« Paradis fiscaux, enfer climatique » : Les faucheurs de chaises bientôt de retour !

mardi 8 mars 2016, par Attac France

Les faucheurs de chaises sont désormais bien installés dans le paysage politique. Le sommet des 196 chaises du 5 décembre à Montreuil lors de la COP 21, suivi de la remise de ces mêmes chaises à la justice lors de l’ouverture du procès Cahuzac le 8 février, les ont fait connaître largement. Ces actions non violentes de réquisition, qui ciblent les agences des banques impliquées dans l’évasion fiscale, bénéficient désormais d’un fort capital de notoriété et de sympathie dans l’opinion.

Après une quarantaine d’actions dans toute la France et autant de plaintes déposées par les banques, et même si des menaces planent notamment à Marseille, la justice n’a encore initié aucune poursuite contre les faucheurs. C’est un signe fort de la légitimité de ces actions bien évidemment illégales et revendiquées comme telles : un procès des faucheurs se transformerait inévitablement en procès des banques.

S’il a marqué des points, le mouvement des faucheurs de chaise n’a pas encore obtenu de victoire : ainsi les grands patrons de BNP Paribas nous ont reçus pour nous dire que leur banque n’avait rien à se reprocher, même pas aux Îles Caïmans, un innocent « paradis réglementaire » selon leurs dires. Nous avons donc décidé de continuer en élevant le rapport des forces.

Avant la COP 21 les fauchages visaient le scandale de ces États incapables de financer le Fonds vert pour le climat alors qu’ils laissent les banques organiser une évasion massive de capitaux dans les paradis fiscaux. De fait l’accord de Paris n’a pas répondu à la question de savoir d’où viendrait l’argent additionnel nécessaire pour aider les pays pauvres à financer leurs projets de lutte contre et d’adaptation au changement climatique.

Attac et ses partenaires (Amis de la Terre et ANV) sont en train de préparer pour ce printemps​ la ​poursuite des fauchages de chaises en réaffirmant la même thématique (« l’argent de la transition écologique et sociale existe, il est dans les paradis fiscaux », « Paradis fiscaux, Enfer climatique »), déclinée cette fois autour de deux types d’exigences :

  • immédiatement : fermeture des filiales dans les paradis fiscaux, interdiction des sociétés écrans, embauche de 10 000 agents de contrôle fiscal, pénalisation des organisateurs de l’évasion,
  • juste après : avec l’argent récupéré, création d’1 million d’emplois pour le climat. Nous crédibiliserons cette exigence avec un chiffrage précis dans différents domaines : soutien aux renouvelables, rénovation thermique de 500 000 logements par an, reconversions de l’agro-industrie vers l’agriculture paysanne, création directe de centaines de milliers d’emplois publics et/ou associatifs d’utilité publique pour la transition.

En même temps nous comptons inviter les citoyens à diversifier les formes d’action dans et autour des banques, par exemple en y installant (symboliquement et temporairement !) des classes d’école, des cours d’éducation populaire, des théâtres, des bourses du travail solidaire, des pépinières de coopératives d’énergies renouvelables...

Pour Attac, cette campagne est aussi un outil pour populariser l’idée que « les banques sont à nous ». Le système bancaire remplit (très mal aujourd’hui) une fonction de service public. S’il faut le sauver à nouveau lors de la prochaine crise financière, nous devrons imposer la socialisation des banques, pour qu’elles cessent de spéculer et frauder, et financent seulement des projets socialement et écologiquement utiles.

Pour aller plus loin :

P.-S.

Crédits : Mélanie Poulain