A Notre-Dame-des-Landes, l’acharnement répressif crée une nouvelle impasse : faudra-t-il un mort, une morte, pour en sortir ?

jeudi 24 mai 2018, par Collectif

Jeudi 17 mai, le gouvernement a repris ses opérations spectaculaires d’évacuation et de destruction de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, après plusieurs jours d’une fausse « trêve » au cours de laquelle il a entretenu la tension en multipliant les provocations.

Après avoir détruit la ferme des Sans Nom courant avril, les gendarmes et policiers ont aujourd’hui rasé la Chat-teigne, un autre lieu emblématique de la ZAD, un symbole de son histoire : ce hameau a en effet été construit par plus de 40 000 personnes, venues marquer l’échec de l’opération César de 2012.

Le gouvernement ne cesse de vouloir distinguer les habitant.e.s “légitimes de la ZAD” de toutes celles et ceux qui n’auraient aucune légitimité à rester. Nous, organisations signataires de ce communiqué, soutenons la lutte de Notre-Dame-des-Landes, contre le projet d’aéroport “et son monde” depuis de nombreuses années. Nous avons toujours défendu la ZAD comme un ensemble, comme un tout, dont on ne peut retrancher aucune partie.

Nous réaffirmons aujourd’hui notre soutien à tout.es les habitant.e.s de la ZAD et notre solidarité avec les projets et expériences qui se mènent sur place - qui, chacune prise isolément, et plus encore, toutes ensemble, nous apprennent et nous montrent la force et la vigueur de modes de vie alternatifs, sobres, orientés vers la préservation et la défense des communs.

Destruction de cabanes, de hameaux de lieux de vie collectifs ; destruction de l’énergie, de la créativité et de l’inventivité de toutes celles et ceux qui vivent sur place ou qui ont contribué à bâtir et habiter la zone ; mais aussi destruction d’un espace à la biodiversité aussi riche que fragile : routes et chemins envahis par les forces de « l’ordre », entravant les travaux agricoles en pleine saison, tandis que les engins et les armes chimiques utilisés à une échelle sans précédent détruisent le bocage et empoisonnent des terres d’élevage et de culture…

Toutes ces nuisances et ces destructions doivent cesser.

Dans l’urgence,
nous réclamons :

  • L’arrêt immédiat de cette opération militaro-policière sans nom, brutale, irresponsable et coûteuse (plus de 5 millions d’euros ont été déjà dépensés) ;
  • Le retrait des forces militaro-policières de la ZAD et de ses environs, condition nécessaire au rétablissement de la liberté de circulation ;
  • L’arrêt des poursuites et la libération de toutes celles et ceux qui ont défendu ce territoire, ses habitants, leur écosystème, et qu’une justice partisane frappe avec une vigueur démesurée.

Concrètement, nous appelons :

  • A converger sur place pour ceux et celles qui le peuvent
  • A participer aux rassemblements et actions qui pourront être organisés partout sur le territoire ces prochains jours.

Lire le texte complet de l’appel.

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