[Publication] Le système Bolloré est plus que jamais une menace démocratique
Attac et l’Observatoire des multinationales publient une version augmentée et mise à jour du rapport paru en avril 2025, Le Système Bolloré, de la prédation financière à la croisade politique. Ce document de 90 pages inclut de nouvelles infographies et informations venant compléter notre enquête sur l’empire Bolloré et sa mise au service de l’extrême droite et de ses idées. Il documente le danger démocratique de premier plan que représente le système Bolloré, dont il importe de mesurer l’ampleur dans les mois qui nous rapprochent des élections françaises de 2027.

Attac et l’Observatoire des multinationales ont publié en avril 2025 un rapport sur les activités du multi-milliardaire aux idées d’extrême droite, dans le cadre de la campagne Désarmer Bolloré et en soutien des résistances qui s’organisent face à son empire brutal et réactionnaire.
Depuis, le diagnostic que nous faisions en conclusion de notre enquête n’a fait que se confirmer, et l’alignement entre le groupe Bolloré et l’extrême droite s’est accru. Plus que jamais, le système Bolloré représente une menace démocratique de premier plan. Il faut en comprendre les rouages pour mieux le combattre : d’où l’importance de cette mise à jour à l’approche des élections présidentielle et législatives de 2027.
Attac sera d’ailleurs présente à la mobilisation face au Congrès du RN à Orléans, ce samedi 24 octobre.
Dans ce rapport, nous expliquons les méthodes brutales de Vincent Bolloré, ses stratégies, son agenda politique d’extrême droite, ses soutiens et complices dans le monde économique et politique. Les principaux ajouts par rapport à la version précédente, détaillés ci-après, portent notamment sur la concentration de pouvoir que Vincent Bolloré a pu accumuler dans le secteur de la culture et des médias, mais également sur ses déboires judiciaires liés à ses activités africaines ainsi que sur ses liens avec d’autres milliardaires favorables à l’extrême-droite (Dassault, Arnault, Stérin...).
Le fait que le système Bolloré se mette de plus en plus ouvertement au service d’une extrême droite réactionnaire - qui remet désormais en cause l’État de droit - ne fait que rendre son danger pour la démocratie plus évident. Se mobiliser contre ce système est une urgence et une nécessité.
La tolérance et le soutien dont le groupe Bolloré continue de bénéficier dans une large partie du monde des affaires et des sphères culturelles et politiques doivent cesser. Il est plus que temps de mettre fin au système Bolloré !
Les addendums principaux
- Le système Bolloré est une machine de guerre culturelle : en témoignent la sur-représentation des livres Fayard et la visibilité disproportionnée du JDNews dans les Relay, les recrutements de journalistes de la Bollosphère par le service public audiovisuel et les journaux de droite, la mise au pas des maisons d’édition (y compris dans la catégorie des manuels scolaires) et des magazines Prisma, la censure de projets dans le cinéma... Et ce n’est pas fini puisqu’on sait maintenant que Bolloré a tenté d’acheter les médias d’influence Konbini et Brut en 2025.
- Face au système Bolloré et aux menaces qu’il fait peser sur le monde de l’édition, du cinéma ou du journalisme, les lois sont inadaptées. Les autorités de régulation, comme l’Arcom, ne sont pas assez dissuasives. Dans les médias comme dans les autres secteurs, la culture du groupe Bolloré a toujours été de jouer avec les règles et d’aller aussi loin qu’il le pouvait tant qu’il ne faisait pas l’objet de véritables sanctions.
- Le secteur des médias et de la culture représente désormais 90% de l’empire Bolloré. Une partie de ces activités, en déficit, est mise au service de l’extrême droite, financée par la partie mainstream et rentable.
- Les relations entre Vincent Bolloré, la famille Dassault, Bernard Arnault et Pierre Édouard Stérin : les stratégies de chacun sont complémentaires et permettent aux uns de rendre services aux autres à travers les acteurs médiatiques et économiques qu’ils contrôlent, le tout en favorisant les idées d’extrême droite.
- Les affaires de corruption autour des entreprises Bolloré n’en finissent plus en Afrique. Les concessions du port de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée ont valu au milliardaire une mise en examen et un procès en 2026 liés aux activités d’Havas et aux élections présidentielles togolaises et guinéennes. Le 21 mai 2026, le milliardaire a quant à lui déposé plainte contre les juges du tribunal de Paris pour « association de malfaiteurs », « entrave à l’exercice de la justice », « abus d’autorité » et « manquement à la probité » !
- En avril 2025, la Cour d’appel de Paris donnait raison au fonds CIAM, en considérant que le groupe Bolloré contrôlait de fait Vivendi, même avec moins de 20% des actions, obligeant Bolloré à lancer une OPA. Mais les pourvois en appel et cassation se poursuivent. Aujourd’hui, le CIAM, dont le jugement a été renversé, poursuit la résistance en justice.
- La montée au capital de Rubis (acteur clé du stockage et de la distribution d’hydrocarbures en France et en Europe, mais aussi dans les Antilles et en Afrique) est représentative des méthodes de Vincent Bolloré et de ses investissements dans le secteur des énergies fossiles. Grâce à une de ses filiales luxembourgeoises, Bolloré s’est associé à un homme d’affaires proche de l’extrême droite, Patrick Mollis, pour prendre le contrôle de la structure et ainsi réaliser de larges plus-values. La famille Dassault est aussi actionnaire du groupe Rubis.
- Avec la cession de ses activités portuaires et logistiques, le groupe Bolloré est maintenant assis sur non pas 5,3 mais 5,6 milliards d’euros. On ignore aujourd’hui quels investissements en bénéficieront.
Le nouveau rapport est à lire ici.
