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	<title>Attac France</title>
	<link>https://france.attac.org/</link>
	<description>Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et m&#232;ne des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales.
Mouvement d'&#233;ducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conf&#233;rences, des r&#233;unions publiques, participe &#224; des manifestations&#8230;
Attac est pr&#233;sente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte pr&#232;s de 10 000 membres et plus de 100 comit&#233;s locaux.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Attac France</title>
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		<title>Crise de l'&#233;levage, une crise qui dure avec de lourdes cons&#233;quences, pourquoi ?</title>
		<link>https://france.attac.org/se-mobiliser/justice-sociale-et-climatique/changeons-systeme-pas-climat/article/crise-de-l-elevage-une-crise-qui-dure-avec-de-lourdes-consequences-pourquoi</link>
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		<dc:date>2016-10-18T10:25:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Buisson</dc:creator>


		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture</dc:subject>
		<dc:subject>Lobbies</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tat d'urgence climatique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une longue crise aux tr&#232;s graves cons&#233;quences ; depuis le printemps 2015, le prix du lait est tr&#232;s bas : 0,25 &#8364;/litre en 2015, 0,28 en 2016, et tr&#232;s en dessous du co&#251;t de production (0,35) en fili&#232;re classique (hors AB, certaines fili&#232;res AOC, circuits courts). Cela conduit de nombreux producteurs &#224; ne plus avoir de revenu et pour, ceux endett&#233;s, &#224; ne plus pouvoir faire face &#224; leurs dettes. Un tel prix signifie que la tr&#232;s grande majorit&#233; des producteurs ne d&#233;gagent plus de revenu, ne peuvent payer les annuit&#233;s d'emprunt et financer les achats courants. Une telle situation, tr&#232;s difficile &#224; supporter sur un an devient totalement insupportable pour beaucoup sur deux ans, d'autant que 2015 avait &#233;t&#233; mauvaise aussi en viande bovine et en porc et &#8230; qu'en 2016, les mesures pour r&#233;duire la production laiti&#232;re entra&#238;nent une hausse brutale de l'abattage des vaches laiti&#232;res et la baisse du prix de la viande bovine. 2016, c'est aussi la crise c&#233;r&#233;ali&#232;re qui touche certains &#233;leveurs.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/se-mobiliser/justice-sociale-et-climatique/changeons-systeme-pas-climat/" rel="directory"&gt;&#201;tat d'urgence climatique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/euro" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/agriculture" rel="tag"&gt;Agriculture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/lobbies" rel="tag"&gt;Lobbies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/vers-la-cop21" rel="tag"&gt;&#201;tat d'urgence climatique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton5060-848dc.png?1754003040' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une longue crise aux tr&#232;s graves cons&#233;quences ; depuis le printemps 2015, le prix du lait est tr&#232;s bas : 0,25 &#8364;/litre en 2015, 0,28 en 2016, et tr&#232;s en dessous du co&#251;t de production (0,35) en fili&#232;re classique (hors AB, certaines fili&#232;res AOC, circuits courts). Cela conduit de nombreux producteurs &#224; ne plus avoir de revenu et pour, ceux endett&#233;s, &#224; ne plus pouvoir faire face &#224; leurs dettes. Un tel prix signifie que la tr&#232;s grande majorit&#233; des producteurs ne d&#233;gagent plus de revenu, ne peuvent payer les annuit&#233;s d'emprunt et financer les achats courants. Une telle situation, tr&#232;s difficile &#224; supporter sur un an devient totalement insupportable pour beaucoup sur deux ans, d'autant que 2015 avait &#233;t&#233; mauvaise aussi en viande bovine et en porc et &#8230; qu'en 2016, les mesures pour r&#233;duire la production laiti&#232;re entra&#238;nent une hausse brutale de l'abattage des vaches laiti&#232;res et la baisse du prix de la viande bovine. 2016, c'est aussi la crise c&#233;r&#233;ali&#232;re qui touche certains &#233;leveurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de cette situation, totalement injustifi&#233;e, sont tr&#232;s graves pour les producteurs plac&#233;s dans une ins&#233;curit&#233; insupportable pour leur appareil de production et pour leur famille ; beaucoup se trouvent en &#171; situation de n&#233;cessit&#233; &#187;&#8230;, physiquement et psychologiquement &#233;puis&#233;s. Il en r&#233;sulte de nombreux arr&#234;ts de la production laiti&#232;re qui menacent une production essentielle : le rythme d'arr&#234;t de la production est le double de celui des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes : 10 % au lieu de 5 % alors que le nombre d'&#233;leveurs laitiers a d&#233;j&#224; fortement diminu&#233; depuis 10 ans, passant de 100 000 &#224; 60 000.Il s'agit donc d'une crise pour les &#233;leveurs, mais aussi une perte acc&#233;l&#233;r&#233;e d'une agriculture diversifi&#233;e et nombreuse, une telle crise ne pouvant que conduire &#224; davantage de concentration et d'artificialisation, malgr&#233; le d&#233;veloppement rapide depuis 2015 de la production en bio.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Qui-sont-producteurs-les-plus-et-les-moins-touches-par-cette-baisse-des-prix-nbsp'&gt;Qui sont producteurs les plus et les moins touch&#233;s par cette baisse des prix sur deux ann&#233;es ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les plus touch&#233;s sont les producteurs endett&#233;s pour financer un investissement important (b&#226;timent en lien avec la mise aux normes et ou un accroissement du troupeau, installation d'un robot de traite &#8230;). L'endettement gr&#232;ve le revenu d'exploitation par les charges d'int&#233;r&#234;t et le revenu disponible par les annuit&#233;s en capital, particuli&#232;rement difficiles &#224; rembourser en cas de chute du prix du fait de l'ass&#232;chement de la tr&#233;sorerie, tr&#232;s nette dans ces syst&#232;mes souvent aussi fortement d&#233;pendants des achats d'intrants (engrais, aliments pour le b&#233;tail &#8230;). Dans ces syst&#232;mes, une telle chute des prix conduit &#224; une forte baisse de la valeur ajout&#233;e donc de la capacit&#233; &#224; payer les autres charges et &#224; maintenir un revenu. A l'oppos&#233;, les moins touch&#233;s, hors les exploitations productivistes bien install&#233;es sont ceux pratiquant les syst&#232;mes &#171; &#233;conomes et autonomes &#187; (dont les syst&#232;mes en bio) caract&#233;ris&#233;s par un faible niveau d'intrants et de capital, (voir encadr&#233;), gr&#226;ce notamment &#224; une alimentation reposant le plus possible sur le p&#226;turage. Ils font assez bien face &#224; la crise tout en &#233;tant bien s&#251;r touch&#233;s par la baisse du revenu. Mais ces syst&#232;mes sont actuellement limit&#233;s dans leur d&#233;veloppement et beaucoup d'&#233;leveurs, sur des exploitations de taille moyenne ou dans de mauvaises conditions naturelles ont d&#251;, par manque de surface, recourir &#224; davantage d'achats. Ces syst&#232;mes sont souvent contraints d'abandonner la production laiti&#232;re ou leur exploitation, alors que leur maintien et leur &#233;volution vers plus d'autonomie repr&#233;sentent un grand int&#233;r&#234;t sur les plans &#233;conomique, social et &#233;cologique. Hors fili&#232;re classique, deux types d'orientations permettent d'&#233;chapper &#224; cette crise avec un faible co&#251;t de production et un meilleur prix : ces deux conditions sont souvent obtenues en production bio, en transformation fermi&#232;re avec circuit particulier de vente, directe ou autre. Ces syst&#232;mes repr&#233;sentent encore une faible part de la production (moins de 10 % en bio malgr&#233; la hausse en cours).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Les-raisons-de-cette-crise-sont-biens-connues'&gt;Les raisons de cette crise sont biens connues &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les raisons sont : la suppression des quotas de production en lait qui a donn&#233; lieu, par anticipation, &#224; une hausse de production buttant en m&#234;me temps sur les effets de la d&#233;r&#233;gulation et sur des exportations moins fortes que pr&#233;vues en Chine et en Russie. Compter sur le fonctionnement lib&#233;ral et sur les exportations constitue une fois de plus sur une strat&#233;gie utile pour certaines entreprises (en 2013 les taux de marge et de rentabilit&#233; de l'industrie laiti&#232;re &#233;taient, en France, respectivement de 32 et de 11 %) et certains pays, mais globalement catastrophique pour la majorit&#233; des producteurs et l'&#233;conomie laiti&#232;re. Or les caract&#233;ristiques de cette &#233;conomie n&#233;cessitent une forte r&#233;gulation : march&#233; rigide (niveau de prix tr&#232;s vite d&#233;grad&#233; en cas de surproduction et production difficile &#224; r&#233;duire en cas de baisse des prix) mais avec, pour des raisons &#171; techniques &#187;, des variations inter et intra annuelles de volume et de co&#251;ts de production. Les caract&#233;ristiques du produit, imposant une collecte r&#233;guli&#232;re et une transformation imm&#233;diate, puis permettant des produits de report (beurre et poudres) pour adapter les disponibilit&#233;s au march&#233; int&#233;rieur, rendent possible cette r&#233;gulation par quotas. Elle a d&#233;montr&#233; son efficacit&#233; sur diff&#233;rents plans, notamment en France avec une gestion administrative et non commerciale des droits &#224; produire. Mais comme disent les Anglais &#171; on ne peut faire rentrer dans le tube le dentifrice qui en est sorti &#187;, autrement dit, il sera difficile de revenir &#224; une r&#233;elle r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, &#224; Bruxelles et &#224; Paris, on reparle de ma&#238;trise de la production, avec une aide &#224; la r&#233;duction temporaire de la production, notamment en France, alors que les Pays-Bas et l'Irlande accroissent eux leur production, respectivement de + 11 % et de + 8,5 %, aggravant &#224; terme la crise dans les pays acceptant de limiter leur production ! De m&#234;me, alors qu'il y a urgence &#224; favoriser le maintien du maximum des fermes en difficult&#233;, le plan actuel contient un accompagnement des &#233;leveurs souhaitant quitter le m&#233;tier au lieu de les aider &#224; faciliter leur maintien. Et, pour satisfaire les revendications de la FNSEA, St&#233;phane Le Foll bloque la meilleure redistribution des aides pr&#233;vue au profit des petites fermes. Ces d&#233;cisions et les aides en termes de tr&#233;sorerie ou l'accord apr&#232;s le bocage de Lactalis, ne r&#232;glent rien au fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; l'urgence, &#171; aux situations dramatiques que vivent de plus en plus de paysans et de paysannes &#187; il faut, comme le revendique la Conf&#233;d&#233;ration paysanne (CS, octobre 2016), &#171; subvenir le plus rapidement possible aux besoins imm&#233;diats des m&#233;nages et pr&#233;server les fermes &#187;. Il s'agit &#224; la fois de justice et de sauvegarde d'outils de production pour une agriculture paysanne et plus largement &#171; autonome et &#233;conome &#187;, &#224; haute port&#233;e &#233;cologique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise de l'&#233;levage doit cesser rapidement pour bloquer ce qui ressemble &#224; un plan de licenciement massif, sans &#171; plan social &#187;. Elle doit conduire, aussi pour d'autres raisons, &#224; une large r&#233;flexion/mobilisation citoyenne et politique dans le cadre de la campagne alimentation de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, des enjeux politiques actuels, des discussions pour la future r&#233;forme de la PAC pour 2020. Il s'agit de r&#233;pondre &#224; trois questions : quelle agriculture, quelle alimentation, quelle Europe voulons nous ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='La-remuneration-du-travail-familial-en-agriculture'&gt;La r&#233;mun&#233;ration du travail familial en agriculture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque crise provoqu&#233;e par une baisse excessive du prix de vente d'un produit agricole, repose la question du lien entre ce prix et le revenu (niveau moyen et variabilit&#233;s interannuelle et ente producteurs) des travailleurs agricoles, en majorit&#233; non salari&#233;s et op&#233;rant dans des unit&#233;s de production en grande majorit&#233; familiales et de petite taille (1,5 &#233;quivalent temps plein temps en moyenne en France actuellement)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le statut : travail familial ind&#233;pendant, donc pas de salaire, pas de SMIC, pas d'allocations ch&#244;mage, pas de filet de s&#233;curit&#233;, pas de licenciement ni de plan social ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la capacit&#233; de chaque unit&#233; de production (l'exploitation agricole) &#224; produire un certain volume de produit brut (volume de production*prix de vente) et &#224; d&#233;gager une part de revenu plus ou moins &#233;lev&#233;e (Produit - charges/produit) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la moindre sensibilit&#233; aux crises, (hors les grandes unit&#233;s en c&#233;r&#233;ales, en viticulture) est obtenue par les &#171; syst&#232;mes autonomes et &#233;conomes &#187; (dont AB) caract&#233;ris&#233;s par un faible niveau d'intrants et de capital avec des techniques performantes leur permettant, malgr&#233; un rendement par ha et par actif plus faible que les syst&#232;mes artificialis&#233;s, de d&#233;gager autant, voire plus, de revenu par actif gr&#226;ce &#224; des taux de valeur ajout&#233;e nettement plus &#233;lev&#233;s et &#224; des niveaux de charge de structure plus faibles. Ces caract&#233;ristiques entra&#238;nent aussi de grands avantages sociaux et &#233;cologiques.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La crise est l&#224; obs&#233;dante, puissante&#8230; et elle dure &#187; - (Campagnes Solidaires, sept 2016) &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin, lisez &lt;a href='https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/les-menaces-du-traite-de-libre-echange-avec-le-canada-ceta-sur-l-agriculture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les menaces du trait&#233; de libre-&#233;change avec le Canada (CETA) sur l'agriculture fran&#231;aise&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Domaine public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les avanc&#233;es du capital dans l'agriculture mondiale et leurs cons&#233;quences</title>
		<link>https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/les-avancees-du-capital-dans-l-agriculture-mondiale-et-leurs-consequences</link>
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		<dc:date>2016-04-01T11:18:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aur&#233;lie Trouv&#233;, Jacques Loyat, Michel Buisson</dc:creator>


		<dc:subject>Biens communs</dc:subject>
		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Attac souhaite, avec cette contribution, apporter aux d&#233;bats pr&#233;paratoires du forum quelques &#233;l&#233;ments sur les transformations de la question fonci&#232;re et des conditions de la production agricole li&#233;es au d&#233;veloppement du poids du capitalisme dans les secteurs agricole et agroalimentaire &#224; partir de 2007-2008. Ces transformations sont li&#233;es &#224; la conjonction, au sein de la crise globale, de deux crises &#224; forts impacts agricoles : la crise alimentaire et la crise &#233;cologique. Deux modalit&#233;s de ce d&#233;veloppement sont abord&#233;es &#224; diverses &#233;chelles, sans recherche d'exhaustivit&#233; : l'accaparement des terres, l'amplification des processus de concentration et ou d'industrialisation, &#8230; pour d&#233;boucher sur quelques pistes de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/" rel="directory"&gt;Le flux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://france.attac.org/mot/logement" rel="tag"&gt;Logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://france.attac.org/mot/agriculture" rel="tag"&gt;Agriculture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH60/arton4613-34723.jpg?1754154344' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='60' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Attac souhaite, avec cette contribution, apporter aux d&#233;bats pr&#233;paratoires du forum quelques &#233;l&#233;ments sur les transformations de la question fonci&#232;re et des conditions de la production agricole li&#233;es au d&#233;veloppement du poids du capitalisme dans les secteurs agricole et agroalimentaire &#224; partir de 2007-2008. Ces transformations sont li&#233;es &#224; la conjonction, au sein de la crise globale, de deux crises &#224; forts impacts agricoles : la crise alimentaire et la crise &#233;cologique. Deux modalit&#233;s de ce d&#233;veloppement sont abord&#233;es &#224; diverses &#233;chelles, sans recherche d'exhaustivit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'accaparement des terres,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'amplification des processus de concentration et ou d'industrialisation, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; pour d&#233;boucher sur quelques pistes de r&#233;flexion.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question fonci&#232;re est au premier plan des pr&#233;occupations relatives &#224; la s&#233;curit&#233; alimentaire. Ce qui est en jeu, c'est bien la capacit&#233; &#224; faire face aux besoins alimentaires en croissance rapide. La hausse spectaculaire des prix des produits alimentaires en 2007 et 2008 a modifi&#233; les strat&#233;gies des firmes et des &#201;tat. En l'absence de ressources nationales suffisantes pour accro&#238;tre la production nationale, des nouvelles strat&#233;gies de s&#233;curisation alimentaire passent pour des &#201;tat (Chine, monarchies p&#233;troli&#232;res) par la s&#233;curisation fonci&#232;re dans d'autres pays, par achats et locations de terres comme cela se pratique aujourd'hui &#224; grande &#233;chelle, notamment en Afrique. A cette strat&#233;gie de l'acc&#232;s aux ressources qui mobilise plusieurs &#201;tat s'ajoutent celle des STN (Soci&#233;t&#233;s transnationales) pour l'acc&#232;s &#224; la terre, pour l'intervention renforc&#233;e dans l'agriculture pour la sp&#233;culation et pour la production de nouveaux produits. Cela leur permet de renforcer leur pouvoir monopoliste sur l'alimentation et sur l'&#233;nergie avec la croissance rapide de la demande d'agrocarburants dans une &#233;conomie de plus en plus &#233;nergivore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fonci&#232;re est &#233;galement transform&#233;e mais de fa&#231;on plus diffuse sur le plan g&#233;ographique et sur celui des modalit&#233;s par l'&#233;volution des syst&#232;mes de production : artificialisation/industrialisation, concentration, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein d'un syst&#232;me alimentaire de plus en plus mondialis&#233; et domin&#233; par les &#201;tat forts et les STN, l'accroissement du poids de l'agro capitalisme dans la question fonci&#232;re renforce la crise des paysanneries et la d&#233;gradation des ressources naturelles. Dans le m&#234;me temps, la question classique de la captation de la rente fonci&#232;re est renouvel&#233;e par le r&#244;le actif que prend le capital dans la production agricole et dans la transformation de celle-ci, plus globalement dans la course acc&#233;l&#233;r&#233;e &#224; l'acc&#232;s aux ressources, dont la terre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t1-L-accaparement-des-terres'&gt;1. L'accaparement des terres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est propos&#233; de distinguer deux types d'accaparement diff&#233;rents sur plusieurs plans (surface concern&#233;e par op&#233;ration, type d'acteurs, syst&#232;mes fonciers d'origine, cons&#233;quences, &#8230;) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'accaparement direct ou vrai qui rel&#232;ve d'une forme non coop&#233;rative, parfois violente, permettant &#224; un acteur puissant, g&#233;n&#233;ralement &#233;tranger, d'imposer, y compris en instrumentalisant les pouvoirs locaux, un changement de propri&#233;t&#233; ou de droit d'usage sur une surface significative ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'accaparement indirect correspond aux terres dont les productions sont, sans changement syst&#233;matique de propri&#233;taire ou d'usager, mais souvent aussi par exclusion de paysans, mises au service, notamment via l'exportation, d'entreprises ext&#233;rieures (cas du soja &#8230;). Cette forme d'accaparement participe fortement, comme l'accaparement direct, au d&#233;veloppement de la production, et pour une part &#224; l'&#233;change international, des denr&#233;es agricoles destin&#233;es &#224; la transformation industrielle pour l'alimentation humaine, animale ou l'&#233;nergie. Quatre cultures sont particuli&#232;rement concern&#233;es : le soja, le palmier &#224; huile, le colza et la canne &#224; sucre, principalement cultiv&#233;es dans de grandes unit&#233;s agro-industrielles de forme capitaliste. Le cas du soja, produit essentiellement dans quelques pays exportateurs (Argentine, Br&#233;sil &#8230;) pour une utilisation dans les &#233;levages de pays d&#233;ficitaires en ressources fourrag&#232;res (Chine, Europe &#8230;) est particuli&#232;rement embl&#233;matique du fonctionnement actuel du syst&#232;me alimentaire mondialis&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Sans n&#233;gliger l'importance de ce second type d'accaparement, seul le premier type (l'accaparement direct) est abord&#233; ici dans son ensemble, puis &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t1-1-Le-mouvement-recent-d-accaparement-direct-de-terres-a-pris-une-forte-nbsp'&gt; 1.1. Le mouvement r&#233;cent d'accaparement direct de terres a pris une forte ampleur &#224; partir du milieu des ann&#233;es 2000 avec la crise alimentaire de 2007 et la financiarisation dans des formes (acteurs, objectifs) totalement nouvelles par rapport &#224; un mouvement tr&#232;s ancien.&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres sont difficiles &#224; conna&#238;tre, beaucoup de projets &#233;tant abandonn&#233;s et d'autres non connus avec pr&#233;cision. Un travail de synth&#232;se &#224; partir de la &#034;matrice fonci&#232;re&#034; (land Matrix) indique un volume de transactions accept&#233;es ou en cours de 203 millions d'ha entre 2000 et 2010, 71 millions d'ha ont fait l'objet de v&#233;rifications, 78 % de cette surface concernant l'agriculture. Selon d'autres auteurs, ce chiffre de 71 M d'ha serait ramen&#233; &#224; 31 M d'ha pour l'agriculture. En 2011, selon Land Matrix, sur les 203 M d'ha, les transactions de 2009 auraient port&#233; sur 45 millions d'ha, soit environ dix fois plus que la moyenne des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. A noter que les tentatives qui ne d&#233;bouchent pas sur une contractualisation sont malgr&#233; tout tr&#232;s d&#233;stabilisantes (Ex de Daewoo &#224; Madagascar).&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='a-Ces-transactions-mobilisent-trois-types-d-acteurs'&gt; a) Ces transactions mobilisent trois types d'acteurs&lt;/h5&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; des &#201;tat d&#233;ficitaires en alimentation et fortun&#233;s : Cor&#233;e, Chine, Arabie, Emirats ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des fonds financiers avec le tournant tr&#232;s important pris en 2008-2009 par les grands projets agricoles dans le monde suite &#224; l'implication directe de la finance dans la production agricole ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des STN (Soci&#233;t&#233; transnationale) qui, en plus de celles visant leur approvisionnement en mati&#232;res premi&#232;res industrielles (H&#233;v&#233;a, palmiers &#224; huile) ou de cultiver des fruits pour l'exportation (Dole et Del Monte en Am&#233;rique centrale ou au Cameroun, etc.), d&#233;veloppent une strat&#233;gie de sp&#233;culation, de production alimentaire ou &#233;nerg&#233;tique.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='b-Trois-grandes-regions-sont-concernees-chacune-avec-des-acteurs-dominants'&gt; b) Trois grandes r&#233;gions sont concern&#233;es, chacune avec des acteurs dominants&lt;/h5&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Europe centrale (ex Europe de l'est) avec des investisseurs priv&#233;s europ&#233;ens, mais aussi des entreprises chinoises ou du Moyen-Orient ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; anciennes colonies au foncier largement privatis&#233; (Am&#233;rique latine) avec op&#233;rateurs priv&#233;s locaux ou &#233;trangers ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; anciennes colonies aux r&#233;gimes fonciers communautaires (Afrique subsaharienne pour les 2/3 des surfaces concern&#233;es) avec des &#201;tat et des firmes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='c-ce-mouvement-s-inscrit-dans-un-contexte-particulier-qui-devrait-se-nbsp'&gt; c) ce mouvement s'inscrit dans un contexte particulier qui devrait se prolonger car per&#231;u par certains acteurs comme susceptible de fournir de nouveaux profits et rentes.&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Ce contexte combine plusieurs &#233;l&#233;ments durables (sauf provisoirement pour les ressources des pays p&#233;troliers) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la lib&#233;ralisation et la puissance financi&#232;re, avec de fortes liquidit&#233;s de certains &#201;tat et STN ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la hausse des besoins alimentaires et non alimentaires (fleurs, agrocarburants, for&#234;ts, MDD&#8230;), la part de ces derniers repr&#233;sentant en 2011, 24 % des transactions selon la Land Matrix ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la volont&#233;, souvent surd&#233;termin&#233;e, de certains gouvernements des pays &#034;receveurs&#034; de contourner la faible taille des exploitations, jug&#233;e trop faible pour satisfaire des strat&#233;gies de modernisation et d'exportation (en Inde la surface moyenne est pass&#233;e de 2,5 ha en 1960 &#224; 1, 2 maintenant) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le d&#233;r&#232;glement climatique et ses cons&#233;quences sur l'accroissement des risques de p&#233;nuries et de fragilisation de nombreuses zones.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='d-Les-consequences-des-accaparements'&gt; d) Les cons&#233;quences des accaparements&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Elles sont &#224; analyser en prenant en compte une double asym&#233;trie :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; celle entre la puissance des acheteurs et la faiblesse, au sein des pays &#034;receveurs&#034;, des &#201;tat, des organisations paysannes, de la soci&#233;t&#233; civile, en plus de la fragilit&#233; des r&#233;gimes fonciers face aux acqu&#233;reurs ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; celle entre des projets agroindustriels pour l'export et l'agriculture familiale vivri&#232;re ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces cons&#233;quences sont diverses et lourdes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; fragilisation des &#201;tat, des structures locales, faibles retomb&#233;es en termes &#233;conomiques et budg&#233;taires,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; exclusion des paysans, y compris par expulsion, prol&#233;tarisation,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; hausse du prix de la terre et remise en cause des r&#233;gimes fonciers,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; aggravation de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire par pr&#233;l&#232;vement de l'eau et des meilleures terres, d&#233;sormais utilis&#233;es pour la production de produits export&#233;s,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; destruction des ressources naturelles et conversion d'&#233;cosyst&#232;mes sur de grandes &#233;tendues.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces cons&#233;quences vont donc bien au-del&#224; du volume de ressources concern&#233;es (terre, eau, biodiversit&#233;) dans les zones touch&#233;es, hors foncier mais aussi en termes fonciers : l'accaparement entra&#238;ne, dans chaque zone, des mutations de propri&#233;t&#233; et de production tr&#232;s brutales par rapport aux rythmes habituels des mutations fonci&#232;res (environ 3 %/an de la surface cultiv&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034; id='t1-2-Le-cas-de-l-Europe'&gt; 1.2. Le cas de l'Europe &lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'accaparement les entreprises europ&#233;ennes jouent sur deux tableaux, &#224; l'ext&#233;rieur et au sein des pays de l'Union avec un appui plus ou moins direct des &#201;tat et de l'Union :&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='a-A-l-exterieur-de-l-UE'&gt; a) &#192; l'ext&#233;rieur de l'UE&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ext&#233;rieur, l'UE repr&#233;sente un des trois grands march&#233;s (80% de la consommation mondiale avec les USA et le Br&#233;sil) pour les agrocarburants. Mais elle est la seule &#224; d&#233;pendre tr&#232;s largement des importations, tant pour les mati&#232;res premi&#232;res (les cultures utilis&#233;es) que pour l'alimentation, pour remplacer les ol&#233;agineux europ&#233;ens d&#233;tourn&#233;s pour produire des biocarburants. Selon Grain, en 2008, l'UE a import&#233; pr&#232;s de 41% de ses besoins en mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; la fabrication de biocarburants. Ainsi l'UE contribue au renforcement de la pression sur le foncier, &#224; la r&#233;duction des disponibilit&#233;s alimentaires et &#224; une hausse des prix au d&#233;triment des couches les plus d&#233;favoris&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
A noter que les entreprises fran&#231;aises sont bien impliqu&#233;es dans l'acquisition et la gestion de grands domaines agricoles et plantations &#224; l'international (source AVSF) : 22 fonds d'investissement et entreprises d&#233;tiennent 1,33 million d'ha avec une forte pr&#233;sence dans la gestion de terres agricoles et de plantations &#224; l'&#233;tranger. D'autres implantations ou projets sont en cours (Bollor&#233; &#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='b-Au-sein-de-l-UE'&gt; b) Au sein de l'UE&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Au sein de l'UE, l'accaparement des terres s'est fortement d&#233;velopp&#233; dans les pays anciennement membres du bloc de l'est (PECO) en lien avec le changement de r&#233;gime, puis l'adh&#233;sion &#224; l'UE et les cons&#233;quences divergentes de la PAC }}} : concurrence des importations sur les petits producteurs exclus des aides au d&#233;but, accroissement de la disponibilit&#233; des terres accessibles aux acheteurs ext&#233;rieurs au-del&#224; de ce que permettait la privatisation des grands domaines. Aux importantes acquisitions par des soci&#233;t&#233;s de l'Europe de l'ouest ou nationales, en Roumanie, Bulgarie et Hongrie, se sont ajout&#233;es, depuis peu, celles des entreprises chinoises ou moyennes orientales. Hors Union, &#034;En Serbie, quatre propri&#233;taires contr&#244;lent chacun plus de 100 000 ha ; en Ukraine, les dix plus grandes unit&#233;s contr&#244;lent plus de 2,8 millions d'ha, &#224; c&#244;t&#233; d'oligarques qui contr&#244;lent chacun de grandes surfaces&#034; (extrait du rapport ECVC.). Ces entreprises b&#233;n&#233;ficient des aides de la PAC, de main d'&#339;uvre sous pay&#233;e pour exporter &#224; bon compte dans le reste de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t2-Concentration-industrialisation-simple-evocation-pour-la-France-et-nbsp'&gt;2. Concentration, industrialisation (simple &#233;vocation pour la France et l'Europe)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En plus du mouvement d'accaparement direct et indirect et plus ou moins en lien avec lui, les structures de production et le fonctionnement du syst&#232;me productif agricole de chaque pays et &#224; l'&#233;chelle globale sont concern&#233;s par quatre &#233;volutions :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; acc&#233;l&#233;ration du processus habituel de concentration ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; multiplication des tr&#232;s grandes unit&#233;s ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; entr&#233;e de capitaux d'origine ext&#233;rieure dans les structures familiales ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; industrialisation &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;tat actuel de la documentation facilement accessible, ces &#233;volutions et leurs cons&#233;quences ne seront que bri&#232;vement &#233;voqu&#233;es en se limitant au cadre europ&#233;en ou fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='a-Acceleration-du-processus-habituel-de-concentration-exemple-de-la-France'&gt; a) Acc&#233;l&#233;ration du processus habituel de concentration (exemple de la France)&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;On note les baisses rapides, continues et au m&#234;me rythme du nombre d'exploitations et d'emplois : le volume d'emploi a &#233;t&#233; divis&#233; par 2 entre 1900 et 1950 o&#249; on comptait encore six millions d'emplois et divis&#233; par 6 depuis, avec maintien d'un nombre moyen proche de 1,50 UTA par exploitation. De 1970 &#224; 2010, on note une tr&#232;s forte baisse des petites et moyennes exploitations (respectivement - 36 % et - 31 %), seul celui des tr&#232;s grandes exploitations augmentant (+ 16 %). Si en 2010 le travail agricole reste encore principalement familial avec 70,9 % des UTA, mais avec une diminution de cette part, le d&#233;veloppement des formes soci&#233;taires (31,6 % des exploitations et 56 % de la SAU en 2010) entra&#238;ne la mise en place de collectifs de travail de plus en plus complexes, regroupant des actifs aux statuts divers, le recours &#224; des entreprises, &#8230; avec des strat&#233;gies favorables &#224; la substitution capital/travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution du nombre d'exploitations s'accompagne d'une acc&#233;l&#233;ration depuis 40 ans de la concentration des terres et de la substitution capital/travail : le nombre d'emplois pour 100 ha est pass&#233; de 5,06 &#224; 2,79 entre 1988 et 2010 (divis&#233; par 1,8) alors que le potentiel de production par UTA augmentait dans les m&#234;mes proportions et que le montant de l'actif immobilis&#233; par UTA (foncier compris), ind&#233;pendant de la taille pour la moyenne des exploitations, augmentait, entre les moyennes et les tr&#232;s grandes, de 68 % en grandes cultures et de 40 % en &#233;levage laitier. Pour cette production, en 2010, plus de 2 000 exploitations produisaient plus d'1 million de litres de lait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;volutions sont d&#233;favorables &#224; l'installation, &#224; l'emploi et au maintien de syst&#232;mes diversifi&#233;s en termes de techniques et de productions, tout en renfor&#231;ant la tendance &#224; la dualisation au sein de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='b-multiplication-du-nombre-de-tres-grandes-unites-ou-usines'&gt; b) multiplication du nombre de tr&#232;s grandes unit&#233;s ou &#034;usines&#034;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, aux formes &#034;terriennes&#034;, s'ajoutent de plus en plus des formes directement industrielles en productions animales avec des unit&#233;s de plusieurs milliers de vaches, jusqu'&#224; 40 000 aux USA, en Chine, mais aussi en Europe du Nord pour des tailles moindres. Ces unit&#233;s, pr&#233;sentes aussi avec des tailles vari&#233;es, en viandes bovine et porcine, en aviculture et en mara&#238;chage, d&#233;truisent des pans entiers du potentiel de production des agricultures familiales en se rajoutant aux importations. Elles sont souvent int&#233;gr&#233;es aux firmes d'amont et d'aval qui cherchent ainsi &#224; ma&#238;triser l'essentiel de la fili&#232;re, par exemple sur le plan de la qualit&#233; du lait en Chine. Ces raisons, ext&#233;rieures &#224; la stricte partie &#034;agricole&#034; du processus, constituent souvent une source de rentabilit&#233; de ces grandes unit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
En France, o&#249; ce ph&#233;nom&#232;ne est de moindre ampleur, &#224; c&#244;t&#233; de l'embl&#233;matique &#034;ferme des mille vaches&#034;, la Conf&#233;d&#233;ration paysanne a &#034;recens&#233; une trentaine de ces usines, principalement dans l'&#233;levage mais aussi dans la production de fruits et l&#233;gumes&#034;. (Politis, 11 juin 2015)&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='c-l-arrivee-de-capitaux-exterieurs-dans-la-production-agricole-France-a-nbsp'&gt; c) l'arriv&#233;e de capitaux ext&#233;rieurs dans la production agricole (France, &#224; d&#233;velopper)&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Certains travaux r&#233;cents (Purseigle &#8230;) ont not&#233; l'&#233;mergence, &#224; c&#244;t&#233; du classique endettement bancaire, de deux nouvelles trajectoires de financement du capital d'exploitation qui conduisent &#224; une dissociation entre propri&#233;t&#233; et gestion des actifs, avec d&#233;veloppement d'un pouvoir des financeurs. On peut alors &#233;tablir l'hypoth&#232;se suivante : avec l'effacement des formes familiales au profit des formes soci&#233;taires dans la dynamique de concentration, les facteurs exog&#232;nes (nouvelles technologie, &#233;volution des rapports de prix &#8230;) favorisent une telle entr&#233;e de capitaux externes. Parall&#232;lement, du c&#244;t&#233; du foncier, des soci&#233;t&#233;s et des fonds de pension deviennent acqu&#233;reurs de terres, comme valeur de placement, (source FNSAFER). Va-ton vers un d&#233;veloppement d'une triade &#034;modernis&#233;e&#034; : propri&#233;taires l'un du foncier, l'autre du capital d'exploitation, entrepreneur-g&#233;rant, salari&#233;s y compris pr&#233;caires ?&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034; id='d-industrialisation'&gt; d) industrialisation&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Ce terme polys&#233;mique d&#233;signe notamment l'articulation/domination de plus en plus forte de l'agriculture avec les industries d'amont et d'aval et la simplification/artificialisation des processus de production agricole. Mais, sauf dans les cas d'&#233;levage hors sol sans aucun approvisionnement autonome, on n'a pas exactement affaire &#224; un proc&#232;s de type industriel : achat par l'unit&#233; de production de la totalit&#233; de ses mati&#232;res premi&#232;res et intrants pour les transformer, dans un processus industriel, en de nouveaux produits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant il faut bien noter que le processus de c&#233;r&#233;alisation et de sp&#233;cialisation des exploitations de grande taille r&#233;duit le lien au sol r&#233;duit, tout en acc&#233;l&#233;rant, en retour, le processus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;volution, sans relever d'une stricte industrialisation, renforce le poids des capitaux d'amont et d'aval dans le fonctionnement du syst&#232;me productif, capitaux qui prennent de ce fait de plus en plus de poids dans la gestion du foncier et du processus de production agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait ces quatre &#233;volutions, nouvelles ou acc&#233;l&#233;r&#233;es, rel&#232;vent d'un processus de concentration du foncier et du capital d'exploitation, avec r&#233;duction du travail dans des unit&#233;s de plus en plus importantes dans lesquelles le capital, sous ces trois faces (moyen de production, source de nouvelle logique productive, source de pouvoir pour ceux qui le d&#233;tiennent), entraine une modification du rapport au foncier, acc&#233;l&#232;re le processus habituel de concentration au sein de l'agriculture, marginalise les autres formes d'unit&#233; de production &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; une hypoth&#232;se : la question fonci&#232;re r&#233;side de moins en moins &#034;dans&#034; le foncier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t3-Quelques-pistes-de-reflexion'&gt;3. Quelques pistes de r&#233;flexion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re concerne la caract&#233;risation globale de la situation fonci&#232;re. Certains parlent de &#034;nouvelles enclosures&#034;, de processus d'enclosures &#224; l'&#233;chelle mondiale du fait des similitudes avec celles de la r&#233;volution industrielle en Angleterre : d&#233;possession des populations rurales, d&#233;veloppement d'un prol&#233;tariat rural, nouvelles modalit&#233;s de &#034;gestion&#034; des pauvres. De m&#234;me que les &#034;enclosures&#034; anglaises s'inscrivaient dans un processus de changement radical &#224; l'&#233;chelle nationale et internationale, il nous faut caract&#233;riser &#224; la fois les changements internes &#034;du&#034; foncier et les forces internes et externes aux agricultures qui provoquent ces changements :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les changements fonciers, anciens ou acc&#233;l&#233;r&#233;s, sont de trois types : exclusion des paysans en place par accaparement ou d&#233;veloppement de la concurrence, blocage de l'acc&#232;s &#224; la terre, concentration et accroissement des in&#233;galit&#233;s, tous les trois tir&#233;s par le d&#233;veloppement du capital en interne, en lien :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; avec les forces externes : d&#233;veloppement des STN qui avec les &#201;tat puissants et les r&#232;gles de la mondialisation lib&#233;rale, g&#233;n&#233;ralisent la concurrence entre des agricultures et des &#201;tat de capacit&#233;s tr&#232;s in&#233;gales, concurrence de plus en plus d&#233;s&#233;quilibr&#233;e pour l'acc&#232;s aux ressources comme pour les d&#233;bouch&#233;s &#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette caract&#233;risation globale, si tant est qu'elle soit possible et suffisamment pr&#233;cise, doit aider &#224; et &#234;tre am&#233;lior&#233;e par des caract&#233;risations r&#233;gionales autour des points suivants : les structures fonci&#232;res et leurs &#233;volutions (facteurs et cons&#233;quences), les situations institutionnelles (politiques et r&#232;glements fonciers, capacit&#233; de l'appareil public &#8230;), rapports de force, mobilisations et luttes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces caract&#233;risations, n&#233;cessairement &#233;tablies &#224; partir de la p&#233;riode r&#233;cente (2007-2014) devront &#234;tre actualis&#233;es, par exemple en mati&#232;re d'accaparement, mais aussi &#233;clair&#233;es par les perspectives en mati&#232;re &#233;conomique, d&#233;mographique, climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de politique, il s'agira notamment de situer le contenu du volet foncier et de le compl&#233;ter sur d'autres champs pour tenir compte de la r&#233;duction de l'autonomie de la question fonci&#232;re dans le fonctionnement global du syst&#232;me alimentaire. Il faudra aussi tenir compte des conditions institutionnelles et pr&#233;ciser ce qui peut et doit relever des institutions internationales et des institutions nationales, avec recherche de compl&#233;mentarit&#233; entre elles. Une r&#233;flexion sur l'impact des &#034;directives volontaires&#034;, sur des r&#232;glementations et politiques efficaces et leur validit&#233; dans d'autres conditions seront, &#224; ce sujet, n&#233;cessaires. De m&#234;me, il sera utile de s'interroger sur la port&#233;e d'un futur &#034;droit &#224; la terre&#034; inclus dans le projet de d&#233;claration de l'ONU sur le &#034;droit des paysans et des paysannes &#8230;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Attac, l'interdiction de l'accaparement direct des terres, comme la r&#233;duction des formes indirectes de pr&#233;l&#232;vement foncier, sont essentielles dans le cadre d'une limitation du pouvoir des capitaux ext&#233;rieurs et de la financiarisation de l'agriculture et de l'alimentation. Plus globalement, il s'agit, dans le cadre de la souverainet&#233; alimentaire retrouv&#233;e, de favoriser le maintien d'une paysannerie nombreuse, b&#233;n&#233;ficiant, avec les autres travailleurs, de conditions &#233;conomiques et sociales satisfaisantes et assurant la protection et la valorisation des ressources naturelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : M&#233;lanie Poulain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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