LVMH, biberonné d’argent public

jeudi 23 avril 2026, par Attac France

À l’occasion de l’assemblée générale de LVMH, rappelons quelques faits : en 2023, le groupe a bénéficié de 275 millions d’euros d’aides publiques. Dans le même temps, il évade ses bénéfices, supprime 1 200 emplois et contribue à des activités aux conséquences environnementales lourdes.

211 milliard d’aides publiques aux entreprises : reprenons le contrôle !

Pour éclairer les enjeux liés aux aides publiques, nous avons dressé, sous forme de CV un véritable état des lieux du groupe LVMH, et de ses méfaits face aux millions d’euros d’argent public qui lui sont attribués.

Elles fraudent, elles licencient, elles détruisent la planète et nos vies, désarmons les multinationales !

LVMH, biberonné d’argent public

Les dirigeants de LVMH, premier groupe mondial du luxe, aiment mettre en avant l’image d’une réussite industrielle et commerciale française. Pourtant, le groupe bénéficie de soutiens publics massifs. Rien qu’en 2023, LVMH a perçu 275 millions d’euros d’aides publiques, dont 64,5 millions d’euros de crédits d’impôt et environ 193 millions d’euros d’allègements de cotisations sociales.

Mais alors pourquoi une entreprise réalisant 16 milliards de bénéfices, appartenant à la première fortune française, aurait besoin de centaines de millions d’euros d’aides publiques ? Comme l’a dit le PDG de Kering, autre groupe français du luxe, lors de son audition : “le luxe n’est pas le secteur le plus prioritaire en termes de compétitivité”. Ce modèle économique, alimenté par l’argent du contribuable est destructeur pour la planète et nos vies.

En plus d’être inutilement biberonné aux aides publiques, LVMH est très imaginative pour échapper à l’impôt, ce qui lui a valu d’être épinglée dans plusieurs scandales d’évasion fiscale. En 2017, LVMH est citée dans les Paradise papers. En 2021, Open Lux révèle que LVMH détient 24 filiales au Luxembourg, où elle est la 2e entreprise française la plus présente après BNP Paribas. Ce qui n’empêche pas Bernard Arnault de prétendre que “LVMH est le groupe le plus patriote du CAC40”.

Les aides publiques sont distribuées au nom d’un emploi rémunérateur. Pourtant, LVMH exploite et sous-paye ses travailleurses. Par exemple, en Italie, plusieurs sous-traitants du groupe ont été placés sous surveillance judiciaire en 2025 pour des faits liés à l’exploitation de travailleurs dans des ateliers informels. Ces travailleurs, souvent sans-papiers, travaillent dans des conditions très dégradées, avec des durées de travail très élevées et des rémunérations faibles, pour des produits vendus plusieurs milliers d’euros. En 2017, une enquête révèle que en Roumanie, une partie de la production de chaussures est réalisée dans des conditions salariales très éloignées des standards des pays d’origine affichés sur les produits, grâce à des mécanismes permettant de conserver les labels “Made in Italy” ou “Made in France”.

Les impacts environnementaux du groupe sont tout aussi désastreux. Par exemple, certaines chaînes d’approvisionnement du groupe ont été reliées à des filières brésiliennes associées à la déforestation en Amazonie, notamment pour la production de cuir. L’absence de traçabilité complète rend difficile l’identification précise de l’origine des matières premières. Enfin, l’utilisation de fourrures et de peaux exotiques par le groupe continue de susciter des critiques de la part d’organisations européennes de défense animale, dans un contexte de remise en cause croissante de ces pratiques.

LVMH débourse chaque année des centaines de milliers d’euros en lobbying auprès des décideurs publics (entre 600 000 et 700 000 euros en 2024). En amont d’un vote au Parlement européen au printemps 2026, LVMH a ainsi dépensé des millions d’euros pour retarder l’interdiction de commercialiser certains produits contenant des substances nocives et cancérogènes : les profits avant la santé !