Le rapport de l’Observatoire des multinationales sur l’action de Total en Algérie

Algérie : Total doit clarifier sa position sur l’utilisation de la fracturation hydraulique
vendredi 6 mars 2015, par Basta !, Observatoire des multinationales

Parti d’In Salah, une ville de 50 000 habitants au cœur du Sahara, un mouvement citoyen opposé à l’exploitation des gaz de schiste secoue l’Algérie depuis fin décembre 2014. La multinationale française Total, d’autres multinationales pétrolières ainsi que le gouvernement algérien, sont dans la ligne de mire de cette contestation écologique et démocratique d’ampleur et inédite en Algérie. Ils sont accusés d’avoir autorisé le recours à la fracturation hydraulique, technique d’extraction du gaz de schiste, qui fait peser de sérieuses menaces de pollutions sur les précieuses ressources en eau de la région. Malgré la répression de ces derniers jours, le mouvement se poursuit.

À la veille de la journée d’action nationale contre les Requins 2015, Basta ! et l’Observatoire des multinationales rendent public un rapport visant à éclairer les ressorts de cette résistance citoyenne. Il nterroge le rôle de Total et celui des États algériens et français dans les projets d’exploration et d’exploitation du gaz de schiste en Algérie. Alors que Total disposait de 49% du permis d’exploration et d’exploitation de gaz de schiste d’Ahnet, la multinationale française a subitement changé de position fin janvier pour dorénavant affirmer qu’elle s’est retirée du projet. Pour quelles raisons ?

Le rapport montre l’opacité avec laquelle Total communique sur le sujet. Si elle affirme ne pas explorer ou produire de gaz de schiste en Algérie, elle ne dit rien du « tight gas », un autre gaz non conventionnel, piégé dans des roches très compactes, dont l’exploitation nécessite aussi de recourir à la fracturation hydraulique. L’entreprise est impliquée sur une concession de tight gas à l’Ouest de l’Algérie, à Timimoun (37,5 % des parts pour Total, 51 % pour Sonatrach et 11,25 % pour Cepsa, une compagnie espagnole) avec une mise en production fixée en 2017. Si la filiale de Total en Algérie reconnaît son implication, elle refuse de répondre lorsque le recours à la fracturation hydraulique est évoqué.

Pour que le Sahara ne devienne pas le terrain de jeu des expérimentations de la multinationale française et pour soutenir les jalons d’une pensée écologique en Algérie contre la répression des autorités, nous exigeons de Total qu’elle s’engage clairement à ne pas utiliser la fracturation hydraulique et ne pas exploiter de gaz qui nécessite l’utilisation de cette technique en Algérie.

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