Du reste, la nomination d’Amélie de Montchalin est contraire à trois articles de la Charte de déontologie des juridictions financières ayant trait aux préventions des conflits d’intérêts, à l’indépendance, et à l’impartialité de l’institution [1].
Cette nomination, fait du prince, est d’autant plus problématique que le mandat de première présidente de la Cour des comptes est inamovible et irrévocable jusqu’à l’âge de 68 ans. Amélie de Montchalin pourrait donc occuper son poste... jusqu’en 2054 !
Cette nomination s’inscrit dans un contexte préoccupant de verrouillage des institutions indépendantes par vous et vos proches. Ainsi en 2023, Gilbert Cette, un de vos soutiens de la première heure, a été nommé à la tête du Conseil d’orientation des retraites (COR) pour remplacer Pierre-Louis Bras, qui avait remis en cause les discours alarmistes du gouvernement d’Élisabeth Borne sur la santé financière du régime de retraites.
En 2025, vous avez nommé Richard Ferrand, lui aussi un de vos fidèles, à la présidence du Conseil constitutionnel. Un poste qu’il devrait occuper jusqu’en 2034. Amélie de Montchalin est donc la troisième de vos proches à être nommée à la tête d’une institution indépendante au cœur du fonctionnement de l’État.
D’autres pourraient suivre puisque Emmanuel Moulin, actuel secrétaire général de l’Élysée, est pressenti pour remplacer François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France (jusqu’en 2032), et Marc Guillaume est annoncé pour la vice-présidence du Conseil d’État, poste qu’il occuperait jusqu’en 2036.
Le verrouillage de ces institutions, dont l’indépendance est une condition nécessaire au bon fonctionnement démocratique et au respect de l’État de droit, doit cesser.
Nous vous appelons à revenir sur la nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes.

