#244;t, prise en charge du ch&#244;mage partiel et garantie des pr&#234;ts bancaires aux PME et il envisage des nationalisations pour &#233;viter la disparition d'entreprises majeures. Mais le Premier ministre a exclu d'interdire les licenciements et aucun investissement massif d'urgence ne semble programm&#233; pour le syst&#232;me de sant&#233;. De plus, s'il est n&#233;cessaire de soutenir financi&#232;rement les PME dont la situation est tr&#232;s fragile, prendre les m&#234;mes mesures pour des grandes entreprises qui regorgent de cash-flow est pour le moins contestable. Enfin, comment justifier le fait que des secteurs &#233;conomiques non essentiels continuent de fonctionner au risque d'aggraver la contamination par le virus alors que dans le m&#234;me temps est mis en place une politique de confinement ? Le choix du gouvernement de maintenir co&#251;te que co&#251;te l'activit&#233; &#233;conomique alors m&#234;me que, dans de nombreux secteurs, cela met en danger la sant&#233; des salari&#233;.es est non seulement contradictoire avec les exhortations au confinement mais est le signe que les imp&#233;ratifs sanitaires ne sont pas la priorit&#233; absolue du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement des Bourses illustre une fois de plus le comportement mim&#233;tique des acteurs de la finance, mais un krach boursier n'est dangereux que s'il est le d&#233;tonateur d'une crise financi&#232;re. Les mesures prises par la BCE visent &#224; l'emp&#234;cher. Elle amplifie sa politique de rachat de titres (Quantitative easing), priorisant les titres priv&#233;s et non les obligations d'&#201;tat, et continue de d&#233;verser des liquidit&#233;s dans le syst&#232;me bancaire (programme TLTRO III). Ces mesures seront-elles efficaces ? Les banques de l'Union europ&#233;enne regorgent aujourd'hui de cr&#233;ances douteuses dont une part plus ou moins importante n'a pas &#233;t&#233; provisionn&#233;e. Ce sont des pr&#234;ts qui soit ont un retard de paiement cons&#233;quent, soit ne seront probablement jamais rembours&#233;s. De plus, les banques sont toutes engag&#233;es dans des op&#233;rations sp&#233;culatives &#224; haut risque &#224; travers la finance de l'ombre, le shadow banking, dans une opacit&#233; quasi-totale. Des faillites bancaires se sont produites ces derni&#232;res ann&#233;es et les p&#233;riodes de r&#233;cession y sont propices. La mise &#224; disposition quasi illimit&#233;e de liquidit&#233;s par la BCE vise &#224; essayer de r&#233;pondre &#224; cette situation, mais un accident non maitris&#233; ne peut &#234;tre exclu. Mais surtout, c'est le risque d'&#233;clatement de la zone euro qui peut refaire surface si les diff&#233;rentiels de taux d'int&#233;r&#234;t auquel les &#201;tats empruntent sur les march&#233;s financiers explosent. De ce point de vue, la d&#233;claration autant incompr&#233;hensible qu'absurde de Christine Lagarde, expliquant que la BCE n'avait pas pour &#171; mission de r&#233;duire les spreads &#187;, soit notamment l'&#233;cart entre le taux italien et le taux allemand de r&#233;f&#233;rence, est un signe inqui&#233;tant. Certes elle a ensuite rectifi&#233; son propos, mais cela montre que la doctrine de la BCE vis-&#224;-vis des &#201;tats reste marqu&#233;e par une orthodoxie destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les mesures prises tant par les gouvernements que par la BCE redonnent sens &#224; un apparent oxymore &#171; le keyn&#233;sianisme n&#233;olib&#233;ral &#187; qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; illustr&#233; lors de la crise de 2008. Comme l'avait alors affirm&#233; le &#171; prix Nobel &#187; d'&#233;conomie Robert Lucas, fondateur de l'auto-proclam&#233;e &#171; Nouvelle &#233;conomie classique &#187; et fervent partisan du n&#233;olib&#233;ralisme, &#171; dans les tranch&#233;es nous sommes tous keyn&#233;siens &#187;. Car contrairement au lib&#233;ralisme &#233;conomique, le n&#233;olib&#233;ralisme n'exclut absolument pas une intervention de l'&#201;tat si celle-ci s'av&#232;re n&#233;cessaire tant pour permettre aux march&#233;s de fonctionner que pour les sauver en temps de crise. Et effectivement nous avions connu &#224; l'&#233;poque un &#171; moment keyn&#233;sien &#187; accompagn&#233; de grandes d&#233;clarations sur la n&#233;cessit&#233; de refonder le capitalisme et de reprendre le contr&#244;le de la finance. On sait ce qu'il en est advenu ensuite. Au nom de la r&#233;duction des d&#233;ficits publics, des plans d'aust&#233;rit&#233; massifs ont plong&#233; l'Union europ&#233;enne dans la r&#233;cession, les conglom&#233;rats bancaires se sont encore renforc&#233;s, la finance a pu continuer &#224; prosp&#233;rer sans r&#233;elle limite et la destruction des droits sociaux et des services publics a continu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, pr&#233;sident de la R&#233;publique et ministres entonnent la m&#234;me rengaine et nous promettent que le jour d'apr&#232;s ne ressemblera pas au jour d'avant. Mais les mesures prises par les gouvernements vont entra&#238;ner une augmentation importante des d&#233;ficits publics et de la dette publique. Les trait&#233;s europ&#233;ens imposant de fait un &#233;quilibre budg&#233;taire et une limitation de la dette &#224; 60 % du PIB n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s caduc, la Commission europ&#233;enne acceptant simplement de faire preuve de souplesse au vu des circonstances comme cela a &#233;t&#233; le cas en 2008. La premi&#232;re &#171; rupture &#187;, pour reprendre un mot employ&#233; par le pr&#233;sident de la R&#233;publique, serait donc de dire clairement que ces trait&#233;s sont obsol&#232;tes. Mais une telle rupture ne peut &#234;tre que le pr&#233;alable &#224; une bifurcation de la dynamique de nos soci&#233;t&#233;s pour permettre une transformation &#233;cologique et sociale, ce qui implique la n&#233;cessit&#233; de repenser nos mode de production et de consommation et donc une remise en cause de la domination du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Risquons une hypoth&#232;se bas&#233;e sur un constat historique. Le seul moment dans l'histoire du capitalisme o&#249; les classes dominantes ont accept&#233; de voir en partie remise en cause leur domination correspond &#224; la p&#233;riode o&#249; l'existence m&#234;me du capitalisme &#233;tait contest&#233;e. Il importe peu de savoir si les forces qui portaient cette contestation &#8211; essentiellement les partis communistes et l'Union sovi&#233;tique &#8211; &#233;taient r&#233;ellement r&#233;volutionnaires, ou si le mod&#232;le propos&#233; &#233;tait vraiment porteur d'&#233;mancipation - on sait que ce n'est pas le cas. Il n'emp&#234;che qu'elles apparaissaient comme une alternative au capitalisme. C'est la puissance de ces mouvements de contestation radicale de l'ordre existant, et de l'imaginaire social qui l'a accompagn&#233;e, qui a oblig&#233; les classes dirigeantes &#224; accepter, bon gr&#233; mal gr&#233;, la mise en place de l'&#201;tat social. Le paradoxe est donc le suivant : les classes dominantes n'ont accept&#233; de changer de mod&#232;le que parce qu'il a exist&#233; des forces de contestation du syst&#232;me assez cr&#233;dibles pour pouvoir l'emporter. Une le&#231;on pour l'avenir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D'abord, faire de la politique !</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/d-abord-faire-de-la-politique</link>
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		<dc:date>2015-11-17T14:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Khalfa</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Face au massacre op&#233;r&#233; par Daesh, c'est d'abord la sid&#233;ration qui l'emporte. Les mots, quel que soit le sentiment qu'ils expriment - condamnation, &#233;c&#339;urement, solidarit&#233;, recueillement &#8211;, semblent toujours en de&#231;&#224; de l'&#233;v&#233;nement lui-m&#234;me. Le premier r&#233;flexe est celui de serrer les rangs. Face &#224; une agression intol&#233;rable, l'unit&#233; nationale semble s'imposer. &#171; Nous sommes en guerre &#187; nous r&#233;p&#232;tent &#224; sati&#233;t&#233; la plupart des responsables politiques. Et &#224; la guerre, tout est permis pour gagner. Dans cette surench&#232;re belliqueuse, la palme revient &#224; Laurent Wauquiez qui veut tout simplement en finir avec l'&#201;tat de droit en proposant d'interner tous ceux que les services de renseignements peuvent soup&#231;onner de terrorisme. La proclamation de l'&#233;tat d'urgence participe de cette logique. Outre que la suspicion de d&#233;lit de terrorisme permet aujourd'hui d'appliquer la plupart des mesures coercitives qui y sont attach&#233;es, on voit mal comment elles pourraient emp&#234;cher un fanatique de se faire sauter dans un lieu public.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/" rel="directory"&gt;Le flux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face au massacre op&#233;r&#233; par Daesh, c'est d'abord la sid&#233;ration qui l'emporte. Les mots, quel que soit le sentiment qu'ils expriment - condamnation, &#233;c&#339;urement, solidarit&#233;, recueillement &#8211;, semblent toujours en de&#231;&#224; de l'&#233;v&#233;nement lui-m&#234;me. Le premier r&#233;flexe est celui de serrer les rangs. Face &#224; une agression intol&#233;rable, l'unit&#233; nationale semble s'imposer. &#171; Nous sommes en guerre &#187; nous r&#233;p&#232;tent &#224; sati&#233;t&#233; la plupart des responsables politiques. Et &#224; la guerre, tout est permis pour gagner. Dans cette surench&#232;re belliqueuse, la palme revient &#224; Laurent Wauquiez qui veut tout simplement en finir avec l'&#201;tat de droit en proposant d'interner tous ceux que les services de renseignements peuvent soup&#231;onner de terrorisme. La proclamation de l'&#233;tat d'urgence participe de cette logique. Outre que la suspicion de d&#233;lit de terrorisme permet aujourd'hui d'appliquer la plupart des mesures coercitives qui y sont attach&#233;es, on voit mal comment elles pourraient emp&#234;cher un fanatique de se faire sauter dans un lieu public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais c'est surtout la tentation de mettre de c&#244;t&#233; la politique qui est la plus mortif&#232;re pour notre d&#233;mocratie. La politique, c'est la prise en charge collective de l'avenir de la cit&#233;, c'est le d&#233;bat public sur les solutions &#224; mettre en &#339;uvre dans une situation concr&#232;te. Car, plus la situation est difficile, moins une v&#233;rit&#233; s'impose d'embl&#233;e et plus la confrontation d'id&#233;es est n&#233;cessaire. Qui peut aujourd'hui s&#233;rieusement penser qu'une posture guerri&#232;re permettra en quoi que ce soit de r&#233;pondre au d&#233;fi qui nous est pos&#233;. L'objectif des terroristes est de fracturer la soci&#233;t&#233; et d'engager ainsi une guerre des civilisations dont ils ne pourront que sortir vainqueurs. Ce qu'ils veulent, c'est la fin de nos principes bas&#233;s sur le tryptique &#171; libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; &#187;. Or ceux-ci sont d&#233;j&#224; mis &#224; mal, tant par les politiques n&#233;olib&#233;rales qui pr&#233;carisent des franges toujours plus importantes de la population, que par des politiques s&#233;curitaires qui visent &#224; la contr&#244;ler toujours plus &#233;troitement, politiques dont l'inefficacit&#233; contre le terrorisme vient h&#233;las d'&#234;tre d&#233;montr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, le r&#244;le de l'&#201;tat est de prot&#233;ger sa population. Mais la mani&#232;re de le faire n'est en rien technique et rel&#232;ve de dispositions et d'objectifs politiques. Et ce sont ces derniers que nous avons le droit et devoir de discuter. Un pr&#233;sident de la R&#233;publique &#171; chef de guerre &#187; ? Mais quels sont les objectifs des guerres men&#233;es par la France dans le monde, o&#249; ont-ils &#233;t&#233; mis en d&#233;bat et d&#233;cid&#233;s ? De m&#234;me, est-ce par un discours de guerre, qui peut vite tourner &#224; la guerre civile et &#224; la lutte contre l'ennemi int&#233;rieur, que l'on colmatera les br&#232;ches g&#233;antes existantes dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ? Face &#224; ces probl&#232;mes, la solidarit&#233; nationale face au terrorisme ne doit pas se transformer en unanimisme factice. Ce qu'il nous faut, c'est faire de la politique !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Tous les articles de Pierre Khalfa sur son blog M&#233;diapart &gt; &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-khalfa&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#201;radiquer les paradis fiscaux &#187; rendrait la rigueur inutile</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/dans-les-medias/articles/eradiquer-les-paradis-fiscaux-rendrait-la-rigueur-inutile</link>
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		<dc:date>2013-05-14T19:48:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Khalfa, Thomas Coutrot</dc:creator>


		<dc:subject>Dette</dc:subject>
		<dc:subject>L'aust&#233;rit&#233; n'est pas une fatalit&#233; !</dc:subject>
		<dc:subject>Emploi, revenu, travail </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tribune publi&#233;e dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le 30 avril : &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/economie/2013/04/29/eradiquer-les-paradis-fiscaux-rendrait-la-rigueur-inutile_899872&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/economie/2013/04/29/eradiquer-les-paradis-fiscaux-rendrait-la-rigueur-inutile_899872&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Thomas Coutrot (Attac), Christophe Delecourt (CGT Finances), Vincent Drezet (Solidaires Finances Publiques), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), membres du Collectif pour l'audit citoyen de la dette publique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/emploi-revenu-travail" rel="tag"&gt;Emploi, revenu, travail &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tribune publi&#233;e dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le 30 avril : &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/economie/2013/04/29/eradiquer-les-paradis-fiscaux-rendrait-la-rigueur-inutile_899872&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/economie/2013/04/29/eradiquer-les-paradis-fiscaux-rendrait-la-rigueur-inutile_899872&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Thomas Coutrot (Attac), Christophe Delecourt (CGT Finances), Vincent Drezet (Solidaires Finances Publiques), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), membres du Collectif pour l'audit citoyen de la dette publique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Cahuzac, c&#233;l&#233;br&#233; jusqu'&#224; sa chute comme le &#171; moine soldat de la rigueur &#187;, &#233;tait un cynique adepte de l'&#233;vasion fiscale. Grand &#233;cart d&#233;vastateur pour la politique de Fran&#231;ois Hollande, qui affirme maintenant vouloir d&#233;sormais &#171; &#233;radiquer les paradis fiscaux &#187;. Cette ambition nouvelle et bienvenue est-elle envisageable sans remettre en cause le r&#244;le pr&#233;&#233;minent des march&#233;s financiers dans nos soci&#233;t&#233;s ? &#192; notre avis, non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vasion fiscale n'est pas qu'une &#171; faute morale &#187; (pour citer M. Cahuzac) attribuable &#224; quelques brebis galeuses, ni une simple affaire de &#171; d&#233;linquance financi&#232;re &#187;. Car il faut admettre que si, comme c'est solidement &#233;tabli par les sp&#233;cialistes, la moiti&#233; du commerce international de biens et services transite aujourd'hui par les paradis fiscaux, nous ne sommes pas confront&#233;s &#224; des pratiques d&#233;lictueuses marginales mais &#224; une logique syst&#233;mique.. L'&#233;radication des paradis fiscaux et de l'&#233;vasion fiscale rebattrait toutes les cartes du jeu &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor prodigieux des paradis fiscaux d&#233;coule directement de la lib&#233;ralisation des mouvements de capitaux intervenue dans les ann&#233;es 1980. Les valises de billets &#224; la fronti&#232;re suisse faisaient partie depuis longtemps du folklore national, mais l'affaire a pris d&#232;s lors une toute autre dimension. Libres de d&#233;placer d'un clic de souris leurs capitaux d'une place financi&#232;re &#224; l'autre, les riches particuliers ont rapidement appris &#224; utiliser les services interm&#233;diaires financiers pour &#171; optimiser &#187; la charge fiscale. Les multinationales, elles, ont appris &#224; utiliser leurs r&#233;seaux mondiaux pour manipuler les prix de transferts de biens et de services afin de localiser l'essentiel de leurs profits dans des territoires fiscalement bienveillants. C'est ainsi que Google ou Total ne paient quasiment pas d'imp&#244;ts dans leur pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux banques, elles ont multipli&#233; les filiales dans ces m&#234;mes paradis fiscaux pour s&#233;duire cette client&#232;le de particuliers et de firmes transnationales. Les r&#233;v&#233;lations d' &lt;i&gt;Offshore Leaks&lt;/i&gt; sur les placements organis&#233;s par BNP Paribas et le Cr&#233;dit agricole aux Ca&#239;mans ou &#224; Singapour ne font que confirmer ce qu'on savait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ordres de grandeur des sommes ainsi d&#233;tourn&#233;es donnent le vertige : la Commission europ&#233;enne estime que 1000 milliards d'euros &#233;chappent ainsi chaque ann&#233;e aux fiscs europ&#233;ens, soit 7% du PIB de l'Union. Cela correspond pour la France, &#224; 140 milliards d'euros par an, deux fois le montant de l'actuel d&#233;ficit public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte r&#233;solue pour &#171; &#233;radiquer &#187; les paradis fiscaux, qu'a annonc&#233;e Fran&#231;ois Hollande, rendrait donc inutile la poursuite des politiques de restriction budg&#233;taire : m&#234;me en ne r&#233;cup&#233;rant que la moiti&#233; des sommes en jeu, l'&#233;quilibre budg&#233;taire serait r&#233;tabli sans sacrifier les retraites, les emplois publics ou les investissements &#233;cologiques d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; m&#234;me des chiffres, &#171; l'&#233;radication &#187; des paradis fiscaux signifierait l'instauration de nouvelles r&#232;gles du jeu qui transformeraient radicalement les rapports de force entre la finance et la soci&#233;t&#233;. Les propositions de transparence &#233;nonc&#233;es par M. Hollande &#8211; comptabilit&#233; par pays, &#233;change automatique d'informations bancaires &#8211; pourraient sembler aller dans le bon sens. Mais le renvoi de ces d&#233;cisions au niveau europ&#233;en, ou pire encore au G20, risque de les retarder et les d&#233;layer fortement. Pour montrer sa d&#233;termination la France doit prendre sans tarder des mesures &#233;nergiques qui ne pourront que stimuler l'&#233;lan europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#232;gles doivent d'abord, en effet, imposer la transparence des activit&#233;s : obligation de publier les prix de transfert, les profits et les imp&#244;ts pay&#233;s pays par pays par les banques et les transnationales, mais aussi les activit&#233;s des chambres de compensation, identification automatique des titulaires et des montants des fortunes offshore et des soci&#233;t&#233;s-&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la transparence ne suffit pas. Il faut mettre au ban les paradis fiscaux en interdisant toute transaction financi&#232;re avec eux et en obligeant les particuliers et les multinationales, fran&#231;aises pour commencer, &#224; rapatrier les avoirs qu'ils y poss&#232;dent. Il s'agit de remettre sous l'empire du droit commun les riches et les grandes entreprises &#224; qui le n&#233;olib&#233;ralisme a permis de faire s&#233;cession vis-&#224;-vis du reste de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, force est de constater que les r&#233;formes de l'&#201;tat men&#233;es par les gouvernements successifs sous des sigles divers (RGPP, R&#233;ate, MAP&#8230;) n'ont cess&#233; d'amputer les moyens des services publics en charge de la lutte contre les fraudes. Il est temps de rompre avec ces politiques et de donner aux corps de contr&#244;le les moyens humains, budg&#233;taires et juridiques pour sanctionner efficacement les fraudes fiscales mais aussi sociales, &#233;conomiques, industrielles, environnementales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif pour un audit citoyen de la dette publique ( &lt;a href=&#034;http://www.audit-citoyen.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;audit-citoyen.org&lt;/a&gt; ) regroupe de nombreuses organisations pour refuser les fausses &#233;vidences selon lesquelles l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire serait un mal n&#233;cessaire. La lumi&#232;re que jette l'actualit&#233; sur l'une des origines des d&#233;ficits publics confirme &#244; combien ce diagnostic. Nous pensons le moment venu de renforcer l'action des mouvements sociaux et citoyens pour de v&#233;ritables alternatives &#224; l'aust&#233;rit&#233;, &#224; commencer par cette lutte r&#233;solue contre l'&#233;vasion fiscale syst&#233;mique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La supercherie du &#171; Pacte pour la croissance &#187; </title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/dans-les-medias/articles/la-supercherie-du-pacte-pour-la-croissance</link>
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		<dc:date>2012-06-28T11:08:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le Monde.fr, Pierre Khalfa, Thomas Coutrot</dc:creator>


		<dc:subject>Finance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le &#171; Pacte pour la croissance &#187; compensera les effets r&#233;cessifs du Pacte budg&#233;taire, Ainsi Fran&#231;ois Hollande tente t'il de justifier la ratification rapide de ce dernier par la France.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/dans-les-medias/" rel="directory"&gt;Dans les m&#233;dias&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/finance" rel="tag"&gt;Finance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH146/arton724-7a605.jpg?1754053373' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='146' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nos amis allemands ne peuvent pas poser deux verrous &#224; la fois, un sur les eurobonds (obligations pour mutualiser les dettes publiques europ&#233;ennes) et un autre sur le refinancement direct des dettes par la BCE &#187;&lt;/i&gt; , avait d&#233;clar&#233; Fran&#231;ois Hollande le lendemain de son &#233;lection au site Slate.fr.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fermet&#233; du ton employ&#233; par le candidat socialiste durant la campagne &#233;lectorale, et r&#233;it&#233;r&#233;e d&#232;s son &#233;lection, laissait entrevoir la possibilit&#233; d'un bras de fer entre le nouveau pouvoir fran&#231;ais, aur&#233;ol&#233; de sa toute fra&#238;che l&#233;gitimit&#233; &#233;lectorale et soutenu par les gouvernements conservateurs d'Europe du Sud, et un gouvernement conservateur allemand isol&#233;. Une &#233;preuve de force d'o&#249; serait sorti, apr&#232;s quelques &#233;pisodes de forte tension, un r&#233;el compromis, en particulier sur le r&#244;le de la BCE. Cela n'aurait pas r&#233;solu les probl&#232;mes de fond de la construction europ&#233;enne, mais permis sans doute de soulager de la pression des march&#233;s financiers des pays qui, sinon, vont inexorablement sombrer dans l'ab&#238;me de la d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant il aura suffi de quelques d&#233;clarations tonitruantes d'Angela Merkel et de son ministre de l'&#233;conomie Wolfgang Schauble pour que les deux propositions iconoclastes disparaissent du &#171; Pacte pour la croissance &#187; que le m&#234;me Fran&#231;ois Hollande propose au sommet europ&#233;en du 28 juin. Il n'y aura pas de conflit, et donc pas de r&#233;el compromis, mais une capitulation en rase campagne comme le montrent les r&#233;centes d&#233;claration de Jean-Marc Ayrault renvoyant les &#171; eurobonds &#187; &#224; dans 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exit donc la &#171; ren&#233;gociation &#187; du Pacte budg&#233;taire (le fameux &#171; trait&#233; Merkozy &#187; ) promise par le candidat socialiste pendant la campagne &#233;lectorale : voici d&#233;sormais le Pacte budg&#233;taire &#171; compl&#233;t&#233; &#187; par un Pacte de croissance cens&#233; &#233;loigner l'Union europ&#233;enne d'une approche purement punitive et aust&#233;ritaire, gr&#226;ce &#224; soi-disant 120 milliards d'euros d'investissements nouveaux pour des grands projets europ&#233;ens. Notre pr&#233;sident &#171; normal &#187; s'achemine donc vers un sommet europ&#233;en &#171; normal &#187; , conclu par force embrassades et d&#233;clarations triomphantes proclamant la &#171; fin de la crise &#187; pour la zone euro. Il y a fort &#224; parier que le gouvernement fran&#231;ais en profitera pour faire ratifier rapidement le Pacte budg&#233;taire par le Parlement nouvellement &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul probl&#232;me : ce &#171; Pacte de croissance &#187; n'aura aucun impact sur la croissance. D'abord parce que les chiffres annonc&#233;s ne repr&#233;sentent que moins d'1% du PIB de l'Union europ&#233;enne. Mais surtout parce que ces chiffres sont sans signification &#233;conomique et recouvrent pour l'essentiel non pas un plan de relance mais une op&#233;ration de communication politique . Ainsi, les fameux 120 milliards consistent pour moiti&#233; en un &#171; red&#233;ploiement &#187; de fonds structurels soi-disant &#171; dormants &#187; , mais qui en r&#233;alit&#233; &#233;taient bel et bien d&#233;j&#224; programm&#233;s pour &#234;tre d&#233;pens&#233;s d'ici 2014. Quant aux nouveaux pr&#234;ts que la Banque europ&#233;enne d'investissement pourra, peut-&#234;tre, consentir au secteur priv&#233; pour des &#171; grands projets &#187; gr&#226;ce &#224; l'augmentation de son capital et aux project bonds, ils seront &#233;tal&#233;s sur plusieurs ann&#233;es et l'impact en sera donc tr&#232;s limit&#233;. De toutes fa&#231;ons le probl&#232;me de la zone euro n'est en aucun cas que les entreprises manquent de ressources pour investir : les grands groupes regorgent au contraire de liquidit&#233;s, qu'ils distribuent d'ailleurs pour une large part &#224; leurs actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le &#171; Pacte de croissance &#187; est un simulacre, en revanche le Pacte budg&#233;taire, lui, est bien r&#233;el : il implique des mesures de r&#233;duction des d&#233;ficits dont l'impact direct sur la croissance de la zone euro est d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233;, et chiffr&#233; &#224; 7 points de PIB sur la p&#233;riode 2010-2013 par trois Instituts &#233;conomiques ind&#233;pendants, IMK (Allemagne), OFCE (France) et WIFO (Autriche). En laissant entendre que le &#171; Pacte pour la croissance &#187; compensera les effets r&#233;cessifs du Pacte budg&#233;taire, Fran&#231;ois Hollande met donc en sc&#232;ne une v&#233;ritable supercherie politique pour justifier la ratification rapide de ce dernier par la France. Rappelons que le Pacte budg&#233;taire impose ad vitam aeternam une nouvelle norme budg&#233;taire : le &#171; d&#233;ficit structurel &#187; - notion &#233;sot&#233;rique et controvers&#233;e - des &#201;tats ne devrait plus d&#233;passer 0,5 % du PIB. Le Pacte introduit des sanctions quasi-automatiques pour les pays contrevenants et donne &#224; la Commission et &#224; la Cour de justice europ&#233;enne un droit de veto sur les d&#233;cisions budg&#233;taires nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible qu'un enthousiasme m&#233;diatiquement orchestr&#233;, comme on en a tant vu ces deux derni&#232;res ann&#233;es &#224; l'issue de chaque sommet europ&#233;en &#171; de la derni&#232;re chance &#187; , convainque l'opinion publique de la th&#232;se du &#171; compromis &#187; arrach&#233; par Fran&#231;ois Hollande &#224; Angela Merkel. Effet d'annonce renforc&#233; par l'annonce de l'adoption d'une taxe sur les transactions financi&#232;res en contournant l'opposition du Royaume-Uni gr&#226;ce &#224; une proc&#233;dure de &#171; coop&#233;ration renforc&#233;e &#187; . Taxe dont la mise en &#339;uvre concr&#232;te, qui heurterait de puissants int&#233;r&#234;ts, risque malheureusement de s'embourber de longues ann&#233;es dans les couloirs de la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout l'art des communicants ne fera pas du &#171; Pacte pour la croissance &#187; le d&#233;but d'une solution &#224; la d&#233;pression dans laquelle s'enfonce dangereusement la zone euro du fait des politiques d'aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Plus grave encore peut-&#234;tre : cette supercherie, et l'in&#233;vitable d&#233;ception qui s'ensuivra &#224; mesure que la crise va continuer &#224; s'aggraver , portera un coup suppl&#233;mentaire &#224; la cr&#233;dibilit&#233; de la parole politique. &#192; prendre les citoyens pour des enfants qu'on berce avec des effets d'annonce, nos gouvernants pr&#233;parent &#224; la d&#233;mocratie en Europe de sombres lendemains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est encore temps d'emp&#234;cher ce sc&#233;nario. Les citoyens peuvent intervenir pour exiger de Fran&#231;ois Hollande qu'il soumette la ratification du Pacte budg&#233;taire et du &#171; compromis &#187; du 28 juin &#224; un v&#233;ritable d&#233;bat d&#233;mocratique, tranch&#233; par un r&#233;f&#233;rendum. Des dizaines de personnalit&#233;s de la soci&#233;t&#233; civile le demandent dans une p&#233;tition (en ligne sur les sites d'Attac et de la Fondation Copernic). Face &#224; la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite il faut d'urgence non pas moins mais plus de participation populaire, plus de d&#233;mocratie en France et en Europe. L'Union europ&#233;enne et l'euro ne retrouveront pas d'avenir dans les ficelles de la communication politique, mais en se soumettant &#224; l'&#233;preuve du d&#233;bat et de la souverainet&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas Coutrot, co-pr&#233;sident d'Attac, Pierre Khalfa, co-pr&#233;sident de la Fondation Copernic&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/27/la-supercherie-du-pacte-pour-la-croissance_1725420_3232.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/27/la-supercherie-du-pacte-pour-la-croissance_1725420_3232.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le MES n'est pas un m&#233;canisme de solidarit&#233; europ&#233;en</title>
		<link>https://france.attac.org/se-mobiliser/archives-campagnes/l-austerite-n-est-pas-une-fatalite/articles/le-mes-nest-pas-un-mecanisme-de-solidarite-europeen</link>
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		<dc:date>2012-03-02T10:24:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Debons, Francis Wurtz, Jacques G&#233;n&#233;reux, Jean-Marie Harribey, Marie-Christine Vergiat, Pierre Khalfa</dc:creator>


		<dc:subject>Dette</dc:subject>
		<dc:subject>L'aust&#233;rit&#233; n'est pas une fatalit&#233; !</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un point de vue publi&#233; dans Le Monde du 25 f&#233;vrier (&#171; M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; : la bourde historique de la gauche &#187;), des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens &#233;cologistes et des &#233;conomistes proches d'eux s'en prennent &#224; ceux qui, &#224; gauche, se sont oppos&#233;s au M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES). Passons sur l'outrance rh&#233;torique qui consiste &#224; comparer cette opposition &#224; celle des d&#233;put&#233;s de droite sur la loi Veil instaurant le droit &#224; l'avortement et venons-en au fait. Le MES serait &#171; un premier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH79/arton646-f6918.png?1753873939' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un point de vue publi&#233; dans Le Monde du 25 f&#233;vrier (&#034;&lt;a href=&#034;http://lemonde.fr/idees/article/2012/02/24/mecanisme-europeen-de-stabilite-la-bourde-historique-de-la-gauche_1648055_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; : la bourde historique de la gauche&lt;/a&gt;&#171; ), des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens &#233;cologistes et des &#233;conomistes proches d'eux s'en prennent &#224; ceux qui, &#224; gauche, se sont oppos&#233;s au M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES). Passons sur l'outrance rh&#233;torique qui consiste &#224; comparer cette opposition &#224; celle des d&#233;put&#233;s de droite sur la loi Veil instaurant le droit &#224; l'avortement et venons-en au fait. Le MES serait &#187;un premier pas vers une Europe f&#233;d&#233;rale avec son propre Tr&#233;sor public et un budget cons&#233;quent&#171; . Au-del&#224; du fait qu'il faudrait discuter pr&#233;cis&#233;ment des fondements d'une telle Europe f&#233;d&#233;rale, s'il s'agissait d' &#187;un fonds solidaire&#171; , comme ils l'affirment, s'opposer au MES serait effectivement &#187;une bourde historique&#034;. H&#233;las, comme lors du d&#233;bat sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en (TCE), nos amis prennent leurs d&#233;sirs pour la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un Tr&#233;sor public europ&#233;en aurait pour objectif de financer des politiques publiques europ&#233;ennes. Rien de tel dans ce qui nous est pr&#233;sent&#233;. Le MES n'a pas vocation &#224; conduire des politiques publiques d'investissement au niveau europ&#233;en, ce qui pourtant serait bien utile, ni m&#234;me d'aider &#224; la convergence des trajectoires &#233;conomiques et sociales des &#201;tats membres. Et surtout, loin de permettre &#224; l'Union europ&#233;enne de s'&#233;manciper de la toute puissance des march&#233;s financiers, il en consacre la domination. Il vise simplement &#224; pr&#234;ter des fonds aux &#201;tats qui auront du mal &#224; emprunter directement sur les march&#233;s financiers. Comment cela se passera-t-il ? D'abord, les &#201;tats emprunteront sur les march&#233;s financiers pour constituer le capital du MES, plusieurs centaines de milliards d'euros. L'Allemagne empruntera &#224; un peu moins de 3 %, la France &#224; un peu plus, et les autres pays &#224; beaucoup plus. Premier r&#233;sultat donc, la dette publique va s'accro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est fort probable que ces sommes risquent d'&#234;tre insuffisantes en cas d'aggravation de la crise. Si le MES devait &#171; secourir &#187;, outre la Gr&#232;ce, l'Irlande et le Portugal, mais aussi l'Espagne et l'Italie &#8211; des pays aujourd'hui sur la sellette, mais appel&#233;s eux aussi &#224; r&#233;pondre aux appels de fonds du MES &#8211;, il serait vite d&#233;pass&#233;. D'o&#249; le fait que le MES soit autoris&#233; &#224; emprunter sur les march&#233;s financiers avec pour objectif d'arriver par &#171; effet levier &#187; &#224; emprunter trois &#224; quatre fois son capital. Mais pour le faire &#224; un taux faible, il faut qu'il soit bien not&#233; par les agences de notation. Or, tous les pays sont plus ou moins soumis &#224; la d&#233;fiance des march&#233;s. Le risque est donc grand que le MES subisse aussi cette d&#233;fiance. Cela a d'ailleurs &#233;t&#233; le cas du Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re (FESF) qui a perdu son triple A suite &#224; la d&#233;gradation de la plupart des pays europ&#233;ens. Comment donc &#171; des pays ayant perdu toute cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s des march&#233;s internationaux &#187;, comme l'affirment nos auteurs, peuvent-ils en se coalisant retrouver cette cr&#233;dibilit&#233; ? De plus, comment le MES remboursera-t-il sa dette si les pays contributeurs, qui seront aussi ses d&#233;biteurs, sont en difficult&#233; et si les taux grimpent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de sortir les &#201;tats et la zone euro de l'emprise des march&#233;s financiers, le MES la renforce encore. Les banques, qui peuvent emprunter &#224; 1 % aupr&#232;s de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), pr&#234;teront au MES &#224; un taux nettement sup&#233;rieur. Le MES pr&#234;tera aux &#201;tats &#224; un taux encore sup&#233;rieur et ces fonds serviront &#224; payer la charge de la dette qui entrera dans les coffres des banques. C'est la solidarit&#233; version n&#233;olib&#233;rale, les banques solidaires avec elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout, car ces &#171; aides &#187; aux &#201;tats se font &#171; sous une stricte conditionnalit&#233; &#187; qui sera d&#233;finie par la Commission europ&#233;enne, la BCE et le Fonds mon&#233;taire international (FMI). C'est cette tro&#239;ka qui est en train de mettre le peuple grec &#224; genoux &#224; force de r&#233;ductions de salaires, de privatisations, de remise en cause des droits des salari&#233;-es. Pour avoir acc&#232;s au MES, il faudra en passer sous les fourches caudines de l'aust&#233;rit&#233; drastique. Nos auteurs sont bien conscients du probl&#232;me et affirment qu'ils sont &#171; pour une conditionnalit&#233;, mais pas celle impos&#233;e &#224; la Gr&#232;ce &#187;. Mais ce ne sont pas eux qui d&#233;finiront cette conditionnalit&#233;, mais la tro&#239;ka dont on sait quelle conception elle en a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cerise sur le g&#226;teau, l'octroi d'une aide financi&#232;re sera, &#224; partir du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars 2013, conditionn&#233;e par la ratification du Trait&#233; sur la stabilit&#233;, la coordination et la gouvernance de l'Union (TSCG). Or ce trait&#233;, comme le note la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats &#8211; qui avait pourtant soutenu vigoureusement tous les trait&#233;s ant&#233;rieurs &#8211; &#171; ne fait que stipuler la m&#234;me chose : l'aust&#233;rit&#233; et la discipline budg&#233;taire &#187;. Nos auteurs indiquent que ce couplage entre le MES et le TSCG n'a pas de valeur l&#233;gale. Mais le probl&#232;me n'est pas juridique mais politique. En adoptant le MES, les &#201;tats s'engagent politiquement &#224; adopter le TSCG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, loin d'&#234;tre un m&#233;canisme de solidarit&#233; europ&#233;en, le MES va &#234;tre une camisole de force pour soumettre les peuples aux exigences des march&#233;s et le S de MES risque fort d'&#234;tre celui de servitude. La crise actuelle de l'UE et de la zone euro est la r&#233;sultante de l'application des trait&#233;s europ&#233;ens ant&#233;rieurs marqu&#233;s du sceau du n&#233;olib&#233;ralisme. La sortie de crise implique un changement de logique. Les d&#233;put&#233;s &#233;cologistes et les &#233;conomistes qui leur sont proches ont de la constance &#224; d&#233;faut de coh&#233;rence. Ils avaient soutenu le TCE qui emp&#234;chait la BCE d'&#234;tre un pr&#234;teur en dernier ressort pour les &#201;tats et ils soutiennent le MES qui ne pourra pas emprunter &#224; la BCE et qui a &#233;t&#233; invent&#233; pour &#233;viter d'avoir &#224; modifier le statut de la BCE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe pourtant une autre solution pour sortir de l'emprise des march&#233;s : que la BCE finance, sous contr&#244;le d&#233;mocratique europ&#233;en, les d&#233;ficits publics des &#201;tats. Cela est d'ailleurs possible d&#232;s aujourd'hui car l'alin&#233;a 2 de l'article 123 du Trait&#233; sur le fonctionnement de l'Union europ&#233;enne autorise la BCE et les banques centrales nationales &#224; pr&#234;ter aux &#233;tablissements publics de cr&#233;dit qui pourraient donc par l&#224;-m&#234;me financer les d&#233;ficits publics. Sortir la dette publique de la mainmise des march&#233;s est la condition de toute politique progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Debons&lt;/strong&gt;, syndicaliste, &lt;strong&gt;Jacques G&#233;n&#233;reux&lt;/strong&gt;, &#233;conomiste, &lt;strong&gt;Janette Habel&lt;/strong&gt;, universitaire, &lt;strong&gt;Jean-Marie Harribey&lt;/strong&gt;, &#233;conomiste, &lt;strong&gt;Pierre Khalfa&lt;/strong&gt;, syndicaliste, &lt;strong&gt;Marie-Christine Vergiat&lt;/strong&gt;, d&#233;put&#233;e europ&#233;enne, et &lt;strong&gt;Francis Wurtz&lt;/strong&gt;, d&#233;put&#233; europ&#233;en honoraire, soutiennent la candidature de Jean-Luc M&#233;lenchon &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Debons, Jacques G&#233;n&#233;reux, Janette Habel, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa, Marie-Christine Vergiat et Francis Wurtz&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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