Solidarité avec les Robins des banques !

Message de Patrick Viveret, président du mouvement Sol.
vendredi 13 novembre 2015, par Patrick Viveret

C’est à la fois à titre de président du mouvement Sol, qui rassemble des monnaies locales et solidaires qui oeuvrent pour une réappropriation citoyenne de la monnaie, et à titre personnel que je suis engagé en solidarité avec ceux qu’on appelle les « faucheurs de chaises » ou les « Robin des banques ».

Avec Edgar Morin, Susan George, Claude Alphandery, etc. nous avons lancé un appel à réquisitionner 196 chaises dans les agences des banques les plus implantées dans les paradis fiscaux afin de mettre en cause l’injustice de l’évasion fiscale et montrer, dans le contexte de la COP 21, que remettre la finance au service des hommes et de la nature dégagerait plus d’argent qu’il n’en faut pour une transition sociale et écologique au niveau international.

Il n’est pas acceptable que l’on impose aux peuples des programmes de réduction de dépenses sociales et sanitaires qui provoquent des régressions sociales et des souffrances humaines considérables quand se creusent les inégalités au point que 67 personnes possèdent l’équivalent du revenu de 3,5 milliards d’êtres humains. Il n’est pas acceptable que l’on n’arrive pas à trouver les 100 milliards de dollars prévus pour le Fond climat d’aide aux pays les moins riches quand transitent dans les paradis fiscaux des sommes vertigineuses supérieures à 20 000 milliards de dollars. Il n’est pas acceptable que le président de la banque centrale européenne, lui-même ancien dirigeant de la banque Goldman Sachs, explique que le sauvetage de l’euro passe par la renonciation au modèle social européen quand un ancien commissaire européen, Michel Barnier, reconnaît que l’évasion fiscale annuelle en Europe est évaluée à près de mille milliards d’euros !

La liste pourrait être allongée indéfiniment de ces comparaisons insoutenables. Les paradis fiscaux continuent d’être une sorte de trou noir fiscal du système financier mondial et leur mise en cause, à travers des actions citoyennes menées au grand jour, à visage découvert, dans l’esprit de l’action non-violente et de la désobéissance civile, est de salubrité publique.

Lors du sommet citoyen mondial qui se tiendra pendant la COP 21 les 196 chaises réquisitionnées serviront de support à une grande action symbolique afin de montrer notre détermination à faire changer cette situation d’injustice et inciter les citoyen·ne·s du monde à entrer dans l’action. Car, comme le dit l’association basque Bizi ! à l’origine de ce mouvement, « l’argent de la transition écologique et sociale existe. Il est dans les paradis fiscaux ».