« Tax Attac » (L’éco du jour de France Inter)

mercredi 19 février 2014, par Bruce de Galzain

« Éco du jour » de Bruce de Galzain du mercredi 19 février 2014 sur France Inter

« Éco du jour » de Bruce de Galzain du mercredi 19 février 2014 sur France Inter

Le texte :

C’est lobby contre lobby... les ONG contre la finance... et même l’Allemagne contre la France si l’on en croit Attac... ce matin lors du conseil des ministres franco-allemand à Paris, une position commune des 2 moteurs de la zone euro est censée être arrêtée pour relancer la taxe sur les transactions financières ! Mais les ONG sont inquiètes et depuis plusieurs jours font un intense lobbying, car ce qui se dessine ne les convainc absolument pas : une taxe a minima qui ne concernerait que les actions et une partie des produits dérivés, une taxe forfaitaire qui serait prélevée en fin d’année, histoire de laisser aux banques et aux entreprises tout le soin de maquiller leur compte selon Dominique Plihon, porte-parole d’Attac. Elle aurait pu rapporter 37 milliards d’euros, elle ne rapporterait alors que 7 milliards si la position française l’emportait. Car pour Attac, pour Oxfam également, c’est la France qui freine les ambitions européennes... et notamment parce qu’elle céde au lobby bancaire selon Alexandre Naulot, porte-parole d’Oxfam... un lobby qui menace Bercy de ne pas investir dans le capital d’Euronext (qui va entrer en bourse en juin prochain) si la taxe sur les transactions financières est trop dure. Et Pierre Moscovici le reconnait c’est du donnant-donnant, on a besoin des banques et assurances pour garder une place financière forte alors il faut trouver un compromis. Même un banquier parisien évoque ce deal : selon lui la valorisation d’Euronext peut aller de 1 à 10 en fonction du coût que représenterait cette taxe ! Et les banquiers préviennent : depuis l’entrée en vigueur de la taxe en France seulement en aout 2012, les volumes de transactions ont chuté de 20%. Soit répond Attac mais c’est exactement ce que l’on veut dit Dominique Plihon : qu’il y ait moins de transactions spéculatives qui ont créé la crise que l’on connait. Si le lobby bancaire est si fort en France explique Attac c’est aussi en raison de la porosité entre l’administration de Bercy et les grandes banques, le revolving door comme disent les anglo-saxons, les allers-retours des hauts fonctionnaires du ministère des finances à BNP Paribas ou Société générale... en Allemagne ce ne se passe pas comme ça selon Dominique Plihon... ils veulent davantage réguler la finance pour protéger leur appareil industriel... Et cela la France ne l’aurait pas compris selon Attac !