Avec les auteurs locaux de la lutte, Attac dans la campagne pour le vote « NON » à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

mercredi 8 juin 2016, par Geneviève Coiffard-Grosdoy

Situation inédite, une fois de plus, dans la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : voulu par Hollande, un improbable pseudo référendum, devenu vraie consultation tout en restant une authentique arnaque, a tenté sans succès de semer la confusion dans les rangs du mouvement anti-aéroport. Cette consultation est profondément biaisée : sur la formulation de la question, sur le périmètre du vote, sur la mise à disposition de documents sincères. Sensée re-légitimer le projet, cette consultation, pourtant sans aucune valeur juridique, ferait fi de toute l’histoire de la lutte, court-circuiterait toutes les procédures en cours... Elle a nécessité la promulgation d’une ordonnance spécifique.

La décision de participer au scrutin

Devant une manœuvre aussi grossière, une réponse logique aurait pu être un mot d’ordre de boycott. Mais les paysans en particulier ont expliqué qu’un appel au boycott ne pouvait absolument pas passer localement, parce que les plus concernés voulaient absolument exprimer leur opposition au projet. L’idée était aussi qu’un mot d’ordre de boycott, suivi par seulement certains des opposant·e·s, n’affaiblirait pas la participation de manière suffisamment significative, serait mise sur le compte d’une couardise de notre part. Quant à l’abstention, elle favoriserait mathématiquement le OUI.

L’action juridique

Cependant, face au déni de démocratie que représente l’ordonnance « sur mesure » promulguée pour permettre le vote (elle valide une consultation partielle pour des questions d’intérêt général, et ce à tout moment des procédures), Attac France dépose un recours devant le Conseil d’État contre l’ordonnance (niveau national) et va étudier la possibilité d’un élargissement du recours à d’autres organisations.

Attac 44 quant à elle attaque le décret d’application (niveau local) avec l’Acipa et le CeDpa.

Ces procédures judiciaires aux deux niveaux national et local sont un moyen de contester cette « consultation » à laquelle nous sommes contraints de fait à participer, et à appeler au vote NON.

La campagne du NON

Les militant·e·s d’Attac 44 (et proches) vont s’impliquer dans la campagne pour le vote « NON », sans doute peu au titre de Attac mais très souvent par le biais des comités de soutien à la lutte Notre-Dame-des-landes auxquels ils appartiennent.

Ils participeront à un ensemble de réunions d’information dans la Loire-Atlantique (actuellement au nombre de 23) et et à une diffusion massive de documents d’information, collage d’affiches, avec l’aide souhaitée de comités de soutien proches.

Les militant·e·s expliqueront l’arnaque de la consultation, et très soigneusement le choix (pas évident) de la participation à cette consultation sans valeur juridique ; ils relayeront l’appel à voter « NON », avec le commentaire (repris sur les affiches du rassemblement des 9-10 juillet) « avec ou sans consultation, l’aéroport c’est toujours non ! » Et « nous ne pouvons nous sentir engagés par les résultats de cette mascarade ».

Attac France et les militant·e·s de toute la France s’associeront activement à une collecte de signatures pour un appel à voter « NON », appel initié localement.

Il existe des projets de votation citoyenne hors de la Loire-Atlantique non encore finalisés, semble-t-il, en lien avec les Nuit debout (le fait qu’il s’agisse d’initiative lancées hors de la Loire-Atlantique est essentiel, pour éviter les confusions qui amèneraient les gens à s’exonérer du vote « NON » à la consultation réelle). Attac appelle et s’implique dans la préparation de votations citoyennes là où c’est possible (avec peut-être les Nuits debout, mais aussi éventuellement en lien avec les contacts GPII que nous avons).

Enfin Attac organisera ou participera aux réunions de « coordination » nationales mises en place.

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