211 milliards d’aides publiques aux entreprises, reprenons le contrôle
Mais pourquoi une multinationale à plus de 30 milliards de chiffre d’affaires et 528 millions de bénéfices aurait-elle besoin d’argent public ?

Lactalis, biberonné d’argent public
Lactalis est le premier groupe laitier au monde. En 2023, il a bénéficié de plusieurs formes de soutien public, pour un total de 18,7 millions d’euros. Mais alors pourquoi une entreprise réalisant plus de 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec un bénéfice net de 528 millions d’euros en 2025, aurait besoin de centaines de millions d’euros d’aides publiques ?
Le système des aides sans contreparties nourrit un modèle économique qui est destructeur pour la planète et nos vies : reprenons le contrôle !
En Mayenne, en 2020, la région Pays de la Loire a attribué une subvention de 840 000 euros pour la création d’une unité de production de caséine. Ce projet s’est accompagné de la création de deux emplois seulement. Le non-respect du code de l’environnement dans sept usines Lactalis de la région n’a pas remis en question cette subvention pour autant.
Entre 2016 et 2017, la région Bretagne a accordé une subvention de 2,3 millions d’euros pour le développement du site Lactalis de Retiers. Cette aide a suscité des critiques en raison de la pollution de la rivière Seiche imputée à l’usine. En août 2017, un déversement provenant de la station d’épuration du site a contaminé la Seiche sur environ 8 kilomètres, entraînant la mort de plusieurs tonnes de poissons et d’autres animaux.
Sur le plan fiscal, Lactalis ne juge pas nécessaire de payer sa juste part d’impôt alors qu’elle est biberonnée à l’argent du contribuable. En décembre 2024 Lactalis a versé la somme de 475 millions d’euros à l’administration fiscale dans le cadre d’un règlement de différend pour stopper les enquêtes de l’administration à son encontre pour fraude fiscale et clore le différend. Le groupe est accusé d’avoir réalisé des opérations fiscales de minoration de son bénéfice net imposable en France, via des filiales en Belgique et au Luxembourg entre 2006 et 2019. Le Trésor public reproche alors à Lactalis d’avoir ouvert trois structures en Belgique et au Luxembourg, ce qui permet à l’entreprise de ne pas payer d’impôts en France. Attac demande un arrêt total des aides publiques en cas d’évasion fiscale. Qu’en pense le PDG de Lactalis ? Le président de la commission d’enquête lui a posé la question : “Lorsqu’il y a une forte suspicion de fraude [fiscale], l’État doit-il suspendre tous les dossiers et instructions liés aux demandes d’aides publiques ?” Ce à quoi le PDG de Lactalis a répondu “Cela ne me poserait pas de problème.” Pour une fois, nous sommes d’accord.
Le groupe français Lactalis, numéro un mondial du lait, va réduire ses volumes de collecte en France de près de 8,8 % entre la fin de l’année 2024 et 2030. Cela représente 450 millions de litres sur un total annuel de 5,1 milliards de litres. Plusieurs syndicats agricoles dénoncent une décision qui permet de faire pression sur les producteurs français et d’empêcher toute revendication pour améliorer les conditions de travail et les revenus.

