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Principales organisations ou instances multilatérales
article publié le 5/04/1999
auteur-e(s) : Arnaud Zacharie

Présentation, historique et explication du fonctionnement des principaux rouages multilatéraux dont se servent les pouvoirs en places afin d’imposer une logique libérale à la mondialisation.


Principales organisations ou instances multilatérales

Principales organisations ou instances multilatérales

 

L'ONU :

A-LES PRINCIPAUX ORGANES DE L'ONU :

L'Assemblée générale

C'est le principal organe de délibération. Chaque Etat membre dispose d'une voix. L'Assemblée se réunit en sessions. Le fonctionnement repose sur les séances plénières et sur sept grandes commissions.

  • Première commission: questions politiques et de sécurité.

  • Commission politique spéciale: questions politiques diverses.

  • Deuxième commission: questions économiques et financières.

  • Troisième commission: questions sociales, humanitaires et culturelles.

  • Quatrième commission: territoires sous tutelle et territoires non autonomes.

  • Cinquième commission: questions administratives et judiciaires.

  • Sixième commission: questions juridiques.

Le Conseil de sécurité

La fonction principale du Conseil de sécurité est de maintenir la paix et la sécurité internationales. Depuis 1963, il est composé de quinze membres (onze à l'origine), dont cinq membres permanents: la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie, qui a hérité du siège de l'URSS à la disparition de celle-ci en décembre 1991. Ces pays peuvent exercer un droit de veto sur les décisions du Conseil. Ce qui signifie en clair que seule une unanimité des 5 grandes puissances permet une décision légale et effective . Les dix autres membres sont élus pour une période de deux ans par l'Assemblée générale. Le Conseil de sécurité est le seul organe de l'ONU habilité à prendre des décisions. Selon la Charte des Nations unies, tous les Etats membres sont dans l'obligation d'accepter et d'appliquer les décisions du Conseil.

Le Conseil économique et social

Placé sous l'autorité de l'Assemblée générale, le Conseil économique et social (Economic and Social Council, ou Ecosoc en anglais) coordonne les activités économiques et sociales des Nations unies et des institutions spécialisées. Depuis 1971, il est composé de 54 membres, dont 18 sont élus chaque année pour une période de trois ans. Les décisions sont prises à la majorité simple. Le Conseil, qui se réunit deux fois par an, à Genève et à New York, est composé de plusieurs organes subsidiaires:

  1. Les comités permanents qui traitent des questions de programme et de coordination, des organisations non gouvernementales (ONG), des ressources naturelles, des sciences et techniques au service du développement, etc… La Commission des sociétés transnationales et la Commission des établissements humains sont, elles aussi, des organes permanents.

  2. Les commissions économiques régionales: Commission économique pour l'Europe (CEE, siège à Genève), Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP, siège à Bangkok), Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL, siège à Santiago du Chili), Commission économique pour l'Afrique (CEA, siège à Addis-Adeba) et Commission économique pour l'Asie occidentale (CEAO, siège à Bagdad).

  3. Les commissions techniques: Commission de statistique, Commission de la population, Commission du développement social, Commission des droits de l'homme, Commission de la condition de la femme, Commission des stupéfiants.

La Cour internationale de justice

Principal organe judiciaire des Nations unies, la Cour, dont le siège est à La Haye, regroupe tous les Etats membres de l'ONU. Les Etats non membres peuvent l'intégrer sur recommandation du Conseil de sécurité. L'Assemblée générale ainsi que le Conseil de sécurité peuvent demander un avis consultatif à la Cour sur les questions juridiques. Elle règle aussi les différends juridiques entre Etats dont elle est saisie. Elle est composée de 15 magistrats indépendants des Etats, élus pour neuf ans (et rééligibles) par l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité, indépendamment de leur nationalité.

Le Secrétariat

Le Secrétariat assume les fonctions administratives de l'ONU, sous la direction d'un secrétaire général nommé par l'Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité pour une période de cinq ans. Il peut attirer l'attention du Conseil de sécurité sur toute affaire pouvant mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le secrétaire général nomme le personnel de l'administration des Nations unies et présente chaque année un rapport sur l'activité de l'organisation. Depuis sa fondation, l'ONU a connu six secrétaires généraux successifs:

- Trygre Lie (Norvège) de 1946 à 1953.

- Dag Hammarskjold (Suède) de 1953 à 1961.

- U Thant (Birmanie) de 1961 à 1971.

- Kurt Waldheim (Autriche) de 1972 à 1981.

- Javier Perez de Cuellar (Pérou) de 1982 à 1991.

- Boutros Boutros-Ghali (Egypte) de 1991 à 1995.

- Kofi Annan (Ghana) à compter de 1996.

B-HISTORIQUE CRITIQUE DE L’ONU :

C’est lors de la Conférence de Yalta, en février 1945, que les Alliés victorieux affirment la nécessité de mettre sur pied un Directoire des puissances victorieuses, garantissant une paix durable .

Le 26 juin 1945, cette nécessité devient réalité avec la naissance de l’O.N.U. (Organisation des Nations Unies), articulée autour d’une Charte signée par 50 Etats .

Remplaçant la S.D.N. (Societe des Nations), l’O.N.U. comprend à son sommet un Conseil de Sécurité dont les 5 membres permanents (USA, Grande-Bretagne, URSS -aujourd’hui la Russie-, France et Chine) possèdent un droit de veto . Cela signifie qu’aucune décision ne peut être prise sans l’aval unanime de ces 5 Etats, ce qui entraîne logiquement une certaine lourdeur de fonctionnement, voire une réelle paralysie de l’Organisation .

Les nouveaux moyens dégagés pour permettre à l’O.N.U. d’assurer la paix et les Droits de l’Homme dans le monde sont d’une part, l’existence d’une force armée (les Casques Bleus) et d’autre part, la création d’organismes spécialisés charges de faciliter la coopération internationale (UNESCO, OMS, BIT…cfr. ci-après).

Si les ambitions prêtées à l’O.N.U. sont des plus louables, vu que non seulement elles recouvrent le maintien de la paix, mais qu’en plus elles ne tournent vers les armements que le minimum de ressources humaines et économiques (art. 26), il est devenu plus qu’évident que ces ambitions ne sont en rien partagées par certains Etats, incapables de raisonner de manière multilatérale et pacifiste ; le plus bel exemple est évidemment la récente attaque américano-britannique envers l’Irak, vu que celle-ci s’est déroulée sur décision unilatérale et sans agression irakienne préalable, ce qui transgresse l’article 2-paragraphe 4 de la Charte . Pareil avec les bombardements alliés sur la Serbie (en désaccord avec la Russie et la Chine) dans le cadre de l’OTAN (cfr. ci-après) .

Il semble aussi évident que la culture impérialiste de certains pays rencontre avec la Charte un concurrent potentiel sur la scène planétaire, vu que l’O.N.U. est également chargée (art.1 , par.3) de résoudre les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel et humanitaire dans le respect des Droits de l’Homme . Ainsi, c’est sur injonction américaine que le budget onusien s’est vu diminuer de 117 millions de dollars . Parallèlement, l’Agenda pour la Paix et l’Agenda pour le Développement, publiés sous Boutros-Ghali, s’ils ont reçu l’aval de pays comme la France, la Chine, la Russie, l’Allemagne, le Japon ou encore le Canada, ont aussi reçu des réactions d’une toute autre nature de la part des USA, vu que Madeleine Albright déclarait que le secrétaire général n’avait d’autre objectif que d’accroître ses prérogatives .

C’est dans le même état d’esprit que le Sommet de la Terre à Rio et le Sommet de Kyoto, décidant la nécessaire baisse des émissions de gaz carboniques, semblent une nouvelle fois ajoutés à la liste des bonnes intentions non appliquées .

En outre, s’il semble évident que l’O.N.U. possède des moyens logistiques des plus précieux, permettant par exemple des rapports détaillés et précis, comme le récent et médiatisé Rapport du P.N.U.D. (Programme des Nations Unies pour le Développement), il semble tout aussi évident que les moyens financiers nécessaires au bon fonctionnement de l’Organisation ne sont en rien dégagés . Pire, l’O.N.U. traverse actuellement une crise financière terrible due au coût des opérations de maintien de la paix ayant quadruplé depuis 1992 . Or, alors que les dettes de l’Organisation s’élèvent à quelque 3 milliards de dollars, c’est plus d’1,5 milliards de dollars que les USA doivent à l’Organisation, et alors que Clinton avait il y a tout juste un an (début 1998) affirmé publiquement que cette dette serait remboursée, un an plus tard elle est toujours d’actualité .

Ceci alors que les USA ne se sont pas privés d’utiliser l’U.N.S.C.O.M. (la Commission de l’ONU pour le désarmement de l’Irak) pour leurs propres fins d’espionnage .

En conclusion, si le cadre institutionnel , juridique et logistique de l’O.N.U. possède de nombreux avantages susceptibles d’assurer un développement planétaire multilatéral et pacifiste, il semble nécessaire de conférer à l’Organisation un cadre de fonctionnement plus large (impossible avec le droit de veto des membres permanents du Conseil de Sécurité) et des contraintes exécutives efficaces (comme une Cour Pénale Internationale dotée d’un tribunal , à l’instar de l’O.M.C.-cfr.ci-après-) , afin qu’elle puisse enfin utiliser ses prérogatives .

C-LES PRINCIPAUX AUTRES ORGANES DE L'ONU :

La CNUCED

Créée en 1964 parce que les pays en développement jugeaient le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) trop exclusivement préoccupé par les positions des pays industrialisés, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED, siège à Genève) est une organisation qui concerne le débat Nord-Sud. Elle a pour organe permanent le Conseil du commerce et du développement.

Le PNUD

Créé en 1965, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD, siège à New York) est le principal organe d'assistance technique de l’ONU. Il aide - sans restriction politique - les pays en développement à se doter de services administratifs et techniques de base, forme des cadres, cherche à répondre à certains besoins essentiels des populations, prend l'initiative de programmes de coopération régionale, et coordonne, en principe, les activités sur place de l'ensemble des programmes opérationnels des Nations unies. Le PNUD s'appuie généralement sur un savoir-faire et des techniques occidentales, mais parmi son contingent d'experts, un tiers est originaire du tiers monde.

Le PNUD publie annuellement un Rapport sur le développement humain qui classe notamment les pays selon l'Indicateur de développement humain (IDH).

L'UNITAR

L'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR, siège à New York), créé en 1965, est un organisme autonome de l'ONU financé par des contributions volontaires. L'Institut prépare des fonctionnaires nationaux, en particulier des pays en développement, aux travaux dans le domaine de la coopération internationale. Il a aussi un vaste programme de recherches, notamment sur l'instauration d'un nouvel ordre économique international.

L'UNICEF

Créé en 1946, le Fonds des Nations unies de secours d'urgence à l'enfance (UNICEF ou FISE, siège à New York) avait à l'origine pour but d'apporter d'urgence un secours massif aux enfants et adolescents victimes de la Seconde Guerre mondiale. Le Fonds aide aujourd'hui les gouvernements à mettre au point des "services de base" dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l'hygiène, de l'enseignement, du contrôle des naissances, etc… Dépendant entièrement de contributions volontaires, l'UNICEF peut aussi intervenir rapidement en cas de catastrophe naturelle, conflit civil ou épidémie. Son Conseil d'administration est composé de représentants de trente pays désignés par le Conseil économique et social.

Directeur général: Mme Carol Bellamy (E-U).

Le HCR

Créé en 1951, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR, siège à Genève) assure protection juridique et aide matérielle aux réfugiés sur des bases strictement humanitaires. Le HCR compte 60 bureaux dans le monde entier pour s'occuper des quelque 20 millions de réfugiés et environ 25 millions de personnes déplacées dans leur propre pays. Le HCR est actuellement (avril 1999) mis à rude contribution suite à l’éparpillement des réfugiés kosovars dans toute l’Europe .

Haut Commissaire: Mme Sadoka Ogata (Japon).

Le PAM

Le Programme alimentaire mondial (PAM, siège à Rome) a été créé en 1963 à la fois pour répondre aux besoins des pays déficitaires en produits vivriers et pour écouler les surplus céréaliers. Le PAM, parrainé conjointement par l'ONU et la FAO, aide aussi à répondre aux besoins alimentaires d'urgence créés par les catastrophes naturelles.

Le PNUE

Créé en 1972, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE, siège à Nairobi) est chargé de surveiller les modifications notables de l'environnement, d'encourager et de coordonner des pratiques positives en la matière.

D-LES INSTITUTIONS SPÉCIALISÉES DE L'ONU :

L'OIT

Créée en 1919 par le traité de Versailles, l'Organisation internationale du travail (OIT, siège à Genève) est devenue, en 1946, la première institution spécialisée des Nations unies. L'OIT réunit les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, dans le but de recommander des normes internationales minimales et de rédiger des conventions internationales touchant le domaine du travail. L'OIT comprend une conférence générale annuelle, un conseil d'administration composé de 56 membres (28 représentants des gouvernements, 14 des employeurs et 14 des travailleurs) et le Bureau international du travail (BIT) qui assure le secrétariat de la conférence et du conseil. Le pouvoir du BIT (Bureau International du Travail) est très limité ; il

consiste à publier un rapport annuel et regroupe surtout des économistes et des statisticiens . Leurs rapports défendent depuis quelques années l'idée que le chômage provient d'un manque de croissance (de 5% dans les années 60 a 2% aujourd'hui) , lui-même suscité par une baisse de la demande . Son remède est celui d'un consensus mondial sur un modèle vertueux de croissance économique , ainsi que sur des réflexions stratégiques au niveau national (du type hollandais par exemple) . Sa grande différence de diagnostic avec le FMI (cfr. ci-après) est le fait qu'il affirme qu'il est naïf d'expliquer le chômage par le manque de flexibilité et que les

changements technologiques n'impliquent pas une adaptation automatiquement par le bas en matière de salaires et de protection sociale . Un constat sans doute trop « objectif » que pour être influent …

Directeur général: Juan Somavia .

La FAO

Créée en 1945, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, siège à Rome) a pour mission d'élever le niveau de nutrition et les conditions de vie, d'améliorer le rendement et l'efficacité de la distribution des produits agricoles, d'améliorer les conditions des populations rurales et de contribuer à l'élimination de la faim dans le monde.

Directeur général: Jacques Diouf (Sénégal).

L'UNESCO

Créée en 1946, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO, siège à Paris) vise à diffuser l'éducation, à établir les bases scientifiques et techniques nécessaires au développement, à encourager et préserver les valeurs culturelles nationales, à développer les communications dans un échange équilibré, et à promouvoir les sciences sociales. L'UNESCO comprend une conférence générale se réunissant tous les deux ans et un Conseil exécutif élu pour quatre ans qui se réunit au moins deux fois par an.

Directeur général: Federico Major (Espagne).

L'OMS

Née en avril 1948, l'Organisation mondiale de la santé (OMS, siège à Genève) a pour but d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible. L'OMS comprend une Assemblée mondiale de la santé qui se réunit annuellement et un Conseil exécutif élu par l'Assemblée.

Directeur général: Hiroshi Nakajima (Japon).

Le FMI

Créé en 1945, en même temps que la Banque mondiale, en application des décisions de la conférence monétaire et financière de Bretton Woods en 1944, le Fonds monétaire international (FMI, siège à Washington) conseille les gouvernements dans le domaine financier. Le Fonds peut aussi vendre des devises et de l'or à ses membres afin de faciliter leur commerce international. Il a créé une monnaie internationale, le DTS (droits de tirage spéciaux), que les membres peuvent utiliser pour leurs paiements internationaux. Le Fonds comprend un Conseil des gouverneurs nommés par chacun des États membres, les administrateurs et un directeur général.

Vu l’importance prise par cette Organisation sur la scène internationale, un chapitre lui est réservé ci-après .

Directeur général: Michel Camdessus (France).

La Banque mondiale

La création de la Banque mondiale (siège à Washington) a été décidée en même temps que celle du FMI, lors de la conférence monétaire et financière de Bretton Woods en 1944. Le groupe de la Banque mondiale comprend aujourd'hui:

- la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement créée en 1945);

- l'AID (Association internationale pour le développement), fonds créé en 1960;

- la SFI (Société financière internationale), créée en 1956;

- l'AMGI (Agence multilatérale de garantie des investissements), créée en 1988.

Vu l’importance prise par cette Organisation sur la scène internationale, un chapitre lui est réservé ci-après .

Président: James D. Wolsensohn (É-U).

Le FMI :

Le FMI a des prérogatives importantes ; responsable des Plans d'Ajustement Structurel (soldes fiscaux pour attirer les multinationales occidentales et donc misère sociale accrue et dépendance envers l'Occident) censés "développer" les PED (pays en voie de développement) , il fait aussi office de pompier financier en cas de crise financière (Asie , Brésil , ...) en renflouant de liquide les banques centrales aux abois (à la condition que le pays concerné accepte les réformes du FMI) .

Le FMI est né en 1947 avec les Accords de Bretton Woods , un document de 96 pages stipulant que la fixité de change s'effectuerait dans une marge de fluctuation de +ou- 1% autour d'une parité centrale définie par rapport au dollar . Ces Accords visaient évidemment à éviter une nouvelle crise comme celle de 1929 à Wall Street, ayant précipité la Grande Dépression et la seconde Guerre Mondiale . Le rôle du FMI était de défendre le nouveau système de changes fixes . Lorsque , le 15 août 1971 , le président américain Nixon décide de mettre fin

aux Accords de Bretton Woods démantelés par les spéculateurs (on passe alors de l'étalon de change-or à l'étalon-dollar) , le FMI est tout de même maintenu pour se révéler petit à petit le gendarme et le pompier du capitalisme mondialisé . Bien que son directeur soit un français (Michel Camdessus) , il est évident que l'Organisation entre en tout point dans le philosophie de son pays d'accueil (son siège se trouve à Washington) et sert de paravent aux gouvernements qui la financent (par le biais de leurs contribuables , c'est-à-dire des citoyens) .

La particularité des experts du FMI étant de manquer cruellement de perspicacité (ils parlaient ainsi du "modèle de développement du miracle asiatique" et parlent maintenant de "l'Afro-optimisme" , tout en prônant

flexibilité des salaires et éradication de la sécurité sociale -bien qu'ils hésitent à répéter de tels voeux en ces temps de déflation évidente-) . Bien que ses prérogatives semblent décupler avec la mondialisation de l'économie , le FMI (Fonds Monétaire International) , pompier et gendarme du capitalisme international , n'a aussi pu à aucun moment prévoir les différentes crises financières ayant récemment fait trembler le système financier international (Mexique , SME , Asie , Russie , Brésil , ...) . Ceci à un point tel que des membres du FMI se rendent compte aujourd'hui que la prévention et la gestion d'une crise financière semblent peu évidentes pour un tel organisme ; risques sous-estimés , recommandations trop peu explicites , expertise financière insuffisante de certaines missions , appréciation incomplète des vulnérabilités , incapacité de persuader des pays d'ajuster leur politique , lacunes dans la surveillance , ...

A la mi-avril 1998 , ces mêmes membres étudiaient , dans la lignée de la réunion de leur comité intérimaire , une modification des statuts et des moyens de surveillance et de transparence de l'Organisme . Cependant , les divergences restent évidentes : d'un côté , les USA et ses amis du G7 affirment qu'une prévention efficace

nécessite une transparence accrue , et donc avec elle la divulgation de données nationales jusqu'ici confidentielles . De l'autre côté , les pays moins "influents" (c'est-à-dire moins riches) répondent qu'ils n'ont pas à divulguer des informations confidentielles à un organisme dirigé en coulisses par ceux qui le financent .

En clair et une nouvelle fois , la coopération multilatérale , que l'interdépendance des économies mondiales impose aux différents pays s'ils veulent s'assurer d'un développement planétaire réel et durable , bute sur un système impérialiste d'exploitation des PED (pays en voie de développement) par les pays riches .

Or , comme nous le montrent les différentes crises financières de ces dernières années , ce système bloquant tout espoir de coopération multilatérale est globalement auto-destructeur .

Pourtant , la réalité semble encore plus grave et difficilement réversible , lorsqu'on sait qu'il faut 85% des voix pour modifier la Charte du FMI et que les USA possèdent à eux seuls 17,5% de ces mêmes voix .

La Banque Mondiale :

La Banque Mondiale est née le même jour que le FMI , c'est-à-dire avec la signature des Accords de Bretton Woods en 1947 ; alors que le FMI a pour but d'encourager la coopération monétaire internationale et de défendre le nouveau système de changes fixes , la Banque Mondiale a un objectif à plus long terme : elle aide à la reconstruction des pays européens , puis finance des projets d'investissement dans le tiers-monde .

De 1968 à 1973 , alors que le flux des capitaux s'accélère à l'échelle mondiale , les banques du Nord cherchent des acquéreurs pour leurs surplus de liquidités provenant des petro-dollars (c'est-à-dire des surplus de l'OPEP) . C'est pourquoi la Banque Mondiale , poussée par les gouvernements du Nord , décuple les prêts aux PED (pays en voie de développement) .

A partir de 1973 , la crise frappant de plein fouet les pays riches du Nord , ceux-ci tentent une relance par le biais de la Banque Mondiale : on prête encore plus de capitaux au Sud à des taux d'intérêt très bas , en échange de quoi le Sud s'engage à acheter les marchandises du Nord (avec de grosses commissions versées par les entreprises et les gouvernements du Nord aux gens au pouvoir au Sud) . Le résultat de cette rencontre entre corruption et kleptocratie est édifiant : alors que les riches pays pétroliers du Sud fournissent les fonds nécessaires à l'essor financier et économique du Nord , les pays pauvres du Sud entrent dans le cycle infernal de la dette (véritable détournement de fonds à l'échelle planétaire) .

La situation du Sud se dégrade ainsi de manière exponentielle , avec en outre, au début des années 80, la décision unilatérale d'augmenter les taux d'intérêt par la Reserve Federale des USA ; l'ensemble des PED sont dès lors confrontés à des charges d'intérêts multipliées par trois au moment où les prix de leurs exportations commencent à baisser .

La Banque Mondiale voit alors ses rentrées gonfler , vu que les PED empruntent pour rembourser , et bien qu'ils remboursent , leur dette extérieure ne cesse de s'accroître (l'exemple le plus éloquent est évidemment celui de l'Afrique subsaharienne , ayant remboursé deux fois sa dette entre 1980 et 1996 , mais se retrouvant trois fois plus endettée seize ans plus tard) . Autre exemple : en Zambie , alors que le gouvernement dépense 1 dollar pour l'enseignement primaire , il doit en rembourser 35 au club des pays riches .

La Banque Mondiale est passée aujourd'hui maîtresse dans l'art d'appuyer le FMI dans le chantage économico-financier : la ligne de crédit est refusée par la première si les PED refusent d'appliquer le Plan d'Ajustement Structurel du second (ceci sans contrôler le moins du monde une démographie galopante , alors qu'une étude d'Edouard Parker affirme que si la croissance démographique est de 3% , une croissance économique de 7% est nécessaire pour un enrichissement du niveau de vie moyen des individus , rapport jamais atteint évidemment) .

Pour conclure , il est utile de contredire une idée fausse occidentale , selon laquelle les PED ne vivent que grâce à l'aide publique humanitaire du Nord ; elle est en réalité à son niveau le plus bas depuis 45 ans , inférieur à 0,33% du PNB des pays développés , alors que l'objectif fixe par l'ONU a la fin des années 60 était d'atteindre 0,7% et que les chefs d'Etat réunis au Sommet de Rio en 1992 s'étaient engagés à tripler son volume .

Plus grave , La Banque Mondiale est en bénéfices , c'est-à-dire que les rentrées venant du remboursement de la dette des PED sont supérieures aux sorties de capitaux d'aide à ces mêmes PED !

 

L’OMC :

Le 1er janvier 1995 , l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (G.A.T.T.) est remplacé par l'Organisation mondiale du commerce (O.M.C.) ; cette Organisation compte actuellement plus de 120 membres et possède le statut d'Organisation internationale , contrairement à l'Accord du G.A.T.T. qui n'était qu'un forum de négociations .

Son rôle est d'assurer qu'aucun de ses membres ne se livre à un quelconque "protectionnisme" , c'est-à-dire qu'aucun Etat signataire du texte final de Marrakech (signé en avril 1994) ne place de barrières à l'ouverture de ses marchés (elle est ainsi munie d'un tribunal international jugeant les éventuelles violations du texte de Marrakech) . Ce type d'Organisation a donc évidemment comme conséquence d'exacerber la libéralisation mondiale des échanges commerciaux , la généralisation de la division mondiale du travail et les stratégies mondialisées au sein des firmes multinationales , puisque son rôle est précisément de s'assurer qu'aucune décision étatique ne puisse entraver la bonne marche du commerce international . A un tel point que certains Etats de culture plus libérale , comme les USA , cherchent à lui prêter des compétences qu'elle n'a en réalité pas ; en effet , on a pu constater lors des péripéties ayant amené dans le secteur de l'aéronautique (1997) à la fusion entre les américains Boeing et McDonnell Douglas , à quel point l'O.M.C. fait désormais figure de bouclier aux plus puissants sur la scène planétaire . Ainsi , alors que le commissaire à la concurrence de l'Union européenne , Karel Van Miert , émettait certaines réserves quant à la légalité concurrentielle de cette fusion , Bill Clinton n'hésita pas à menacer l'Europe de traîner cette affaire devant le tribunal de l'O.M.C. , ceci alors que cette dernière est une Organisation commerciale n'ayant aucune compétence dans le domaine de la concurrence (notons au passage que Clinton venait là prouver par l'absurde la nécessité de mettre en place des règles mondiales de concurrence munies d'un pouvoir exécutif contraignant , afin de contrôler le nombre impressionnant de méga-fusions se déroulant entre groupes d'horizons différents et risquant d'altérer la libre-concurrence , et donc de transformer à terme l'économie de marché en marché oligopolistique planétaire) .

Un bel exemple des compétences de l'O.M.C. se déroule actuellement (1999) sous nos yeux , avec la polémique américano-européenne autour de la viande aux hormones ; alors que l'Union européenne refuse l'arrivée sur ses marchés de la viande américaine élevée aux hormones (pour des raisons liées à la santé de ses consommateurs) , les USA ont saisi le tribunal de l'O.M.C. qui a décidé qu'aucun refus européen n'était acceptable tant qu'aucune preuve scientifique de l'incidence de ces hormones sur la santé humaine n'était apportée . Un fois de plus donc , notre santé va dépendre d'un bras de fer commercial argumenté par quelques dossiers d'experts bien ficelés (bon appétit à tous en perspective !) .

Le libéralisme financier n'échappe évidemment pas à la règle , puisque c'est sous l'auspice de l'O.M.C. que l'Accord sur le libre-échange des services financiers a été signé par 102 pays en décembre 1997 (entrée en

vigueur prévue pour mars 1999) .

Enfin , les Accords de l'O.M.C. sont évidemment défavorables aux PED (pays en voie de développement) , vu que les multinationales , si elles exploitent le libre-échange pour leur commerce , n'hésitent pas à utiliser des réactions nationalistes (une multinationale conserve toujours un siège social au sein d'une nation occidentale) pour rapatrier ses bénéfices et défendre ses intérêts , parfois sans aucune compatibilité avec les intérêts profonds du pays d'accueil.

 

Le G7 :

Le G7 a été créé en 1975 , à l'initiative du président français de l'époque , Valery Giscard d'Estaing , au lendemain de la crise pétrolière et de la disparition d'un système monétaire international organisé (fin des Accords de Bretton Woods en 1971 et libéralisation des mouvements de capitaux mondiaux en 1974 , deux décisions du président américain Nixon) . Le G7 regroupe les 7 pays les plus industrialisés du monde : les USA ,

la Grande-Bretagne , le Canada , le Japon , l'Allemagne , la France et l'Italie . Un huitième larron , la Russie , a récemment été ajoutée à ce lot , ceci plus pour des raisons géopolitiques évidentes que pour les performances

économico-financières de ce pays . Le but initial de cet Organisme était d'assurer une coordination politico-économique entre les grands de ce monde , afin de prévenir les éventuelles fluctuations menaçant désormais le monde économique .

Cependant , ce but initial semble buter sur deux obstacles majeurs : primo , l'exercice de la coordination économique semble se pratiquer avec un certain scepticisme par plusieurs de ses membres . La domination de fait des marchés financiers sur l'activité économique semble ainsi largement admise , d'où la délicatesse de l'équilibre à opérer entre le respect des décisions des marchés et la volonté d'endiguer les remous

déstabilisateurs . Ce premier obstacle est tout particulièrement d'actualité , vu que la stabilité des devises était au menu du G7 le week-end du 20 février 1999 à Bonn (préparation par les 7 ministres des finances et les 7 Banquiers Centraux -plus Duisenberg pour la Banque Centrale européenne- du Sommet de Cologne de juin 99 prochain , réunissant alors les chefs de gouvernements) . Ainsi , alors que l'allemand Oskar Lafontaine a prôné juste avant sa démission la création de bandes de fluctuations monétaires entre grands blocs (dollar , euro et

yen) , recevant pour cette proposition le soutien des français et des japonais (ayant étrangement revu leur position sur la question ...il y a des événements qui font réfléchir...!) , les USA et la BCE (une nouvelle

preuve de la cohésion européenne) préfèrent une action sur la situation économique de chaque pays. Il semble tout de même en être ressorti l'idée d'un Forum de stabilité financière , chargé de la supervision financière , et celle du renforcement du rôle du FMI , chargé de prévenir et de gérer les crises (rien de bien original , vous en conviendrez) . Secundo , un deuxième obstacle prend naissance dans l'idée d'un "directoire mondial des riches" que pourrait constituer ce G7 , idée contre laquelle existe une forte résistance , aussi bien de la part des

autres pays industrialisés (surtout depuis que la menace soviétique s'est théoriquement évaporée) que des pays pauvres du Tiers-Monde .

D'où le provocateur P7 (les 7 pays les plus pauvres) organisé en juin 1997 , regrettant primo , que les pays du G7 n'aient pas l'intention de changer le monde , puisqu'il fonctionne tellement bien selon leurs seuls intérêts , secundo , que le G7 prenne des décisions dans des domaines aussi importants que le commerce international , la réglementation des transports ou l'environnement sans y associer les pays qui en subiront le plus les conséquences et tertio , que ces décisions ne servent qu'à alimenter le système d'exploitation de la "péripherie"(les pauvres) par le "centre"(les riches) . Au vu de la réunion du G7 du week-end de février 1999, on peut rester sceptique quant à la prise en compte de ces remarques , vu que si , comme on l'a vu , les avis continuent de diverger à propos de la mise en place de régulations pour les devises des riches (euro , dollar , yen) , l'unanimité semble plus évidente autour de l'idée d'un système de contrôle pour les devises des pays émergents (il semble donc décidément plus facile d'arriver à un accord pour les autres que pour soi-même en matière de finance internationale) .

Enfin , et pour terminer par une note d'espoir , notons que Paris propose une sorte de Fonds de solidarité du 21e siècle auquel tous les pays riches contribueraient en proportion de leur PIB (produit intérieur brut) pour alléger la dette des plus pauvres (mais ne nous enflammons pas , nous n'en sommes qu'au stade de la proposition unilatérale) .

 

L’OTAN .

C’est le 4 avril 1949 qu’est officialisée la signature du pacte de l’Atlantique Nord . Un an plus tard, un commandement unifié des forces alliées (OTAN) est mis sur pied et rassemble douze Etats : Belgique, Canada, Danemark, France, Grande-Bretagne, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal et USA .

Ces pays sont rejoints en 1952 par la Grèce et la Turquie, en 1955 par l’Allemagne et en 1982 par l’Espagne .

En 1966, la France se retire de l’OTAN, tout en restant membre de l’Alliance Atlantique .

Cette Alliance a évidemment pour but originel la défense des « pays libres » face au Bloc communiste au cours de la Guerre Froide, Bloc étant lui-même regroupé au sein du pacte de Varsovie . Ce but originel de défense collective des pays membres est l’objet de l’article 5 du traité, qui assure ainsi aux différents membres le parapluie nucléaire américain, en contrepartie de quoi tout pays membre devra participer à la défense d’un pays membre attaqué . Un second objectif initial plus latent est aussi la prévention de toute résurgence conquérante de l’Allemagne en assurant une présence militaire U.S. au cœur de l’Europe . Enfin, le but est évidemment aussi d’assurer la paix entre les différents membres .

En 1991, le Cocona (Conseil de coopération nord-atlantique), un forum de consultation, est créé à l'initiative de l'OTAN. Il rassemble les pays de l'Alliance atlantique et ceux de l'ex-pacte de Varsovie et vise donc à empêcher tout nouvelle césure du monde en deux Blocs adversaires, au lendemain de la chute du Mur .

En 1992, l’OTAN s’est attribuée de nouveaux objectifs dans le domaine de la gestion de crises dépassant le territoire traditionnel de ses membres, en occupant par exemple le territoire aérien bosniaque en 1993 ou en créant une force de paix terrestre au sein de cette même Bosnie (l’IFOR, puis le SFOR) .

En 1994, l'OTAN propose à ses partenaires de l'ex-pacte de Varsovie l'adhésion au "partenariat pour la paix", dans l'attente d'un élargissement de l'Alliance.

La France réintègre le Comité militaire en 1996.

Le 27 mai 1997 est signé à Paris, entre les seize membres de l'Alliance et la Russie, l'Acte fondateur OTAN-Russie et un conseil permanent conjoint est créé .

Le 29 mai 1997 est paraphé à Sintra (Portugal) une charte de partenariat Ukraine-Portugal.

Le 8 juillet 1997 le principe de l'élargissement de l'Alliance à la Pologne, la République tchèque et la Hongrie est adopté. L’entrée officielle de ces trois pays venant d’être officiellement admise début 1999 (soit juste avant les frappes en Europe Centrale), portant ainsi à 19 le nombre de pays membres .

Secrétaire général: Javier Solana au 31.7.97., succédant au belge W. Claes, déstabilisé par une funeste histoire d’hélicoptère Agusta, ayant l’étrange particularité de ne fonctionner que grâce au versement de pots de vin (et non de bidons d’essence comme on pourrait logiquement le croire ;o)

Le Siège de l’OTAN se trouve à Bruxelles . Pourtant, l’actualité tend à nous faire croire que l’Organisation est davantage tournée vers l’autre côté de l’Atlantique, vu que les bombardements sur Belgrade ont fait suite aux tractations d’un Diplomate américain (R. Holbrooke), faisant son rapport au célèbre hôte de la Maison Blanche (B. Clinton), devant lui-même donner son feu vert à un général américain (W. Clark) .

L’OTAN prépare le Sommet de son cinquantième anniversaire, les 24 et 25 avril prochains à Washington .

Son fonctionnement s’articule autour de sa plus haute autorité, le Conseil, qui réunit selon les cas soit les chefs d’Etat, soit les ministres des Affaires étrangères, soit les Ambassadeurs respectifs . En outre, l’organisation comporte divers Comités militaires réunissant les différents ministres de la Défense .

En outre, l’OTAN comporte deux Commandements stratégiques, l’un aux USA (à Norfolk) et l’autre en Belgique (à Mons), eux-mêmes couvrant des sous-régions possédant chacune un QG (Mons couvre ainsi la Région Nord, dont le QG est situé aux Pays-Bas –à Brunssum-, et la Région Sud, dont le QG se trouve en Italie-à Naples-) .

En conclusion, on ne peut évoquer la toute-puissance de l’Otan au sein du monde occidental sans la comparer à la faiblesse européenne en la matière, éprouvant déjà suffisamment de difficultés à collaborer en matière de politique intérieure que pour se lancer dans une coopération militaire au sein de l’UEO (Union Européenne Occidentale) et dans le cadre de la PESC (Politique Européenne de Sécurité Commune), parent pauvre du Traité de Maastricht .

Parallèlement, le cinquantième anniversaire de l’OTAN risque de correspondre à un nouveau tournant sanglant de l’Histoire ; en effet, en bombardant un Etat souverain (la Serbie), l’Occident via l’OTAN vient de bafouer le Droit international qu’il avait lui-même érigé au lendemain de la seconde guerre mondiale (ni consultation de l’ONU, ni mandat du Conseil de Sécurité). Les Balkans sont une poudrière inter-ethnique . Le peuple serbe quant à lui a prouvé au cours de son histoire qu’il pouvait avoir la mémoire très longue et se montrer des plus têtus . Or, il ne peut ne pas constater que la Chine n’a jamais été inquiétée pour ses exactions commises au Tibet, pareil pour la Turquie envers les Kurdes ou encore Israël envers les Palestiniens . Un brasier en perspective …et une remise en question éventuelle du rôle joué par un OTAN, passant de celui de défenseur de l’Occident (guerre froide), à celui de bras armé de l’ONU (en Bosnie par le biais de la SFOR), puis à celui de justicier mondial indépendant (Irak, Kosovo), sans qu’aucun réel débat démocratique en soit l’origine .

 

L’OCDE :

L’OCDE a son siège à Paris. En 1948 avait été créée l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), visant à favoriser la reconstruction de l'Europe via l'aide américaine. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, ou OECD en anglais) a pris sa succession en 1960.

Elle compte 29 membres: Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée du Sud (depuis 1997), Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie (depuis mai 1996), Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique (depuis 1994), Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne (depuis juillet 1996), Portugal, République tchèque (depuis 1995), Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie, États-Unis. La Yougoslavie possédait un statut spécial. La Russie a fait acte de candidature.

L’organisation comporte également plusieurs agences spécialisées :

- L’AEN, l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'OCDE a été créée en 1972.

- L’AIE, l'Agence internationale de l'énergie de l'OCDE a été créée en 1974, après le premier choc pétrolier.

- Le Centre de développement de l'OCDE, créé en 1962, mène par ailleurs des activités de recherche et d'édition.

Trois points sont à souligner au sujet de l’OCDE :

-Primo, en accueillant comme 29ème membre la Corée du Sud et en évoquant pour l’occasion un modèle à suivre en matière de développement économique, ceci quelques mois à peine avant que ce pays connaisse une crise financière qui allait couler l’Asie du Sud-Est et faire trembler la planète financière, l’OCDE et son contingent d’experts ont prouvé à quel point leurs analyses réputées infaillibles manquaient en réalité de la plus élémentaire des perspicacités (ce qu’elle avait déjà auparavant prouvé en adoptant le Mexique en 1994, avant que ce pays soit secoué par une crise financière terrible).

-Secundo, en concoctant à l’abri du débat public le désormais célèbre AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement), l’OCDE a implicitement confirmé ce qu’elle entend par coopération et développement économique, soit la négation de tout pouvoir public (et donc de politiques d’éducation, de santé, …) au profit des multinationales et du libéralisme anglo-saxon .

-Tertio, si l’OCDE semble avide de construire un monde toujours plus flexible et toujours plus uniformisé culturellement, elle semble moins perturbée par le fait que le taux de chômage de 4,2%, annoncé par le gouvernement américain pour le mois de mars (taux « historiquement bas »), ne soit pas calculé selon son propre mode de calcul ; ainsi, si les pays européens continentaux calculent leur taux de chômage selon le mode de calcul de l’OCDE, ce n’est en rien le cas pour les USA, ce qui vient évidemment fortement fausser les comparaisons généreusement offertes par les médias occidentaux sur la question . Les USA préfèrent en effet le taux de chômage calculé par un sondage du BIT (Bureau International dépendant de l’ONU), sondage ne considérant comme chômeur que primo, les personnes étant immédiatement disponibles, ce qui exclut les mères célibataires (vu que les crèches publiques sont quasi inexistantes outre-Atlantique) et secundo, les jeunes ayant suivi toutes les étapes du système scolaire, ce qui exclut un grand nombre de jeune de 15 à 25 ans (vu que les situations de rupture avec le système scolaire sont bien plus fréquentes aux USA qu’en Europe) . Parallèlement, ce sondage ne pose pas la question de la légalité du travail (ce qui exclut les travailleurs au noir des statistiques), ni celle de la nature du travail (d’où l’explosion du nombre de « working poors ») . Le mode de calcul de l’OCDE appliqué aux USA mènerait ainsi à des chiffres évalués selon les thèses défendues entre 7 et 14%, ce qui vient quelque peu altérer l’efficacité des recettes américaines pour l’emploi . Notez que le Royaume-Uni n’a dans ce domaine pas grand chose à leur envier, vu que Thatcher était notamment passée maîtresse dans l’art de manipuler les chiffres du chômage, ceci même si les inégalités au sein de son pays étaient et sont toujours les plus développées de tous les pays de l’OCDE .

 

L’OSCE :

L’OSCE a son secrétariat à Vienne . La Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) a été initiée en 1975 par la conférence d'Helsinki (35 États membres). La CSCE a donné naissance en décembre 1994 à l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Cette organisation vise une coopération Est-Ouest et une gestion saine de l’après-Mur de Berlin .

A la mi-1997, elle comptait 54 membres, soit tous les États européens - à l'exception de celui de la Yougoslavie (Serbie-Monténégro) -, ainsi que les États issus de l'ex-URSS, les États-Unis et le Canada.

En mars 1995 a été adopté le Pacte de stabilité en Europe dont le suivi est confié à l'OSCE.

 

Le Forum de DAVOS :

Le Forum économique de Davos n’est pas une Organisation internationale, mais bien un Forum économique rassemblant chaque année, au cœur de cette bourgade suisse, le gratin mondial des dirigeants politiques, PDG (le critère d’entrée est d’être n°1 ou 2 d’une entreprise pesant au moins 620 millions d’euros), experts scientifiques et autres personnalités de la mondialisation politico-économique .

Davos n’est donc en rien un lieu de décision . Plutôt qu’un lieu de pouvoir, Davos est un lieu d’influence à partir duquel les grandes lignes de l’économie internationale se dessinent . De Davos ressortent des idées, des analyses, des concepts que l’on retrouve souvent dans les directives d’organismes comme le FMI ou l’OMC .

C’est un allemand, Klaus Schwab, qui a fondé ce Forum (fondation sans but lucratif) en 1971 ; il est docteur en ingénierie mécanique et en économie et enseigne à Genève la politique des Affaires .

On retrouve désormais plus de 2000 invités à Davos ; cette année (janvier 1999) se sont croisés des gens comme Helmut Kohl, Bill Gates, Louis Schweitzer, Hillary Clinton, Yasser Arafat, George Soros, Nelson Mandela, Kofi Annan, Hosni Moubarak, Yevgueni Primakov, Gerhard Schröder, Shimon Peres, Oskar Lafontaine, Dominique Strauss-Kahn, Robert Rubin, les PDG de Coca-Cola (Douglas Ivester), Fiat (Paolo Fresco), Toshiba (Taizo Nishimuro), etc, etc, …

Les discussions tournent autour de sujets tels la géopolitique, la haute technologie, les crises diverses, la micro et macro-économie, etc … Ces sujets sont « débroussaillés » par des experts scientifiques le mois précédant le Forum et il en ressort un dossier de 300 pages appelé à être débattu au sein de séminaires et autres conférences .

A sa naissance en 1971, ce Forum était davantage centré sur le territoire européen, d’où son nom initial : European Management Forum . C’est en 1976 qu’il commence sa « mondialisation » avec un Forum euro-arabe, puis l’année suivante avec un Forum euro-latino-américain . En 1979, c’est à la Chine et à l’Inde que le Forum s’élargit . En 1982, il se tourne vers l’Uruguay Round (négociation pour l’OMC) .
En 1987, son nom change pour devenir le World Economic Forum . On y parlera selon les époques de chute du Mur, de réunification allemande, de crise entre israëliens et palestiniens, etc …

Ce n’est qu’en 1996 que le Forum évoque plus spécifiquement la question de la mondialisation économique, et la crise asiatique n’a d’ailleurs pas manqué d’alarmer tout ce beau monde quant à une éventuelle déroute du système financier international . Prenons pour preuve l’intitulé du Forum de cette année : « Mondialisme responsable : comment gérer l’impact de la mondialisation » . Tout un programme …


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