Désinvestir des projets extractivistes

mardi 11 septembre 2018, par Attac France

L’extractivisme forcené des ressources énergétiques et minérales de notre planète – creuser toujours plus et toujours plus loin, pour produire toujours plus et, surtout, alimenter les profits des grands groupes – a des impacts environnementaux, sanitaires et sociaux catastrophiques.

Et bien sûr climatiques : pour atteindre l’objectif que s’est donné la communauté internationale de limiter le réchauffement global de la planète à 1,5°C il est indispensable de laisser jusqu’à 80 % des réserves de charbon, de gaz et de pétrole dans le sous-sol, et donc de geler tous les projets d’exploitation de nouveaux gisements.

Les grandes entreprises énergétiques françaises – Total, Engie, EDF – sont, bien évidemment des acteurs majeurs de l’extraction des énergies fossiles et fissiles ; mais ces enjeux concernent aussi les investisseurs dans les projets d’exploitation : assureurs, banques, institutions publiques…
Malgré les annonces faites au lendemain de la signature de l’Accord de Paris, les banques continuent d’investir massivement dans des projets d’exploitation de charbon, de gaz et de pétrole toujours plus risqués pour l’environnement (forages profonds, gaz de schiste, sables bitumineux…). Selon une étude des Amis de la Terre, BNP-Paribas, Société générale, BPCE et Crédit agricole ont investi 10 milliards d’euros entre 2014 et 2016 dans des entreprises impliquées dans le charbon. Entre 2015 et 2016 ces financements ont même augmenté de 135%. Par ailleurs, toutes les grandes banques françaises sont impliquées directement ou indirectement dans le financement de projets d’oléoducs ou de gazoducs, notamment en Amérique du Nord où se trouve le très contesté Dakota Accès Pipeline. L’Europe voit également se développer des méga projets d’infrastructures énergétiques, qui nécessitent d’importants financements, que ce soit le “Corridor gazier sud” censé relier l’Azerbaïdjan à l’Europe, Nord Stream 2 (dont Engie est partie prenante) entre la Russie et l’Allemagne ou le projet de gazoduc transfrontalier entre la Catalogne et la France (STEP).

En contradiction flagrante avec les beaux discours du gouvernement français à l’occasion du “One Planet Summit”, même nos institutions publiques investissent dans les énergies fossiles. L’enquête conjointe menée par l’Observatoire des multinationales et l’ONG 350.org, fin 2017, montre ainsi que la Caisse des dépôts et consignations – qui gère des dizaines de milliards d’euros issus de l’épargne des Français et des cotisations retraites – reste largement investie dans le secteur des énergies fossiles, y compris dans des projets d’exploitation de nouveaux gisements de charbon, de gaz ou de pétrole.

Certaines des participations publiques au sein d’entreprises énergétiques encore actives dans les fossiles sont bien connues : c’est le cas d’EDF ou d’Engie, dans lesquelles l’État détient des parts significatives (respectivement 84 % et 25 %). Aussi la responsabilité de l’État est directement engagée lorsque Engie s’apprête à inaugurer une nouvelle centrale à charbon à Safi, au Maroc. Et ces projets d’exploitation sont également largement subventionnés. Ainsi, l’Union européenne octroie 112 milliards d’euros de subventions par an, dont 4 milliards d’aide directe.

Désinvestir des projets extractivistes, c’est possible !

–* grâce à la mobilisation de nombreuses organisations dont Attac, les Amis de la Terre et Bizi !, fin 2014 Société générale s’est désengagée du méga projet charbonnier “Alpha Coal”. Cette gigantesque mine située en Australie menaçait la grande barrière de corail. La pression citoyenne, en privant l’industrie fossile des capitaux amenés par les banques, peut participer au blocage de projets extractivistes climaticides. Et ce sont des victoires importantes !
–* la communauté internationale s’est engagée à prendre des mesures pour que la température moyenne globale de la planète ne dépasse pas les 2°C d’augmentation. Les gouvernements doivent donc mettre un terme aux subventions qu’ils versent à l’industrie fossile. La pression citoyenne doit là aussi priver l’industrie fossile de sa légitimité. Et ces moyens dégagés pourraient notamment :

    • alimenter le Fonds Vert pour le Climat, destiné à aider les pays menacés par les effets du dérèglement climatique, qui n’est aujourd’hui en capacité de financer des projets qu’à hauteur de 3,2 milliards d’euros sur les 8,5 milliards d’euros de promesses annoncées pour la période 2015-2018
    • accélérer la transition vers une nouvelle économie basée sur des énergies propres et relocalisées, excluant donc les énergies fossiles et fissiles, en facilitant les actions de sobriété et d’efficacité (isolation des habitats, utilisation des transports en commun et des transports économes en énergie et moins polluants, circuits courts pour l’alimentation…) et en menant une politique volontariste de développement de la production des énergies renouvelables, en particulier citoyenne et participative.
      –* enfin, bloquer les grands projets d’infrastructures de transport (aéroports, autoroutes…) et énergétique (gazoducs, oléoducs, enfouissement des déchets nucléaires), nuisibles pour leur environnement immédiat et pour le climat, participe de la mobilisation nécessaire pour la transition énergétique à venir.

Nous pouvons agir !

La pression citoyenne sur les banques et les institutions publiques et privées finançant les énergies fossiles et les mégas projets d’infrastructures peut permettre de tarir ces investissements et subventions. Que ce soit l’argent public ou notre épargne géré par les banques, c’est toujours notre argent, et nous refusons qu’il serve à des projets climaticides !

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